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Indicateurs d'évaluation

Publié le 22/04/2011

Taux de participation par âge au programme national de dépistage organisé du cancer colorectal 2009-2010

Le dépistage organisé du cancer colorectal a été généralisé à tout le territoire français en 2008. Le dépistage est coordonné au niveau départemental par une structure de gestion. Certaines structures de gestion coordonnent le programme de dépistage sur plusieurs départements et l’on compte 89 structures de gestion pour 99 départements (les deux départements de la Corse sont gérés globalement). Chaque année, en mars, les taux de participation nationaux, régionaux et départementaux calculés sur les deux années précédentes, sont rendus publics sur le site internet de l’InVS.
Une analyse descriptive des taux de participation nationaux et régionaux 2009-2010 par âge est présentée ci-dessous.

Fin 2010, 95 départements avaient réalisé au moins une campagne complète d’invitations sur deux ans. De ce fait, les indicateurs présentés pour la France entière, excluent en 2009-2010, les départements de la Guyane, l’Indre, la Nièvre et l’ensemble de la Corse.

Matériels et méthodes

Un taux de participation bi-annuel

Le programme national de dépistage organisé du cancer colorectal se déroule par vagues d’invitations de deux ans : l’ensemble de la population cible d’un département est invitée sur deux années. Afin de prendre en compte l’influence des stratégies d’invitations sur le nombre de personnes dépistées au cours d’une année, les taux de participation sont calculés sur deux années glissantes.

Numérateur du taux de participation

Le nombre d’hommes et de femmes ayant réalisé un test de dépistage de cancer colorectal est fourni par les structures de gestion, selon un questionnaire annuel standardisé.

Dénominateur du taux de participation

Au niveau national et à des fins de comparaison entre régions, les dénominateurs utilisés pour le calcul des taux de participation sont les données de population fournies par l’Insee (projections 2005-2030, scénario central), calculés de manière identique sur tout le territoire.

De cette population, sont soustraites les personnes qui sont exclues du dépistage selon la formule :

formule participation 2

* sur les deux années évaluées.

Les classes d’âge

Une décomposition en classes d’âge de 5 ans a été retenue.

La classe 50-55 ans inclut des hommes et des femmes dépistés qui ont eu 50 ans dans le courant de l’année évaluée, même s’ils n’avaient pas atteint cet âge au moment du dépistage ; la classe 70-74 ans inclut des hommes et des femmes qui avaient 75 ans révolus au moment du dépistage, généralement suite à un retard de réalisation du test après réception de l’invitation envoyée jusqu’à 74 ans.

Référentiels

Le référentiel européen publié en 2010 préconise un taux de participation de la population cible supérieur ou égal à 65 %, un minimum acceptable étant de 45 %. Ce référentiel est celui de l’ensemble des pays européens ayant mis en place un programme de dépistage organisé.

Résultats

Chez les hommes, la participation la plus faible est observée pour les hommes les plus jeunes, c'est-à-dire âgés de moins de 60 ans au moment du test (taux de participation ≤28 %). Après 60 ans, la participation des hommes augmente avec l’âge pour atteindre son maximum (36 %) pour la tranche d’âge 70-74 ans (voir figure - ppt 61 Ko ).

L’évolution de la participation en fonction de l’âge est différente chez les femmes : si la participation la plus faible est également observée chez les femmes les plus jeunes (moins de 34 % de participation pour les femmes de moins de 60 ans), elle est maximale pour la tranche d’âge 60-64 ans (41 % de participation). La participation chez les femmes décroît ensuite pour atteindre 38 %.

Quel que soit l’âge, la participation est plus élevée chez les femmes que chez les hommes.

Pour les hommes, les constats à l’échelle nationale relatifs aux classes d’âge recouvrent des disparités selon les régions (voir tableau - format xls 42 Ko), mais, à l’exception de La Réunion, on observe pour l’ensemble des régions les participations les plus faibles pour les hommes de moins de 60 ans.

De même, pour les femmes, des disparités régionales sont observées. Sur les 23 régions pour lesquelles les taux de participation 2009-2010 ont pu être calculés, les participations les plus faibles sont observées chez les femmes de moins de 60 ans pour 19 régions. Pour la Franche-Comté, la Haute-Normandie et La Réunion, ce sont les femmes de plus de 70 ans qui participent le moins au dépistage organisé du cancer colorectal et, pour la Champagne Ardennes, ce sont les femmes de 55-59 ans.

L’évolution du taux d’exclusion en fonction de l’âge est similaire chez les hommes et chez les femmes. A l’échelle nationale, le taux d’exclusion augmente avec l’âge pour atteindre un maximum pour les sujets âgés de 65-69 ans (13 % pour les hommes et 14 % pour les femmes) puis diminue pour la tranche d’âge 70-74 ans. Cette évolution est constatée pour 14 des 23 régions évaluées sur 2009-2010, alors que pour les neuf autres régions (Alsace, Auvergne, Bretagne, Centre, Limousin, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Picardie et la Réunion), l’augmentation du taux d’exclusion augmente avec l’âge et est maximale pour les personnes âgées de 70-74 ans.

Conclusion

Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes, la participation la plus faible est observée pour les sujets les plus jeunes (moins de 60 ans) de la population cible du dépistage organisé du cancer colorectal. Chez les hommes, ce sont les personnes les plus âgées (plus de 70 ans) qui adhèrent le plus massivement au programme de dépistage. Chez les femmes, la catégorie d’âge pour laquelle la participation est la plus importante est, comme pour le dépistage du cancer du sein, celle des 60-64 ans. Un effort de sensibilisation au dépistage particulier doit viser les sujets les plus jeunes.

Le taux de 65 % de participation au dépistage organisé préconisé par le Plan cancer 2009-2013 n’est atteint pour aucune classe d’âge, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. La seule région où ce taux est approché est la Bourgogne où les femmes de 60-64 ans et 65-69 ans présentent des taux de participation respectivement de 61 % et de près de 64 %.

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