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Données de surveillance par pathologie

Publié le 10/03/2014

Etat de stress post-traumatique

'Les visuels qui illustrent ce dossier thématique ont été créés dans le cadre d’un projet thérapeutique au sein du service d’hospitalisation psychiatrique de l’Hôpital Tenon (AP-HP), sous la coordination du Pr Louis Jehel (psychiatre) et de Pierre-Jérôme Jehel (photographe, professeur à Gobelins). Ce projet, réalisé dans un groupe de travail mixte de professionnel de santé et des étudiants de l’Ecole de l’image (Gobelins), a donné lieu à une cinquantaine ‘d’objets psycho-visuels’ (OPV) qui ont été intégrés dans le travail de soins de l’équipe médicale du service'. En savoir plus : http://a-m-e-r.com/mots-regards/opv.

© Amandine Petroff - Alexandre Avram - Aurélien Rivoire

© Amandine Petroff - Alexandre Avram - Aurélien Rivoire

Le vécu d’un événement catastrophique survenu dans une collectivité ou subi par une personne peut provoquer un traumatisme psychologique et avoir un impact à court et moyen terme sur la santé mentale des personnes ayant vécu l’événement (état de stress aigu, anxiété, troubles du sommeil et de l’humeur, etc.) comme en témoignent les études réalisées en population suite à l’explosion d’AZF (voir le dossier AZF) ou dans les suites des inondations du Gard ou de la tempête Xynthia (voir le dossier Xynthia).

Au-delà des impacts sanitaires immédiats, ces événements catastrophiques peuvent être source d’impacts psycho-logiques différés liés au traumatisme psychologique résultant non seulement de la violence de l’exposition aiguë à l’événement, mais aussi des pertes matérielles, économiques et affectives ainsi que de la détérioration du tissu social. Ces perturbations peuvent entraîner une détresse psychologique persistante ainsi qu’une détérioration globale de la qualité de vie. L’état de stress post-traumatique (ESPT) qui associe des symptômes de reviviscences (flash backs, réveils nocturnes, cauchemars...), d'évitement et d'hypervigilance fait l’objet de l’attention particulière des épidémiologistes.

En population générale la prévalence vie entière du stress post-traumatique a été estimée à 5-6 % chez les hommes et 10-14 % chez les femmes aux  USA [1] tandis qu’elle était estimée à 1 à 3 % en Europe [2]. L’enquête Santé mentale en population générale, menée en France métropolitaine entre 1999 et 2003, a fourni une estimation de la prévalence instantanée d’un ESPT complet de 0,7 %. La prévalence peut devenir très importante au sein des populations impliquées au décours des événements catastrophiques et peut concerner 25 à 75 % des victimes directes  au cours de l’année qui suit l’événement et 5 à 40 % des membres des équipes de secours intervenus sur l’événement [3]. Cette prévalence élevée peut persister longtemps après l’événement. Elle atteint 12,4 % des membres des équipes de secours intervenus sur le site du World Trade Center 2 à 3 ans après l’événement et 15 % des survivants qui ont évacué la tour [4].

De même en France, le suivi  de cohorte mis en place par l'InVS dans les suites de l'explosion de l'usine AZF a montré que cinq ans après cette catastrophe industrielle, 13 % (18 %) des travailleurs(euses) proches du site présentaient encore des symptômes de stress post-traumatique.

La mesure des impacts psychologiques est ainsi l’un des besoins auxquels doivent répondre les dispositifs mis en place dans le cadre du programme de préparation à la réponse épidémiologique aux accidents industriels et catastrophes (Peraic), programme piloté par le département santé environnement de l’InVS.

Bibliographie

[1] Kessler RC, Sonnega A, Bromet E, Hughes M, Nelson CB. Posttraumatic stress disorder in the National Comorbidity Survey 1. Arch Gen Psychiatry. 1995;52(12):1048-60.

[2] Alonso J, Angermeyer MC, Bernert S, Bruffaerts R, Brugha TS, Bryson H et al. Disability and quality of life impact of mental disorders in Europe: results from the European Study of the Epidemiology of Mental Disorders (ESEMeD) project 1. Acta Psychiatr Scand Suppl 2004;(420):38-46.

[3] Galea S, Nandi A, Vlahov D. The epidemiology of post-traumatic stress disorder after disasters. Epidemiol Rev 2005;27:78-91.

[4] Perlman SE, Friedman S, Galea S, Nair HP, Eros-Sarnyai M, Stellman SD et al. Short-term and medium-term health effects of 9/11. Lancet 2011;378(9794):925-34.

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