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Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

Publié le 11/08/2008 - Dernière mise à jour le 02/07/2013

Entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG)

Les entérocoques sont des bactéries qui sont fréquemment retrouvées dans l'intestin des individus normaux en bonne santé. Ils peuvent causer des infections urinaires, des bactériémies (infections du sang) et des infections des plaies. Les deux principales espèces d'entérocoques sont Enterococcus faecalis et E. faecium. Des entérocoques résistants aux antibiotiques comme la vancomycine et la teicoplanine ont émergé au milieu des années 1980 : ils sont appelés entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG). La plupart des ERG sont des E. faecium.

En bref

  • Que sont les entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG) ?

Les entérocoques sont des bactéries qu’on trouve normalement dans l’intestin humain. Il en existe de nombreuses espèces, mais plus de 95 % des infections à entérocoques sont causées par seulement deux espèces, Enterococcus faecium et Enterococcus faecalis.
Les glycopeptides sont une famille d’antibiotiques qui comprend la vancomycine et la teicoplanine. Les entérocoques résistants aux glycopeptides (ERG), parfois appelés entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) ont développé une résistance à au moins un des antibiotiques de cette famille. Enterococcus faecium est l’ERG le plus fréquemment isolé.

  • Quelles infections sont causées par les entérocoques ? 

Les entérocoques peuvent être responsables d’infections urinaires, d’infections de plaies et, plus rarement, de bactériémies (infections du sang) ou d’endocardites (infection au niveau des cavités cardiaques).
Les ERG ne provoquent pas plus d’infections que les autres entérocoques mais les infections qui surviennent peuvent être plus longues et plus difficiles à traiter.

  • Certaines personnes sont-elles plus à risque que d'autres ?

Les infections provoquées par les entérocoques surviennent principalement chez des patients hospitalisés et fragilisés.
L’immunodépression, un traitement antérieur par certains antibiotiques (en particulier, les céphalosporines et les glycopeptides), un séjour hospitalier dans des services spécialisés tels les soins intensifs, la néphrologie la gériatrie sont des facteurs de risques d’acquisition d’un ERG.
Cependant, des ERG peuvent être isolés dans les selles des personnes qui n'ont jamais été hospitalisées ou qui n'ont pas été reçu d’antibiotiques récemment.

  • Comment les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) se transmettent-ils ?

Les ERV se transmettent essentiellement d’un patient porteur à un autre patient par les mains contaminées du personnel soignant. Le personnel se contamine les mains lors des soins au patient ou en touchant à certains objets contaminés de l’environnement. La meilleure protection est le respect de l’hygiène des mains par le personnel soignant et par le patient.

  • Comment les ERG sont-ils détectés ?

Les ERG peuvent être isolés de prélèvements (urine, pus, sang) effectués dans le but de diagnostiquer une infection. Les ERG peuvent aussi être isolés d’un prélèvement rectal réalisé chez un patient ne présentant pas de signe d’infection dans le cadre d’un dépistage.
Le patient est dit porteur ou colonisé s’il y a présence de la bactérie sans aucun signe d’infection. Il est dit infecté s’il y a présence de signes d’infection (ex. : symptômes urinaires, plaie avec rougeur au pourtour, écoulement de pus).

  • Pendant combien de temps les ERG restent-ils présents dans les selles ?

Les ERG peuvent rester dans les selles pendant plusieurs semaines, parfois des mois. Les personnes porteuses peuvent donc l’être encore au moment d’une nouvelle admission à l’hôpital.
Il est donc important d’informer le personnel soignant du portage (colonisation) d’ERG lors d’une admission dans un établissement de soins (hôpital, clinique, établissement de moyen et de long séjour…), d’une consultation ou de soins paramédicaux (soins infirmiers, kinésithérapie…) afin que les mesures nécessaires pour éviter la transmission à d’autres patients soient prises.

  • Quelles précautions seront prises lors d’une hospitalisation ?

La personne porteuse d’ERV sera le plus souvent placée dans une chambre individuelle et en plus des précautions standards (en particulier l’hygiène des mains), des précautions particulières seront prises (port de gants, blouse, désinfection plus fréquente de l’environnement…).
De plus, un prélèvement rectal pourra être effectué afin de vérifier si la personne est toujours porteuse de cette bactérie.

  • Comment prévenir la transmission des ERG au domicile ?

Le moyen le plus efficace et le plus simple est que la personne porteuse et les membres de sa famille se lavent les mains régulièrement tout particulièrement après chaque passage aux toilettes.
Certains objets de l’environnement, les toilettes notamment, peuvent être contaminés. Ils seront nettoyés et désinfectés, avec de l’eau de Javel par exemple.
Le respect des mesures d’hygiène doit être encore plus rigoureux en présence d’une personne fragilisée au domicile.

  • Quelles précautions lors des soins à domicile ?

Le personnel soignant qui donne des soins à domicile aux patients porteurs d’ERV doit prendre des précautions particulières afin de ne pas transmettre la bactérie à d’autres patients. L’utilisation de gants et d’une blouse peut être nécessaire dans certaines circonstances. Ces mesures cesseront lorsque les résultats des tests de laboratoire indiqueront que le patient n’est plus porteur de la bactérie.

CNR de la résistance aux antibiotiques – Laboratoire associé

Entérocoques et résistances particulières des bactéries à Gram positif

Laboratoire de Microbiologie

CHU Côte de Nacre

Avenue de la Côte de Nacre

 CS 30001 - 14033 Caen Cedex 9

Tel : 02 31 06 45 70 (ou 45 72)

Fax : 02 31 06 45 73

Contact : cnr-enterocoques@chu-caen.fr
Site internet : http://www.cnr-resistance-antibiotiques.fr/ 

En savoir plus

Données épidémiologiques

Internationales

  • European Antimicrobial Resistance Surveillance System (EARSS) : www.rivm.nl/earss rubrique EARSS Results > Reports & Articles > Annual reports > 2006.

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