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Maladies cardio-neuro-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 28/10/2016

L’hypertension artérielle

L’hypertension artérielle (HTA) est l’un des principaux facteurs de risque vasculaire. Elle est définie par une élévation persistante de la pression artérielle systolique ≥140 mmHg ou de la pression artérielle diastolique ≥90 mmHg. Elle entraine des anomalies structurales des artères qui irriguent le cerveau, le cœur, les reins et autres organes et augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, de cardiopathie ischémique, d’artériopathie des membres inférieurs et d’insuffisance rénale chronique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 62 % des affections vasculaires cérébrales et près de la moitié des cardiopathies ischémiques sont attribuées à une pression artérielle élevée.

La prévalence de l’HTA est estimée lors d’enquêtes en population. La prévalence d’un traitement antihypertenseur à partir de bases médico-administratives vient complémenter ces connaissances. Toutefois, cet indicateur, n’est qu’un proxi de la prévalence de l’HTA, puisqu’une proportion significative de personnes reste non diagnostiquée et ainsi non traitée (environ 18 % des patients en 2006 dans l’enquête ENNS).

Traitement antihypertenseur

La prévalence d’un traitement antihypertenseur est calculée à partir des données de remboursement de l’Assurance Maladie (Sniiram) (nombre de personnes ayant eu au moins 3 délivrances d’un traitement antihypertenseur, ou deux en cas de grand conditionnement, à des dates différentes au cours de l’année rapporté à la population INSEE moyenne de l’année).

En 2014, la prévalence du traitement antihypertenseur en France était de 18,6 %, soit plus de 12,2 millions de patients. Cette prévalence augmentait de manière importante avec l’âge passant de 3,1 % chez les 25-44 ans à 58,9 % chez les 65-84 ans et plus de 75 % au-delà de 85 ans. Après prise en compte de l’âge, la prévalence du traitement antihypertenseur était supérieure chez les hommes par rapport aux femmes (19,7 % vs. 18,4 %).

Prévalence du traitement antihypertenseur selon l'âge et le sexe en France en 2014

Nombre de patients

Hommes

Femmes

Total

<25 ans

16 408

19 395

35 803

25-44 ans

242 114

268 922

511 036

45-64 ans

2 093 146

1 969 123

4 062 269

65-84 ans

2 841 807

3 259 777

6 101 584

≥85 ans

493 072

1 084 600

1 577 672

Total

5 686 547

6 601 817

12 288 364

Prévalence

Hommes

Femmes

Total

<25 ans

0,2

0,2

0,2

25-44 ans

2,9

3,2

3,1

45-64 ans

24,9

22,2

23,5

65-84 ans

61,2

57,1

58,9

≥85 ans

75,7

75,8

75,7

Total

17,8

19,4

18,6

Prévalence standardisée*

19,7

18,4

19,0

*Prévalence standardisée sur l’âge de la population européenne (Eurostat, population EU 27, 2010).Champ : France entière (hors Mayotte).Sources : Sniiram (Cnamts), statistiques démographiques : Insee.

La prévalence du traitement antihypertenseur n’était pas homogène sur le territoire français en 2014. Les taux les plus élevés étaient observés dans les régions Hauts de France (22,3 %), Grand Est (20,9 %), Guadeloupe (20,4 %) et Normandie (20,0 %). Ces taux élevés pourraient s’expliquer par des taux d’obésité supérieurs à la moyenne nationale et des conditions socio-économiques difficiles. Au contraire, les régions Corse (16,8 %), Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (17,5 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (17,5 %) et Bretagne (17,6 %) affichaient les taux de prévalence les plus bas.

Prévalence standardisée* du traitement antihypertenseur selon la région en France en 2014

hypertension_arterielle_carte_prevalence_traitement_antihypertenseur_2014

* Prévalence standardisée sur l’âge de la population européenne (Eurostat, population EU 27, 2010).Champ : France entière (hors Mayotte).Sources : Sniiram (Cnamts), statistiques démographiques : Insee

Enquêtes avec examen de santé menées par Santé publique France

L'étude nationale nutrition santé (ENNS)

Réalisée en 2006-2007, cette étude a permis d’estimer à 31 % la prévalence de l’HTA dans la population âgée de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine. De plus, seulement la moitié des adultes ayant présenté une pression artérielle élevée dans ENNS étaient au courant de leur hypertension, et parmi les hypertendus traités, seule la moitié était contrôlée.

En savoir plus : Bull Epidemiol Hebd 2008;49-50.

L’étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban)

L’étude Esteban est la nouvelle étude nationale réalisée par l’InVS portant sur la santé. La prévalence de l’HTA sera évaluée, avec la prise de trois mesures de la pression artérielle. Les résultats sont attendus pour 2017.

En savoir plus sur l'étude :  http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Environnement-et-sante/Esteban

Autres enquêtes : MONA LISA et MONICA

Une première enquête en population (MONICA) a été réalisée de 1985 à 1987 pour mesurer les facteurs de risque cardiovasculaire des populations couvertes par les registres des cardiopathies ischémiques (CPI). Une seconde enquête en population a suivi pour effectuer les mêmes  évaluations, une décennie plus tard, de 1995 à 1997. L’étude MONA LISA s’est déroulée de 2005 à 2007 comme un troisième jalon.

En savoir plus : Bull Epidemiol Hebd 2008;49-50.

MONA LISA (35 à 74 ans)

Dans MONA LISA les hommes étaient plus souvent hypertendus que les femmes. La prévalence brute globale de l’HTA était de 53 % chez les hommes et de 40 % chez les femmes. Après ajustement sur l'âge, la prévalence de l'THA était plus élevée chez les hommes (47 %) que chez les femmes (35 %). Cette différence hommes – femmes s’observait à tous les âges, mais l’écart se réduit au fil des ans. La prévalence augmentait régulièrement avec l’âge (+15 à 20 % par décennie) passant ainsi de 24% chez les hommes les plus jeunes (35-44 ans) à 80 % dans la classe d’âge la plus élevée (65-74 ans). Chez les femmes, la prévalence variait de 9 % à 71 % des plus jeunes aux plus âgées. Une augmentation des chiffres moyens de pression artérielle systolique et diastolique a également été observée.

Par ailleurs, 54 % des hommes et 67 % des femmes connaissaient leur hypertension et plus de 80 % des sujets hypertendus étaient traités (81 % des hommes et 86 % des femmes). Tous âges confondus, l'HTA de 24 % des hommes et 39 % des femmes était contrôlée par un traitement (atteinte des objectifs thérapeutiques fixés par les recommandations (140/90 mmHg). Strasbourg comptait plus d’hommes hypertendus (54 %) que Lille (47%) et Toulouse (41 %). De même, les femmes hypertendues étaient bien plus nombreuses à Lille (42 %) et à Strasbourg (37 %) qu’à Toulouse (25 %). Ces disparités régionales étaient également retrouvées dans l'étude MONICA.

De MONICA à MONA LISA (35 à 64 ans)

La prévalence de l’HTA était en légère diminution entre 1995 et 2005. Dans MONA LISA, on observait 47 % d’hommes et 35 % des femmes hypertendues. A l’époque de l'étude MONICA, soit en 1995, les chiffres étaient un peu supérieurs, avec 48 % d’hommes et 38 % de femmes hypertendus chez les 35-64 ans. Cette diminution de la prévalence de l’HTA entre les deux enquêtes n’est cependant pas majeure, surtout chez les hommes. La proportion de sujets traités n’a que très peu changé de 1995 à 2005. En revanche, le contrôle de l’hypertension s’est amélioré, passant de 18 % à 26 % d’hommes contrôlés et de 30 % à 44 % de femmes actuellement contrôlées. Malgré cette amélioration, des progrès restent à faire. Aujourd’hui encore, 2 femmes sur 3 et 3 hommes sur 4 traités pour hypertension artérielle n’atteignent pas les valeurs cibles de 140/90 mmHg.

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