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Hépatite A

Publié le 15/12/2005 - Dernière mise à jour le 03/06/2009

Aide-mémoire

L’hépatite aiguë A est fréquente dans les pays en voie de développement où elle affecte le plus souvent les enfants. Dans les pays où les conditions d’hygiène sont bonnes et l’incidence plus faible, l’hépatite A survient surtout chez les adultes chez lesquels elle est plus souvent symptomatique et grave.

Clinique, diagnostic

Après une incubation de 15 à 50 jours (moyenne 30 jours), l’hépatite aiguë A se manifeste par une fièvre, une asthénie importante avec des nausées, des douleurs abdominales suivies d’un ictère. Les formes sans symptômes ou peu symptomatiques sont fréquentes. Des formes sévères avec défaillance hépatique sont possibles. Les décès sont rares. Des formes prolongées avec une asthénie marquée sont parfois observées. Il n’existe pas de forme chronique d’hépatite A. Le diagnostic d’hépatite aiguë A repose sur la sérologie (mise en évidence d’anticorps IgM anti-VHA).

Mode de transmission

Le principal mode de transmission est interhumain (de personne à personne) par voie oro-fécale.
La transmission alimentaire est plus rare mais peut être responsable d’importantes épidémies. Les aliments les plus fréquemment mis en cause lors d’épidémies sont des aliments contaminés par déjections humaines (eau, coquillages, végétaux consommés crus) ou des aliments contaminés directement par un préparateur infecté.
Le virus de l’hépatite A est responsable de cas sporadiques et d'épidémies. Ces épidémies peuvent être limitées à des collectivités (crèche, école maternelle, établissement pour personnes handicapées) ou être diffuses et concerner une plus large population.

Prévention

Un vaccin contre l’hépatite A est disponible depuis 1992. Il confère une protection pendant une durée de 10 à 20 ans (si schéma vaccinal à 2 injections), est sans effets secondaires notables et entraîne un taux de séroconversion supérieur à 95 % après la première injection.

La prévention de l’hépatite A repose sur l’hygiène personnelle et collective, en particulier l’hygiène des mains. La transmission interhumaine de l’hépatite A peut être prévenue en respectant quelques règles simples d’hygiène : se laver les mains (après être allé aux toilettes, après avoir changé la couche d’un bébé, avant de préparer les repas, avant de manger et de donner à manger aux enfants).

Les recommandations actuelles ci-dessous reprennent les recommandations du calendrier vaccinal 2008 (BEH 2008 n°16-17) et deux avis complémentaires du Haut conseil de la santé publique (HCSP) du 13 février 2009 (http://www.hcsp.fr/) relatifs aux recommandations de vaccination préventive ciblée contre l’hépatite A et à la vaccination autour d’un (ou de plusieurs) cas.

Une vaccination anti-hépatite A est recommandé :

  • pour les personnes exposées professionnellement à un risque de contamination :
    - personnels s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté ;
    - personnels des structures collectives de garde pour personnes handicapées ;
    - personnels de traitement des eaux usées ;
    - personnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective.
  • pour des cas particuliers :
    - adultes non immunisés et enfants de plus de 1 an voyageant en zones d’endémie (pays d’hygiène précaire) ;
    - jeunes des structures collectives de garde pour personnes handicapées ;
    - patients infectés chroniques par le virus de l’hépatite B ou porteurs d’une maladie chronique du foie (notamment due au virus de l’hépatite C ou à une consommation excessive d’alcool) ;
    - patients atteints de pathologies hépato-biliaires chroniques susceptibles d’évoluer vers une hépatopathie chronique dont la mucoviscidose ;
    - homosexuels masculins ;
    - enfants, à partir de l’âge de 1 an, des familles dont l’un des membres (au moins) est originaire d’un pays de haute endémicité et qui seront susceptibles d’y séjourner.

Le HCSP recommande, en outre, dès la confirmation d’un (ou de plusieurs) cas, par la mise en évidence d’immunoglobuline M, de vacciner le plus tôt possible sans examen sérologique préalable et dans un délai maximum de 14 jours suivant l’apparition des signes cliniques du cas :

  • dans l’entourage familial d’un patient atteint d’hépatite A ou de toute autre personne vivant sous le même toit que le cas, réunissant toutes les conditions suivantes : né après 1945, sans antécédent connu d’ictère, n’ayant pas séjourné plus d’un an dans un pays de forte endémicité.

Si l’une au moins des conditions précédentes n’est pas remplie et si sa réalisation est compatible avec le délai de 14 jours, une sérologie préalable, à la recherche d’anticorps totaux, est fortement recommandée : seules les personnes ayant une sérologie négative seront vaccinées.

  • dans des communautés de vie en situation d’hygiène précaire, la population exposée définie par l’investigation épidémiologique.

La mise en œuvre de la vaccination ne dispense pas de la mise en œuvre, dans toute la mesure possible, des mesures d’hygiène, en fonction des caractéristiques de la population et de son environnement.

Surveillance

La surveillance de l’hépatite aiguë A a pour objectif la détection de cas groupés ou d’épidémie à l’échelon départemental afin de prendre les mesures de contrôle adaptées, l’estimation des taux d’incidence et de ses tendances au niveau départemental et national et la description des facteurs de risque et de leurs évolutions.

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