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Fièvre hémorragique virale (FHV) à virus Ebola

Publié le 09/07/2015 - Dernière mise à jour le 20/10/2016

L'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest

Situation épidémiologique

L’urgence de santé publique de portée internationale concernant l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a été levée par l’Organisation mondiale de la santé le 29 mars 2016. Un effort de renforcement des dispositifs de surveillance et de sécurité sanitaire se poursuit en Guinée, Sierra Leone et Libéria pour prévenir de nouvelles éclosions de la maladie à virus Ebola.

Il s’agit de la plus grande épidémie de maladie à virus Ebola (MVE). Elle a été déclarée en 2014 dans les trois pays d’Afrique de l’Ouest principalement touchés, Guinée, Sierra Leone et Liberia, et elle s’est terminée avec plus de 280 000 cas rapportés dont 11 310 décès. Au Mali, une chaîne de transmission limitée a été rapportée en octobre 2014. Une transmission locale du virus Ebola à des soignants a été rapporté pour la première fois, hors du continent africain, en Espagne (1) et aux Etats-Unis (2).

Même en l’absence de chaîne de transmission de grande ampleur, on peut s’attendre au cours des prochains mois à l’apparition de foyers limités de transmission du fait et de la persistance du virus dans son réservoir environnementale du nombre important de survivants (plus de 10 000) réactivation ou contamination sexuelle du fait de la possible excrétion viral dans le sperme à distance de la guérison. Ces foyers devraient être rapidement détectés et contrôlés du fait du renforcement des dispositifs de lutte et de surveillance nationaux.

Le risque d’importation de cas de MVE en France est redevenu très faible, à un niveau comparable au risque pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne avant l’épidémie d’Afrique de l’Ouest 2014. Comme pour les autres fièvres hémorragiques virales, hors contexte d’épidémie majeure, la surveillance de la maladie à virus Ebola repose désormais à nouveau sur la déclaration obligatoire des "fièvres hémorragiques virales africaines". Il revient donc à tout médecin ou biologiste de notifier sans délai au médecin de l’agence régionale de santé toute suspicion chez une personne de retour des régions équatoriales d’Afrique ou ayant été en contact avec une personne suspectée de maladie à virus Ebola.

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L’action de Santé publique France en réponse à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest

Santé publique France (ex-InVS) a suivi avec attention l’évolution de cette épidémie depuis l’apparition des premiers cas en Guinée et a diffusé des points épidémiologiques réguliers.

Depuis le début de l’épidémie, la France s’est mobilisée pour apporter, aux côtés de ses partenaires, une réponse adaptée à cette situation. Parallèlement à la mise en place d’une surveillance renforcée ainsi que de mesures visant à limiter la transmission du virus si un cas était confirmé sur le territoire français, Santé publique France a contribué également à la réponse française contre l’épidémie d’Ebola en envoyant des épidémiologistes dans les pays concernés, en contribuant à la formation des équipes locales et au renforcement des réseaux de santé publique.

L’Institut de veille sanitaire a contribué à la riposte internationale visant à éradiquer l’épidémie d’Ebola. Dès le mois d’octobre 2014, des épidémiologistes de l’institut ont été mobilisés sur le terrain. Ces mobilisations sont effectuées soit à travers la réponse française interministérielle, soit à travers la mobilisation internationale coordonnée par le Réseau mondial d’Alerte et d’Action en cas d’épidémie (GOARN - Global Outbreak Alert and Response Network), dispositif technique de collaboration de l’Organisation Mondiale de la Santé.
L’appui des épidémiologistes de l’InVS s’est concentré sur les pays d’Afrique de l’Ouest francophones, le Mali et la Guinée. Depuis janvier 2015, la contribution de l’InVS à la riposte mondiale sous l’égide du GOARN est continue et consiste à assurer la présence d’au minimum, 2 épidémiologistes de l’InVS, en Guinée, pour des missions de 4 à 5 semaines. Ces épidémiologistes volontaires sont sélectionnés sur leur expertise spécifique dans la maladie à virus Ebola et/ou sur leur expérience antérieure de terrain dans la lutte contre les épidémies. Ils ont apporté leur expertise en investigation épidémiologique et en surveillance. Cette présence a été maintenue jusqu’à éradication de la maladie à virus Ebola en Guinée.

Frise chronologique de nos volontaires (cliquer ici pour agrandir)

frise mission ebola

Les témoignages de nos volontaires revenus de leur mission

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    Emmanuel Belchior du Département des maladies infectieuses, est parti en Guinée Conakry du 1er novembre au 7 décembre 2014. Il est parti avec l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) et la Croix-Rouge française pour ouvrir le Centre de traitement Ebola (CTE) de Macenta en Guinée forestière. Il a notamment contribué à l’élaboration d’une base de données rassemblant toutes les informations des fiches de notifications OMS remplies par les médecins, au triage du Centre de traitement. Il a analysé les 104 premières admissions du Centre correspondant  aux 18 premiers jours de son fonctionnement.

    « Le Centre de traitement a été saturé dès le jour de son ouverture. Nous avons dû refuser du monde. Ce sentiment est terrible et montre bien toutes les limites d’un CTE. Mais les besoins sont réels, je repars volontiers si on me le propose. »

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    Laurent Filleul de la cellule de l’InVS en région Océan indien s’est rendu au Mali du 27 octobre au 5 décembre 2014. L’objectif général de sa mission était d’apporter un appui en épidémiologie de terrain dans le domaine de l’investigation et de la surveillance épidémiologique auprès du bureau de l’Organisation Mondiale de la Santé au Mali. Laurent est intervenu à Kayes où le premier cas avait été identifié avant de rejoindre Bamako et de travailler à la mise en place d’un système d’alerte précoce et à la coordination des investigations afin d’établir la chaine de transmission. Il a également contribué à la mise en place de tri à l’aéroport et aux entrées des structures sanitaires.

    « Même si une telle mission est éprouvante physiquement et nerveusement, on revient avec le sentiment d’avoir été utile, d’avoir contribué à une action collective au service d’une population en difficulté […] quelques soient les difficultés que l’on peut rencontrer, on retient surtout une expérience de terrain inoubliable. »

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    Sophie Ioos de l’unité de veille internationale du Département de coordination des alertes et des régions est intervenue au Mali du 4 au 24 décembre 2014. Sa mission, essentiellement située à Bamako, comportait trois volets : apporter un appui épidémiologique aux équipes de l’Organisation mondiale de la santé sur place (suivi des contacts, rédactions de bulletins de situation, etc.) ; former et renforcer les équipes d’épidémiologistes juniors (détecter des cas suspects, organiser le triage dans les structures de santé, isoler les autres patients, se protéger soi-même et les équipes d’une contamination possible et donner l’alerte au niveau national) ; mettre en œuvre au niveau régional, les procédures nationales.

    « Ebola est un sujet tabou et complexe pour bon nombre de personnes […] la peur du virus étant présente en permanence, les contacts physiques étaient inexistants. Je retiens particulièrement le travail des anthropologues […] qui a permis d’instaurer un climat de confiance et de faciliter les interventions.»

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    En poste au département des maladies infectieuses, Harold Noël a été mis à disposition du GOARN pour appuyer la riposte contre Ebola en Guinée du 28 janvier au 1er mars 2015. Son rôle en tant que coordinateur de terrain OMS dans la préfecture de Coyah était de conseiller et d’apporter un appui technique dans la réalisation de toutes les activités locales de la riposte comme la surveillance épidémiologique, l’évaluation des besoins du centre de traitement, la sécurité des équipes, la mobilisation sociale ou encore l’interface avec les partenaires et les autorités administratives de terrain.

    « Coyah est le passage obligé entre la capitale et toutes les grandes villes de la Guinée.  De nouveaux malades pouvaient arriver chaque jour dans des communautés dont les réticences nous compliquaient souvent la tâche. Mais j’avais des collègues d’une détermination et d’un professionnalisme sans faille : une vraie leçon de courage ! »

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    Laure Fonteneau du département des maladies infectieuses s’est rendue en Guinée pour l’Organisation mondiale de la santé du 16 février au 29 mars 2015. Sa mission s’est déroulée en Guinée forestière à N’Zérékoré et Macenta. L’objectif principal était de renforcer les capacités de surveillance mises en œuvre dans le cadre de la réponse à l’épidémie d’Ebola en Guinée. Elle a été impliquée dans la surveillance de l’épidémie, l’alerte, la formation du personnel local à l’épidémiologie de terrain et l’analyse des données.

    « Après un an d’épidémie en Guinée forestière, le personnel local est fatigué et notre présence est d’autant plus essentielle pour les appuyer dans la lutte contre Ebola».

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    Mathieu Tourdjman, du département des maladies infectieuses était coordinateur de la lutte contre Ebola dans la commune de Kaloum à Conakry (Guinée) du 3 mars au 3 avril 2015. Cette mission, réalisée dans le cadre du partenariat entre l’InVS et l’Organisation mondiale de la santé, à travers le GOARN, avait pour objectifs de renforcer la surveillance, la recherche active des cas, le suivi des contacts, les mesures de prévention et de contrôle de l’infection, ainsi que la coordination avec les équipes de prise en charge des cas. Au cours de ce séjour, 12 cas de maladie a virus Ebola ont été confirmés dans cette commune et près de 340 contacts ont été suivis. Mathieu a contribué aux investigations de terrain autour de ces cas, à la mise en place d’un système de surveillance des décès hospitaliers à l’hôpital national Ignace Deen de Conakry, au renforcement des mesures de triage des patients accueillis dans cet hôpital et à diverses activités de mobilisation sociale.

    « La diversité des acteurs intervenant dans une crise sanitaire de cette ampleur pose irrémédiablement des problèmes de coordination. L’établissement de liens forts entre ces intervenants a été au cœur de cette mission que je suis prêt à recommencer ».

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    Alexandra Septfons (département des maladies infectieuses) s’est rendue à Conakry, en Guinée, du 5 mars au 2 avril 2015 dans le cadre du GOARN. L’objectif de sa mission était de contribuer au renforcement du système d’alerte des cinq communes qui composent la préfecture de Conakry. Plus précisément, son rôle était de coordonner et de faciliter la mise en place de ce système en lien avec les partenaires de l’Organisation mondiale de la santé, la coordination régionale de Conakry et la coordination nationale guinéenne.

    «  Ce fut une expérience humainement et professionnellement marquante. Beaucoup de stress, de travail, de situations compliquées à gérer mais des rencontres incroyables et un enrichissement personnel indéniable. »

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    Mathias Bruyand du Département des maladies infectieuses et Frédéric Moisan du Département santé travail ont réalisé leur mission en Guinée du 30 mars au 8 mai 2015 pour le compte du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC). Ils ont été déployés dans la préfecture de Guéckédou où ils avaient pour objectif d’appuyer l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) locale et la direction préfectorale de la santé sur les points suivants : surveillance active de la maladie à virus Ebola (dernier cas diagnostiqué en décembre 2014), mise en place d’une surveillance active d’une épidémie de rougeole et supervision d’une campagne de vaccination contre la rougeole. La situation a été calme sur le plan de la maladie à virus Ebola et les données collectées sur la rougeole dans le cadre de la surveillance active ont pu être comparées aux données notifiées dans les systèmes de surveillance de routine, permettant d’en évaluer les performances. De plus, une analyses des données de ces systèmes de surveillance de routine a permis de décrire l’impact de l’épidémie de maladie à virus Ebola sur la fréquentation des centres et postes de santé et sur le nombre de diagnostics des pathologies les plus fréquemment rencontrées.

    « Cette mission en immersion totale à Guéckédou nous a permis d’être impliqués dans la surveillance active de la maladie à virus Ebola, mais également d’avoir une approche plus globale des problèmes de santé qui se posaient après plusieurs mois sans cas de maladie à virus Ebola au sein de cette préfecture » (Mathias Bruyand). »

    « Même si la vie quotidienne était resserrée avec des gestes simples, cette mission en Guinée a été une expérience enrichissante en sollicitant les différents aspects du métier d’épidémiologiste, ainsi que de l’adaptabilité pour faire face aux impératifs du terrain » (Frédéric Moisan). »

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    Erica Fougère, département de coordination des alertes et des régions, s’est rendue en sous-préfecture de Dubréka, en Guinée, du 7 mai au 8 juin 2015. Sa mission, organisée sous l’égide du GOARN, avait pour objectif d’apporter un appui en épidémiologie de terrain dans le domaine de l’investigation de cas (suivi de contacts, rédaction du SitRép de la préfecture de Dubréka) et de contribuer au déploiement d’un outil visant à réaliser les chaînes de transmission et le suivi de contact au niveau local. En tant que point focal de la préfecture de Dubréka, Erica a formé des acteurs internationaux (CDC, ECDC et Union Africaine) et locaux à l’outil. Elle a également travaillé à son amélioration.

    « Je retiendrais de cette première mission sur le sol africain le temps des négociations auprès de la population […] Après plusieurs tentatives d’approches par différents membres d’une équipe pluridisciplinaire (médecins-épidémios OMS, mobilisateurs sociaux, autorités locales), c’est une victoire de voir les villageois assis en train d’écouter la prévention faite autour de la maladie à virus Ebola. On rentre du terrain en ayant l’impression d’avoir été utile, même si dès le lendemain des réticences peuvent réapparaitre. »

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    Le programme européen de formation à l’épidémiologie d’intervention (EPIET – European programme for intervention epidemiology training) de l’ECDC s’est également mobilisé pour participer à la lutte contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. A ce titre, 3 personnes : un stagiaire EPIET au département des maladies infectieuses, une stagiaire EPIET à la Cellule de l’InVS en Aquitaine et un coordonnateur scientifique EPIET sont partis en mission en Sierra Leone dans le cadre d’une mission Médecins Sans Frontières (MSF).

    Georgios Theocharopoulos du Département des maladies infectieuses a rejoint les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) du 16 décembre 2014 au 3 février 2015 pour une mission Ebola en Sierra Leone. Afin de réduire la transmission continue du virus Ebola, MSF a mis en place un suivi et des investigations épidémiologiques à l'intérieur du Centre de traitement et dans les communes et les petits villages du district de Tonkolili. Dans cette phase de l'épidémie où plusieurs patients étaient hospitalisés et de nouveaux cas étaient quotidiennement notifiés, le travail qu'il a effectué consistait à gérer la base de données des patients ainsi que les enquêtes sur les chaînes de transmission. En parallèle, il a contribué à la formation du personnel national et international de MSF (sur la définition de cas, les procédures de triage, l’utilisation de questionnaire d’investigation, etc.), à la production d'un bulletin épidémiologique hebdomadaire et à la supervision d'un projet de cartographie (utilisation du GPS et du web logiciel OpenStreetMap) pour la localisation des cas notifiés et leur gestion. 

    « En dehors de tout le travail réalisé pour arrêter l'épidémie, nous avons également eu à lutter contre la stigmatisation, la peur et la fatigue dans la communauté et nous avons eu à cœur d'impliquer les communautés dans cette bataille. La coopération avec les différents partenaires dans le district (CDC, OMS, Union africaine, autorités locales de santé), sous la coordination du Centre de Commandement Ebola (DERC) était nécessaire et impérative. »

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    Kostas Danis, coordinateur scientifique du programme européen de formation à l’épidémiologie de terrain (EPIET – European Programme for Intervention Epidemiology Training), rattaché à la direction scientifique et de la qualité de l’InVS, s’est rendu à Freetown en Sierra Leone, du24 janvier au 3 mars 2015, dans le cadre d’une mission de Médecins Sans Frontières (MSF).

    Sur place, Kostas a mis en oeuvre un projet de MSF dont l’objectif était de renforcer la surveillance, l’investigation et la recherche active de cas, et le suivi des contacts dans les endroits les plus affectés de Freetown. Ses missions comprenaient également l’investigation de clusters, la coordination de ces activités avec les équipes locales, l’Organisation Mondiale pour la Santé et les CDC américains, la formation d’équipes locales et la supervision de stagiaires EPIET déployés dans les différentes régions de Sierra Leone. Kostas a notamment coordonné deux enquêtes : l’une rétrospective, de mortalité, l’autre, sur les raisons pour lesquelles les patients n'utilisaient pas les ambulances disponibles. Il a également entamé un projet à la frontière avec la Guinée, entre le district de Kambia et la préfecture de Forécariah, visant à mettre en place un système de surveillance transfrontalier et à conduire des études transfrontalières.

    « Je rentre de cette mission satisfait d’avoir pu mettre en oeuvre les principes de base de la santé publique et de l’épidémiologie de terrain et contribué à l’une des plus grandes crises sanitaires et humanitaires ».  

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    Alexandra Mailles, Département des maladies infectieuses de l’Institut de veille sanitaire, s’est rendue en Guinée Conakry durant 5 semaines, du 7 mai au 7 juin 2015, pour une mission du GOARN. L’objectif de cette mission était d’analyser les données d’alertes de la ville de Conakry (1.7 millions d’habitants) et de résoudre les dysfonctionnements afférents, d’investiguer les clusters de cas et de mettre en place un système d’alerte dans les préfectures de Guinée maritime où le virus circulait.

    « La tâche est immense et les besoins nombreux à tous les niveaux pour parvenir à contrôler cette épidémie. Les populations guinéennes ont beaucoup souffert de cette épidémie et de ses conséquences indirectes, et les  autorités de santé ont fourni des efforts considérables depuis des mois. Notre soutien va de soi pour les aider à venir à bout de cette crise. »

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    Emilie Chazelle, du Département santé travail, s’est rendue en Guinée du 15 juin au 17 juillet, en tant qu'épidémiologiste consultant auprès du GOARN OMS, par l'intermédiaire de l'ECDC. Affectée à  Forécariah, préfecture parmi les dernières actives pour la maladie à cette phase de l'épidémie, l'objectif principal de sa mission était d'apporter un soutien humain et technique aux médecins guinéens chargés par l'OMS de la surveillance et du contrôle de l'épidémie d'Ebola. Ses activités principales consistaient en l'investigation épidémiologique des signalements de cas suspects,  confirmés et de décès dans la communauté, au suivi de contacts des cas, à la recherche active de cas et à la formation des centres de santé à la détection et au signalement des cas. Par ailleurs, un outil d’audit des procédures de suivi des contacts a été conçu en collaboration avec d'autres consultants de Forécariah et d'autres préfectures.

    « Cette mission à la rencontre des populations fut belle et constructive, notamment grâce à la collaboration avec des acteurs locaux et internationaux impliqués, expérimentés et travaillant sans relâche. Elle fut aussi difficile par la confrontation à des situations humaines dramatiques  ainsi qu'aux risques environnants (routier, maladie, sécurité...), mais elle représente pour moi  une expérience professionnelle et personnelle extrêmement  enrichissante. »

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    Elsa DECOOL, en poste au Département des maladies chroniques et traumatismes de l’Institut de veille sanitaire est partie à Conakry, en Guinée, en mission ECDC, du 15 juin au 26 juillet 2015. Data manager, ses missions étaient les suivantes : préparer la présentation journalière de la situation sanitaire, réviser le rapport hebdomadaire de la situation en Guinée, traiter les données des décès communautaires, former les nouveaux arrivants à Conakry ainsi que des data manager en préfecture, aux bases de données.

    « Ce fut une expérience très enrichissante tant professionnellement que personnellement. Le besoin de data managers sur place est manifeste. »

Le Projet d’appui à la mise en place de huit équipes Régionales Polyvalentes d’Alerte et de Riposte aux Epidémies (PREPARE) est un projet cofinancé par l’Union européenne et la France qui vise à former en Guinée des équipes de 24 personnes par région, pour constituer des « commandos anti-épidémies ». Il s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les épidémies en général, et de l’épidémie à virus Ebola en particulier.
Sous la supervision du ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI), les acteurs français impliqués sont Expertise France, l’Institut Bioforce et la Sécurité civile française.

PREPARE comporte deux volets :

  • le renforcement des compétences des personnels des équipes ;
  • l’appui au déploiement et au fonctionnement des équipes.

Le projet se déroule en deux phases :

Une première phase de formation initiale et de déploiement des équipes locales, de mars à juillet 2015. Dans ce cadre, l’InVS a contribué à la formation épidémiologique d’équipes polyvalentes (médecins, biologistes, agents communautaires, etc.). Cette formation à l’épidémiologie, de deux jours, aborde, à travers des cours théoriques et des études de cas, la surveillance épidémiologique, les systèmes de détection précoce et d’alerte,  l’investigation, notamment la recherche active de cas, et le suivi des contacts dans le cadre de la maladie à virus Ebola.
La seconde phase, d’août 2015 à juin 2016, concerne le renforcement des formations et l’accompagnement au fonctionnement de ces équipes. Dans ce cadre, l’InVS va mettre en place un système de compagnonnage à distance, des épidémiologistes séniors de l’InVS assurant un rôle de référent pour les épidémiologistes régionaux guinéens. Deux sessions seront organisées sur place pour faire un retour d’expérience sur le fonctionnement des équipes et proposer des formations approfondies aux épidémiologistes régionaux.

Le projet RIPOST est un projet français, porté par Expertise France et développé dans le cadre de la Task Force Ebola. Son objectif est de renforcer les compétences des pays d’Afrique de l’Ouest francophones dans les domaines de la surveillance épidémiologique, de la veille et de l’alerte sanitaires, de la recherche opérationnelle et de la formation. Pour ce faire, il vise à faciliter la mise en réseau des organisations en charge de l’expertise en santé publique afin de permettre un meilleur partage de l’information et à terme d’aider les autorités sanitaires dans la prise de décisions.
L’Institut de veille sanitaire fait partie du Comité de pilotage du projet, aux côtés de l’Agence française de développement (AFD), du Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées (CESPA) et du Réseau des Instituts Pasteur notamment. Il est impliqué dans des missions exploratoires de terrain.
Les activités du projet RIPOST se font en liaison avec le Bureau régional de l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS AFRO), l’Organisation Ouest africaine de la Santé (OOAS) et avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC, Atlanta).

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