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Indicateurs d'évaluation

Publié le 01/03/2012 - Dernière mise à jour le 02/05/2012

Taux de participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal 2010-2011

Après une phase pilote sur 23 départements métropolitains, le dépistage organisé du cancer colorectal a été généralisé à l’ensemble du territoire à partir de 2008. Depuis 2010, ce programme couvre tous les départements français, à l’exception de Mayotte (devenu département français le 31 Mars 2011). Le dépistage est coordonné au niveau local par des structures de gestion départementales ou interdépartementales (au total 89 structures de gestion). Les taux de participation, calculés pour les années 2010 et 2011 pour l’ensemble des départements français, sont présentés dans ce document, ainsi que les taux d’exclusions et les pourcentages de tests positifs.

Matériel et méthodes

Le cahier des charges des programmes de dépistage des cancers paru au Journal Officiel le 21 décembre 2006 (Annexe au n°295) stipule que les personnes de 50 à 74 ans doivent être invitées à se faire dépister pour le cancer colorectal tous les deux ans. Les indicateurs sont ainsi calculés sur deux ans.

Calcul du taux de participation

Le taux de participation est le rapport entre le nombre de personnes dépistées et la population cible du dépistage  (hommes et femmes de 50 à 74 ans) dont sont extraites les personnes exclues du dépistage. Il est défini par :

Calcul du taux de participation

Le nombre de personnes dépistées, c'est-à-dire d’hommes et de femmes de 50 à 74 ans ayant effectué un test de dépistage au cours de la période évaluée (ici, du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2011), et le nombre de personnes exclues du dépistage sont fournis par les structures de gestion selon un questionnaire annuel standardisé.

Au niveau national et à des fins de comparaison entre départements, les dénominateurs utilisés pour le calcul des taux de participation sont les données de population fournies par l’Insee (projections 2007-2042, scénario central) calculées de manière identique sur tout le territoire. De cette population, sont soustraites les personnes qui sont exclues du dépistage temporairement ou définitivement pour raisons médicales. La définition des exclusions médicales est précisée par le cahier des charges (voir ci-dessus).

Calcul du taux d’exclusions

Le taux d’exclusions est le rapport entre le nombre de personnes exclues temporairement ou définitivement du programme de dépistage organisé du cancer colorectal (voir ci-dessus) et la population Insee cible du dépistage  (hommes et femmes de 50 à 74 ans).

Calcul du taux d’exclusions

Le nombre de personnes exclues est fourni par les structures de gestion selon un questionnaire annuel standardisé.

Calcul du pourcentage de tests positifs

Il s’agit du rapport entre le nombre de personnes ayant un test positif et le nombre personnes ayant un test analysable par les centres de lecture des tests de dépistage.

Calcul du pourcentage de tests positifs

Ces informations sont fournies par les structures de gestion selon un questionnaire annuel standardisé.

Standardisation des indicateurs

Les taux de participation, d’exclusions et le pourcentage de tests positifs sont calculés par département, par région et pour la France. Ils sont standardisés sur l’âge et le sexe par rapport à la population française 2009 (projection Insee 2007-2042, scénario central). Cette standardisation permet, en appliquant une même structure d’âge et de sexe (celle de la population française 2009) aux unités géographiques, de comparer les résultats entre ces unités (départements ou régions) et d’étudier les évolutions dans le temps des différents indicateurs étudiés.

Référentiels

Le référentiel européen préconise un taux de participation de la population cible supérieur ou égal à 45 %. Ce référentiel est celui de l’ensemble des pays européens ayant mis en place un programme de dépistage organisé.

Résultats

Sur la période 2010-2011, 17 millions de personnes de 50 à 74 ans ont été invitées à se faire dépister et 5 millions d’entre elles ont adhéré au programme.

Le taux de participation nationale au dépistage sur cette période est de 32,1 %.

Ce taux est inférieur à l’objectif européen minimal acceptable de 45 % de participation et loin derrière le taux souhaitable de 65 %.

La participation est plus élevée chez les femmes (34,0 %) que chez les hommes (30,0 %), quelle que soit la tranche d’âge observée. On constate également que les personnes de plus de 60 ans adhèrent davantage au programme que les individus plus jeunes : voir graphique et ici.

La participation au dépistage organisé est inégale selon les régions et les départements : voir cartes et tableau (format pdf et format excel).

Le taux régional le plus élevé est enregistré pour la Bourgogne (47,5 %) et le plus faible pour La Corse (8,3 %). La participation est en hausse en Midi-Pyrénées et dans le Nord par rapport à la période 2009-2010. Seuls cinq départements (Cher, Côte-d’Or, Haut-Rhin, Isère, Saône-et-Loire) atteignent ou dépassent le seuil recommandé de 45 % de participation pour les années 2010 et 2011. Les taux les plus élevés sont observés pour la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire (plus de 50 % de participation). Trente-trois départements ont des taux inférieurs à 30 %. On peut noter que les taux de participation de 23 départements ont augmenté entre 2009-2010 et 2010-2011 avec notamment une hausse de 67 % pour la Haute-Garonne qui passe ainsi de 17,0 % à 28,4 % de participation.

Le pourcentage de personnes exclues de ce programme (exclusions définitives pour raisons médicales ou temporaires suite à des résultats de coloscopie normaux) varie selon les départements de 2,4 % à près de 17,5 % : voir cartes et tableau, reflétant certainement une grande disparité dans le recueil de l’information sur ces exclusions entre départements. Les taux d’exclusions les plus bas sont observés principalement parmi les départements entrés tardivement dans le programme de dépistage et les départements d’outre-mer. Le taux d’exclusions pour les 23 départements pilotes déjà engagés avant 2008 est de 12,8 %, supérieur au taux d’exclusions pour les autres départements (10,6 %). Cette différence peut être due, en partie, au fait que, pour les départements ayant plus d’antériorité dans le programme, les exclusions temporaires ou définitives consécutives à des résultats de coloscopies induites par le dépistage sont plus nombreuses que pour ceux débutant dans le dépistage organisé du cancer colorectal.

Le pourcentage de tests positifs pour la France est de 2,6 % parmi les tests analysables, soit 126 332 tests positifs : voir tableau. Il est plus élevé chez les hommes (3,0 %) que chez les femmes (2,0 %). Les deux départements avec les taux les plus élevés sont la Guyane (4,8 %) et l’Eure (4,0 %) alors que les Pyrénées-Atlantiques et la Martinique présentent les taux de tests positifs les plus bas (1,7 %). On constate que le taux de tests positifs est moins élevé dans les départements pilotes (2,4 %) que dans les autres départements (2,7 %) (si on ne tient pas compte des départements ayant utilisé des tests immunologiques dans le cadre d’expérimentations sur la période 2010-2011 : Allier, Calvados, Cher). Ces résultats sont en faveur d’une diminution de la prévalence des lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses dans les départements impliqués depuis plusieurs années dans le dépistage.

Conclusion

Ce programme permet aujourd’hui à l’ensemble de la population française de bénéficier d’un dépistage organisé pour lutter contre le cancer colorectal. En 2011, l’InVS a évalué le programme pour 46 départements sur la période 2008-2009. Pour ces 46 départements, le programme a permis de détecter un adénome avancé chez 14125 personnes et un cancer chez 5412 personnes.

De nouveaux tests immunologiques utilisant des anticorps dirigés contre des protéines du sang humain sont aujourd'hui disponibles. La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé en décembre 2008 d'engager le processus de substitution des tests au gaïac (Hémoccult®) par les tests immunologiques au sein du programme organisé de dépistage. La synthèse publiée par l’Institut national du cancer (INCa) en novembre dernier relative aux modalités de migration vers l’utilisation des tests immunologiques de dépistage confirme l’intérêt de ces nouveaux tests dans le dépistage du cancer colorectal pour la détection des lésions pré-cancéreuses et des cancers débutants. En outre, ces tests seraient mieux acceptés par la population, en raison de modalités de prélèvement simplifiées, ce qui pourrait avoir un impact positif sur la participation à ce programme.

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