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Intoxications au monoxyde de carbone

Publié le 08/06/2005 - Dernière mise à jour le 19/10/2010

Etudes et enquêtes

Intoxications au monoxyde de carbone dans des foyers équipés d'un chauffage au charbon, Nord-Pas-de-Calais, septembre-décembre 2007

Le Nord-Pas-de-Calais est une des régions les plus touchées par les intoxications domestiques accidentelles au monoxyde de carbone (CO). Le système de surveillance des intoxications au CO a montré l’importance de la part des intoxications liées à l’utilisation d’un chauffage au charbon dans la région, particulièrement au moment des pics épidémiques d’intoxications.
L’étude vise à décrire précisément les conditions de l’intoxication en lien avec un chauffage au charbon dans le but de mieux cibler les prochaines campagnes de préventions.
La population d’étude est composée de tous les cas d’intoxication au CO, impliquant un chauffage au charbon, signalés au système de surveillance de septembre à décembre 2007. Ils ont été décrits à l’aide des données de surveillance complétées par des informations recueillies au cours d’un entretien téléphonique auprès des personnes intoxiquées (avec un taux de participation de 85 %).
Parmi les 149 affaires d’intoxication survenues au cours de la période d’étude, 74 étaient dues à un chauffage au charbon. Les appareils ont été, dans 54 % des cas, achetés neufs et 51 % ont été installés par les particuliers eux-mêmes. Près de 70 % des appareils ont été installés sans la mise en place d’une entrée d’air et 61 % des professionnels ayant installé les appareils n’avaient pas respecté les normes techniques en matière d’aération. L’installation était relativement récente pour la plupart des appareils mis en cause. Si les conduits et les appareils étaient assez régulièrement entretenus, seulement 50 % des entretiens d’appareil étaient réalisés par un professionnel. En revanche, les conduits étaient entretenus pour 70 % d’entre eux par un professionnel. Enfin, 56 % des personnes interrogées déclaraient n’avoir jamais été informées sur les moyens de prévention au CO avant leur intoxication.
Cette étude montre que les appareils mis en cause dans l’intoxication étaient relativement récents mais présentaient un défaut d’entretien et un défaut d’installation en termes d’aération. Ces résultats ont servi à l’élaboration des messages de prévention à destination des utilisateurs de charbon et des installateurs d’appareil de chauffage au charbon.

  • En savoir plus :

De Baudouin C, Chaud P, Tilmont B, Prouvost H. Intoxications au monoxyde de carbone dans les foyers équipés d’un chauffage au charbon – Nord-Pas-de-Calais, septembre-décembre 2007. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2010. 20 p.

Les détecteurs CO

Une enquête transversale en population complétée par des essais en laboratoire a été menée en 2007 pour évaluer l’intérêt des détecteurs de CO dans un parc HLM du Morbihan qui avait équipé 1 316 logements en 2003. Soixante-quatorze foyers équipés (19,5 % [16,5-22,9]) ont évoqué un déclenchement de l’alarme. L’incidence cumulée des journées avec déclenchement estimée à 0,29 ‰ [0,22-0,36] était multipliée par un facteur supérieur à 8 entre 2004 et 2006. Les déclenchements étaient cohérents avec les causes connues d’exposition au CO et une situation hautement dangereuse a été décrite. Des signes cliniques conformes avec les symptômes de l’intoxication étaient rapportés pour 7,7 % [3,1-18,0] des journées avec déclenchement. La mauvaise connaissance des détecteurs et des conduites à tenir affectait la capacité des locataires à réagir à un déclenchement. L’impact des détecteurs sur la connaissance du risque était faible. L’acceptabilité des appareils, quoique bonne, était moindre chez les locataires ayant connu un déclenchement de l’alarme. Une dégradation des performances des appareils a été mise en évidence avec une dérive probable, voire une possible saturation des capteurs. Les résultats de l’étude apportent, à partir d’une expérience particulière, un complément aux travaux du Laboratoire national de métrologie et d’essais qui a mis en évidence des performances insuffisantes pour huit modèles de détecteurs. Une action mériterait d’être menée pour identifier des détecteurs de CO fiables dont les performances, la durée de vie voire les procédures de maintenance seraient documentées. L’utilisation du Système national de surveillance des intoxications oxycarbonées pour évaluer l’intérêt des détecteurs CO mériterait d’être envisagée.

  • En savoir plus :

Guillois Becel Y, Tron I, Le Strat Y, Gagniere B, Pennognon L, Verrier A, Gourier Frery C, Briand A. Intérêt des détecteurs CO pour l'alerte et la prévention des intoxications oxycarbonées dans l'habitat. Analyse de la démarche de l'office HLM Bretagne Sud Habitat (Morbihan). Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2009. 41 p.

Connaissance du risque CO

Dans le but d’adapter au mieux les messages et modes de communication aux besoins du public, une enquête de connaissance du risque CO a été menée en 2006 auprès de la population adulte de Lot-et-Garonne. Un échantillon aléatoire de 500 personnes a été interrogé par téléphone en septembre 2006. Le questionnaire portait sur la connaissance environnementale et sanitaire du risque CO ainsi que sur les modes d’information préférentiels sur ce risque. Les informations sociodémographiques et les caractéristiques relatives au logement ont également été recueillies.

Ainsi, dans le Lot-et-Garonne, près de 87 % des personnes ont déjà entendu parler du CO. Cette proportion est significativement liée au niveau d’étude, passant de 75 % chez les non diplômés à 98 % chez les personnes ayant fait des études supérieures. Environ 88 % identifient bien qu’il s’agit d’un gaz, mais seules 53 % savent qu’il n’est pas reconnaissable par les sens et près d’un tiers pensent que le CO peut être reconnu à son odeur. Près de 94% pensent que le CO peut avoir des effets sur la santé, mais la connaissance des signes d’intoxication varie de 92 % pour les maux de tête à 62 % pour les troubles visuels. Le gaz domestique est identifié par 79 % comme un combustible à risque CO, tandis que le bois obtient un score très variable selon l’age : 20 % des moins de 30 ans contre 70 % des plus de 60 ans ont connaissance de ce risque. Concernant les moyens d’information préférentiels, la télévision (62 %) est le mode le plus fréquemment cité, quels que soientt l’âge, le sexe et le niveau d’étude. Les plaquettes, les affiches et la radio obtiennent des scores inférieurs à 20 %, avec de fortes disparités entre les catégories sociodémographiques. Les plaquettes sont trois fois moins plébiscitées par les personnes ayant le plus faible niveau d’étude que par celles ayant fait des études supérieures.

Bien que la grande majorité des adultes de Lot-et-Garonne aient déjà entendu parler du CO et aient conscience d’un risque sur la santé, une proportion beaucoup plus faible connaît réellement ses caractéristiques techniques et les signes d’intoxication. Les connaissances varient selon les catégories sociodémographiques. Par ailleurs, sans préjuger de l’efficacité des moyens de communication utilisables, les résultats obtenus montrent la nécessité d’une réflexion concernant les supports d’information.

  • En savoir plus :

Coquet S, Flamand C. Enquête de perception du risque monoxyde de carbone en population générale. Lot-et-Garonne. Septembre 2006. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2007. 37 p.

Autres études

Vandentorren S, Le Nezet O, Germonneau P, Salines G, Sebbah JL, Sallendre M, Ricoux C. Validité du test diagnostique de l'intoxication oxycarbonée par le dosage du CO dans l'air expiré. Journées scientifiques de l'InVS, Paris 3 et 4 décembre 2002. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2002 (poster).

Dossier Intoxications au monoxyde de carbone

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