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Intoxications au monoxyde de carbone

Publié le 08/06/2005 - Dernière mise à jour le 09/10/2015

Alertes et investigations

Certaines situations exceptionnelles, principalement associées à des conditions climatiques inhabituelles, entraînent des augmentations du nombre d’épisodes d’intoxications au monoxyde de carbone (CO), localisées dans le temps et dans l’espace, considérées comme des épidémies.
D’autres situations, survenant dans des lieux recevant du public en lien avec des sources d’intoxication par le CO particulières, vont exposer à des émanations de CO un nombre de personnes pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines.

A la suite de ces événements et des investigations réalisées, des actions de santé publique (message de prévention, sensibilisation au risque) sont mises en œuvre par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) et la Direction générale de la santé (DGS), acteurs de la lutte contre les intoxications par le CO (loi de santé publique, PNSE).

Conditions météorologiques inhabituelles

Les coupures d’alimentation en électricité

De telles coupures provoquées par des intempéries (vents violents, chute de neige, pluies abondantes) constituent des éléments propices à la survenue d’intoxication par le CO.
Le passage de vents violents occasionne des dégâts importants parmi lesquels des ruptures de câbles d’alimentation en électricité.
Les tempêtes de neige peuvent aussi dans certaines régions occasionner des ruptures en alimentation électrique provoquant des épidémies d’épisodes d’intoxication par le CO associés à l’utilisation de groupes électrogènes ou de chauffages mobiles de fortune comme des chauffages mobiles d’appoint utilisés de manière prolongée ou des braseros/barbecues utilisés à l’intérieur de l’habitat (pièces de vie ou annexes).

Les périodes de grand froid

Chaque hiver, les périodes de grand froid s’accompagnent d’une augmentation d’intoxications par le CO domestiques accidentelles liées à l’utilisation prolongée de chauffage mobile d’appoint. L’analyse des facteurs favorisants de ces intoxications par le CO a mis en évidence l’association d’une utilisation prolongée de l’appareil à un défaut d’aération du logement.

Les phénomènes de redoux

Ce type de phénomène est principalement observé dans le nord de la France. Il se caractérise par des températures douces pour la saison et, par rapport aux jours précédents, une stabilité atmosphérique, des vents faibles et une humidité élevée. Ces facteurs favorisent un faible tirage des cheminées et rendent difficile l’évacuation des gaz. De plus, en cas de redoux, les utilisateurs d’appareil au charbon sont susceptibles de laisser « couver » le feu, c'est-à-dire de limiter l’entrée d’air dans l’appareil pour ralentir la combustion sans l’éteindre ce qui, associé à un mauvais tirage, peut être à l’origine d’une production de CO dans l’habitat.

Intoxications au CO dans les établissements recevant du public (ERP)

Intoxications au CO dans les lieux de culte

Entre 2005 et 2013, 50 épisodes d’intoxication par le CO collective sont survenus dans des lieux de culte exposant près  2 201 personnes à des émanations de CO. La répartition annuelle des épisodes a mis en évidence des disparités temporelles, caractérisées par un pic en 2005 suivi d’une baisse substantielle du nombre d’épisodes en 2006. A partir de 2007, une augmentation progressive du nombre annuel a été observée pour atteindre 5 épisodes en 2013. Les enquêtes environnementales, menées par les techniciens environnementaux (DT-ARS, SCHS, LCCP) ont permis d’identifier les chauffages à panneaux radiants comme principale source d’intoxication  dans des édifices mal ventilés principalement. Dans la mesure où ces épisodes surviennent le plus souvent au moment de manifestations publiques comme des cérémonies religieuses ou concerts), ils peuvent conduire à un important déploiement de professionnels des services d’intervention d’urgence pour la prise en charge médicale des personnes présentes sur les lieux.

Figure

Répartition annuelle du nombre d’épisodes d’intoxication par le CO collective dans un lieu de culte selon la source (France métropolitaine, 2005-2013, n=50)

Figure 1 – Répartition annuelle du nombre d’épisodes d’intoxication par le CO collective dans un lieu de culte selon la source (France métropolitaine, 2005-2013, n=50)

A partir de 2006 des circulaires interministérielles (DGS/SD7C/DDSC/SDGR/2006/380 du 4 septembre 2006 relative à la prévention des intoxications collectives au monoxyde de carbone dans les lieux de culte et aux mesures à mettre en œuvre) ont été publiées afin de prévenir les intoxications par le monoxyde de carbone collectives et indiquer les mesures à mettre en œuvre. Elles visaient à sensibiliser les responsables des lieux de culte aux risques d'intoxications au monoxyde de carbone notamment par l’interdiction de préchauffer les lieux avant une manifestation publique.  Une affiche, élaborée par l’Inpes, est venue compléter cette démarche préventive.

Intoxications par le CO dans les patinoires

En 2005, un épisode d’intoxication par le CO survenu dans une patinoire a mis en cause le fonctionnant prolongé d’une surfaceuse, engin à moteur thermique utilisé pour lisser la surface des patinoires.

Intoxications par le CO dans les kartings

Plusieurs épisodes d’intoxication par le CO sont survenus dans des kartings en raison notamment de l’impossibilité d’évacuer les gaz d’échappement des véhicules suite à une panne des extracteurs de fumée.

Intoxications par le CO dans les restaurants

Sur la période 2011-2013, 7 épisodes d’intoxication survenus dans un restaurant ont  exposé 110 personnes aux émanations de CO. L’appareil mis en cause était  un  Brasero/barbecue disposé sur les tables ou à l’intérieur  de l’établissement afin de cuire les aliments (viandes, fromages).

Alertes et investigations

2013

En 2013, 86 signalements ont été en lien avec un appareil à ventouse,  exposant 254 personnes à l’émanation de CO dont 186 d’entre elles ont été transportées vers un service d’urgence hospitalier et  entrainant le décès de 2 personnes. Parmi  ces épisodes, 82 sont survenus au sein d’une habitation. D’après les informations fournies  au système de surveillance ces intoxications seraient dues à un défaut d’étanchéité liée à une installation défaillante ou à une maintenance récente.

2012

Au cours de la période de chauffe 2011-2012, 68 signalements d’intoxication par le CO ont été  en lien avec une utilisation inappropriée d’un groupe électrogène exposant 195 personnes à des émanations de CO nécessitant l’hospitalisation de 70 d’entre elles et entraînant le décès de 14 personnes.  Parmi ces épisodes, 52 sont survenus de manière accidentelle dans l’habitat lors du fonctionnement d’un groupe électrogène dans une cave, un sous-sol, un garage ou tout autre lieu confiné.

La vague de froid exceptionnelle survenue au début du mois de février a provoqué une augmentation d’au moins 50% du nombre d’épisodes d’intoxication par rapport à l’effectif moyen en période de chauffe. Entre le 1er et 19 février, 234 signalements d’intoxication par le CO ont été transmis alors que le nombre moyen attendu  sur ces trois semaines est de 120 signalements.

2011

Au cours du mois de juin, 19 épisodes d’intoxication sont survenus, principalement au moment d’une vague de chaleur. L’augmentation brutale des températures a entrainé une inversion de tirage provoquée par la fraicheur de certains logements situés dans les étages inférieurs d’immeuble le plus souvent en pierre de taille alors que l’orifice externe d’évacuation des gaz brûlés situé sur le toit était soumis à une température élevée.

2010

Le système de surveillance a permis de détecter l’émergence de cas d’intoxication par le CO en lien avec l’utilisation inappropriée de parasol radiant au gaz. Un épisode est notamment survenu à l’intérieur d’un restaurant où l’appareil avait été placé dans le hall d’entrée. Un second épisode est survenu dans une résidence secondaire : les appareils avaient été placés dans le salon pour chauffer l’habitat.

De manière concomitante aux vagues de froid et de neige-verglas observées au mois de décembre 2010, le nombre hebdomadaire d’épisodes d’intoxication par le CO a augmenté de manière substantielle. Le nombre hebdomadaire d’épisodes a doublé lors de la première semaine de froid par rapport aux nombre d’épisodes observés en période de chauffe, puis une augmentation de 50% a été observée au cours des semaines suivantes.

Le passage de la tempête Xynthia en mars 2010 a provoqué, parmi les nombreuses conséquences sanitaires, une augmentation d’intoxications par le CO dans la région Centre en lien avec l’utilisation de groupes électrogènes.

2009

En janvier 2009, le passage de la tempête Klaus dans la partie sud de la France (du littoral aquitain au nord de la région Languedoc-Roussillon), caractérisée des vents violents avoisinant les 200 km a provoqué, entre autres, une coupure prolongée de l’alimentation en électricité. Sept jours après le passage de la tempête, 109 épisodes d’intoxications par le CO domestiques accidentelles ont été observés dans l’interrégion alors qu’à cette période de l’année, le nombre hebdomadaire d’épisodes d’intoxication par le CO domestiques accidentelles était de l’ordre de 4.
 La réalisation des enquêtes environnementales a mis en évidence que la grande majorité de ces intoxications par le CO avait pour origine l’utilisation de groupe électrogène placé dans le logement (principalement, le garage ou la cave). D’autres intoxications par le CO avaient été associées à l’utilisation de moyen de chauffage de fortune (chauffage mobile d’appoint, brasero, cuisinière).

2008

En janvier 2008 au cours d’un récital des Petits Chanteurs à la croix de bois dans l’église de Phalempin, commune proche de Lille dans le Nord, près de 300 personnes ont été exposées à des concentrations élevées de CO.
 Au total, 68 personnes ont été hospitalisées, 47 adultes et 21 enfants (dont 10 chanteurs). Les personnes étaient transférées vers les services d’urgences quand leur taux d’HbCO était supérieur à 15 %, les autres étaient prises en charge sur place. Les victimes ont été intoxiquées à des degrés divers mais sans gravité, seules 4 personnes ont été prises en charge au caisson hyperbare du Centre hospitalier régional universitaire de Lille (2 adultes et 2 enfants).
 L’édifice était chauffé par un système de radiants à gaz. Ceux-ci avaient été révisés quelques jours avant. Les concentrations élevées de CO étaient probablement liées, en premier lieu, au pré-chauffage de l’église. Les températures extérieures étaient basses depuis quelques jours et les chauffages radiants à gaz avaient fonctionné tout au long de l’après-midi précédent le concert, sans aération de l’église. Le confinement, ensuite, de 300 personnes pendant deux heures, aurait accentué la raréfaction de l’oxygène et contribué à l’augmentation de la production de CO. Les concentrations de CO dans l’édifice, mesurées par les services de secours au moment de leur intervention, étaient de 300 ppm.

2007

En janvier 2007, le département de la Creuse a été concerné par de fortes tempêtes de neige occasionnant des ruptures en alimentation électrique. Douze épisodes d’intoxication par le CO domestiques accidentelles liés principalement à l’utilisation inappropriée de groupes électrogènes (9 épisodes) ou à l’utilisation de moyen de chauffage de fortune comme poêle à pétrole ou gazinière (3 épisodes) ont alors été recensés.

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, les phénomènes de redoux observés en 2006 et 2007 ont occasionné plusieurs épisodes épidémiques entre septembre et novembre. Les températures étaient douces avec des vents faibles et une forte humidité. Au cours de ces épisodes, une centaines d’affaires d’intoxication ont été signalées, impliquant plus de 250 personnes. Les intoxications étaient principalement liées à l’utilisation d’un chauffage au charbon.

2005

En 2005, un épisode d’intoxication par le CO survenu dans une patinoire a entraîné la prise en charge médicale d’une centaine de personnes dont 80 personnes. L’enquête environnementale, menée par les services techniques, a révélé que les émanations de CO avaient été provoquées par le fonctionnement prolongé d’une surfaceuse, engin à moteur thermique utilisé pour lisser la surface des patinoires.

  • En savoir plus :

Vaissière E. Bilan des intoxications au monoxyde de carbone survenues en Auvergne en 2014. Bulletin de veille sanitaire (à paraître)

Coquet S, Cabot C, Ricoux C et al. Phénomène climatique exceptionnel et intoxications au monoxyde de carbone : de la surveillance à l’action de santé publique, France, Sud‑Ouest, janvier 2009. Bull Epidemiol Hebd 20011; 45-46.

Verrier A, Daoudi J, Ung A, Salines G, groupes régionaux CO. Les intoxications au monoxyde de carbone en période de chauffe, en France : influence des événements météorologiques dans les variations intrasaisonnières. BEHWeb 2011;2.

Gilles C, Aupetit C et Barret I. Intoxications au monoxyde de carbone au cours de la période des intempéries de neige en Creuse, France, janvier 2007. Bull Epidemiol Hebd 2008;2.

Dossier Intoxications au monoxyde de carbone

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