Fermer



Estimations de l’incidence, de la mortalité et de la survie

Publié le 11/07/2013 - Dernière mise à jour le 20/10/2015

Estimation de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1980 et 2012 - Tumeurs solides

logo invs

Francim

Inserm CepiDc

logo hopitaux de Lyon

logo inca

Avertissements

1/ La lecture du chapitre Matériel et méthode est indispensable à la compréhension et à l’interprétation des données présentées dans cet ouvrage
La première partie de ce rapport concerne 19 localisations cancéreuses correspondant aux tumeurs solides infiltrantes.
Les rangs indiqués pour chaque localisation concernent donc uniquement ces 19 localisations et ne prennent pas en compte les hémopathies malignes et la localisation Autres cancers. Seules les données présentées dans le chapitre Tous cancers comprennent l’ensemble des tumeurs malignes (tumeurs solides, hémopathies malignes ainsi que la localisation Autres cancers).
Sauf mention contraire, les taux indiqués dans les chapitres relatifs à chaque localisation sont des taux standardisés sur la population mondiale, exprimés pour 100 000 personnes-années.

2/ Comparaison avec les résultats de l’étude précédente sur la période 1980-2005
Pour certaines localisations, les estimations de l’incidence et de la mortalité sur la période 1980-2005 sont sensiblement différentes des estimations obtenues lors de l’étude précédente pour la même période [Belot, et al., Resp 2008]. Ces différences sont dues notamment au fait que les dernières estimations reposent sur une plus grande période d’observation des données (6 années supplémentaires).

3/ Présentation simultanée de la mortalité observée et de la mortalité estimée
La modélisation des données de mortalité a permis d’estimer de façon optimale le nombre de décès et les effets de l’âge et de la cohorte de naissance, en s’affranchissant des fluctuations aléatoires. Cependant, dans la mesure où les données de mortalité observées sont disponibles au niveau national, les tableaux et graphiques des tendances chronologiques (tableaux 5, 6 et figure 3) présentent d’une part la mortalité issue de la modélisation statistique (voir chapitre Matériel et méthode), et d’autre part la mortalité observée (à l’exception des localisations Col de l’utérus et Corps de l’utérus – voir commentaires pour cette localisation).

4/ Données de mortalité observées entre 2010 et 2012
Les données observées de mortalité n’étaient pas disponibles pour ces années au moment de l’analyse. Les données de mortalité par cancer pour l’année 2010 sont aujourd’hui consultables en ligne sur le site du CépiDc de l’Inserm (http://www.cepidc.inserm.fr/site4/).

5/ Présentation des localisations Foie et Pancréas
Les résultats concernant les données de mortalité ne sont pas présentés (à l’exception de la figure 3) du fait d’une moindre fiabilité des données de mortalité par rapport aux autres localisations.

 6/ Définition de la localisation Système nerveux central (SNC)
Pour la localisation Système nerveux central, seules les tumeurs avec un comportement malin ont été analysées. L’enregistrement des autres comportements n’était en effet pas homogène selon les registres sur la période étudiée.

7/ Tendances pour la localisation Prostate
Les tendances pour cette localisation sont fournies pour la période 1980-2009, c’est-à-dire la période pour laquelle les données ont été observées, et non pour la période 1980-2012. Toute projection d’incidence, même à 3 ans, est hasardeuse pour cette localisation, étant données les fluctuations majeures observées sur la période la plus récente. Une estimation pour l’année 2012, basée sur une hypothèse explicite, est cependant proposée dans les commentaires accompagnant la fiche de résultats.

En France, l’observation et la surveillance des cancers se sont progressivement structurées pour aboutir en 2008 à la mise en place d’un premier programme de travail partenarial. Ce programme est instauré entre le Réseau des registres des cancers Francim, le Service de biostatistique des Hospices civils de Lyon (HCL), l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national du cancer (INCa).
Le réseau des registres Francim, association de loi 1901, regroupe l’ensemble des registres des cancers français (généraux et spécialisés) qualifiés par le Comité national des registres (CNR). Le réseau créé en 1997 a pour objectifs de réaliser, coordonner et publier des travaux utilisant les données collectées par les registres de cancer français, de contribuer au développement de recherches coopératives en santé publique et en épidémiologie descriptive, analytique et évaluative dans le domaine du cancer.
Le réseau Francim a constitué en 1999 une base de données commune à l’ensemble des registres dont il a confié la gestion au Service de biostatistique des HCL du fait de son expérience dans le domaine de l’épidémiologie descriptive des cancers. La base commune des registres Francim regroupe des informations décrivant l’ensemble des données d’incidence et de survie collectées par les registres depuis leur création. Elle permet la réalisation d’études sur les tendances évolutives de ces deux indicateurs. Elle conduit également à des estimations nationales et rend possible le calcul de prévalences ainsi que des projections d’incidence à court terme. Cette base commune est accessible à la communauté scientifique pour le développement de projets de recherche sous réserve de leur acceptation par un comité de pilotage commun Francim-HCL-InVS-INCa.
De par leurs missions définies par la loi, l’InVS et l’INCa apportent un soutien institutionnel et financent en grande partie le recueil de données effectué par les registres participant à la surveillance et à l’observation nationale des cancers. Ils soutiennent également le Service de biostatistique des HCL afin que celui-ci puisse mener à bien ses travaux.
La volonté des partenaires de formaliser leurs relations, en particulier dans la conduite d’une politique de santé publique commune, dont l’épidémiologie des cancers, les a conduits à établir un partenariat. Un premier Programme de partenariat scientifique 2008-2010 adossé à ce partenariat a été mené et prolongé fin 2010 afin de permettre la mise en place du programme de travail partenarial actuel 2011-2013. Ce dernier précise l’ensemble des actions de surveillance épidémiologique à mener durant cette période pour accroître les connaissances utiles à la décision de santé publique aux niveaux national et local. Il a été élaboré pour répondre à plusieurs mesures du plan cancer 2009-2013, notamment les mesures 6 et 7 : « Produire et communiquer des informations sur le cancer et sur la cancérologie » (mesure 6), « Optimiser et développer le système de surveillance » (mesure 7).
Parmi les actions du programme de travail partenarial 2011-2013 figure la production régulière d’indicateurs d’incidence et de mortalité à partir de la base commune Francim. Dans ce cadre, plusieurs productions sont publiées en 2013. Le présent ouvrage rapporte l’actualisation des méthodes et des données relatives aux estimations nationales d’incidence et de mortalité entre 1980 et 2012 pour les tumeurs solides. Il va être secondairement enrichi par les estimations nationales d’incidence entre 1980 et 2012 pour les hémopathies malignes. Ces publications étant proposées tous les cinq ans, elles sont complétées par des projections annuelles. Enfin, les estimations régionales d’incidence et de mortalité 2008-2010 retraçant ces indicateurs à l’échelon des régions de la France métropolitaine sont proposées en ligne. Par ailleurs, l’actualisation des données de survie des personnes atteintes d’un cancer en France a également été publiée en février 2013.
Les estimations présentées dans ce rapport ont fait l’objet d’une validation méthodologique par le conseil scientifique indépendant du partenariat. Elles ont été mises en ligne sur le site internet de l’InVS et de l’INCa et accompagnées des commentaires pour chaque localisation cancéreuse considérée.

Le plan cancer 2009-2013 consacre un chapitre au système d’observation des cancers, « témoignant ainsi de l’attention croissante que les pouvoirs publics portent au fait de disposer de données fiables, actualisées et comparables ». La mise en oeuvre d’une politique de santé cohérente nécessite en effet de connaître avec précision les caractéristiques épidémiologiques des différentes pathologies et leur évolution. Dans le cas des cancers en France, cette connaissance repose notamment sur l’activité des registres des cancers. Le travail présenté ici porte sur l’analyse de l’évolution de l’incidence et de la mortalité des cancers en France de 1980 à 2012 et constitue une référence actualisée faisant suite à la dernière étude des tendances publiée en 2008 et portant sur la période 1980-2005. Il entre dans le cadre du programme d’action défini entre le réseau Francim, le Service de biostatistique des HCL, l’InVS et l’INCa pour la période 2011-2013, conformément aux mesures de l’axe « observation » du plan cancer. Entre ces deux études des tendances de l’incidence et de la mortalité, ce programme a permis de publier chaque année une estimation du nombre de cas et de décès attendus pour l’année en cours (par projection du modèle de la tendance évolutive sous différentes hypothèses), mais aussi une estimation de l’incidence par région et récemment une étude de la survie. Tous ces travaux ont été réalisés à partir de la base de données commune aux registres français gérée dans le cadre de ce programme. Cette base contient des informations permettant de décrire 1 096 632 tumeurs recensées par 25 registres des cancers, (15 registres généraux et 10 registres spécialisés) couvrant de 20 à 25 % de la population française selon les types de cancer.

Le travail réalisé dans ce nouveau rapport utilise les données collectées entre 1975 et 2009 par 21 registres ayant au moins 5 années d’enregistrement (11 registres généraux et 10 registres spécialisés). La méthode repose toujours sur l’estimation du rapport incidence/mortalité de la zone registre, qui est ensuite appliquée à la mortalité France entière pour obtenir l’incidence France entière. L’utilisation des données de mortalité qui sont disponibles depuis longtemps permet de fournir des tendances évolutives. Elle est en revanche à l’origine de limites importantes dans le choix de la précision avec laquelle on peut décrire les pathologies. Les informations figurant sur les certificats de décès (qui sont codées en CIM-10) sont généralement exploitables en termes de localisation de la tumeur au niveau de l’organe, pour les tumeurs solides, et de grands types de pathologies pour les hémopathies. On pourra donc, par exemple, faire une estimation de l’incidence des tumeurs du système nerveux central (SNC), mais on ne pourra pas distinguer les différents types histologiques des tumeurs malignes ou leur localisation à l’encéphale, aux méninges, à la moelle épinière, etc. Ces informations sont toutefois disponibles dans les registres généraux, et a fortiori dans les registres spécialisés, et font l’objet de publications auxquelles il est possible de se référer pour une description plus détaillée. Pour les hémopathies, la classification utilisée a fait l’objet d’une révision majeure en 2001 sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Nous avons fait le choix de calculer des estimations nationales en suivant cette nouvelle classification, et non pas la CIM-10, car elle est cliniquement plus pertinente. Ce choix a pour conséquence que, d’une part, la méthode utilisée pour les hémopathies ne peut pas utiliser le rapport incidence/mortalité, elle est donc fondée sur une simple extrapolation des observations faites dans la zone registre à l’ensemble de la population française (choix qui est acceptable car les observations montrent que les variations géographiques d’incidence sont faibles sur le territoire français) et d’autre part, elle ne permet pas d’étudier les tendances car elle repose sur des caractéristiques qui ont été intégrées récemment dans le bilan diagnostique. Du fait de ces différences, il a semblé préférable de publier séparément les estimations faites pour les tumeurs solides de celles réalisées pour les hémopathies qui seront donc publiées dans un second temps.

La valorisation des données de la base commune nationale de données sur l’incidence et la survie des cancers est un enjeu considérable pour la connaissance et le contrôle des cancers dans les années à venir. Comme l’a bien compris le plan cancer, qui a souhaité « maintenir, renforcer la qualité des registres existants », cette utilisation n’est possible que par la pérennisation du soutien national aux registres du réseau Francim pour assurer une mise à jour régulière. Il est également souhaitable de rationaliser leur activité en facilitant l’accès aux sources de données, le cas échéant en faisant évoluer la réglementation, de manière à lever les obstacles et à mieux informer les citoyens tout en protégeant les données personnelles.

  •  

    Cas incidents

    Les données d’incidence proviennent de la base commune des registres du réseau Francim, hébergée dans le service de biostatistique des Hospices civils de Lyon. Dans le cadre de ce travail, les données de 21 registres ayant au moins 5 années d’enregistrement ont été utilisées (11 registres généraux et 10 registres spécialisés, tableau 1).

    Dix-neuf localisations cancéreuses, correspondant aux tumeurs solides, ont été analysées. Ces localisations sont définies selon la Classification internationale des maladies pour l’oncologie, 3e édition (CIM-O-3), et sont détaillées en tableau 2. Pour chaque localisation, les règles suivantes ont été appliquées : seules les tumeurs invasives étaient considérées et, sauf mention contraire, toutes les morphologies étaient incluses à l’exception des morphologies correspondant aux hémopathies malignes.

    Les cancers de la peau autres que les mélanomes sont exclus de ce travail, en raison de la non-exhaustivité de leur enregistrement. Pour les tumeurs du système nerveux central (SNC), les recommandations internationales sont d’inclure toutes les tumeurs quels que soient leurs comportements.
    Malheureusement, les tumeurs non-malignes (comportement codé /0, /1 ou /2 en CIM-O-3) sont enregistrées uniquement depuis 2000 par la plupart des registres, rendant impossible l’estimation de tendance de l’incidence des tumeurs du SNC quel que soit le comportement. Ainsi, il a été décidé de n’inclure que les tumeurs malignes du SNC dans ce travail. La localisation Plèvre n’a pas été analysée dans ce rapport, les données d’incidence pour le mésothéliome pleural relevant du Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM).

    Dans le cadre de ce travail, les données observées d’incidence comportaient 925 242 cas diagnostiqués entre le 1er janvier 1975 et le 31 décembre 2009.

    Décès par cancer

    Les données de mortalité ont été fournies par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc).
    Tous les décès par cancer (4 979 498 décès) survenus en France entre le 1er janvier 1975 et le 31 décembre 2009 étaient enregistrés dans la base commune avec comme information l’année de décès, le département de résidence, le sexe, l’âge au décès, et la localisation du cancer (codée en CIM-8, CIM-9 ou CIM-10 selon l’année de décès).

    Pour les décès par cancer du col de l’utérus et du corps de l’utérus, il existe un nombre important de décès par cancer de l’utérus sans autres indications (SAI). Le nombre de décès par cancer du col de l’utérus n’est donc pas observé et il est donc nécessaire d’utiliser une méthode statistique afin d’estimer ce nombre (il en va évidemment de même pour le nombre de décès par cancer du corps de l’utérus). La méthode que nous avons utilisée a été publiée et validée dans l’article de Rogel, et al. [1] : elle repose sur le calcul d’une proportion de décès attribuable au col et au corps de l’utérus parmi l’ensemble des décès dus au cancer de l’utérus. Cette proportion est obtenue à partir de la modélisation de l’incidence et de la survie observée dans les registres. Pour ce présent rapport, nous avons appliqué cette méthode en utilisant (i) les données d’incidence de 6 registres départementaux couvrant la période 1982-2009 et (ii) les données de survie de personnes diagnostiquées entre 1989 et 2004 sur 12 registres départementaux et suivis jusqu’au 31 décembre 2007 (données issues de la récente étude Survie du réseau Francim [2-4]). Du fait d’une quantité d’informations plus importante que dans l’étude précédente (ici pour les données de survie, la période de diagnostic couvrait 1989-2004 vs. 1989-1997 dans Rogel, et al.), nous avons pu définir des modèles plus élaborés pour l’incidence et la survie afin d’affiner les estimations. Les chiffres de mortalité estimée peuvent donc s’en trouver légèrement modifiés par rapport aux résultats fournis dans l’étude précédente. Ces différences concernent principalement les estimations portant sur l’année 1980.

    Données de population

    Les données de population ont été fournies par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pour chaque département et pour chaque année de 1975 à 2013.
    Elles correspondent aux Estimations localisées de population (ELP) jusqu’en 2008 puis aux projections Omphales (scénario central) à partir de 2009. Ces données sont une estimation du nombre de « survivants » d’âge révolu au 1er janvier de chaque année par sexe et par département.

    Calcul des taux

    Les données individuelles d’incidence et de mortalité ont été agrégées par classe de 1 an selon l’âge et la cohorte de naissance (et par conséquence selon l’année de diagnostic ou de décès). Le nombre de personnes-années était la moyenne entre l’effectif de la population d’âge a au 1er janvier de l’année p et l’effectif de la population d’âge a+1 au 1er janvier de l’année p+1. Ces données ont permis d’estimer les taux spécifiques d’un âge et d’une cohorte donnés par l’intermédiaire des modèles statistiques décrits dans la section Méthode suivante.

    L’âge au diagnostic pour l’incidence (respectivement l’âge au décès pour la mortalité) est calculé comme la différence entre l’année du diagnostic (respectivement l’année de décès), et l’année de naissance. Du fait de cette définition, le taux d’incidence calculé pour une population d’une classe d’âge de 5 ans correspond à celui d’une population âgée en réalité d’une demi-année de moins par rapport à celle des classes d’âges utilisées habituellement lors de la standardisation des taux par âge selon la population mondiale (ou la population européenne). Afin de prendre en compte cette légère différence, les poids correspondant à chaque classe d’âge de la population mondiale ou européenne ont été modifiés [5] et sont détaillés en tableau 3. Les taux standardisés selon la population mondiale ou européenne sont par la suite exprimés pour 100 000 personnes-années.

  •  

    La méthode statistique utilisée pour obtenir l’incidence nationale est identique à celle utilisée lors de l’étude précédente [6].
    Rappelons toutefois que l’incidence nationale est obtenue en multipliant le rapport incidence/mortalité observé dans la zone registre par la mortalité de la France. Ainsi, en notant l’incidence λ, la mortalité µ, la zone registre ZR, la France FR, l’incidence pour la France pour un âge a et une cohorte c est donnée par :

    formule_incidence_cancer

    Chacune des 3 composantes de la partie droite de la formule 1 est obtenue par trois modèles âge-période-cohortes (APC) distincts. L’article de Uhry, et al. [7] a validé cette approche en comparant les estimations nationales obtenues à celles obtenues lorsque les données issues de bases médico-administratives sont utilisées comme corrélats de l’incidence à la place de la mortalité : d’une part les données d’Affection longue durée (ALD) en utilisant le rapport ALD/incidence et d’autre part les données du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) en utilisant le rapport PMSI/incidence.

    Pour les cancers du sein et de la prostate, l’incidence de la zone registre présente de fortes variations dans les années récentes (i.e. forte baisse depuis 2005, en particulier pour la prostate, après une augmentation continue depuis 1980). Les tendances de l’incidence de ces deux cancers sont donc complexes et ne peuvent pas être restituées avec les modèles âge-période-cohorte « classiques » (tels qu’utilisés ci-dessus) où il est difficile d’introduire de façon satisfaisante des interactions complexes entre les trois facteurs. Nous avons donc utilisé des outils statistiques spécifiques qui permettent de rendre compte de ces interactions complexes (publication de la méthode en cours). Toutefois, le principe pour obtenir l’incidence nationale reste le même (i.e. la formule 1) et repose sur l’hypothèse que le rapport (moyen)  λ/µ observé dans la zone registre est une bonne estimation du rapport (moyen)  λ/µ de la France.

    Avertissement pour le cancer de la prostate

    Les tendances présentées pour ce cancer portent sur 1980-2009 et non 1980-2012. En effet, toute projection de tendance pour cette localisation est beaucoup trop « hasardeuse », en raison des importantes fluctuations de l’incidence observées durant ces dernières années. L’incidence a fortement baissé de 2005 à 2009 (2009 étant la dernière année observée dans les registres) mais nous ne pouvons pas projeter, avec un degré de certitude raisonnable, que cette décroissance va se poursuivre jusqu’en 2012.

    Les résultats présentés dans la fiche Prostate correspondent donc à des résultats pour 2009 : le lecteur trouvera toutefois dans les commentaires des estimations 2012 basées sur une hypothèse de stabilité des taux d’incidence entre 2009 et 2012.

    Estimation tous cancers

    L’estimation tous cancers est obtenue en faisant la somme des estimations par localisation, à laquelle ont été ajoutées les estimations pour les localisations Hémopathies malignes (définies selon la classification de l’article [6]) et pour la localisation Autres cancers.

    Avertissement sur l’interprétation des risques cumulés

    Les risques cumulés (RC) (de présenter un cancer ou d’en décéder) entre 0 et 74 ans selon l’année de naissance (cohorte) sont fournis dans le tableau 4 et la figure 2B de chaque fiche.

    L’obtention de ces RC nécessite des projections. Le RC de décès par cancer est obtenu à partir d’une projection du modèle utilisé pour la mortalité France (μFR). Le RC en incidence est obtenu en réajustant un modèle APC sur les données d’incidence estimées pour la France. Pour certaines cohortes, ces projections portent sur le long terme. Par exemple, la cohorte 1950 a été observée de 1980 à 2009, soit de 30 à 59 ans. Elle n’a donc pas été observée jusqu’à 74 ans : cette cohorte atteindra 74 ans en 2024 et la projection doit donc se faire jusqu’à cette date. Certaines cohortes, comme les cohortes 1920, 1930 et 1940, ont été observées de 60 à 89 ans, 50 à 79 ans, et 40 à 69 ans respectivement, et la projection porte sur un moins grand nombre d’années. Il faut donc retenir que, pour les cohortes les plus récentes, les RC sont des projections sur le long terme, présentant donc un niveau élevé d’incertitude. De légers changements de tendance en fin de courbe des RC ne doivent donc pas être surinterprétés (à moins d’arguments épidémiologiques solides) : seule la tendance globale de la courbe doit être interprétée.

    Notons aussi que la projection porte aussi sur les âges jeunes non observés (par exemple de 0 à 40 ans pour la cohorte 1940), mais l’incertitude sur cette « rétropolation » a peu d’impact sur le risque cumulé de 0 à 74 ans, étant donnée la faible incidence du cancer aux âges jeunes pour la grande majorité des cancers.

    D’une façon générale, le choix des cohortes présentées a tenu compte de l’âge de survenue du cancer afin de minimiser l’incertitude des RC présentés.

    Notes sur la lecture des fiches de résultats

    • les taux sont rapportés pour 100 000 personnes-années;
    • les courbes rouges concernent l'incidence et les courbes bleues la mortalités;
    • les carrés sont utilisés pour identifier les hommes et les triangles pour identifier les femmes;
    • sur la figure 3 observés et les pointillés terminant chaque courbe permettent d’indiquer la période de projection. Pour le cancer de la prostate, on rappelle qu’il n’y a pas de projection dans la fiche de résultat (les tendances sont fournies pour la période 1980-2009, et non 1980-2012).
  •  

    Registre

    Département

    Type de registre

    Période de couverture

    Population (2012)

    Nombre de cas sur la période de couverture

    1

    Calvados

    Digestif (2)

    1978-2009

    692 049

    20 128

    2

     

    Général (1)

    1978-2009

     

    58071

    3

    Côte d’Or

    Digestif

    1976-2009

    529 967

    17 503

    4

     

    Hémopathies malignes

    1980-2009

     

    6 663

    5

     

    Sein

    1982-2009

     

    8 387

    6

    Doubs

    Général

    1978-2009

    533 494

    60 760

    7

    Finistère

    Digestif

    2005-2009

    912 347

    6 503

    8

    Gironde

    Hémopathies malignes

    2002-2009

    1 476 927

    5 761

    9

     

    Système nerveux central

    2000-2009

     

    1 097

    10

    Hérault

    Général

    1987-2009

    1 062 393

    95 049

    11

    Isère

    Général

    1979-2009

    1 237 946

    127 617

    12

    Loire-Atlantique (3)

    Sein, colon rectum

    1991-2009

    1 315 880

    27 652

       

    Général

    1998-2009

     

    53132

    13

    Manche

    Général (1)

    1994-2009

    502 092

    37 020

    14

    Marne

    Thyroïde

    1975-2009

    568 318

    1 432

     

    Ardennes

       

    282 753

    634

    15

    Orne

    Hémopathies malignes (1)

    2002-2009

    293 256

    6 246

    16

    Bas-Rhin

    Général

    1975-2009

    1 117 803

    146 293

    17

    Haut-Rhin

    Général

    1988-2009

    756 230

    70 882

    18

    Saône et Loire

    Digestif

    1982-2009

    556 993

    20 038

    19

    Somme

    Général

    1982-2009

    575 153

    66 101

    20

    Tarn

    Général

    1982-2009

    385 356

    48 484

    21

    Vendée

    Général

    1997-2009

    650 594

    39 789

    Total

           

    925 242

    (1) Le registre des hémopathies malignes de Basse-Normandie couvre les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne sur la période 2002-2009 ; ces localisations ne sont par conséquent pas enregistrées par les registres généraux du Calvados et de la Manche.

    (2) Les tumeurs digestives sont enregistrées par le registre spécialisé du Calvados.

    (3) Le registre de Loire-Atlantique était spécialisé pour le sein et le côlon rectum jusqu’en 1997, puis est un registre général depuis 1998.

  •  

    Localisations

    Incidence

    CIM-O-3

    Mortalité

    Topographie1

    Morphologie1

    1975-1978 (CIM-8)

    1979-1999 (CIM-9)

    2000-2009 (CIM-10)

    Lèvre, cavité orale, pharynx

    C00-C14

    Toutes

    14

    14

    C00-C14

    Œsophage

    C15

    Toutes

    150

    150

    C15

    Estomac

    C16

    Toutes

    151

    151

    C16

    Colon rectum

    C18- C21

    Toutes

    153, 154

    153, 154

    C18- C21

    Foie

    C22

    Toutes

    155, 1978

    155

    C22

    Pancréas

    C25

    Toutes

    157

    157

    C25

    Larynx

    C32

    Toutes

    161

    161

    C32

    Poumon

    C33, C34

    Toutes

    162

    162

    C33, C34

    Mélanome de la peau

    C44

    De 87 203 à 87 803

    172

    172

    C43

    Sein

    C50

    Toutes

    174

    174

    C50

    Col de l’utérus 2

    C53

    Toutes

    180-182

    179-182

    C53- C55

    Corps de l’utérus 2

    C54

    Toutes

    180-182

    179-182

    C53-C55

    Ovaire

    C56, C570-C574

    Toutes sauf
     {84423 ; 84513 ; 84613 ; 84623 ; 84723 ; 84733}

    183

    183

    C56, C570- C574

    Prostate

    C61

    Toutes

    185

    185

    C61

    Testicule

    C62

    Toutes

    186

    186

    C62

    Vessie

    C67

    Toutes

    188

    188

    C67

    Rein

    C64- C66, C68

    Toutes

    189

    189

    C64- C66, C68

    Système nerveux central

    C70- C72

    ≤91103 ou ≥91800

    191, 192

    191, 192

    C70- C72

    Thyroïde

    C73

    Toutes

    193

    193

    C73

    Tous cancers3

    C00-C80

    Toutes

    140-208

    140-208

    C00-C97

    1 Les lymphomes sont exclus des tumeurs solides.

    2 Les décès dus au cancer du col de l’utérus et du corps de l’utérus ont été ré-estimés.

    3 Les cancers de la peau autres que les mélanomes sont exclus.

  •  

    Classe d’âge

    Poids standard « classique » pour la population

     

    Poids standard « re-calculés » pour la population

    Européenne

    Mondiale

     

    Européenne

    Mondiale

    [00;04]

    0,08

    0,12

     

    0,072

    0,108

    [05;09]

    0,07

    0,1

     

    0,071

    0,102

    [10;14]

    0,07

    0,09

     

    0,07

    0,091

    [15;19]

    0,07

    0,09

     

    0,07

    0,09

    [20;24]

    0,07

    0,08

     

    0,07

    0,081

    [25;29]

    0,07

    0,08

     

    0,07

    0,08

    [30;34]

    0,07

    0,06

     

    0,07

    0,062

    [35;39]

    0,07

    0,06

     

    0,07

    0,06

    [40;44]

    0,07

    0,06

     

    0,07

    0,06

    [45;49]

    0,07

    0,06

     

    0,07

    0,06

    [50;54]

    0,07

    0,05

     

    0,07

    0,051

    [55;59]

    0,06

    0,04

     

    0,061

    0,041

    [60;64]

    0,05

    0,04

     

    0,051

    0,04

    [65;69]

    0,04

    0,03

     

    0,041

    0,031

    [70;74]

    0,03

    0,02

     

    0,031

    0,021

    [75;79]

    0,02

    0,01

     

    0,021

    0,011

    [80;84]

    0,01

    0,005

     

    0,011

    0,0055

    [85;++]

    0,01

    0,005

     

    0,011

    0,0055

  •  

    [1] Rogel A, Belot A, Suzan F, Bossard N, Boussac M, Arveux P, et al. Reliability of recording uterine cancer in death certification in France and age-specific proportions of deaths from cervix and corpus uteri. Cancer Epidemiol 2011;35(3):243-9.

    [2] Roche L, Danieli C, Belot A, Grosclaude P, Bouvier AM, Velten M, et al. Cancer net survival on registry data: Use of the new unbiased Pohar-Perme estimator and magnitude of the bias with the classical methods. Int J Cancer 2013;132:2359-69.

    [3] Jooste V, Grosclaude P, Remontet L, Launoy G, Baldi I, Molinie F, et al. Unbiased estimates of long-term net survival of solid cancers in france. Int J Cancer 2013;132(10):2370-7.

    [4] Monnereau A, Troussard X, Belot A, Buemi A, Woronoff AS, Bara S, et al. Unbiased estimates of long-term net survival of haematological malignancy patients detailed by major subtypes in France. Int J of Cancer 2013;132(10):2378-87.

    [5] Hill C, Doyon F. Age in completed years versus age reached during the year. Rev Epidemiol Santé Publique 2005;53(2):205-8.

    [6] Belot A, Grosclaude P, Bossard N, Jougla E, Benhamou E, Delafosse P, et al. Cancer incidence and mortality in France over the period 1980-2005. Rev Epidemiol Santé Publique 2008;56:159-75.

    [7] Uhry Z, Belot A, Colonna M, Bossard N, Rogel A, Iwaz J, et al. National cancer incidence is estimated using the incidence/mortality ratio in countries with local incidence data: Is this estimation correct? Cancer Epidemiol 2013;37(3):270-7.

Haut de page