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Les outre-mer

Published on 20/03/2015

Saint-Martin et Saint-Barthélemy

Contexte

Saint Martin et Saint Barthélemy sont 2 territoires français, d’une superficie respective de 25 km² et 54 km², situés au nord de l’archipel des Petites Antilles, et à plus de 200 km de la Guadeloupe continentale.

Contrairement à Saint Barthélemy, Saint Martin est la partie française de l’île de Saint-Martin divisée en deux ; l’autre partie nommée Sint Maarten est néerlandaise.
Ces deux territoires connaissent un climat océanique de la zone intertropicale de convergence, avec une saison "sèche" (de décembre à mai) correspondant à des périodes de fortes chaleurs et de sécheresse et une saison "humide" (de juin à novembre) avec des passages pluvieux et des risques cycloniques.

Population

Au 1er janvier 2014, Saint Martin comptait 36 992 habitants. Avec 685 habitants par km², sa densité de population est deux fois supérieure à celle de la Guadeloupe. Sur la période 1999-2007, ce territoire a connu une augmentation annuelle de sa population de 2,7 % en moyenne, caractérisée par un solde migratoire nettement positif. La population est très jeune : en 2007, 38 % d’entre elle a moins de 20 ans [1].

La population de Saint-Barthélemy était estimée, au 1er janvier 2014, à 9 171 habitants. En 2009, le taux de croissance annuel était de 2,6 % mais contrairement à Saint Martin, Saint Barthélemy connaît un vieillissement de sa population : 21 % d’entre elle a moins de 20 ans et 12,8 % a plus de 60 ans [2].

Statut

Jusqu’en 2007, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, étaient  à des communes de la région Guadeloupe. Par la loi du 21 février 2007, ces territoires sont devenus des collectivités d’outre-mer régies par l’article 74 de la Constitution et ne dépendent plus de la Guadeloupe que pour certains domaines, notamment celui de la santé. Les conseils territoriaux, dont est dotée chacune des collectivités, y exercent les compétences qui relèvent de la commune, du département et de la région, notamment en matière de droit, d’urbanisme, d’habitation, d’environnement, de création et d’organisation des services et établissements publics. La législation et réglementation médicale est la même que dans l’hexagone.

La Cellule de l'InVS en région Antilles-Guyane (Cire AG)

Créée en 1997, la Cire AG constitue l’une des 17 cellules du dispositif régional de l’InVS, qui relaie les missions de veille et de surveillance de l’institut. Elle prolonge ainsi, au plus près du terrain, l’action nationale de l’InVS sur plusieurs régions et collectivités sans continuité géographique (Martinique, Guadeloupe, St Martin, St Barthélemy, Guyane) et situées à plusieurs milliers de kilomètres de Paris.

En janvier 2014, la Cire AG est composée de 11 personnes pérennes et 3 personnes temporaires déployées dans les différents départements d’intervention. En région, sa mission est d’appuyer les Agences régionales de santé des Antilles-Guyane dans les domaines suivants :

  • analyse des signaux sanitaires, évaluation et investigations des évènements pouvant avoir un impact sur la santé de la population, aide à la gestion au sein des plateformes de veille et d’urgence sanitaire ;
  • constitution, animation et mobilisation des réseaux de partenaires régionaux de veille sanitaire ;
  • pilotage et développement de systèmes de surveillance régionalisés (SISMIP, Sursaud…) portant sur des maladies infectieuses prioritaires : dengue, chikungunya, grippe, paludisme, bronchiolite, varicelle, rougeole, IST, etc ;
  • expertise scientifique.

La Cire AG participe également à des études nationales programmées et pilotées par l’InVS. Elle peut être amenée à réaliser des études suite à des sollicitations régionales (étude Kannari, étude Guyaplomb, chikungunya, leptospirose…) et à participer à des activités d’enseignement et de formation continue.

Situation sanitaire de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy

Les maladies infectieuses

Situées en zone tropicale, Saint Martin et Saint Barthélemy connaissent des spécificités environnementales, climatiques et vectorielles qui les exposent à des risques infectieux tels que la dengue, la leptospirose..., pathologies endémo-épidémiques dans ces régions. A cela s’ajoute le risque lié à l’introduction de maladies émergentes (grippe A (H1N1) en 2009, chikungunya en 2013…) du fait des intenses échanges de biens et de personnes non seulement avec les autres pays de la Caraïbes mais aussi avec le continent américain, l’Europe, l’Afrique, l’Asie… qui pourraient entraîner la transmission rapide des épidémies et des vecteurs. Saint-Martin est plus particulièrement concerné par ce risque lié aux échanges internationaux car la partie néerlandaise de l’île, Sint-Maarten, possède l’aéroport international le plus important de la Caraïbe.

On peut noter dans ce contexte sanitaire spécifique :

  • l’épidémie de dengue en 2013 qui a touché plus de 3 000 personnes à Saint-Martin [3] et 966 à Saint-Barthélemy [4], avec une soixantaine d’hospitalisations et 3 décès ;
  • l’émergence du chikungunya à partir de décembre 2013 ayant donné lieu à plus de 4 500 consultations en médecine de ville à Saint Martin et plus de 1 150 consultations à Saint Barthélemy en novembre 2014 [5].
[1] Données Insee mars 2009.
[2] Ministère de l’outre mer : http://www.outre-mer.gouv.fr/?presentation-saint-barthelemy.html.
[3] Point épidémiologique dengue Saint Martin n° 23/5 décembre 2013.
[4] Point épidémiologique dengue Saint Barthélémy n° 20/5 décembre 2013.
[5] Point épidémiologique chikungunya DFA n° 33/20 novembre 2014.

Articles scientifiques

1.    Bourhy P, Herrmann Storck C, Theodose R, Olive C, Nicolas M, Hochedez P, Lamaury I, Zinini F, Bremont S, Landier A, Cassadou S, Rosine J, Picardeau M. (2013) Serovar Diversity of Pathogenic Leptospira Circulating in the French West Indies. PLoS Negl Trop Dis 7(3): e2114. doi:10.1371/journal.pntd.0002114.

2.    Ferdinand S, Millet J, Accipe A, Cassadou S, Chaud P, Levy M, Théodore M, Rastogi N.Use of genotyping based clustering to quantify recent tuberculosis transmission in Guadeloupe during a seven years period: analysis of risk factors and access to health care. BMC Infectious Diseases 2013 13:364.

3.    Flamand C, Fabreque M, Bringay S, Ardillon V, Quenel P, Desenclos JC, Teisseire M. Mining local climate data to assess spatiotemporal dengue fever epidemic patterns in French Guiana. J Am Med Inform Assoc. 2014 Feb 18. doi: 10.1136/amiajnl-2013-002348.

4.    Hochedez P, Escher M, Decoussy H, Pasgrimaud L, Martinez R, Rosine J, Théodose R, Bourhy P, Picardeau M, Olive C, Ledrans M, Cabié A. Outbreak of leptospirosis. among canyoning participants, Martinique, 2011. Euro Surveill. 2013;18(18):pii=20472. Available online: http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle. aspx?ArticleId=20472.

5.    La Ruche G, Dejour-Salamanca D, Bernillon P, Leparc-Goffart I, Ledrans M, Armengaud A, Debruyne M, Denoyel GA, Brichler S, Ninove L, Desprès P, Gastellu-Etchegorry M. Capture-recapture method for estimating annual incidence of imported dengue, France, 2007-2010. Emerg Infect Dis. 2013 Nov;19(11):1740-8. doi: 10.3201/eid1911.120624. PubMed PMID: 24188574.

6.    Larrieu S, Cassadou S, Rosine J, Chappert JL, Blateau A, Ledrans M, Quénel P. Lessons raised by the major 2010 dengue epidemics in the French West Indies. Acta Trop. 2014 Mar;131:37-40. doi: 10.1016/j.actatropica.2013.11.023. Epub 2013 Dec.

7.  Leparc-Goffart I, Nougairede A, Cassadou S, Prat C, De Lamballerie X. Chikungunya in the Americas. Lancet. 2014 Feb 8;383(9916):514. doi: 10.1016/S0140-6736(14)60185-9.

8.    Mahamat A, Dussart P, Bouix A, Carvalho L, Eltges F, Matheus S, Miller MA, Quenel P, Viboud C. Climatic drivers of seasonal influenza epidemics in French Guiana, 2006-2010. J Infect. 2013 Aug;67(2):141-7. doi: 10.1016/j.jinf.2013.03.018. Epub 2013 Apr 15. PubMed PMID: 23597784; PubMed.

9.    Thomas L, Najioullah F, Besnier F, Valentino R, Rosine J, Césaire R, Cabié, A. Clinical presentation of dengue by serotype and year of epidemic in Martinique. American Journal of Tropical Medicine & Hygiene - (accepté en décembre 2013 - En cours de publication). 

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