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Perturbateurs endocriniens

Publié le 31/05/2017

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Que sont les perturbateurs endocriniens ?

La définition proposée par l’Organisation mondiale de la santé est qu’un « perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations ».

Pour sa part, la Commission Européenne, n’a pas encore arrêté de définition des perturbateurs endocriniens, alors que des travaux ont été engagés  sur ce sujet depuis 2012. Cette question reste en débat car  les industriels, les ONG et les scientifiques ont des points de vue différents. En effet, la définition retenue par aura des conséquences importantes sur la réglementation des produits chimiques. Pour de nombreux scientifiques, la définition de l’OMS devrait être retenue.

D’après le rapport OMS-PNUE 2012, près de 800 substances chimiques ont des propriétés perturbatrices endocriniennes avérées  ou suspectées. La liste de substances suspectées de ce type d’effets est modifiée régulièrement en fonction de la production de nouvelles connaissances. Parmi elles :

  • Certains pesticides (organochlorés, fongicides, herbicides)
  • Plastifiants (phtalates, Bisphénol A) retardateurs de flamme (PBDE), revêtements (PFAs)
  • Médicaments : Distilbène (utilisé en prévention des fausses couches de 1940 à 1977), anti-douleurs (paracétamol, AINS, aspirine), antidépresseurs (Fluoxetine)
  • Incinérateurs et transformateurs (dioxines, furanes, PCB)
  • Produits d’hygiène : Triclosan
  • Phyto-estrogènes (soja)

Que sait-on des effets des perturbateurs endocriniens sur la santé ?

Le poids des preuves évolue régulièrement en fonction des nouveaux résultats d’études publiées. Le deuxième rapport commun de l’OMS et du Programme des Nations Unies pour la Santé, publié fin 2012, a évalué le poids des preuves depuis 2002, date du précédent rapport, et fait un état scientifique des connaissances sur ce sujet.

Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec les fonctions endocrines, gouvernées par les glandes endocrines qui produisent les différentes hormones essentielles à notre santé, à notre équilibre et à notre développement. Divers études épidémiologiques observent que les perturbateurs endocriniens peuvent en particulier interférer avec les fonctions reproductives, les fonctions thyroïdiennes, les fonctions métaboliques, les fonctions surrénaliennes. Ainsi, de fortes préoccupations sont exprimées par la communauté scientifique ou civile sur l’impact sanitaire éventuel de ces substances, présentes dans l’environnement ou dans des produits de consommation.

Certains effets des perturbateurs endocriniens ont été initialement observés sur la faune sauvage. Ils ont été ensuite largement observés dans des études expérimentales sur animaux. Mais l’extrapolation des résultats chez l’homme ou la mise en évidence des effets chez l’homme soulève de nombreux questionnements liés aux particularités d’actions des perturbateurs endocriniens :

  • de nombreux travaux montrent que la sensibilité aux perturbateurs endocriniens peut varier en fonction des périodes de la vie avec des sensibilités particulières durant les périodes de développement (période fœtale, petite enfance, puberté) ,
  • les mécanismes de toxicité non « classiques » des perturbateurs endocriniens sont également sujets à de nombreuses discussions. Certains effets des perturbateurs endocriniens peuvent apparaître à de très faibles doses ou encore les relations doses-effets peuvent être non monotones. On entend par relations doses-effets "non monotones", des effets sur la santé qui n’augmentent pas nécessairement de façon continue en fonction de la dose ;
  • les composés suspectés d’être des perturbateurs endocriniens sont nombreux et variés. Ces substances sont retrouvées dans tous les milieux (eau, sol, air). Ainsi les voies d’exposition sont multiples et les niveaux d’exposition extrêmement variables comme le montrent de récentes études de biosurveillance ;
  • ces expositions complexes se heurtent aux connaissances limitées sur les effets des mélanges. Ces derniers peuvent être plus importants que l’effet des substances prises individuellement.

La compréhension exacte du rôle joué par ces substances, comme la part attribuable de leur effet dans l’accroissement de ces pathologies  demande ainsi de développer des méthodologies permettant une vision intégrative de l’homme dans son environnement. Cela nécessite aussi une surveillance de certaines pathologies d’intérêts afin de répondre aux controverses scientifiques et sociétales sur ce sujet.

Le rôle de Santé Publique France

Dans le cadre de la Stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens et du Plan santé environnement 3, Santé publique France a développé une démarche de surveillance et d’analyse au niveau national d’indicateurs sanitaires en lien possible avec l’exposition aux perturbateurs endocriniens, à partir de bases de données existantes, comme les bases de données médico-administratives. Le cadre et les objectifs de cette démarche ont été définis pour les indicateurs de santé reproductive et ils sont extrapolables à d’autres champs pathologiques (fonction thyroïdienne, fonctions métaboliques), qui font l’objet de travaux exploratoires.

Concernant la santé reproductive, des résultats à l’échelle nationale ont déjà été obtenus pour certains indicateurs, et à terme l’ensemble des indicateurs priorisés selon le poids des preuves pour leur lien avec les perturbateurs endocriniens seront analysés.

Les rencontres de Santé publique France 2017 consacrent une session au sujet « Perturbateurs endocriniens et effets sur la santé ». Cette session aborde notamment la santé reproductive en population générale, la santé des travailleurs agricoles et présente un dispositif de prévention.

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