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Maladies cardio-neuro-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 17/02/2017

L’hypercholestérolémie

Comme l’hypertension artérielle (HTA), l’hypercholestérolémie est un facteur de risque vasculaire majeur modifiable. De nombreuses études épidémiologiques ont montré que la réduction du cholestérol total et du LDL-cholestérol diminue le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Le LDL-cholestérol est la fraction la plus athérogène du cholestérol : en excès, il tend à s’accumuler dans la paroi artérielle et à favoriser le développement de la plaque d’athérome. A l’inverse, la fraction non athérogène du cholestérol, le HDL-cholestérol, est associé à une diminution du risque vasculaire lorsqu’il est élevé, mais à une augmentation de ce risque quand il est trop faible. L’hypercholestérolémie peut généralement être prévenue ou traitée. Des objectifs thérapeutiques précis ont été définis en fonction du nombre de facteurs de risque vasculaire associés et de l’existence de pathologies cardio-vasculaires ou d’un diabète. Le traitement diététique des hypercholestérolémies est indispensable et est souvent associé à une thérapeutique médicamenteuse (traitement hypolipémiant).

La prévalence de l’hypercholestérolémie est estimée lors d’enquêtes en population. La prévalence d’un traitement hypolipémiant à partir de bases médico-administratives vient complémenter ces connaissances. Toutefois, cet indicateur, n’est qu’un proxi de la prévalence de l’hypercholestérolémie, dans la mesure où il ne tient pas compte de la part non diagnostiquée ou non prise en charge pharmacologiquement. En effet, toutes les valeurs élevées de LDL-cholestérol ne relèvent pas d’une thérapeutique médicamenteuse et le traitement de première intention reste souvent diététique.

Traitement hypolipémiant

La prévalence du traitement hypolipémiant était de 11,3 %, soit plus de 7,4 millions de patients, en France en 2014. La prévalence de ce traitement était supérieure chez les hommes par rapport aux femmes (13,6 vs 10,0 %) et augmentait de manière importante avec l’âge. Elle passait de 1,1 % entre 25 et 44 ans à plus de 39 % entre 65 et 84 ans puis diminuait chez les plus âgés (31,2 %).

Prévalence du traitement hypolipémiant selon l'âge et le sexe en France en 2014

Nombre de patients

Hommes

Femmes

Total

<25 ans

2 287

3 300

5 587

25-44 ans

126 464

60 631

187 095

45-64 ans

1 531 991

1 011 675

2 543 666

65-84 ans

2 018 253

2 027 183

4 045 436

≥85 ans

243 685

407 114

650 799

Total

3 922 680

3 509 903

7 432 583

Prévalence

Hommes

Femmes

Total

<25 ans

<0,05

<0,05

<0,05

25-44 ans

1,5

0,7

1,1

45-64 ans

18,2

11,4

14,7

65-84 ans

43,4

35,5

39,1

≥85 ans

37,4

28,4

31,2

Total

12,3

10,3

11,3

Prévalence standardisée*

13,6

10,0

11,6

*Prévalence standardisée sur l’âge de la population européenne (Eurostat, population EU 27, 2010).Champ : France entière (hors Mayotte).Sources : Sniiram (CnamTS), statistiques démographiques : Insee.

La prévalence du traitement hypolipémiant n’était pas homogène sur le territoire français en 2014. Les taux les plus élevés étaient observés dans les régions Hauts de France (14,4 %) et Grand Est (12,6 %) ainsi qu’en Normandie (12,9 %) et Centre-Val de Loire (12,2 %). Ces taux élevés pourraient s’expliquer par des taux d’obésité supérieurs à la moyenne nationale et des conditions socio-économiques difficiles, notamment pour les régions Hauts-de-France, Grand Est et Normandie. Au contraire, tous les départements d’outre-mer ainsi que la région Auvergne-Rhône-Alpes affichaient des taux de prévalence inférieurs de plus de 10% au taux national.

Prévalence standardisée* du traitement hypolipémiant selon la région en France en 2014

hypercholesterolemie_carte_prevalence_traitement_hypolipemiant_2014

* Prévalence standardisée sur l’âge de la population européenne (Eurostat, population EU 27, 2010).Champ : France entière (hors Mayotte).Sources : Sniiram (CnamTS), statistiques démographiques : Insee.

Enquêtes avec examen de santé menées par Santé publique France

L'étude nationale nutrition santé (ENNS)

Selon l’Étude national nutrition santé (ENNS 2006-2007), 30,1 % des personnes âgées de 18 à 74 ans avaient, soit un traitement hypolipémiant, soit un taux élevé de LDL-cholestérol dans le sang : 18,9 % avaient un taux de LDL-cholestérol élevé (>1,6 g/l) et 12,2 % suivaient un traitement médicamenteux par hypolipémiant.

En savoir plus : De Peretti C et al. Bull Epidemiol Hebd 2013;31.

L’étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban)

Différents prélèvements seront effectués au cours des examens de santé dans les Centres d’examen de référence (CER). Le dosage de différents paramètres biologiques et nutritionnel sera réalisé avec notamment un bilan lipidique. Les résultats sont attendus pour 2017.

En savoir plus sur l'étude :  http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Environnement-et-sante/Esteban

Autre enquête : MONA LISA

Les dyslipidémies figurent parmi les principaux facteurs de risque cardiovasculaire mesurés dans les trois populations françaises de l'étude MONA LISA (2005-2007). Pour les 4 832 sujets âgés de 35 à 74 ans de Lille, Toulouse et Strasbourg, un prélèvement biologique effectué à jeun a permis de préciser le profil lipidique : cholestérol total, HDL-cholestérol, LDL-cholestérol, triglycérides. Les  patients à haut risque cardiovasculaire* représentaient 16,7 % des patients de la population de MONA LISA. Il s’agit pour 37 % des patients avec des antécédents de maladies cardiovasculaires, pour 32 %, des diabétiques de type 2 à haut risque, enfin pour 31 % des sujets "multirisques", avec un risque de Framingham élevé. On constate que seuls 47 % de ces sujets recevaient un traitement pour normaliser leur hypercholestérolémie.

Le bilan de l'étude MONA LISA a mis en exergue l’insuffisance des résultats thérapeutiques. En effet, seulement 27,7 % des sujets à haut risque traités atteignaient l’objectif défini par l’Afssaps (devenue ANSM), c’est à dire un LDL Cholestérol <1g/l. Plus le sujet est à haut risque, moins l'atteinte du seuil recommandé pour le LDL-cholestérol est aisée :

  • chez les patients à bas risque dont l’objectif thérapeutique est d’avoir un LDL-cholestérol à 1,15 g/l, 75,5 % des patients n'avaient pas atteint cet objectif ;
  • chez les sujets à très haut risque dont l’objectif pour le LDL-cholestérol est d’avoir un LDL à 0,7 g/l, le LDL-cholestérol était au-dessus de cette valeur seuil proposée chez 95,8 % des sujets ;
  • chez les sujets sous traitement hypolipémiant, les résultats demeurent moins bons que ceux observés en population générale.

Par contre, une analyse plus fine des données des sujets sous traitement hypolipémiant permet de constater que la baisse du LDL-cholestérol nécessaire pour arriver au seuil est le plus souvent d’environ 30 %. Ce n’est que chez les sujets à très haut risque qu’une baisse entre 30 et 50 % s’avère nécessaire afin d’atteindre les seuils pour le LDL-cholestérol.

* Les trois catégories de patients à haut risque cardiovasculaire pour lesquels le LDL- cholestérol doit être inférieur à 1 g/l.

1/ Les patients ayant des antécédents :

  • de maladie coronaire avérée (angor stable et instable, revascularisation, IDM, IDM silencieux documenté),
  • de maladie vasculaire avérée (accident vasculaire cérébral ischémique, artériopathie périphérique à partir du stade II).

2/ Les patients ayant un diabète de type 2, sans antécédent vasculaire mais ayant un haut risque cardiovasculaire défini par :

  • une atteinte rénale*,
  • ou au moins deux des facteurs de risque suivants :
    • âge - homme de 50 ans ou plus - femme de 60 ans ou plus
    • antécédents familiaux de maladie coronaire précoce
      - infarctus du myocarde ou mort subite avant 55 ans chez le père ou chez un parent du 1er degré de sexe masculin ;
      - infarctus du myocarde ou mort subite avant 65 ans chez la mère ou chez un parent du 1er degré de sexe féminin ;
    • tabagisme actuel ou arrêté depuis moins de 3 ans
    • hypertension artérielle permanente traitée ou non (se reporter aux recommandations spécifiques)
    • HDL-cholestérol < 0,40 g/l (1,0 mmol/l) quel que soit le sexe
    • microalbuminurie (> 30 mg/24 heures).

3/ Les patients ayant un risque >20 % de faire un événement coronarien dans les 10 ans (risque calculé à partir d’une équation de Framingham)

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