Fermer



Syndromes collectifs inexpliqués

Publié le 10/06/2013 - Dernière mise à jour le 19/06/2013

Point sur les connaissances

Qu’est-ce qu’un syndrome collectif inexpliqué ?

L’appellation « syndrome collectif inexpliqué » regroupe l’ensemble des épidémies de symptômes non spécifiques, essentiellement de type neurologique (malaises, céphalées), dermatologiques (prurit, boutons), oto-rhino-laryngé (irritations, inflammations) ou digestif (douleurs abdominales, nausées), qui surviennent collectivement et dont l’origine n’est pas établie, les causes infectieuses et toxiques majeures ayant été écartées. Cette appellation sert de point d’entrée à l’investigation de syndrome collectif inexpliqué.

Ces syndromes collectifs sont facilement  générateurs de crise tant qu’ils demeurent inexpliqués ou qu’aucune explication sur leur cause ne fait consensus au sein de la collectivité dans laquelle ils surviennent. Ils mettent souvent en cause la qualité de l’air intérieur, comme dans le cas du syndrome des bâtiments malsains, et peuvent s’appuyer sur des peurs, des croyances, des non-dits. Les syndromes collectifs inexpliqués peuvent survenir dans un contexte social tendu (conflits entre salariés et la direction, incertitudes sur l’avenir, déménagement, réorganisation…). Les manifestations somatiques qu’ils génèrent, non spécifiques et souvent cliniquement bégnines, peuvent toutefois être mal vécues et générer de l’anxiété, facilement alimentée par l’incertitude qui entoure les causes. Les mesures de gestion prises doivent veiller à ne pas alimenter ce climat d’anxiété. La littérature scientifique fait état de causes multifactorielles mais le regard multidisciplinaire sur ces questions, assez récent, ne fait pas encore l’objet de beaucoup de publications scientifiques.

Où surviennent ces syndromes collectifs inexpliqués ?

Ces syndromes surviennent généralement dans :

  • les collectivités d’enfants et d’adolescents (crèches, écoles, collèges, lycées, maisons familiales, colonies de vacances) ;
  • les milieux professionnels ;
  • les hôpitaux, les établissements d’hébergement pour personnes âgées, les prisons, etc.

Cas du syndrome du bâtiment malsain

Le terme de « syndrome des bâtiments malsains » décrit un excès de symptômes fonctionnels (symptômes sans altération de l’organisme, visibles, mais dont la cause reste inexpliquée) dépassant le « bruit de fond » observé habituellement, chez une partie des occupants de bâtiments. Ce syndrome concerne des bâtiments non industriels, confinés (exemples : immeubles de bureaux, ateliers, entrepôts, maisons, collectivités, espaces publics fermés, etc).

Ce terme a été introduit dans les années 1970 et validé par l’Organisation mondiale de la santé en 1983. Il regroupe donc les syndromes collectifs pour lesquels une origine environnementale est suspectée, potentiellement liée aux bâtiments où les épidémies se produisent. Les facteurs associés au syndrome du bâtiment malsain sont divers : travaux récents, ventilation inadaptée des locaux ou des produits potentiellement contenus dans l’air intérieur. Cette appellation ne signifie pas, toutefois, que ces facteurs soient les seuls à intervenir dans la survenue des symptômes.

Pourquoi un guide pour investiguer les syndromes collectifs inexpliqués ?

L’Institut de veille sanitaire (InVS) est régulièrement sollicité pour explorer des syndromes collectifs inexpliqués. Il ressort qu’un nombre important de ces phénomènes n’est pas lié à un mécanisme simple d’interaction entre l’environnement physicochimique et les processus biologiques. Ce type de syndromes est, en théorie, rapidement résolutif, mais il peut parfois prendre une ampleur inattendue en raison notamment du contexte psychologique et social dans lequel il survient. C’est ainsi que, par exemple, entre décembre et janvier 2006, dans un lycée de l’Aisne, on a recensé jusqu’à 153 cas d’irritations cutanées. Cette situation a conduit à la fermeture provisoire de l’établissement. Les enquêtes épidémiologiques et les analyses d’air traditionnellement menées dans ce type de situation n’ont pas permis d’identifier une cause qui puisse expliquer, à elle seule, la survenue et la dissémination des symptômes.

Capitaliser les expériences locales de ces crises était donc nécessaire afin de dégager des lignes directrices d’évaluation et de gestion de ce type de phénomènes. C’est pourquoi, l’InVS et la Direction générale de la santé (DGS) ont mis en place trois groupes de travail, en 2008. Le premier a permis l’élaboration d’un guide pour la prise en charge des situations relatives à la qualité de l’air intérieur, sans signalement sanitaire. Les deux autres se sont intéressés, de manière complémentaire, aux signalements sanitaires collectifs, en ajoutant les aspects psychosociaux à une prise en charge classique, élargissant ainsi le regard pluridisciplinaire. Ces éléments sont rassemblés dans un guide qui propose une méthode où l’évaluation et la gestion des syndromes collectifs inexpliqués sont très intriquées.

Ce guide est destiné aux professionnels amenés à investiguer tout ou partie d’un syndrome collectif inexpliqué (cellules de l’InVS en région, agences régionales de santé, laboratoire d’expertise environnementale, services déconcentrés de l’État, centre antipoison et de toxicovigilance…). Il constitue un outil pragmatique (« point d’entrée ») qui a pour objectif  de faire face à ce type de syndrome.

Dossier Syndromes collectifs inexpliqués

Haut de page