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Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

Publié le 19/09/2011

Apport des systèmes d'information

La démarche s’est appuyée, entre autres, sur la mobilisation de systèmes d’information sanitaire et de surveillance environnementale pour l’alerte et la surveillance à court terme.

Plusieurs institutions, partenaires et réseaux locaux ont été mobilisés, et notamment :

L’analyse des données issues de ces réseaux a porté principalement sur :

  • la description des effets rapportés ;
  • l’examen des tendances temporelles (en fonction de la date de l’explosion) ;
  • la confrontation des informations disponibles dans les différents systèmes d’information.

Ces données ont permis d’étudier les conséquences physiques et psychologiques survenues après l’explosion, principalement sur le court terme (dans les jours et semaines ayant suivi l’explosion) et parfois également à plus long terme. Les résultats ont été complétés et confirmés par ceux des enquêtes mises en place auprès des populations exposées (voir Impact sanitaire).

Des conséquences physiques

La quasi-totalité des recours à l’hôpital dès les premiers jours après l’explosion a été motivée par des traumatismes physiques.

Les atteintes auditives ont constitué un motif très fréquent de recours au soin, principalement en médecine libérale (médecins généralistes et spécialistes). Elles constituaient 24 % des lésions initiales des accidents de travail recensés et, dans les établissements scolaires proches, 6 % des élèves présentaient un déficit auditif >25 dB lors du dépistage effectué dans les jours suivant l’accident. Les troubles auditifs ont au final constitué plus de 40 % des séquelles indemnisées chez les victimes.

L’importance des lésions auditives a été rapportée également dans toutes les enquêtes menées 9 à 18 mois après l’explosion. Le lien entre déficit auditif et explosion a été confirmé, en particulier par l’étude menée avec le Service de médecine du travail d’EDF auprès de leurs salariés. En effet, les personnes qui se trouvaient à moins de 1,7 km de l’épicentre de l’explosion avaient un risque de perte auditive aux fréquences de 2 000 à 6 000 Hertz significativement supérieur à ceux qui se trouvaient à plus de 1,7 km. Au total, 68 % des salariés se trouvant à moins de 1,7 km avaient eu une perte auditive de 10 décibels ou plus à au moins une oreille à ces fréquences.

Par ailleurs, il est connu qu’un stress important peut être un facteur déclenchant d’infarctus du myocarde. Ainsi, dans les cinq jours suivant l’explosion, on a observé trois fois plus d’infarctus du myocarde qu’au cours de périodes de référence antérieures, alors que ni la pollution atmosphérique, ni les constantes météorologiques n’étaient modifiées.

… et psychologiques

À partir de la base Erasme de l’Assurance maladie, il a été estimé que près de 5 000 personnes avaient débuté un traitement psychotrope dans les jours suivant l’explosion, alors qu’ils n’en prenaient pas l’année précédente. Un nombre de 5 600 consultations chez les généralistes de l’agglomération de Toulouse pour des symptômes apparentés au stress aigu a été estimé dans les huit semaines suivant l’explosion par le réseau des médecins sentinelles de Toulouse. 

Figure

Nombre quotidien de nouveaux traitements psychotropes en Haute-Garonne comparé à trois départements limitrophes, 2001

comparaison traitements psychotropes

L’impact de l’explosion sur la santé mentale de la population a été confirmé également par la suite par l’ensemble des études et les séquelles psychologiques ont constitué la première cause d’indemnisation chez les victimes.

L‘ensemble des résultats et leur cohérence ont permis de formuler précocement des recommandations, notamment :

  • la mise en place d’un dépistage systématique des déficits auditifs dans la zone proche de l’explosion ;
  • un renforcement de la prise en charge psychologique de la population.

 

  • En savoir plus :

Schwoebel V. Utilisation des systèmes d'information sanitaire pour le bilan et l'aide à la décision après l'explosion de l'usine "AZF" à Toulouse le 21 septembre 2001. Numéro thématique. 21 septembre 2001-21 septembre 2004 : bilan de l'explosion de l'usine "AZF" à Toulouse. Bull Epidemiol Hebd 2004;38-39:186.

Rivière S, Schwoebel V, Lapierre-Duval K, Warret  G, Saturnin M, Avan P, Job  A, Lang T, and The Expert Group. Hearing status after an industrial explosion: experience of the AZF explosion, 21 September 2001, France. Int Arch Occup Environ Health 2008;81:409-14.

Dossier Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

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