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Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

Publié le 19/09/2011

Conséquences de l'exposition environnementale

L’explosion de l’usine a été à l’origine de rejets de polluants dans l’air (nuage de pollution survolant la ville), l’eau (rejets dans la Garonne) et les sols (retombées de terre du cratère) au moment de l’explosion et après. Le nuage de pollution atmosphérique qui a survolé le sud-ouest de l'agglomération était constitué essentiellement de composés azotés et des rejets de dérivés nitrés ont été déversés dans le bras de la Garonne qui borde l'installation de l’usine. De plus, le souffle de l’explosion a projeté sur les quartiers proches des particules et fragments de sol.

L'analyse des risques sanitaires liés à ces rejets a donc tenu compte de cette diversité des pollutions et des milieux, mais également des durées d'exposition, plus ou moins longues en fonction des milieux.

Les effets ont été considérés sur différentes échelles de temps (effets immédiats et à long terme), pour des groupes divers de population (intervenant sur le site, population générale, enfants), et sur plusieurs zones géographiques (à proximité et à distance du site).

Le volet "santé-environnement" du dispositif de suivi épidémiologique des conséquences sanitaires de l’explosion de l’usine AZF a utilisé de façon concomitante deux approches méthodologiques visant à caractériser les risques liés aux expositions à des polluants émis dans les différents milieux (air, eau, sol) lors de l’explosion et dans les semaines qui ont suivi :

  • la démarche d’évaluation des risques sanitaires à partir de données environnementales, bibliographiques et populationnelles ;
  • la surveillance spécifique de pathologies ciblées à des fins d’alerte par les systèmes d’information sanitaires.

L’évaluation des risques : une absence d’excès de risque sanitaire

Les expositions potentielles ont été distinguées selon leur voie d’entrée :

  • expositions par voie aérienne ;
  • expositions par voie orale.

Aucun excès de risque sanitaire notable potentiellement lié à l’exposition par voie aérienne aux polluants identifiés dans l’atmosphère (NO2, NH3, particules, Cl2, N2O, HNO3, amiante) n’a été mis en évidence. De plus, le suivi sur trois mois via différents systèmes d’alerte sanitaire n’a montré aucun signalement de pathologie pouvant faire évoquer la présence d’un polluant non identifié.

Seuls des effets irritatifs respiratoires et oculaires transitoires ont été observés. Ces résultats sont donc cohérents avec ceux de l’évaluation des risques, tant sur le plan de la nature des effets observés que sur le plan de leur sévérité et de leur durée.

Les expositions par voie orale, qu’elles soient liées à la consommation d’eau potable ou à l’ingestion de polluants contenus dans les sols, via la chaîne alimentaire, ont fait l’objet de surveillance spécifique.

Des dépassements ponctuels des valeurs limites en ammonium, nitrates et nitrites ont été mis en évidence au décours de l’explosion, mais n’ont pas engendré un excès de risque sanitaire pour les consommateurs d’eau potable.

Concernant les risques liés à la contamination du sol, les expositions directes et indirectes, ont été évaluées.

Lors de l’explosion, un certain nombre de substances du sol ont été projetées ; parmi elles, des substances toxiques telles que l’arsenic, le chrome, le cuivre et le plomb. Le niveau des expositions estimées par ingestion directe et l’évaluation des risques liées aux expositions indirectes, via la consommation d’eau ou de produits cultivés localement, ont permis d’écarter tout excès de risque sanitaire.

…confirmée par les systèmes d’information sanitaire

Les données des médecins sentinelles, du CAP et du régime général de l’Assurance maladie convergaient quant à l’existence d’une recrudescence de symptômes de type irritatif, respiratoire et oculaire, dans les suites immédiates de l’explosion.

Par ailleurs, aucun des réseaux n'a rapporté de signes cliniques graves pouvant être en lien avec des émissions atmosphériques.

  • En savoir plus :

Cassadou S, Ricoux C, Gourier Frery C, Schwoebel V, Guinard A. Conséquences sanitaires de l'explosion survenue à l'usine "AZF" de Toulouse le 21 septembre 2001. Conséquences des expositions environnementales. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2003. 112 p.

Cassadou S. Accident "AZF" à Toulouse le 21 septembre 2001 : conséquences sanitaires des expositions aux pollutions environnementales. Numéro thématique. 21 septembre 2001-21 septembre 2004 : bilan de l'explosion de l'usine "AZF" à Toulouse. Bull Epidemiol Hebd 2004;38-39:187.

Lang T, Cassadou S, Gourier Frery C, Schwoebel V. Suivi épidémiologique des conséquences sanitaires d'une catastrophe industrielle : l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, septembre 2001. Rev Epidemiol Sante Publique 2003;5(2):279-82.

Dossier Conséquences sanitaires de la catastrophe d'AZF

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