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Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

Publié le 09/05/2012 - Dernière mise à jour le 02/07/2013

Acinetobacter résistant à l’imipénème (ABRI)

En bref

  • Qu’est ce qu’un Acinetobacter baumannii ?

Agent pathogène opportuniste, Acinetobacter baumannii  est un bacille à Gram négatif susceptible de coloniser la peau, le tube digestif et l’oropharynx de l’homme.

  • Quelles sont les infections associées à Acinetobacter baumannii ?

 Bien que son pouvoir pathogène soit faible, il peut être responsable d’infections nosocomiales (IN) sévères comme des pneumopathies, des bactériémies ou encore des infections sur cathéter chez des patients fragilisés.

En France en 2006, A. baumannii représentait 0,8 % (20e rang) des microorganismes isolés d’IN, soit une prévalence de 0,04 infections à A. baumannii pour 100 patients (20 fois moins que les infections à Staphylococcus aureus). Si leur prévalence en 2006 était faible, les dernières données issues des signalements externes (Cf bilan des signalements pour ABRI) indiquent un accroissement important du nombre de signalements pour A. baumannii résistant à l'imipénème, souvent associés à des épidémies difficiles à maîtriser.

  • Quelles sont les personnes les plus à risque ?

Les personnes à risque sont les patients hospitalisés en réanimation, les immunodéprimés et les grands brûlés.

  • Comment Acinetobacter baumannii se transmet-il ?

En milieu hospitalier, la transmission de A. baumannii est essentiellement manuportée et l’environnement peut constituer un réservoir   important.

  • Quelles précautions sont prises lors d’une épidémie à Acinetobacter baumannii à l’hôpital ?

Le contrôle d’une épidémie à A. baumannii nécessite des efforts importants : respect strict des procédures d’hygiène habituelles (lavage des mains), des précautions complémentaires contact, nettoyage soigneux des surfaces, mise en place de protocoles d’isolement, de dépistage systématique des patients porteurs et de signalisation de ces patients lorsqu’ils sont transférés. Lors d’épisodes épidémiques, en particulier en réanimation, des mesures plus drastiques de type « cohorting », arrêt des transferts et des admissions, jusqu’à la fermeture du service ont du être appliquées afin de juguler les épidémies. Ces mesures peuvent avoir des conséquences importantes en termes d’activité des services concernés.

  • La résistance aux antibiotiques chez Acinetobacter baumannii 

A. baumannii est naturellement résistant à de nombreux antibiotiques [2] tels que les aminopénicillines, les céphalosporines de première et de deuxième génération ainsi que l’ertapénème. Deux ß-lactamases participent à la résistance naturelle de A. baumannii, AmpC, une céphalosporinase non inductible exprimée à bas niveau et une oxacillinase représentée par les variants de OXA-51/69.

Actuellement, la surproduction de AmpC constitue le principal mécanisme de résistance aux ß-lactamines rencontré chez les isolats cliniques. A.baumannii est également capable d'acquérir d'autres ß-lactamases appartenant aux classes A [ß-lactamases à spectre étendu, (BLSE)], B (métallo-carbapénèmases) et D (oxacillinases) de Ambler, portées le plus souvent par des intégrons de classe 1.  Parmi les BLSE caractérisées chez AB, l'enzyme VEB-1 a été à l’origine d’une importante épidémie dans la région Nord-Pas de Calais en 2003 – 2004 [3]. La résistance de A. baumannii aux carbapénèmes (tels que l’imipénème) est le plus souvent associée à la production de carbapénèmase, de type oxacillinase (OXA-23, OXA-24/40 et OXA-58), plus rarement de métallo-β-lactamases (VIM, IMP et NDM) ou encore de BLSE possédant une activité carbapénèmase (GES variants, PER-7 et  KPC)  [2 ; 4].

  • CNR de la résistance aux antibiotiques

Dans le cadre de la détection et de la caractérisation des mécanismes de résistance aux antibiotiques émergents chez A. baumannii, les biologistes peuvent adresser au CNR de la résistance aux antibiotiques, les souches(1) résistantes à l'imipénème et/ou au méropénème,(2) résistantes à tout les antibiotiques et (3) toutes les souches dont le mécanisme de résistance reste inexpliqué. Le CNR n’a cependant pas vocation à participer à des investigations locales, mais à évaluer le risque épidémique des souches multirésistantes émergentes.

Contact :

CNR de la résistance aux antibiotiques – Centre coordonnateur
Laboratoire expert Pseudomonas aeruginosa et Acinetobacter baumannii
Pr Patrick Plésiat
CHU Jean-Minjoz, 3 boulevard Fleming, 25030 Besançon
Tél : 03 81 66 81 82 ou 03 81 66 82 86  (secrétariat)
Mel : cnr-pseudomonas@chu-besancon.fr

Site internet : http://www.cnr-resistance-antibiotiques.fr

[1] Réseau d'Alerte, d'Investigation et de Surveillance des Infections Nosocomiales (Raisin). Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales, France, juin 2006. Institut de Veille Sanitaire. Disponible sous : http://www.invs.sante.fr/publications/2009/enquete_prevalence_infections_nosocomiales/index.html.

[2] Naas T, Fortineau N, Nordmann P. Diffusion de Acinetobacter baumannii multirésistant dans les établissements de santé : situation actuelle en France et mesures de contrôle. Hygiène 2008, volume XVI, n°6. Hygiène

[3] Naas T, Coignard B, Carbonne A, Blanckaert K, Bajolet O, Bernet C, Verdeil X, Astagneau P, Desenclos JC, Nordmann P. VEB-1 Extended-spectrum beta-lactamase-producing Acinetobacter baumannii, France. Emerg Infect Dis 2006;12:1214-22.

[4] Poujol I, Thiolet JM, Bernet C, Carbonne Anne, Dumartin C, Sénéchal H, Simon L, Venier AG, Alleaume S, Coignard C. Signalements externes des infections nosocomiales, France, 2007-2009. Bull Epidemiol Hebd 2010;38-39:393-7

Données épidémiologiques

Bilan des signalements pour Acinetobacter baumanii résistant à l’imipénème (ABRI) en France, 2002-2011 (PDF 2.5 Mo)

Dossier Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

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