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Infections sexuellement transmissibles (IST)

Publié le 25/02/2009 - Dernière mise à jour le 02/03/2017

Comment surveiller les IST ?

Les infections sexuellement transmissibles (IST) représentent un problème de santé publique en raison de leur fréquence, des risques de séquelles (infertilité par exemple) et de transmission accrue du VIH. L’épidémiologie des IST a beaucoup évolué en France durant ces deux dernières décennies avec la recrudescence de la gonococcie à partir de 1998, la résurgence de la syphilis précoce à partir de 2000 et l’émergence de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) rectale à partir de 2003.

La déclaration obligatoire des quatre IST « classiques » (syphilis, gonococcie, chancre mou et LGV) a été abandonnée en France en 2000 en raison d’un très faible taux d’exhaustivité et d’une mauvaise représentativité des cas déclarés. La surveillance épidémiologique des IST repose désormais sur plusieurs réseaux sentinelles volontaires de cliniciens (RésIST pour la surveillance de la syphilis et de la gonococcie) et de laboratoires (Rénago pour la surveillance de la gonococcie et des résistances du gonocoque aux antibiotiques ; Rénachla pour la surveillance des infections à chlamydia ; réseau LGV coordonné par le centre national de référence (CNR) des Chlamydiae).

Les participants à ces réseaux volontaires, cliniciens et laboratoires, sont vivement remerciés pour leur contribution.

Le réseau RésIST inclut depuis quelques années des données, encore limitées, des départements d’Outremer (Martinique et Réunion), alors que les réseaux de laboratoires restent jusqu’à présent cantonnés à la métropole. Ces réseaux, mis en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en collaboration avec trois CNR (gonocoques, Chlamydiae, syphilis), permettent de produire des indicateurs montrant l’évolution de quatre IST bactériennes accessibles à un traitement curatif : la syphilis récente, la gonococcie, l’infection urogénitale à Chlamydia et la LGV rectale.

Surveillance de la syphilis

La surveillance de la syphilis repose depuis 2000 sur le réseau RésIST constitué de cliniciens volontaires exerçant dans différents lieux de diagnostic : centres d’information, de dépistage et de diagnostic des IST (Ciddist)*, consultations de dépistage anonymes et gratuites (CDAG)*, consultations hospitalières de dermatologie, de maladies infectieuses ou de médecine interne, cabinets de médecine libérale, etc.

Les cas de syphilis récente sont définis par la clinique et la biologie. La clinique inclut les trois stades de syphilis infectieuse : primaire (présence d’un chancre), secondaire (présence de lésions cutanéo-muqueuses localisées ou diffuses) et latente précoce (sans signe clinique, l’infection initiale ayant eu lieu dans les 12 derniers mois). Les cas doivent être confirmés biologiquement (microscopie à fond noir, sérologie VDRL et TPHA, amplification génique : PCR).

Après consentement du patient, des informations socio-démographiques, comportementales et biologiques sont recueillies par le médecin : âge, sexe, orientation sexuelle, antécédents d’IST, présence ou non de signes cliniques, résultats biologiques de la syphilis, statut sérologique vis-à-vis du VIH. Le clinicien propose au patient un auto-questionnaire centré sur les comportements sexuels au cours des 12 derniers mois, en particulier le nombre et le sexe des partenaires, les pratiques sexuelles et l’utilisation du préservatif.

La syphilis étant traitée par benzathine benzylpénicilline, la surveillance clinique est complétée par les données des ventes d’unités d’Extencilline ® 2,4 MUI aux officines de ville et aux hôpitaux de France métropolitaine. Cette source ne sera plus utilisable pour l’année 2014 en raison de l’arrêt de la commercialisation de ce médicament. La surveillance d’autres indicateurs est actuellement à l’étude, notamment à partir des données de l’Assurance maladie.

* Au 1er janvier 2016, les CDAG et les Ciddist ont fusionné pour donner naissance à une nouvelle entité, les CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic de l’infection par le VIH, les hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles) proposant une approche globale de santé sexuelle.

En savoir plus sur la surveillance épidémiologique au sein des CEGIDD

Surveillance des gonococcies

La surveillance des gonococcies repose à la fois sur le réseau Rénago de laboratoires, depuis 1986, et sur le réseau RésIST de cliniciens, depuis 2004. Ces deux réseaux donnent des informations complémentaires des tendances évolutives des gonococcies dans la mesure où les patients du réseau Rénago consultent majoritairement en médecine de ville alors que les patients atteints de gonococcie observés dans le réseau RésIST consultent quasi exclusivement dans des structures spécialisées (Ciddist* et CDAG*). Le réseau Rénago permet en outre de surveiller la sensibilité des souches de gonocoque aux antibiotiques. Pour les deux réseaux, les cas de gonococcie sont définis par la biologie : culture ou test d’amplification des acides nucléiques (TAAN-PCR) positif.

Fonctionnement du réseau Rénago. Chaque laboratoire participant collecte des informations épidémiologiques : sexe, âge, site de prélèvement, motif de prélèvement, présence ou non de signes cliniques, IST associées, type de prescripteur et département d’exercice. Des données agrégées semestrielles sont également collectées : nombre de tests réalisés et nombre de gonocoques isolés. Le nombre de laboratoires participants variant chaque année, l’indicateur retenu pour suivre les tendances épidémiologiques est le nombre moyen de gonocoques isolés par an et par laboratoire. Une partie des laboratoires participe en outre à la surveillance des résistances de la sensibilité du gonocoque aux antibiotiques en envoyant leurs souches isolées à l’Institut Alfred Fournier, CNR des gonocoques. Le CNR teste la sensibilité des souches à 6 antibiotiques : tétracycline, ciprofloxacine, ceftriaxone, céfixime, spectinomycine et azithromycine.

Fonctionnement du réseau RésIST. Il a déjà été décrit pour les cas de syphilis. Après consentement du patient, des informations socio-démographiques, comportementales et biologiques sont recueillis par le médecin (âge, sexe, orientation sexuelle, antécédents d’IST, présence ou non de signes cliniques, résultats biologiques de la gonococcie, statut VIH). Le clinicien propose au patient un auto-questionnaire sur son comportement sexuel au cours des 12 derniers mois, en particulier le nombre et le sexe des partenaires, les pratiques sexuelles et l’utilisation du préservatif.

* Au 1er janvier 2016, les CDAG et les Ciddist ont fusionné pour donner naissance à une nouvelle entité, les CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic de l’infection par le VIH, les hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles) proposant une approche globale de santé sexuelle.

En savoir plus sur la surveillance épidémiologique au sein des CEGIDD

Surveillance des infections uro-génitales à Chlamydiae

La surveillance des infections uro-génitales à Chlamydia trachomatis est réalisée grâce au réseau Rénachla de laboratoires qui fonctionne depuis 1989. Les cas sont définis biologiquement, dans la quasi-totalité des cas par un TAAN-PCR positif.

Comme pour le réseau Rénago, chaque laboratoire participant collecte des informations épidémiologiques : sexe, âge, site de prélèvement, motif de prélèvement, présence ou non de signes cliniques, IST associées, type de prescripteur et département d’exercice. Des données agrégées sont également collectées : nombre de tests réalisés et nombre d’infections à Chlamydia diagnostiquées. L’indicateur retenu pour suivre les tendances épidémiologiques est le nombre moyen d’infections à Chlamydia diagnostiquées par an et par laboratoire.

Surveillance de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) rectale

La LGV est fréquente en région tropicale et donne lieu à des ulcérations génitales. Elle était exceptionnelle en Europe avant l’émergence d’infections ano-rectales (ano-rectites aiguës). Elle est due aux sérovars L1, L2 et L3 de Chlamydia trachomatis. L’alerte européenne provoquée par l’émergence de la LGV dans plusieurs pays à partir de 2003, y compris la France, a permis de mettre en évidence des caractéristiques épidémiologiques communes : des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, infectés par le VIH. En France, la surveillance des LGV rectales et des infections rectales à Chlamydia à souches non L est réalisée grâce à un réseau de laboratoires et de cliniciens coordonné par le CNR des Chlamydiae qui effectue le génotypage des souches pour différencier les LGV des autres types de chlamydioses ano-rectales. Pour chaque cas confirmé des données socio-démographiques, cliniques, biologiques (statut VIH) et comportementales (orientation sexuelle) sont recueillies.

Saisie en ligne pour les réseaux de laboratoires

Depuis le 15 septembre 2014, la saisie des cas de gonococcie et d’infection à Chlamydia diagnostiqués au sein des réseaux de laboratoires (Rénago et Rénachla) se fait en ligne sur un site sécurisé développé par l’InVS sous l’application Voozanoo (application ‘SoLIST’ : Saisie on line des IST). Cette application est la déclinaison informatique des questionnaires papiers transmis jusqu’ici. Les regroupements de laboratoires (quelles qu’en soient les modalités administratives) sont devenus très fréquents, rendant difficile l’interprétation des données issues de ces réseaux de surveillance. C’est pourquoi, pour chaque cas rapporté, le lieu où le patient a été prélevé est désormais collecté. Cette application a été élaborée de façon à connaître l’activité (liée au gonocoque et au Chlamydia) dans chaque lieu de prélèvement, même lorsque les tests sont ensuite réalisés ailleurs. La saisie en ligne va aussi permettre l’élargissement des réseaux Rénago et Rénachla à de nouveaux laboratoires volontaires pour améliorer la couverture des réseaux sur le territoire français.

Schéma des réseaux

ARS : Agences régionales de santé

CNR : Centres nationaux de référence

DGS : Direction générale de la santé

Inpes : Institut national de prévention et d'éducation pour la santé

LGV : lymphogranulomatose vénérienne

Institut de veille sanitaire

A Saint-Maurice : Département des maladies infectieuses – Unité VIH-IST-Hépatites B et C, 12 rue du Val d’Osne – 94415 Saint-Maurice – Courriel : ist@invs.sante.fr

Dr Ndeindo Ndeikoundam, coordonnateur des IST

Tél. : 01 41 79 68 04

Delphine Viriot, épidémiologiste

Tél. : 01 55 12 54 22

Nelly Fournet, épidémiologiste

Tél. : 01 41 79 67 27

Ouassila Hannachi, technicienne d’informations épidémiologiques

Tél. : 01 41 79 57 53

Hélène Haguy-Boulai, assistante (secrétariat)

Tél. : 01 41 79 67 96
Fax : 01 41 79 67 66

Dr Florence Lot, responsable de l’unité VHIT (VIH, Hépatites, IST, Tuberculose)

Tél. : 01 41 79 67 46

Dans les régions, Cire impliquées dans la surveillance des IST : http://www.invs.sante.fr/Regions-et-territoires/L-InVS-dans-votre-region

Cire Antilles-Guyane – ARS de Martinique
Centre d’affaires Agora - ZAC de l’Etang z’Abricot
Pointe des Grives - BP 658 - 97261 Fort de France Cedex
Tél. : 05 96 39 43 54 - Courriel : ars-martinique-cire@ars.sante.fr

Cire Midi-Pyrénées – ARS Midi-Pyrénées
10 chemin du Raisin - 31050 Toulouse Cedex 9
Tél. : 05 34 30 25 24 - Courriel : ars-midipy-cire@ars.sante.fr

Cire Aquitaine – ARS Aquitaine - Espace Rodesse
103 bis rue Belleville - CS 91704 - 33063 Bordeaux Cedex
Tél. : 05 57 01 46 20 - Courriel : ars-aquitaine-cire@ars.sante.fr

Cire Nord – ARS Nord Pas-de-Calais
556 avenue Willy Brandt - 59777 Euralille
Tél. : 03 62 72 88 88

Cire Centre – ARS Centre
131 Faubourg Bannier - BP 74409
45044 Orléans Cedex 1
Tél. : 02 38 77 47 81 - Courriel : ars-centre-cire@ars.sante.fr

Cire Normandie – ARS Haute Normandie
Immeuble "Le mail" - 31 rue Malouet - BP 2061
76040 Rouen
Tél. : 02 32 18 31 64 - Courriel : ars-normandie-cire@ars.sante.fr

Cire Languedoc-Roussillon – ARS Languedoc-Roussillon
28 Parc-Club du Millénaire - 1025 Rue Henri Becquerel
CS 3001 - 34067 Montpellier Cedex 2
Tél : 04 67 07 22 86 - Courriel : ars-lr-cire@ars.sante.fr

Cire Océan Indien – ARS Océan Indien
2 bis av. Georges Brassens - CS 60050
97408 Saint-Denis Cedex 9
Tél. : 02 62 93 94 24 - Courriel : ars-oi-cire@ars.sante.fr

Cire Loraine-Alsace – ARS de Lorraine
Immeuble "Les Thiers" - 4 Rue Piroux - CO N° 71
54036 Nancy Cedex
Tél. : 03 83 39 29 43 - Courriel : ars-lorraine-alsace-cire@ars.sante.fr

Cire Provence-Alpes-Côte d’Azur – ARS Paca - Cire Sud
132 boulevard de Paris - CS 50039
13331 Marseille Cedex 03
Tél. : 04 13 55 81 01 - Courriel : ars-paca-cire@ars.sante.fr

Cire Limousin-Poitou-Charentes - ARS Poitou-Charentes
Avenue de Northampton - 4 Rue Micheline Ostermeyer
BP 20570 - 86021 Poitiers Cedex
Tél. : 05 49 44 83 18 - Courriel : ars-limousin-pch-cire@ars.sante.fr

Cire Rhône-Alpes –ARS Rhône-Alpes
129 Rue Servient - 69418 Lyon Cedex
Tél. : 04 72 34 31 15 - Courriel : ars-rhonealpes-cire@ars.sante.fr

Centres nationaux de référence (CNR)

La liste des CNR pour la période 2012-2016 est disponible sur le site de l’InVS : http://www.invs.sante.fr/fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de-reference/Liste-et-cordonnees-des-CNR.

CNR Gonocoques
Docteurs Agathe GOUBARD et Patrice SEDNAOUI
Institut Alfred Fournier, laboratoire de microbiologie
25 bd Saint Jacques - 75014 PARIS
Tél. : 01 40 78 26 25 - Fax : 01 40 78 26 27
Email : agathe.goubard@institutfournier.org et patrice.sednaoui@institutfournier.org
Site Internet : http://www.institutfournier.org

CNR Chlamydiae
Docteur Bertille DE BARBEYRAC
Université Victor Segalen Bordeaux 2
USC Infections humaines à mycoplasmes et à Chlamydiae
146 rue Léo-Saignat - 33076 BORDEAUX CEDEX
Tél. : 05 56 79 56 67 - Fax : 05 56 79 56 11
Email : bertille.de.barbeyrac@u-bordeaux2.fr
Site Internet : http://www.cnrchlamydiae.u-bordeaux2.fr/

CNR Gonocoques - Laboratoire associé
Pr Emmanuelle CAMBAU
Groupe hospitalier Saint Louis-Lariboisière-F. Widal
Laboratoire de bactériologie - virologie - hygiène
2 rue Ambroise Paré - 75018 PARIS CEDEX 18
Tél. : 01 49 95 65 54 - Fax : 01 49 95 85 37
Email : emmanuelle.cambau@lrb.aphp.fr

CNR Papillomavirus
Docteurs Isabelle HEARD et Michel FAVRE
Institut Pasteur, Unité de rétrovirologie moléculaire -
unité génétique papillomavirus et cancer humain
25 rue du Docteur Roux - 75015 PARIS CEDEX 15
Tél. : 01 40 61 31 39 - Fax : 01 45 68 89 66
Email : isabelle.heard@pasteur.fr et michel.favre@pasteur.fr
Site Internet : http://www.pasteur.fr/ip/easysite/pasteur/fr/sante/info-hpv

CNR Syphilis
Professeur Nicolas DUPIN
Hôpital Cochin, Hôtel Dieu, Pavillon Gustave Roussy
Service de dermatologie, laboratoire de dermatologie
UPRES-EA 1833
8 rue Mechain – 75014 PARIS
Tél. : 01 58 41 18 49 / 27 88 - Fax : 01 44 41 25 46
Email : nicolas.dupin@cch.aphp.fr
Site Internet : http://www.cnr-syphilis.fr/index.php

 

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