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Indicateurs sanitaires - Incidence et analyses épidémiologiques

Publié le 31/05/2017

Puberté précoce centrale idiopathique

La puberté précoce : définition

La puberté précoce est une pathologie définie par l’apparition de signes cliniques de puberté avant l’âge de 8 ans chez les filles et 9 ans chez les garçons. Dans 90% des cas, elle est d’origine centrale, liée à un dérèglement de l’axe hypothalamo-hypophysaire. Certaines causes (lésions du système nerveux central, facteurs génétiques) et certains facteurs de risque (obésité, adoption internationale, absence du père biologique dans le foyer) sont connus ou suspectés. Mais, dans pratiquement  80% des cas, une puberté précoce centrale est sans cause identifiée. Il s’agit alors d’une puberté précoce centrale idiopathique (PPCI). Une fois diagnostiquées, ces PPCI sont traitée par agonistes GnRH. Une étude de Santé publique France fondée sur les données de remboursement de médicaments du Sniiram a permis de produire un indicateur de surveillance de cette pathologie.

Les filles 10 fois plus touchées que les garçons

Chez les filles âgées de 0 à 9 ans, l’indicateur a permis d’estimer à 2,68/10 000 le taux d’incidence de PPCI, modélisé et moyenné sur trois années (2011 à 2013). Le nombre de cas observés est de 1 173/an, moyenné sur ces trois années.

Pour les garçons âgées de 0 à 10 ans, ce taux d’incidence est de 0,24/10 000 et le nombre de cas est de 117/an. La puberté précoce est 10 fois plus fréquente chez les filles que chez les garçons (le sex-ratio fille vs garçon est de 10 :1). 

Des variations géographiques marquées

Les tendances géographiques, réalisées à partir d’une modélisation spatiale, met en évidence une hétérogénéité géographique marquée et structurée similaire chez les filles et chez les garçons, cohérente selon les tranches d’âge chez les filles, avec des incidences élevées dans le Sud-Ouest (autour de Toulouse) et le Centre-Est (autour de Lyon). 

Afin d’interpréter ces résultats et apprécier d’éventuelles différences de pratiques de prises en charge cliniques, des entretiens semi-directifs avec des équipes hospitalières d’endocrino-pédiatres ont été réalisés dans cinq régions diversifiées en termes d’incidence. Ces entretiens ont permis d’identifier quelques variations de pratique pouvant influencer le repérage, le diagnostic et le traitement des PPCI. Toutefois, ces variations ne peuvent expliquer l’ampleur des différences d’incidence observées. L’hétérogénéité spatiale marquée structurée suggère qu’il existe des facteurs de risque présents sur des surfaces importantes et contigües, ce qui est notamment compatible avec des expositions environnementales. Ces résultats incitent à mettre en place des études étiologiques ciblées sur les facteurs environnementaux potentiels. 

En savoir plus :

Fosse-Edorh S, Rigou A, Morin S, Fezeu L, Mandereau-Bruno L, Fagot-Campagna A. Algorithmes basés sur les données médico-administratives dans le champ des maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, et en particulier du diabète. Spécial Redsiam. Rev Epidemiol Sante Publique. 2017 (à paraître).

Rigou A, Le Tertre A, De Crouy-Chanel P, Carel JC, Léger J,  Le Moal J. Incidence and spatial trends of idiopathic central precocious puberty in France: a nationwide epidemiologic study. International Society of Environmental Epidemiology (ISEE), Rome, Italie, Août 2016.

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