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Estimations de l’incidence, de la mortalité et de la survie

Publié le 02/01/2018

Projections de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2017 - Tumeurs solides

Avertissements

Réalisées tous les deux ans, les projections ont pour objectif de fournir une prévision pour l’année en cours, et non de mettre à jour ni de commenter l’étude détaillée des tendances, objet d’une autre étude spécifique*. Ces projections ne sont que le reflet des hypothèses d’évolutions adoptées et ne constituent pas une réalité observée : elles fournissent des chiffres pour 2017, qui doivent être systématiquement accompagnés d’une réserve mentionnant le scénario à partir duquel ils ont été obtenus. Les chiffres 2017 présentés dans ce rapport ne doivent pas être mis en regard des estimations 2012 produites précédemment*, car le modèle utilisé pour les projections peut différer de celui utilisé pour décrire les tendances et parce que le matériel utilisé évolue d’une étude à l’autre.

* Binder-Foucard F, Bossard N, Delafosse P, Belot A, Woronoff AS, Remontet L, the French network of cancer registries (Francim). Cancer incidence and mortality in France over the 1980-2012 period:solid tumors. Rev Epidemiol Sante Publique. 2014;62:95-108.

Contexte

En France, la surveillance épidémiologique des cancers en population générale repose sur un partenariat scientifique associant le Réseau français des registres des cancers (réseau Francim), le Service de Biostatistique des Hospices civils de Lyon (HCL), Santé publique France et l’Institut national du cancer (INCa).

Le réseau Francim, association loi 1901, regroupe l’ensemble des registres français des cancers, généraux et spécialisés. Créé en 1997, le réseau a pour objectifs de réaliser, coordonner et publier les travaux utilisant les données collectées par les registres des cancers, de contribuer au développement de recherches coopératives en santé publique et en épidémiologie descriptive, analytique et évaluative dans le domaine du cancer. Le réseau Francim a constitué en 1999 une base de données commune à l’ensemble des registres, dont il a confié la gestion au Service de Biostatistique des HCL. Cette base commune est accessible à la communauté scientifique pour le développement de projets de recherche sous réserve de leur acceptation par le comité de pilotage partenarial Francim-HCL-Santé publique France-INCa.

De par leurs missions définies par la loi, Santé publique France et l’Institut national du cancer apportent un soutien institutionnel aux registres des cancers, notamment en finançant en grande partie le recueil de données effectué par les registres et nécessaire à la surveillance nationale des cancers. Ils soutiennent également financièrement le Service de Biostatistique des HCL, afin que celui-ci puisse mener à bien les travaux d’analyse des données collectées. Ces quatre partenaires ont défini un programme de travail commun calé sur la durée du Plan cancer 2014-2019.

La production régulière des indicateurs essentiels à la surveillance épidémiologique des cancers en France est inscrite au sein des actions du programme de travail partenarial Francim-HCL-Santé publique France-INCa et répond à l’objectif 15 du Plan cancer 2014-2019 : « Appuyer les politiques publiques sur des données robustes et partagées » [1]. Cette surveillance repose sur les données d’incidence et de survie collectées par les registres du réseau Francim et centralisées par le Service de Biostatistique des HCL. Elle repose également sur les données de mortalité collectées par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc)/Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Parmi les indicateurs épidémiologiques régulièrement produits, figurent en premier lieu l’incidence et la mortalité. L’incidence observée dans chaque département couvert par un registre est mise à jour annuellement et disponible sur les sites internet de Santé publique France et de l’Institut national du cancer. Des tendances de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine sont estimées tous les cinq ans : les dernières tendances, publiées en 2013, portaient sur la période 1980-2012 [2]. Enfin, des projections de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine pour l’année en cours sont produites tous les deux ans. La production de ces indicateurs pour les années les plus récentes permet de percevoir l’évolution des besoins de la population en matière de prise en charge des cancers. Des travaux sont également prévus dans le cadre du programme de travail partenarial afin de développer des indicateurs pour les départements d’outre-mer.

Objectif

L’objectif principal des projections d’incidence et de mortalité par cancer est de fournir de façon réactive, pour l’année en cours, les estimations du nombre de nouveaux cas de cancer et de décès par cancer au niveau national.

Principe

Dans le cadre de cette étude, les projections sont fournies pour l’année 2017 et concernent l’ensemble des localisations tumorales solides. Elles sont produites à partir des données d’incidence observée jusqu’en 2013 dans les départements couverts par un registre du réseau Francim et à partir des données de mortalité du CépiDc. Elles sont issues d’une modélisation statistique des tendances de l’incidence et de la mortalité depuis 1980. Le principe de la méthode  est décrit dans un article paru dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) en 2009 [3]. L’approche utilisée vise à rendre compte du degré d’incertitude inévitablement associé à toute projection, à travers l’utilisation de scénarios reposant sur différentes hypothèses d’évolution de l’incidence et de la mortalité entre 2013 et 2017.

Résultats

Incidence et mortalité en 2017 pour chaque localisation selon le scénario retenu

Nombre de nouveaux cas et de décès en 2017, taux respectifs d’incidence et de mortalité standardisés sur la structure d’âge de la population mondiale (TSM) pour chaque localisation selon le scénario retenu, chez l’homme et chez la femme

Localisation(1)

Homme

Femme

Incidence

Mortalité

Incidence

Mortalité

Cas(2)

TSM(3)

Décès(2)

TSM(3)

Cas(2)

TSM(3)

Décès(2)

TSM(3)

Lèvre-cavité orale-pharynx

8 200

15,3

2 170

3,7

3 860

6,1

760

1,0

Œsophage

3 540

5,7

2 420

3,7

1 300

1,6

800

0,9

Estomac

4 360

6,5

2 860

4,1

2 260

2,6

1 580

1,6

Côlon-rectum

24 000

36,4

9 300

12,1

21 000

25,0

8 400

7,3

Foie

8 300

13,4

6 100

9,0

2 430

2,9

2 520 

2,4

Pancréas(4)

7 100

10,9

   

7 100

7,9

 

 

Larynx

2 750

4,9

590

0,9

470

0,8

110

0,1

Poumon

32 500

53,7

21 000

32,6

17 000

25,8

10 000

14,1

Mélanome de la peau(5)

8 100

14,9

1 040

1,6

7 300

13,6

750

0,9

Sein

 

 

 

 

59 000

100,5

12 000

13,9

Col de l’utérus(6)

 

 

 

 

2 840

6,0

1 080

1,7

Corps de l’utérus(6)

 

 

 

 

8 400

11,2

2 340

2,2

Ovaire

 

 

 

 

4 710

7,1

3 110

3,4

Prostate(7)

 

 

8 200

8,2

 

 

 

 

Testicule

2 350

7,1

80

0,2

 

 

 

 

Vessie

10 500

14,6

3 780

4,6

2 650

2,5

1 240

1,0

Rein

9 500

16;2

3 180

4,4

4 650

6,7

1 490

1,4

Système nerveux central

3 150

6,6

2 150

4,1

2 400

4,4

1 660

2,6

Thyroïde

2 980

6,6

140

0,2

7 600

17,4

210

0,2

Tous cancers(8)

214 000

353,2

84 000

119,2

185 500

284,5

66 000

71,7

(1) Les hémopathies malignes sont exclues des tumeurs solides.
(2) Les nombres de cas/décès sont arrondis suivant leur ordre grandeur : à la dizaine la plus proche lorsqu’ils sont inférieurs à 5 000, à la centaine la plus proche lorsqu’ils sont compris entre 5 000 et 10 000, et par tranche de 500 lorsqu’ils dépassent 10 000. 
(3) Taux standardisé sur la structure d’âge de la population mondiale (TSM) pour 100 000 personnes-années.
(4) Les estimations de mortalité ne sont pas présentées en raison de la qualité incertaine des données sources.
(5) Les cancers de la peau autres que les mélanomes sont exclus.
(6) Les parts respectives des décès dus au cancer du col de l’utérus et du corps de l’utérus ont été estimées par une méthode spécifique [4].
(7) Compte-tenu de la grande incertitude sur l’évolution à court terme de l’incidence du cancer de la prostate, les estimations d’incidence 2017 ne sont pas présentées.
(8) Pour la projection d’incidence « tous cancers », l’estimation 2017 issue du scénario B du cancer de la prostate, bien que non présentée, a été utilisée (n=52 763, TSM=82,6). La projection de mortalité « tous cancers » intègre aussi la projection spécifique du cancer du pancréas, bien que celle-ci ne soit pas présentée. Les cancers de la peau autres que les mélanomes sont exclus. La projection d’incidence « tous cancers » inclut la localisation « autres cancers » et les localisations hématologiques.

Résultats par localisation tumorale

(voir l'onglet données)

Publication

Jéhannin-Ligier K, Dantony E, Bossard N, Molinié F, Defossez G, Daubisse-Marliac L, Delafosse P, Remontet L, Uhry Z. Projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine en 2017. Rapport technique. Saint-Maurice : Santé publique France, 2017. 80 p.

Références

[1] Plan Cancer 2014-2019. Paris : ministère des Affaires sociales et de la santé, ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, 2014. 210 p.

[2] Binder-Foucard F, Bossard N, Delafosse P, Belot A, Woronoff AS, Remontet L, the French network of cancer registries (Francim). Cancer incidence and mortality in France over the 1980-2012 period:solid tumors. Rev Epidemiol Sante Publique. 2014;62:95-108.

[3] Remontet L, Belot A, Bossard N. Tendances de l’incidence et de la mortalité par cancer en France et projections pour l’année en cours : méthodes d’estimation et rythme de production. Bull Epidemiol Hebd. 2009;38:405-8.

Source de données

Les données d’incidence sont issues de la base commune des données du réseau Francim. La liste des registres dont les données ont été utilisées figure dans le tableau 1. Ce tableau indique également les années de début et de fin d’enregistrement pour chaque registre. Les données observées allaient jusqu’en 2013 et couvraient environ 17 % de la population métropolitaine pour cette dernière année d’enregistrement (soit 11 millions de personnes).
Les données de mortalité par cancer ont été fournies par le CépiDc/Inserm, pour les années 1975 à 2013.
Les données de population pour l’année 2017 proviennent des projections « Omphale » fournies par l’Insee.

Tableau 1 - Registres participants et période d’inclusion

Registre, type

 

Période

Calvados - Digestif

 

1978-2013

Calvados -Général

 

1978-2013

Bourguignon - Digestif1

Côte d'Or

1976-2013

Saône et Loire

1982-2013

Côte-d’Or - Hémopathies malignes

 

1980-2013

Côte-d’Or - Gynécologique : sein

 

1982-2013

Doubs/Territoire de Belfort - Général2

Doubs

1978-2013

Territoire de Belfort

2007-2013

Finistère - Digestif

 

2005-2013

Gironde - Général3

 

2005 ; 2008-2013

Gironde - Hémopathies malignes

 

2002-2013

Gironde - Système nerveux central

 

2000-2013

Hérault - Général

 

1987-2013

Isère - Général

 

1979-2013

Loire-Atlantique4 - Sein, côlon-rectum

 

1991-1997

Loire-Atlantique et Vendée - Général

 

1998-2013

Manche - Général

 

1994-2013

Marne Ardennes - Thyroïde

 

1975-2013

Basse-Normandie - Hémopathies malignes5

 

2002-2013

Bas-Rhin - Général

 

1975-2011

Haut-Rhin - Général

 

1988-2013

Somme - Général

 

1982-2013

Tarn - Général

 

1982-2013

Haute-Vienne - Général

 

2009-2012

(1) Le registre bourguignon des cancers digestifs couvre les départements de Côte d’Or et de Saône-et-Loire.
(2) Le registre général du Doubs a étendu sa couverture au département du Territoire de Belfort à partir de l’année 2007.
(3) Le registre général de Gironde couvre l’année 2005 puis les années 2008-2013.
(4)Le registre de Loire-Atlantique était spécialisé pour les cancers du sein et du côlon-rectum jusqu’en 1997. C’est un registre général depuis 1998. Il a fusionné avec le registre général de Vendée.
(5) Le registre des hémopathies malignes de Basse-Normandie couvre les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne. 
Note :
- pour les mélanomes, les données postérieures à 2001 et à 2005 pour les registres généraux du Calvados et de la Somme respectivement, n’ont pas été incluses du fait d’une exhaustivité non garantie ;
- bien que ses données d’incidence soient validées, le registre général de Lille et de sa région n’a pas été inclus du fait de l’indisponibilité, au moment de l’analyse, des données de populations inter-recensements avant 2006 pour la zone de proximité de Lille (l’antériorité des données de population depuis 1980 étant nécessaire avec la méthodologie utilisée [1]).

Classification des tumeurs solides

Les dix-neuf localisations cancéreuses solides analysées dans ce rapport ont été définies pour l’incidence selon la Classification internationale des maladies pour l’oncologie 3e édition (CIM-O-3) et pour la mortalité selon la Classification internationale des maladies (CIM 8e, 9e ou 10e révision selon l’année de décès) comme résumé en tableau 2.

Pour chaque localisation les règles suivantes étaient appliquées : seules les tumeurs invasives étaient considérées, y compris pour les tumeurs de la vessie et du système nerveux central, et sauf mention contraire, toutes les morphologies étaient incluses à l’exception des morphologies de type hématologique.

La localisation « tous cancers » inclut toutes les tumeurs solides invasives (hormis les cancers de la peau autres que les mélanomes) ainsi que les hémopathies malignes bien que celles-ci ne soient pas présentées dans ce rapport (voir partie méthode/section 3.3.4 et annexe 1 de l’étude).

Tableau 2 - Codes des Classifications internationales des maladies (CIM) sélectionnés pour définir les tumeurs solides

Localisation

Incidence

Mortalité

Topographie(1)

(CIM-O-3)

Morphologie(1) (2)

(CIM-O-3)

1975-1978

(CIM-8)

1979-1999

(CIM-9)

2000-2013

(CIM-10)

Lèvre-cavité orale-pharynx

C00-C14

Toutes

140-149

140-149

C00-C14

Œsophage

C15

Toutes

150

150

C15

Estomac

C16

Toutes

151

151

C16

Côlon-rectum

C18-C21

Toutes

153, 154

153, 154

C18-C21

Foie

C22

Toutes

155, 1978

155

C22

Pancréas

C25

Toutes

157

157

C25

Larynx

C32

Toutes

161

161

C32

Poumon

C33, C34

Toutes

162

162

C33, C34

Mélanome de la peau

C44

8720 à 8780

172

172

C43

Sein

C50

Toutes

174

174

C50

Col de l’utérus(3)

C53

Toutes

180-182

179-182

C53-C55

Corps de l’utérus(3)

C54

Toutes

180-182

179-182

C53-C55

Ovaire

C56,

C570-C574

Toutes sauf

{8442 ; 8451 ; 8461 ; 8462 ; 8472 ; 8473}

183

183

C56,

C570-C574

Prostate

C61

Toutes

185

185

C61

Testicule

C62

Toutes

186

186

C62

Vessie

C67

Toutes

188

188

C67

Rein

C64-C66, C68

Toutes

189

189

C64-C66, C68

Système nerveux central

C70-C72

≤9110 ou ≥9180

191, 192

191, 192

C70-C72

Thyroïde

C73

Toutes

193

193

C73

Tous cancers(4)

C00-C80

Toutes

140-208

140-208

C00-C97

(1) Seules les tumeurs invasives (/3) sont incluses.
(2) Les hémopathies malignes sont exclues des tumeurs solides, sauf pour la localisation « tous cancers ».
(3) Les parts respectives des décès dus aux cancers du col et du corps de l’utérus ont été estimées par une méthode spécifique [2].
(4) La localisation « tous cancers » inclut toutes les tumeurs solides invasives (hormis les cancers de la peau autres que les mélanomes) ainsi que les hémopathies malignes (voir partie méthode/section 3.3.4 et annexe 1 de l’étude).

Référence

[1] Remontet L, Belot A, Bossard N. Tendances de l’incidence et de la mortalité par cancer en France et projections pour l’année en cours : méthodes d’estimation et rythme de production. Bull Epidemiol Hebd. 2009;38:405-8.

[2] Rogel A, Belot A, Suzan F, et al. Reliability of recording uterine cancer in death certification in France and age-specific proportions of deaths from cervix and corpus uteri. Cancer Epidemiol. 2011;35:243-9.

L’objectif était de fournir des projections d’incidence et de mortalité en 2017 à partir de données observées jusqu’en 2013. Cependant, ces projections comportent un certain niveau d’incertitude, car elles reposent sur des hypothèses concernant l’évolution de l’incidence et de la mortalité pendant la période 2013-2017. Afin de rendre compte de cette incertitude, différents scénarios de projection sont présentés. La méthode statistique utilisée dans cette étude est notamment décrite dans un article paru dans le BEH [1].

Présentation des différents scenarii

Pour obtenir les estimations d’incidence et de mortalité pour l’année 2017, trois scénarios ont été envisagés afin de donner une idée de l’incertitude attachée à l’estimation retenue. Le modèle âge-cohorte a constitué la base de notre réflexion : il suppose que le taux relatif entre deux cohortes est le même quel que soit l’âge. Ce modèle fait donc une hypothèse forte et il est inadéquat si ce taux relatif  varie avec l’âge (interaction âge-cohorte). Il est alors nécessaire d’introduire cette interaction dans le modèle. En général, cet assouplissement du modèle âge-cohorte permet de mieux décrire la tendance récente.
Suivant ce principe, nous avons examiné systématiquement les trois scenarii suivants :

  • scénario A « la tendance récente se prolonge ». Cette approche est celle utilisée pour les estimations des tendances de l’incidence et de la mortalité de 1980 à 2012 [2]. Elle repose sur une modélisation « au plus près » des données observées (modèle âge-cohorte intégrant un terme quadratique pour la période qui équivaut à une interaction âge-cohorte, lorsque l’adéquation aux données est meilleure [1,3]). Ainsi, le scénario A prend en compte les changements récents de tendance, lorsqu’il y a une interaction âge-cohorte, et les prolonge au niveau des projections ;
  • scénario B « le risque de 2017 est identique à celui de 2013 ». Dans cette approche, les nombres de cas incidents et de décès en 2017 sont calculés en appliquant les taux estimés en 2013 (selon le scénario A) aux effectifs de populations de 2017. Cette approche correspond à une hypothèse de stabilité des risques entre 2013 et 2017 et répercute les seuls changements démographiques dans le nombre de cas et de décès ;
  • scénario C « la tendance moyenne 1980-2013 se prolonge ». Dans cette approche, l’incidence et la mortalité dans la zone registre ainsi que la mortalité de la France métropolitaine sont modélisées à partir d’un modèle âge-cohorte. Le scénario C correspond au scénario A lorsque l’interaction n’a pas été retenue. Dans le scénario C, la projection 2017 est basée sur la tendance moyenne observée entre 1980 et 2013. Cette approche est donc moins sensible aux variations récentes de tendance que le scénario A.

Différence entre le scénario A et le scénario C

Les écarts entre ces scénarios sont d’autant plus importants que l’évolution montre une cassure dans la période d’observation récente. La figure 1 présente schématiquement quatre configurations différentes de tendances :

  • dans la figure 1a, la tendance récente issue du scénario A est identique à la tendance moyenne 1980-2013 issue du scénario C et les deux scénarios fourniront des estimations 2017 identiques (l’incidence du cancer de l’estomac chez l’homme est un exemple de cette configuration) ;
  • dans la figure 1b, la tendance récente issue du scénario A prédit une décroissance plus rapide que celle observée en moyenne entre 1980 et 2013 ; dans cette configuration, le nombre de cas issu du scénario A sera inférieur à celui issu du scénario C (l’incidence du cancer des lèvre-cavité orale-pharynx chez l’homme en est un exemple) ;
  • la figure 1c présente une stabilisation de l’incidence dans les années récentes d’après le scénario A : dans cette configuration, le nombre de cas issu du scénario A sera inférieur à celui issu du scénario C (l’incidence du cancer du foie chez l’homme en est un exemple) ;
  • dans la figure 1d, la tendance récente issue du scénario A prédit une croissance plus rapide que celle observée en moyenne entre 1980 et 2013 : dans cette configuration, le nombre de cas issu du scénario A sera supérieur à celui issu du scénario C (l’incidence du cancer du poumon chez la femme en est un exemple).

Figure 1 - Projection entre 2013 et 2017 : différence entre le scénario A et le scénario C selon les configurations des tendances

projections_cancer_2017_fig1_methode

Quel scénario retenir ?

L’approche utilisée pour le scénario A permet de modéliser « au plus près » les données observées ; toutefois, cette qualité de bon ajustement n’assure pas nécessairement une meilleure projection que l’approche utilisée pour le scénario C.

Le scénario A a été privilégié a priori car le temps de projection (2013-2017) est relativement court. Néanmoins, les trois scénarios ont été fournis à un groupe d’épidémiologistes du réseau Francim qui a systématiquement envisagé quel scénario devait finalement être retenu, après prise en compte des connaissances épidémiologiques sur la localisation considérée, de l’évolution de la prévalence des facteurs de risque, et éventuellement, des tendances récentes observées à travers les données d’Affections de longue durée (ALD) de l’Assurance maladie [4] ou dans les publications internationales. Concernant les projections de mortalité, les variations sont moins importantes que pour l’incidence et les données observées sont disponibles au niveau national, assurant une bonne stabilité des estimations.
Dans les situations où le scénario retenu est différent du scénario A, des commentaires justifiant ce choix accompagnent les résultats. Les résultats des trois scénarios sont systématiquement présentés dans l’étude, en section 4.1 afin d’avoir une mesure de l’incertitude liée à la projection.

En définitive, le scénario A a été systématiquement retenu à trois exceptions près :

  • Incidence - cancers du larynx chez la femme ;
  • Mortalité - cancers du foie ;
  • Mortalité - cancers du système nerveux central.

Ces exceptions correspondent à des configurations dans lesquelles le scénario A accentuait artificiellement les évolutions sur la période de projection.

Cas particuliers

Modèles spécifiques pour l'incidence des cancers du sein, de la prostate et du pancréas
Pour les cancers du sein, de la prostate et du pancréas, les tendances de l’incidence sont complexes et ne peuvent pas être restituées avec les modèles « classiques » présentés ci-dessus. Pour ces trois cancers, des modèles statistiques plus flexibles ont été utilisés [5], afin d'introduire des interactions complexes entre l’âge et la cohorte. Ces modèles ont permis de réaliser les projections selon les scénarios A et B (pas de scénario C dans cette approche).

Néanmoins, compte-tenu de la grande incertitude sur l'évolution à très court terme de l'incidence et malgré l'utilisation de modèles spécifiques, les projections d’incidence 2017 ne sont pas présentées pour le cancer de la prostate. Les projections de mortalité 2017 sont quant à elles publiées, accompagnées des estimations d’incidence et de mortalité pour l’année 2013.

Mortalité par cancer du pancréas
Les données de mortalité ne sont pas présentées pour le cancer du pancréas du fait d’une probable surnotification historique dans les certificats de décès en France. À noter que le problème historique de la qualité des données de mortalité ne remet pas en cause leur utilisation pour estimer l’incidence nationale. En effet, le défaut de qualité est probablement équivalent sur la zone « registre » et sur la zone « France métropolitaine ». Il n’affecte donc pas le facteur de correction que constitue le rapport mortalité France métropolitaine/mortalité zone registre [2].

Projections « tous cancers »
La projection de l’incidence « tous cancers » (hors cancers de la peau autres que les mélanomes) est obtenue en sommant les projections retenues pour les différentes localisations présentées, auxquelles ont été ajoutées les estimations de la localisation prostate (selon le scénario B), des localisations hématologiques et de la localisation « autres cancers » (selon le scénario A) bien que celles-ci ne soient pas présentées.

La définition des entités des hémopathies malignes a été modifiée pour l'estimation nationale de l'incidence en 2012 [2] afin de tenir compte de la classification des hémopathies malignes la plus récente et pour présenter une définition de ces maladies selon les standards internationaux utiles aux cliniciens [6]. Cette nouvelle définition ne permet pas l’utilisation directe de la méthode adoptée pour fournir les présentes projections. C’est donc l’ancienne classification des hémopathies malignes [3] (voir annexe 1 de l’étude) qui a été utilisée, pour des raisons « techniques », afin de calculer les projections « tous cancers ».

La projection de mortalité « tous cancers » intègre les projections spécifiques concernant le cancer du pancréas (selon le scénario A), bien que celles-ci ne soient pas présentées.

Références

[1] Remontet L, Belot A, Bossard N. Tendances de l’incidence et de la mortalité par cancer en France et projections pour l’année en cours : méthodes d’estimation et rythme de production. Bull. Epidemiol. Hebd. 2009;38:405-8.

[2] Binder-Foucard F, Bossard N, Delafosse P, Belot A, Woronoff AS, Remontet L, the French network of cancer registries (Francim). Cancer incidence and mortality in France over the 1980-2012 period:solid tumors. Rev Epidemiol Sante Publique. 2014;62:95-108.

[3] Belot A, Grosclaude P, Bossard N, et al. Cancer incidence and mortality in France over the period 1980-2005. Rev Epidemiol Sante Publique. 2008;56:159-75.

[4] Bonaldi C, Rogel A. Surveillance nationale de l’incidence des cancers : tendances récentes des ALD CnamTS, période 1997-2014. Saint-Maurice : Santé publique France, 2016. 12 p. (document technique interne).

[5] Wood SN. Generalized Additive Models: An Introduction with R. Chapman and Hall/CRC, 2006. 410 p.

[6] Monnereau A, Remontet L, Maynadié M, Binder-Foucard F, Belot A, Troussard X, et al. Estimation nationale de l’incidence des cancers en France entre 1980 et 2012. Partie 2 - Hémopathies malignes. Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire, 2013. 88 p.

Le scénario A : « la tendance récente du risque se prolonge », a été privilégié a priori pour l’incidence et systématiquement retenu pour la mortalité (voir onglet méthode).

Dans les situations où le scénario retenu est différent du scénario A, des commentaires justifiant ce choix accompagnent les résultats.

Localisation

Lèvre, cavité orale, pharynx

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Oesophage

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Estomac

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Colon-rectum

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Foie

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Pancréas

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Larynx

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Poumon

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Mélanome de la peau

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Sein

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Col de l’utérus

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Corps de l’utérus

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Ovaire

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Prostate

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Testicule

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Vessie

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Rein

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Système nerveux central

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Thyroïde

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Tous cancers

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Nouveau cas de cancer

L’expression « nouveau cas de cancer » désigne une personne atteinte pour la première fois d’un type de cancer. Si une personne est atteinte de deux cancers différents, sans que l’un des deux ne soit le résultat de métastases de l’autre, cette personne sera comptabilisée comme deux cas de cancer, un par type de cancer.

Personnes-temps d’observation (personnes-années par exemple)

Produit du nombre de personnes suivies dans une population (ou une cohorte) par la durée moyenne d’observation de ces personnes.
On utilise l’expression « personnes-années » lorsque la durée moyenne est d’une année.

Incidence d’un cancer

Nombre de nouveaux cas de cancers.

Taux d’incidence d’un cancer et taux d’incidence standardisé

Le taux d’incidence d’un cancer pour une année correspond au nombre de cas de cancer observés durant l'année divisé par la population moyenne totale exposée à ce cancer durant cette même année (personnes-années), c’est-à-dire dans le cas présent, la population générale métropolitaine.
Selon les cancers, le niveau de ce taux est très dépendant des caractéristiques de répartition par sexe et âge d’une population : ainsi, pour les cancers qui touchent principalement les personnes âgées, le taux d’incidence dû aux cancers diffèrera sur un même territoire entre différentes années en raison de l’évolution démographique (accroissement et vieillissement de la population par exemple). De même, le taux d’incidence dû aux cancers diffèrera entre différents territoires (territoire où la proportion de personnes âgées est élevée et autre territoire où elle est faible par exemple). Dès lors, afin de permettre des comparaisons temporelles ou géographiques, les taux doivent être affranchis des effets liés à la structure par âge des populations comparées. On le fait en « standardisant » le taux d’incidence : on applique la même structure par âge d’une population « standard » - dite de référence (en l’occurrence celle de la population mondiale) - aux différents temps/territoires comparés. Les taux d’incidence standardisés obtenus représentent donc l’incidence qu’on observerait dans les populations d’étude si elles avaient la structure d’âge de la population standard.

Létalité

La létalité est la probabilité de décès due à la maladie. Celle-ci est influencée par le pronostic de la maladie lui-même influencé par les circonstances diagnostiques et la prise en charge thérapeutique.

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