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Maladies cardio-neuro-vasculaires

Publié le 15/04/2010 - Dernière mise à jour le 25/09/2018

L’hypertension artérielle

L’hypertension artérielle (HTA) est l’un des principaux facteurs de risque vasculaire. Elle est définie par une élévation persistante de la pression artérielle systolique ≥140 mmHg ou de la pression artérielle diastolique ≥90 mmHg. Elle entraine des anomalies structurales des artères qui irriguent le cerveau, le cœur, les reins et autres organes et augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, de cardiopathie ischémique, d’artériopathie des membres inférieurs et d’insuffisance rénale chronique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 62 % des affections vasculaires cérébrales et près de la moitié des cardiopathies ischémiques sont attribuées à une pression artérielle élevée.

La prévalence de l’HTA est estimée lors d’enquêtes en population.

Enquêtes avec examen de santé menées par Santé publique France

L’étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban)

L’étude Esteban a été réalisée par Santé publique France en 2014-2016. Elle a permis d’estimer la prévalence de l’HTA à 30,6 % chez les adultes de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine. Seule une personne hypertendue sur deux (55,5 %) avait connaissance de sa maladie et un peu moins d’une personne hypertendue sur deux (47,3 %) était traitée par un médicament à action antihypertensive. Parmi les personnes traitées, la moitié (49,6 %) avaient une pression artérielle contrôlée.

Depuis 2006, la prévalence, le niveau de connaissance et le contrôle de l’HTA sont restés stables. En revanche, la proportion de femmes traitées pour l’HTA a diminué de manière importante.

En savoir plus sur l'étude :  Dossier Esteban

Perrine AL, Lecoffre C, Blacher J, Olié V. L’hypertension arterielle en France : prévalence, traitement et contrôle en 2015 et évolutions depuis 2006. Bull Epidemiol Hebd. 2018;10:170-9.

L'étude nationale nutrition santé (ENNS)

Réalisée en 2006-2007, cette étude a permis d’estimer à 31 % la prévalence de l’HTA dans la population âgée de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine. De plus, seulement la moitié des adultes ayant présenté une pression artérielle élevée dans ENNS étaient au courant de leur hypertension, et parmi les hypertendus traités, seule la moitié était contrôlée.

En savoir plus : Bull Epidemiol Hebd 2008;49-50.

Autres enquêtes : MONA LISA et MONICA

Une première enquête en population (MONICA) a été réalisée de 1985 à 1987 pour mesurer les facteurs de risque cardiovasculaire des populations couvertes par les registres des cardiopathies ischémiques (CPI). Une seconde enquête en population a suivi pour effectuer les mêmes  évaluations, une décennie plus tard, de 1995 à 1997. L’étude MONA LISA s’est déroulée de 2005 à 2007 comme un troisième jalon.

En savoir plus : Bull Epidemiol Hebd 2008;49-50.

MONA LISA (35 à 74 ans)

Dans MONA LISA les hommes étaient plus souvent hypertendus que les femmes. La prévalence brute globale de l’HTA était de 53 % chez les hommes et de 40 % chez les femmes. Après ajustement sur l'âge, la prévalence de l'THA était plus élevée chez les hommes (47 %) que chez les femmes (35 %). Cette différence hommes – femmes s’observait à tous les âges, mais l’écart se réduit au fil des ans. La prévalence augmentait régulièrement avec l’âge (+15 à 20 % par décennie) passant ainsi de 24% chez les hommes les plus jeunes (35-44 ans) à 80 % dans la classe d’âge la plus élevée (65-74 ans). Chez les femmes, la prévalence variait de 9 % à 71 % des plus jeunes aux plus âgées. Une augmentation des chiffres moyens de pression artérielle systolique et diastolique a également été observée.

Par ailleurs, 54 % des hommes et 67 % des femmes connaissaient leur hypertension et plus de 80 % des sujets hypertendus étaient traités (81 % des hommes et 86 % des femmes). Tous âges confondus, l'HTA de 24 % des hommes et 39 % des femmes était contrôlée par un traitement (atteinte des objectifs thérapeutiques fixés par les recommandations (140/90 mmHg). Strasbourg comptait plus d’hommes hypertendus (54 %) que Lille (47%) et Toulouse (41 %). De même, les femmes hypertendues étaient bien plus nombreuses à Lille (42 %) et à Strasbourg (37 %) qu’à Toulouse (25 %). Ces disparités régionales étaient également retrouvées dans l'étude MONICA.

De MONICA à MONA LISA (35 à 64 ans)

La prévalence de l’HTA était en légère diminution entre 1995 et 2005. Dans MONA LISA, on observait 47 % d’hommes et 35 % des femmes hypertendues. A l’époque de l'étude MONICA, soit en 1995, les chiffres étaient un peu supérieurs, avec 48 % d’hommes et 38 % de femmes hypertendus chez les 35-64 ans. Cette diminution de la prévalence de l’HTA entre les deux enquêtes n’est cependant pas majeure, surtout chez les hommes. La proportion de sujets traités n’a que très peu changé de 1995 à 2005. En revanche, le contrôle de l’hypertension s’est amélioré, passant de 18 % à 26 % d’hommes contrôlés et de 30 % à 44 % de femmes actuellement contrôlées. Malgré cette amélioration, des progrès restent à faire. Aujourd’hui encore, 2 femmes sur 3 et 3 hommes sur 4 traités pour hypertension artérielle n’atteignent pas les valeurs cibles de 140/90 mmHg.

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