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Nutrition et santé

Publié le 28/03/2006 - Dernière mise à jour le 23/04/2015

Contexte et présentation générale 

Les consommations alimentaires, l’activité physique et la sédentarité, ainsi que les marqueurs de l’état nutritionnel sont des facteurs de risque ou de protection de nombreuses maladies chroniques qui concernent une grande part de la population en France. Sont en particulier concernés les maladies cardio-vasculaires, certains cancers, le diabète ou encore l’ostéoporose. En effet, depuis plusieurs décennies maintenant, la recherche (qui a mobilisé diverses disciplines, depuis les modèles cellulaires ou animaux jusqu’aux grandes enquêtes comportementalistes en population) a montré combien ces trois pivots de la nutrition pouvaient avoir des effets favorables ou, au contraire délétères, sur la survenue de ces maladies et la mortalité.

Les exemples sont très nombreux et concernent différents âges de la vie ; en outre, ces effets interagissent avec la présence de facteurs, individuels ou environnementaux, autres que ceux en lien avec la nutrition. Parmi les facteurs de protection, une alimentation pas trop riche en énergie, contenant des quantités suffisantes de fruits et légumes, poisson ou céréales complètes, et évitant d’apporter trop de gras, de sucres ou de sel, peut participer, tout au long de la vie, au maintien d’un poids corporel adéquat et à éviter la survenue de maladies chroniques. Lorsque cette alimentation s’accompagne d’un temps faible passé à des activités sédentaires (télévision, écrans…) et de la pratique, dans la vie quotidienne, d’une activité physique régulière, les bénéfices pour la santé sont encore améliorés. A ces éléments, nous pouvons ajouter les rôles que jouent la corpulence et d’autres paramètres comme la pression artérielle, les lipides sanguins ou le statut en vitamines et minéraux.

Parce que les maladies chroniques en lien avec la nutrition sont fréquentes et représentent la cause d’une grande part de la mortalité en France, des actions de santé publique ont été lancées depuis maintenant plus de 15 ans, pour améliorer la situation nutritionnelle de la population générale, comme de certains groupes (âges extrêmes, populations en situation de précarité…). C’est l’objet du Programme national nutrition santé, dont certains objectifs avaient été repris dans la loi de santé publique de 2004. Le suivi de ce programme nécessite l’organisation d’un système de surveillance nutritionnelle, couvrant trois champs, les consommations alimentaires, l’activité physique et l’état nutritionnel, et permettant de rendre compte de l’évolution de la situation en France.

Les objectifs de santé publique du PNNS portent à la fois sur les consommations alimentaires, l’activité physique et la sédentarité, ainsi que sur divers marqueurs de l’état nutritionnel. Concernant l’alimentation, ce sont des groupes d’aliments (fruits et légumes par exemple) comme des nutriments (en particulier lipides, glucides) qui sont concernés. Cela suppose de disposer de données sur les consommations alimentaires qui soient suffisamment détaillées pour arriver à cette finesse et à cette diversité de description. Les interrogatoires utilisés, comme le traitement des données recueillies, sont donc souvent complexes. De même, les indicateurs de santé publique relatifs à l’état nutritionnel imposent de recueillir des informations à partir de mesures directes de poids ou de taille, et de réaliser des prélèvements biologiques.

Il faut aussi noter que si les objectifs concernent principalement la population générale résidant en France, certains concernent des populations spécifiques. La description de la situation nutritionnelle en population générale est réalisée grâce à des enquêtes conduites auprès d’échantillons nationaux d’individus résidant en ménage ordinaire en France métropolitaine ; c’est le cas de l’Etude nationale nutrition santé (2006-2007) et de l’étude Esteban (2014-2015). Pour les groupes spécifiques, des études comprenant des modes de recrutement et des méthodes de recueil adaptés sont mises en place, comme l’étude Abena chez les usagers de l’aide alimentaire ou Epifane chez les nourrissons.

L’InVS mène ses activités de surveillance nutritionnelle en lien direct avec d’une part, les décideurs et acteurs de la santé publique (Direction générale de la santé, instances du PNNS, Haut conseil en santé publique…) et, d’autre part, avec les autres organismes pouvant fournir des informations participant à la surveillance nutritionnelle (Anses, Inpes, Drees…). Enfin, les informations produites sont également insérées dans des projets internationaux permettant de produire des synthèses comparatives sur les situations observées dans différents pays.

Mis en place en 2001 par le ministère chargé de la Santé, pour une durée initiale de cinq ans, puis reconduit en 2006 et en 2011, le Programme national nutrition santé constitue un des plans de santé publique les plus ambitieux dans le domaine de la nutrition jamais développé en Europe. Il répond à la nécessité de mettre en place une politique nutritionnelle de santé publique, incluant notamment un système de surveillance nutritionnelle.

Le but général du PNNS est d’améliorer l’état de santé de la population en agissant sur un de ses déterminants majeurs, la nutrition.

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a émis, en 2000 ("Pour une politique nutritionnelle de santé publique en France : enjeux et propositions") puis en 2009 ("Objectifs de santé publique – Evaluation des objectifs de la loi du 9 août 2004 – Propositions"), des préconisations en termes d’objectifs de santé publique concernant la nutrition, à atteindre dans la population. Ces objectifs ont été repris dans le cadre du PNNS, sur la période 2001-2010 pour la première série d’objectifs préconisés par le HCSP en 2000, puis sur la période 2011-2015 pour la seconde série diffusée en 2009.

En effet, de nouveaux objectifs ont été identifiés dans le cadre de la poursuite du PNNS, qui a été annoncée en juillet 2011. Devant être atteints en 2015, ils concernent l’ensemble de la population mais l’accent a été mis sur la réduction des inégalités sociales de santé en lien avec la nutrition. Leur contenu a été basé sur les données issues de la surveillance nutritionnelle telles que celles produites par l’Uspen.

Les objectifs nutritionnels portent sur :

  1. la réduction de l’obésité et du surpoids dans la population ;
  2. l’augmentation de l’activité physique et la diminution de la sédentarité à tous les âges ;
  3. l’amélioration des pratiques alimentaires et des apports nutritionnels, notamment dans les populations à risque ;
  4. la réduction de la prévalence des pathologies nutritionnelles.

Les axes stratégiques se sont fixé les buts suivants :

  • réduire par des actions spécifiques les inégalités sociales de santé dans le champ de la nutrition au sein d’actions générales de prévention ;
  • développer l’activité physique et sportive (APS) et limiter la sédentarité ;
  • organiser le dépistage et la prise en charge du patient en nutrition : diminuer la prévalence de la nutrition ;
  • valoriser le PNNS comme référence pour les actions en nutrition ainsi que l’implication des parties prenantes.

De façon transversale à ces axes stratégiques principaux, un volet relatif à la formation, la surveillance, l’évaluation et la recherche a également été défini.

Pour la période 2011-2015, le PNNS 3 prévoit en effet que l’Uspen participe à :

Ces études sont complémentaires de celles conduites par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ou l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

Dossier Nutrition et santé

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