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Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

Publié le 19/09/2011 - Dernière mise à jour le 16/09/2015

Approche et méthodologie

Pour la première fois en France, un dispositif complet d’évaluation épidémiologique des conséquences sanitaires d’une catastrophe a été mis en place, dès le lendemain de l’accident, par l’Institut de veille sanitaire. Il a visé d’emblée à évaluer les conséquences à court et moyen termes. Mené par la Cellule interrégionale d’épidémiologie Midi-Pyrénées, en collaboration avec la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) sous le pilotage d’un Comité institutionnel présidé par le Préfet et d’un Comité scientifique, il a réuni de nombreux partenaires scientifiques et institutionnels.

Les objectifs du dispositif de suivi épidémiologique mis en place étaient :

  • de caractériser très rapidement pour la population les risques liés aux rejets des produits dans les milieux, afin de prendre et adapter si besoin des mesures de prévention et de surveillance spécifique ;
  • d’évaluer à court et moyen termes les besoins de dépistage et de prise en charge de la population ;
  • d’évaluer à court et moyen termes l’ampleur des séquelles physiques, mentales et sociales pour les populations touchées.

Deux approches méthodologiques ont été utilisées :

Pour les conséquences immédiates dans les jours et semaines ayant suivi l’explosion :

  • évaluation des risques sanitaires potentiels liés aux rejets toxiques dans l’environnement ;
  • analyse des données disponibles dans les systèmes d’information sanitaires (systèmes d’information).

Pour les conséquences entre 9 et 18 mois :

Trois séries d’enquêtes transversales auprès des populations touchées, en particulier les enfants, la population générale, la population des travailleurs et des sauveteurs. Dans ces enquêtes, l’agglomération toulousaine a été divisée en deux zones selon la proximité du lieu de l’explosion : la zone proche inclut le pôle chimique et un ensemble de quartiers situé dans un rayon d’environ trois kilomètres. La zone éloignée correspond au reste de la commune de Toulouse et aux autres communes de l’agglomération toulousaine.

Les enquêtes ont été réalisées par autoquestionnaires qui détaillaient :

  • les caractéristiques personnelles (âge, catégorie sociale) ;
  • l’exposition à l’explosion en particulier la distance personnelle par rapport au site "AZF" ;
  • l’impact physique (blessures ou hospitalisation à la suite de l’explosion, troubles auditifs) ;
  • les conséquences matérielles (destruction du logement, de l’école, du lieu de travail) ;
  • les conséquences sociales (atteinte des proches) ;
  • les symptômes psychologiques (symptômes dépressifs, symptômes de stress posttraumatique).

Carte

Zone proche de l'explosion

carte zone explosion

Source : mairie de Toulouse, Insee

Pour les conséquences à 5 ans :

logo cohorte AZF

Un suivi de cohorte de 3 000 travailleurs et sauveteurs volontaires a été mis en place pour évaluer les conséquences sanitaires et socioprofessionnelles pendant cinq ans. Les volontaires de la cohorte ont été suivis par des bilans de santé clinique et paraclinique et par des autoquestionnaires professionnels et de santé ; ces derniers détaillaient les conséquences professionnelles (arrêt de travail, évolution de carrière), sociales, physiques et psychologiques (mal être psychique, symptômes dépressifs et symptômes de stress posttraumatique).

 

  • En savoir plus :

Lang T, Schwoebel V, Diene E, Bauvin E, Garrigue E, Lapierre Duval K et al. Assessing post-disaster consequences for health at the population level: experience from the AZF factory explosion in Toulouse. J Epidemiol Community Health 2007;61(2):103-7.

Numéro thématique. 21 septembre 2001-21 septembre 2004 : bilan de l'explosion de l'usine "AZF" à Toulouse. Bull Epidemiol Hebd 2004;38-39.

Dossier Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

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