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Syndromes collectifs inexpliqués

Publié le 10/06/2013

Contexte et enjeux de la démarche : le rôle de l’InVS

Problématique / contexte

Depuis 2004, l’Institut de veille sanitaire a été de plus en plus sollicité pour appuyer les autorités sanitaires locales dans l’évaluation et l’aide à la gestion de ce type de situation. Ainsi, en deux ans (2005 et 2006), l’InVS a été mobilisé sur une demi-douzaine de situations.
En 2007, un point a été fait sur les connaissances acquises et sur les besoins des équipes de terrain en charge de ces sollicitations. Elles ont exprimé la nécessité de :

  • mieux cadrer les analyses environnementales ;
  • standardiser les investigations épidémiologiques ;
  • coordonner la communication des différents intervenants ;
  • mieux cerner les facteurs psychosociaux (les non-dits, les sources de stress, les croyances en vigueur, les phénomènes de mimétisme, etc) ;
  • sensibiliser les professionnels de santé et les intervenants de première ligne à l’influence de ces facteurs.

Pour répondre à ces besoins, un guide méthodologique de diagnostic et de prise en charge a donc été élaboré en 2010, en partenariat avec différentes institutions et notamment la Direction générale de la santé.

Il permet de poser un diagnostic positif des syndromes collectifs inexpliqués en envisageant tous les facteurs associés à leur apparition, depuis aspects environnementaux jusqu’aux aspects psychosociaux. Il propose de rationaliser le recours à la métrologie, de favoriser la coordination des intervenants, de s’appuyer sur des outils de communication et, finalement, de partager une culture commune autour de ces évènements.

La mise en œuvre de cette démarche validée et partagée permet peu à peu de mieux comprendre ces phénomènes dans toute leur complexité, de mieux faire connaître leur existence et donc d’améliorer leur prise en charge.

Le rôle de l’InVS : la démarche pluridisciplinaire

L’InVS et ses cellules régionales (Cire) interviennent en soutien méthodologique aux équipes des ARS et des Délégations territoriales dans l’évaluation et l’aide à la gestion de ces phénomènes. L’InVS promeut une approche multidisciplinaire (médicale, environnementale, épidémiologique, psychosociale) et favorise, lorsque cela est nécessaire, la mise en relation des professionnels de santé publique avec les professionnels des sciences humaines et sociales.

La démarche préconisée comprend deux étapes :

La première étape permet de dégager des hypothèses. Elle consiste en une écoute et une analyse de la situation, mettant en jeu les investigations a minima. Elle vise à rassembler toutes les informations déjà disponibles sur le problème, à reconstituer la chronologie des évènements, à identifier les différentes hypothèses qui ont déjà été formulées au sein de la collectivité et, éventuellement, les mesures de gestion déjà mises en œuvre.

Cette étape est suivie, si nécessaire, par la mise en œuvre d’analyses plus poussées, permettant de tester les hypothèses mises à jour au cours de l’étape précédente.

Le guide est destiné aux personnes sollicitées pour fournir une évaluation de la situation lorsqu’un syndrome collectif inexpliqué survient, à savoir :

  • Les Agences régionales de santé, chargées de réceptionner toutes les alertes de ce type ;
  • Les Cire, qui disposent de l’expertise méthodologique pour l’évaluation de ces situations ;
  • Les laboratoires d’expertise environnementale, impliqués lorsque des mesures environnementales sont effectuées ;
  • Les services déconcentrés des ministères chargés du Travail, de l’Écologie, de l’Éducation nationale ;
  • Les Services communaux d’hygiène et de santé ;
  • Les centres antipoison et de toxicovigilance.

Pour aider les acteurs impliqués dans la gestion des situations pour lesquelles une cause environnementale est incriminée, la DGS a également publié un guide pratique « Gestion de la qualité de l’air intérieur ». Il s’adresse aux responsables des établissements recevant du public  (magasins, bibliothèques, écoles, hôtels, restaurants, hôpitaux, gares…) et aux personnes qui y sont chargées de la qualité de l’air intérieur.

Depuis 2010, l’Institut de veille sanitaire poursuit la capitalisation des expériences concernant l’investigation de ce type d’épidémies. Il conçoit ou participe également à des formations professionnelles à destination de son personnel déployé en région.

Les partenaires :

  • Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) : expertise des constructions, prévention des risques
  • Réseau pour la psychanalyse à l’hôpital (RPH) : réflexions sur une articulation concrète entre le champ médical et le champ psychanalytique, consultation publique de psychanalyse.
  • Faculté Libre des Sciences Économiques et de Gestion rattachée à l’Institut catholique de Lille : approche sociologique.
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