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Publié le 26/11/2015

Projections d’incidence et de mortalité par cancer en France

Couverture du rapport projection de l'incidence et de la mortalite par cancer en France métropolitaine en 2015

Le réseau des registres des cancers Francim, le service de biostatistique des Hospices Civils de Lyon (HCL), l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national du cancer publient de nouvelles projections d’incidence et de mortalité par cancer en France métropolitaine pour l’année 2015. Le rapport estimerait à 385 000 le nombre de nouveaux cas de cancer, et à un peu moins de 150 000 le nombre de décès par cancer.

L’objectif principal des projections d’incidence et de mortalité par cancer est d’estimer, pour l’année en cours, les nombres attendus de nouveaux cas de cancer et de décès par cancer au niveau national.
Ces projections 2015 ont été produites, pour 19 localisations tumorales solides, à partir des données d’incidence observées jusqu’en 2011 dans les départements couverts par un registre du réseau Francim ainsi que des données de mortalité du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc). Pour chaque localisation cancéreuse, des hypothèses d’évolution ont été définies, pour la période 2011-2015.

Ces projections ne doivent pas être interprétées comme une réalité observée : elles ne sont que le reflet des hypothèses retenues et ne peuvent pas, de ce fait, être utilisées pour reconstituer des tendances temporelles. Seuls les travaux d’estimation réalisés tous les 5 ans le permettent.

Les principaux résultats

Incidence (nombre de nouveaux cas)

Pour l’année 2015, l’étude estimerait ainsi à 385 000 le nombre de nouveaux cas de cancer, dont près de 57 % chez l’homme, soit environ 211 000 cas et 43 % chez la femme, soit 174 000 cas.

Les nouveaux cas de cancer chez l’homme resteraient majoritairement représentés par les cancers de la prostate, même s’il n’a pas été possible de réaliser une projection pour ce cancer (53 400 cas estimés en 2011). Le cancer du poumon resterait le deuxième cancer le plus fréquent, avec environ 30 400 nouveaux cas, devant le cancer du côlon-rectum (environ 23 500 nouveaux cas).

Chez la femme, le cancer du sein, avec environ 54 000 nouveaux cas, resterait de loin le plus fréquent, devant les cancers du côlon-rectum (19 500 nouveaux cas) et du poumon (14 800 nouveaux cas).

Mortalité

Le nombre estimé de décès par cancer s’élèverait à un peu moins de 150 000, dont 56 % chez l’homme (84 000 décès) et 44 % chez la femme (65 000 décès).

Les cancers responsables du plus grand nombre de décès chez l’homme demeureraient les cancers du poumon (21 000 décès), du côlon-rectum (9 300 décès) et de la prostate (8 700 décès).

Chez la femme, le cancer du sein serait également toujours à l’origine du plus grand nombre de décès, avec environ 11 900 décès, suivi par le cancer du poumon (9 600 décès), et le cancer du côlon-rectum (8 500 décès).

Les hypothèses retenues pour les 19 localisations permettent de prévoir, pour l’ensemble des cancers :

  • une stabilisation du taux d’incidence standardisé1  des cancers (tous types confondus) chez l’homme ;
  • une augmentation de ce taux chez la femme ;
  • une diminution du taux de mortalité standardisé pour les deux sexes.

Compte-tenu des évolutions démographiques (accroissement et vieillissement de la population), ceci se traduit par une augmentation du nombre de nouveaux cas de cancer pour chaque sexe et une stabilisation du nombre de décès par cancer. Comme toute prédiction, ces données comportent un certain degré d’incertitude et ne permettent pas de reconstituer des tendances temporelles.

Ces projections étant désormais destinées à être mises à jour tous les deux ans, les prochaines sont prévues pour l’année 2017 et devraient être publiées fin 2016-début 2017. Des estimations d’incidence et de mortalité par cancer seront publiées en 2018.

Pour aller plus loin

Comment sont produites les projections d’incidence ?

Les projections en 2015 proviennent d’une modélisation des données d’incidence observées dans les registres des cancers du réseau Francim et des données de mortalité du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDC, Inserm), sur la période 1980-2011.

Des hypothèses d’évolution sur la période récente (2011-2015) ont été définies, sur la base de l’évolution des facteurs de risque de chaque cancer, des tendances observées dans d’autres pays, et de l’évolution récente d’autres sources de données comme les mises en affection de longue durée (ALD). Trois scenarii ont été étudiés : soit on considère que l’incidence va suivre l’évolution observée sur la période récente (2008-2011), soit on considère que son taux va rester constant entre 2011 et 2015, ou on considère que l’incidence va suivre l’évolution moyenne observée sur une longue période (1980-2011).

Quelles ont été les hypothèses retenues pour les projections d’incidence ?

Le scénario majoritairement retenu est celui d’une poursuite de la tendance récente observée jusqu’en 2011, comme par exemple :

  • une baisse de l’incidence pour les cancers de la lèvre, de la bouche et du pharynx, de l’œsophage, de la vessie chez l’homme, des cancers du col de l’utérus, de l’ovaire, du colon-rectum chez la femme ;
  • une augmentation de l’incidence du mélanome, des cancers de la thyroïde, du rein chez l’homme et les cancers de la lèvre, de la bouche et du pharynx, de l’œsophage, du poumon, de la vessie, du corps de l’utérus, le mélanome, de la thyroïde chez la femme ;
  • une stabilité de l’incidence pour les cancers du poumon, du testicule chez l’homme.

Pour le cancer du sein chez la femme le scénario d’une stabilisation entre 2011 et 2015 a été retenu au regard des évolutions observées dans d’autres pays, contrairement à l’évolution observée avant 2011 en France.

Pour le cancer de la prostate, en raison du caractère difficilement prévisible des pratiques de dépistage, il n’a pas été possible de choisir une hypothèse. Seule l’estimation de l’année 2011 est rapportée.

Comment sont produites les projections de mortalité ?

Comme pour l’incidence, les projections de mortalité sont produites à partir d’une modélisation des données de mortalité du CépiDc sur la période 1980-2011 et des hypothèses sur l’évolution de la mortalité pour chaque localisation cancéreuse entre 2011 et 2015 sont choisies parmi 3 scénarii similaires à ceux de l’incidence.

Quelles ont été les hypothèses retenues pour les projections de mortalité ?

Concernant la mortalité, pour toutes les localisations, l’hypothèse d’une « poursuite de la tendance récente observée jusqu’en 2011 » a été retenue c’est-à-dire :

  • une diminution de la mortalité pour la quasi-totalité des localisations quel que soit le sexe
  • une augmentation de la mortalité pour le cancer du poumon chez la femme
  • une stabilité de la mortalité par mélanome, par cancer du rein chez l’homme
1 Nombre de cas pour 100 000 personnes/an standardisé sur la structure d’âge de la population mondiale. C’est-à-dire des chiffres qui permettent des comparaisons dans le temps en s’affranchissant des particularités des populations nationales, notamment leur augmentation et leur vieillissement.
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