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Hépatite C

Publié le 19/01/2007 - Dernière mise à jour le 24/05/2016

Aide-mémoire

Avec 170 millions de personnes touchées par le VHC dans le monde,(http://www.who.int/csr/disease/hepatitis/en/index.html) 3 à 4 millions de personnes infectées chaque année et un potentiel évolutif de l’infection vers une maladie sévère du foie (cirrhose, cancer du foie), l’hépatite C est un enjeux de santé publique majeur. Les pays en développement sont bien plus touchés que les pays d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Nord.
Dans les pays en développement, la transmission a été dominée par l’utilisation de matériel d’injection non stérile et la transfusion de sang non testé. En Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, elle a été le fait de la transfusion jusqu’au début des années 1990 et de l’usage de drogues qui actuellement prédomine.
En France métropolitaine, en 2011, on estime que 344 500 personnes (intervalle de confiance (IC) 95% : 287 373-423 549) âgées de 18 à 80 ans sont porteuses d’anticorps contre le virus de l’hépatite C (anti-VHC) dont 192 700 (IC95% : 150 935-246 055) auraient une infection en cours. (Pioche C, Pelat C, Larsen C, Desenclos JC, Jauffret-Roustide M, Lot F, et al. Estimation de la prévalence de l’hépatite C en population générale, France métropolitaine, 2011. Bull Epidemiol Hebd. 2016;13-14:224-30).

Le nombre de décès associés au VHC a été estimé à 3 618 (IC95% : 2 499-4 735) en 2001. Parmi ceux-ci, 2 646 décès (IC95% : 1 641-3 650) étaient imputables au VHC, soit 4,5 décès pour 100 000 habitants. (Estimation nationale de la mortalité associée et imputable à l’hépatite C et à l’hépatite B en France métropolitaine en 2001. Bull Epidemiol Hebd 2008; 27)

Le virus de l’hépatite C (VHC)

Il a été identifié en 1989 comme l’agent responsable de la plupart des hépatites appelées jusqu’alors « hépatites non-A non-B à transmission parentérale ». Le VHC est l’un des cinq virus (A, B, C, D et E) responsables d’hépatites virales. C’est un virus à ARN appartenant à la famille des Flaviviridae.
Une caractéristique potentiellement importante de ce virus tient à sa capacité à muter, ce qui intervient dans la difficulté de mise au point d’un vaccin efficace. Plusieurs génotypes sont décrits qui peuvent jouer un rôle dans la réponse au traitement antiviral.

Caractéristiques cliniques de l’infection

L’infection aiguë qui survient après une incubation en moyenne de 7 semaines (de 2 semaines à 6 mois) est le plus souvent asymptomatique (environ 90% des infections aiguës). Lorsqu’il existe des symptômes, les plus courants sont la fatigue et l’ictère (jaunisse).
On estime que l’infection aiguë devient chronique dans 55% à 85% des cas. Dix à 20% des infections chroniques évoluent vers la cirrhose après 20 à 30 ans. La consommation excessive d’alcool favorise l’évolution vers la cirrhose. L’évolution par la suite, outre les complications de la cirrhose, peut se faire vers le cancer du foie.

Modes de transmission

La transmission du VHC résulte de la mise en contact du sang d’une personne infectée avec celui d’une personne susceptible, soit de manière directe (transfusion) ou indirecte (exemple matériel d’injection contaminé réutilisé). Ainsi, la transfusion de produits sanguins a joué un rôle majeur dans la diffusion de l’infection en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord jusqu’au début des années 1990, date à laquelle les différentes mesures visant à réduire le risque transfusionnel ont été mises en œuvre. Aujourd’hui, le risque de transmission du VHC par transfusion est devenu infime. (voir le dossier thématique surveillance épidémiologique des donneurs de sang)

Dans les pays « développés », l’usage de drogues par voie intraveineuse, par le partage de seringue ou du matériel de préparation (cuiller, filtre, eau), reste le mode de transmission majeur du virus de l’hépatite C. D’autres modes de consommation de drogues peuvent, toutefois, être à l’origine de la transmission du VHC. L’usage de drogues par voie nasale susceptible d’entraîner des lésions de la muqueuse peut être à l’origine de transmission du VHC en cas de partage de paille. L’usage de drogues par voie fumée (partage de la pipe à crack) peut également devenir une pratique à risque de transmission du VHC en présence de blessures aux mains survenant lors de la préparation du crack (utilisation d’un cutter et manipulation de fils électriques en cuivre) ou de saignements de lèvres se produisant lors d’une consommation régulière (utilisation d’un doseur en verre facilement cassable).

Le risque de transmission lors des soins (injections, dialyse, certains actes endoscopiques), s’il semble avoir joué un rôle dans la transmission du VHC jusqu’à la fin des années 1990 est en nette diminution du fait d’une amélioration du respect des précautions universelles d’asepsie.
Le rôle des actes de type tatouage ou piercing ne semble pas avoir été à l’origine d’un nombre important de cas ; cependant ces pratiques peuvent être à risque dès lors que du matériel en contact avec le sang est réutilisé sans stérilisation préalable.
Le risque de transmission sexuelle considéré comme extrêmement faible chez les couples hétérosexuels stables, peut être augmenté en cas de rapports sexuels traumatiques, en particulier chez les homosexuels masculins atteints par le VIH.
Le risque de transmission de la mère à l’enfant est de l’ordre de 5% mais est multiplié par 4 en cas d’infection associée par le VIH. L’allaitement est toutefois possible s’il n’existe pas de lésion du mamelon.

Prévention

Contrairement aux virus des hépatites A et B, il n’existe pas de vaccin contre le VHC.

Les principaux moyens de prévention sont :

Dépistage

Il convient de proposer un dépistage aux personnes à risque (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_271987/depistage-de-lhepatite-c-populations-a-depister-et-modalites-du-depistage-recommandations-du-comite-dexperts-reuni-par-lanaes) et de prendre en charge les personnes infectées ; une attention particulière doit être portée sur la prévention/dépistage de la consommation excessive d’alcool chez les personnes infectées.
Le test de dépistage repose sur une sérologie (détection des anticorps dans le sang) ; le principe du test est l’Elisa (enzyme linked immunosorbent assay). Pour toute sérologie trouvée positive, un contrôle sérologique doit être réalisé sur un second prélèvement de sang à l’aide d’un réactif différent du premier. Il peut s’agir d’un test Elisa ou bien d’un test d’immunoblot. La présence d’anticorps témoigne d’un contact avec le VHC. La recherche d’une infection en cours repose sur la détection de l’ARN viral par une technique de PCR (http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Hepatites_virales_recos.pdf).

Prise en charge

La prise en charge des patients infectés par le VHC comprend les traitements antiviraux, la prise en charge des éventuels facteurs associés et la prise en charge des complications (décompensation de la cirrhose, cancer du foie). (recommandations de l’Association française pour l’étude du foie)

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