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Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

Publié le 19/01/2006 - Dernière mise à jour le 08/02/2017

Surveillance en incidence

Dans une population de patients hospitalisés et suivis sur une période de temps définie (un trimestre ou une année par exemple), les réseaux de surveillance d’incidence visent à dénombrer et à décrire le nombre de nouvelles infections nosocomiales qui peuvent survenir chez ces patients. Les nouvelles infections acquises à l’hôpital sont alors rapportées au nombre de nouveaux patients admis à l’hôpital (incidence cumulée ou taux d’attaque) ou au nombre de journées d’hospitalisation (densité d’incidence).
Il existe actuellement 5 réseaux nationaux de ce type. Basés sur le volontariat des établissements de santé participants, ils sont ciblés sur des thématiques définies comme prioritaires par le Comité technique national des infections nosocomiales (CTIN) et les plans et programmes nationaux. Au niveau de l’interrégion, la mise en œuvre et l’animation de ces 5 réseaux sont coordonnées par chaque CClin sur la base d’un protocole national défini pour chaque réseau. La coordination de ces réseaux de surveillance est déléguée à certains CClin qui bénéficient à ce titre d’un soutien financier spécifique de l’InVS.
En complément des rapports nationaux produits et édités par l’InVS, les résultats de ces réseaux pour chaque interrégion sont accessibles sur les sites Internet de chaque CClin.

Liste des réseaux de surveillance :

  • réseau ISO-Raisin : surveillance nationale des infections du site opératoire dans les établissements de santé
  • réseau BMR-Raisin : surveillance nationale des bactéries multirésistantes dans les établissements de santé
  • réseau REA-Raisin : surveillance nationale des infections en réanimation adulte dans les établissements de santé
  • réseau ATB-Raisin :  surveillance nationale de la consommation des antibiotiques dans les établissements de santé
  • réseau AES-Raisin : surveillance nationale des accidents exposants au sang chez les soignants
  • réseau BN-Raisin : surveillance nationale des bactériémies nosocomiales dans les établissements de santé.

Surveillance nationale des infections du site opératoire dans les établissements de santé : réseau ISO-Raisin 

La coordination nationale du réseau ISO-Raisin est actuellement déléguée au CClin Ouest.

Surveillance des infections du site opératoire en France en 2014 - Résultats

La réduction d’incidence des infections du site opératoire (ISO) est l’un des objectifs du programme national de lutte contre les infections nosocomiales (IN). Depuis 1999, les surveillances interrégionales des ISO sont coordonnées par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin).
 Chaque année, les services de chirurgie volontaires recueillent des informations parmi une liste de spécialités « prioritaires » concernant le patient et l’intervention dont les composants de l’index de risque NNIS. Tous les patients inclus doivent être suivis jusqu'au trentième jour postopératoire (90 jours pour la chirurgie orthopédique). Les ISO sont définies selon les critères standards usuels.
 En 2014, le nombre de services ayant participé à la surveillance des interventions prioritaires a légèrement diminué par rapport à 2013 : 915 services de chirurgie. Cependant, le nombre d’interventions surveillées resté équivalent (107 656 interventions). La répartition des spécialités et leurs taux d’ISO respectifs étaient : 287 (29,6 %) services de chirurgie digestive (taux d’ISO = 1,72 %), 278 (24,5 %) services d’orthopédie (0,97 %), 287 (24,0 %) services de gynécologie-obstétrique (1,68 %), 118 (7,1 %) services de chirurgie d’exérèse veineuse du membre inférieur (0,43 %), 107 (6,1 %) services de traumatologie (0,62 %), 108 (5,1 %) services d’urologie (2,90 %), 47 (2,4 %) services de neurochirurgie (0,69%) et 10 (1,1 %) services de chirurgie coronaire (2,76 %). Comme évoqué les années précédentes, non seulement le ralentissement de la baisse de l’incidence est confirmé, mais en plus on note, en 2014, une augmentation des taux d’ISO pour la chirurgie mammaire, les hernies de paroi abdominale et les résections transuréthrales de prostate.
L’influence du tabac sur le taux d’incidence des ISO a été mise en évidence en chirurgie digestive, et du diabète et de l’hypertension artérielle en gynécologie-obstétrique. Une prescription d’antibioprophylaxie (ABP) recommandée par la SFAR et effectuée était un facteur protecteur d’incidence des ISO en gynécologie-obstétrique et en neurologie (comparé aux prescriptions recommandées et non effectuées). Enfin, en chirurgie urologique, une prescription d’ABP recommandée, effectuée et conforme était également un facteur protecteur d’incidence des ISO (comparé à une prescription recommandée, effectuée mais non conforme au référentiel SFAR).

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La surveillance des infections du site opératoire - Actus juin 2016

Dossier complet des protocoles ISO-Raisin

Dossier complet des résultats ISO-Raisin 1999-2014

Dernières publications 

Surveillance nationale des bactéries multirésistantes dans les établissements de santé : réseau BMR-Raisin 

La coordination nationale du réseau BMR-Raisin est actuellement déléguée au CClin Paris-Nord.

Réseau BMR-Raisin - Résultats 2014

La maîtrise de la diffusion des bactéries multirésistantes (BMR) dans les établissements de santé (ES) est une priorité du programme national de lutte contre les infections nosocomiales (IN). Depuis 2002, le Raisin coordonne une surveillance des Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et des entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu (EBLSE) isolés de prélèvement à visée diagnostique dans les ES français.
En 2014, 1 442 ES ont participé à la surveillance soit une augmentation de 202 % depuis 2002 pour une couverture de 76 % des lits d’hospitalisation de France. Pour les SARM, la densité d’incidence (DI) globale était de 0,27 pour 1 000 JH et variait entre 0,20 et 0,34 selon l’inter-région. Elle était plus élevée en court séjour (0,38) et en réanimation (0,95) qu’en SSR-SLD (0,16).
Depuis 2002, la DI des SARM a diminué de 57 % globalement et de 62 % en réanimation.
Pour les EBLSE, la DI globale était de 0,62 pour 1 000 JH, variant de 0,38 à 0,80 selon l’inter-région. Elle était deux fois plus élevée en court séjour (0,86) qu’en SSR-SLD (0,37). Depuis 2002, la DI des EBLSE a été multipliée par 4,8 (+375 %) et la proportion de l’espèce Escherichia coli au sein des EBLSE a augmenté de 19 à 58 %.
La diminution de l’incidence des SARM suggère un impact positif des actions de prévention instituées dans les services participants au réseau. Le nombre annuel d’IN à SARM est toutefois estimé entre 25 000 et 42 000, dont environ 3 000 à 5 000 bactériémies et celui des EBLSE entre 46 000 et 97 000, dont entre 4 000 et 10 000 bactériémies. Enfin, l’augmentation de l’incidence des EBLSE, en particulier des E. coli, est préoccupante et peut servir de réservoir potentiel pour l’émergence de nouvelles souches résistantes aux carbapénèmes.

Dossier complet des protocoles BMR-Raisin

Dossier complet des résultats BMR-Raisin 2002 à 2014

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Surveillance nationale des infections en réanimation adulte dans les établissements de santé : réseau REA-Raisin 

La coordination nationale du réseau REA-Raisin est actuellement déléguée au CClin Sud-Est.

Réseau REA-Raisin, résultats 2014

La surveillance des infections nosocomiales (IN) est prioritaire en réanimation, secteur à haut risque du fait de l'état critique des patients et de leur exposition aux dispositifs invasifs. Depuis 2004, la surveillance nationale REA-Raisin, coordonnée par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des IN, cible en réanimation adulte les infections associées à un dispositif invasif pour lesquelles une démarche de prévention est essentielle : pneumonie (PNE), colonisation ou infection ou bactériémie (COL/ILC/BLC) liée au cathéter veineux central (CVC) et bactériémie (BAC). Chaque année, les services volontaires recueillent pendant 6 mois les données concernant tout patient hospitalisé plus de 2 jours (j).
De janvier à juin 2014, 212 services ont inclus 34 226 patients (âge moyen : 64,3 ans), hospitalisés en moyenne 11,6 j et dont 68,8 % relèvent à l'admission de la médecine, 18,0 % de chirurgie urgente et 13,2 % de chirurgie réglée ; 7,8 % des patients sont traumatisés, 15,9 % immunodéprimés et 57,0 % ont reçu un traitement antibiotique à l’admission. Le score IGS II moyen est de 45,3 et la mortalité intra-service de 17,2 %. L’exposition à un dispositif invasif est fréquente : intubation (63,8 %), CVC (65,3 %) et sonde urinaire (87,4 %). Parmi les 34 226 patients, 10,7 % ont présenté au moins une infection surveillée. Les micro-organismes les plus fréquemment isolés sont P. aeruginosa (14,8 %), S. aureus (11,6 %), E. coli (9,1 %). Depuis 2004, la résistance aux antibiotiques diminue pour les souches de S. aureus (19,2 % SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) en 2014) et reste élevée pour EBLSE (entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu) (18,3 % de souches productrices de BLSE avec 1,6 % I/R à l'imipenème). Les taux d’incidence sont de 14,26 PNE pour 1 000 j-intubation, 3,53 BAC pour 1 000 j d’hospitalisation, 0,66 ILC et 0,51 BLC pour 1 000 j-CVC. Ces taux varient fortement d’un service à l’autre en lien avec les caractéristiques des patients.
Au cours des six dernières années (2009 à 2014) sur l’ensemble du réseau, certains facteurs de risque augmentent (âge, IGS II, antibiotiques à l'entrée, immunodépression, moins de patients en chirurgie réglée, moins de traumatisés), alors que la durée de séjour raccourcit de même que le ratio d'exposition pour intubation et sondage urinaire. On observe une diminution significative des taux d'incidence pour 1 000 j d'exposition : PNE (-6,2 %), BLC (-43,3 %) et ILC (-40,5 %) ou non significative pour BAC (-1,1 %). L'analyse multivariée confirme la baisse significative en 2014 des PNE liées à l'intubation (Odds ratio, OR ajusté : 0,90 ; Intervalle de confiance, IC95 : 0,84-0,97) et des BLC (OR ajusté: 0,56 ; IC95: 0,44-0,71), à mettre en relation avec l'amélioration des pratiques professionnelles associées aux dispositifs invasifs en réanimation.
Avec une participation s'élevant à 50,4 % des lits de réanimation de France, les données de REA-Raisin constituent une référence nationale pour mieux connaître les IN en réanimation et permettre aux services participants de se comparer, d’évaluer et orienter leurs actions de prévention.

Dossier complet des protocoles REA-Raisin

Dossier complet des résultats REA-Raisin 2004 à 2014

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Surveillance nationale de la consommation des antibiotiques dans les établissements de santé : réseau ATB-Raisin 

La coordination nationale du réseau ATB est actuellement déléguée au CClin Sud-Ouest.

Réseau ATB-Raisin – Résultats 2015

Réseau ATB-Raisin – Résultats 2014

La surveillance de la consommation des antibiotiques (ATB) ATB-Raisin participe au bon usage des ATB. Les objectifs sont de permettre à chaque établissement de santé (ES) de décrire et d’analyser ses consommations par rapport à un ensemble comparable et de les confronter aux données de résistance bactérienne. Les ATB à visée systémique de la classe J01 de la classification Anatomical Therapeutic Chemical (ATC), la rifampicine, les imidazolés per os et la fidaxomicine, ainsi que les antifongiques à visée systémique de la classe J02, dispensés en hospitalisation complète, ont été exprimés en nombre de doses définies journalières (DDJ) et rapportés à l’activité selon les recommandations nationales et de l’Organisation mondiale de la santé (système ATC-DDD, 2014). Des données de résistance ont été collectées pour sept couples bactérie/antibiotique.

Les 1 484 ES participants en 2014 représentaient 70 % des journées d’hospitalisation et avaient consommé 375 DDJ/1 000 journées d’hospitalisation (JH). Les ATB les plus utilisés étaient l’association amoxicilline-acide clavulanique (30 %), l’amoxicilline (18 %) et la ceftriaxone (6 %). La consommation médiane d’ATB variait de 55 DDJ/1 000 JH dans les hôpitaux psychiatriques à 699 dans les hôpitaux d’instruction des armées. Des variations étaient observées selon les secteurs d’activité, de 60 DDJ/1 000 JH en psychiatrie à 1 513 en réanimation. Dans 621 ES ayant participé chaque année depuis 2009, la consommation a diminué entre 2013 et 2014 (-1,8 %) alors qu’elle avait progressé de 3,3 % entre 2009 et 2013. Les données de résistance étaient en cohérence avec celles issues de réseaux spécifiques. La consommation d’antifongiques était plus importante en hématologie (330 DDJ/1 000 JH) qu’en réanimation (153 DDJ/1 000 JH). La surveillance en réseau permet à chaque ES de se situer, dans un objectif de comparaison, d’échanger sur les pratiques et organisations, et de suivre les tendances évolutives. L’analyse des consommations d’ATB est à compléter d’évaluation des pratiques et du suivi d’indicateurs reflétant la qualité des prescriptions.

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Dossier complet des protocoles ATB-Raisin

Dossier complet des résultats ATB-Raisin 

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Surveillance nationale des accidents exposants au sang chez les soignants : réseau AES-Raisin 

La coordination nationale du réseau AES est actuellement déléguée au CClin Est.

Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2015

Contexte : l’accident avec exposition au sang (AES) est un risque professionnel majeur pour les professionnels de santé (PS).

Objectif : surveiller les AES dans les établissements de santé (ES) français.

Méthodes : la participation des ES est volontaire. Les AES sont documentés à l'aide d'un questionnaire standardisé.

Résultats : en 2015, 14 624 AES ont été documentés dans 825 ES. L’incidence globale des AES était de 5,7 pour 100 lits. Celle-ci a diminué de 23,0 % globalement et de 23,8 % dans la cohorte stable 2008-2015 (n=231 ES). Les AES percutanés (n=11 476) étaient la cause la plus fréquente d'AES rapporté, principalement associés à des piqûres (n=9 703), la moitié d'entre elles étant liées à la manipulation d'aiguilles (48,4 %). Au sein de la cohorte stable, le juste usage des gants a progressé de 68,5 % en 2008 à 76,9 % en 2015. En revanche, la mise à disposition des collecteurs à objets piquants coupants tranchants est restée stable : 70,4 % en 2008 à 72,0 % en 2015. En 2015, 31,9 % des AES étaient évitables par le respect des précautions standard. Au sein de la cohorte stable 2008-2015, une diminution significative de la proportion des AES évitables est observée (de 39,9 % en 2008 à 31,9 % en 2015).

Conclusions : le rapport 2015 clôture l'analyse au niveau national des données recueillies dans le cadre de ce réseau depuis 2002. Les résultats montrent une diminution constante des AES et suggèrent que la sécurité d’exercice des PS a nettement progressé ces dernières années. Au-delà de ces résultats très positifs, cette surveillance a permis une meilleure connaissance des AES, étape essentielle pour guider les stratégies de prévention. Ainsi, même si cette surveillance n'est plus prioritaire au niveau national, elle le demeure au sein des ES où tous les efforts de prévention doivent être poursuivis.

Les modalités de saisie des AES, dans le cadre de la surveillance AES Raisin-Geres, seront modifiées à partir du 1er janvier 2012

Dossier complet des protocoles AES-Raisin 

Dossier complet des résultats AES-Raisin 2002 à 2015

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Pour en savoir plus sur les contaminations professionnelles VIH, VHB, VHC chez les professionnels de santé 

Surveillance nationale des bactériémies nosocomiales dans les établissements de santé : réseau BN-Raisin 

La coordination nationale du réseau BN-Raisin est actuellement suspendue. Sa coordination était assurée de 2001 à 2006 par le CClin Est.

Réseau BN-Raisin, Résultats 2004

Depuis 2002, le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (IN) permet aux cinq centres de coordination et de lutte contre les infections nosocomiales de réaliser la surveillance des bactériémies nosocomiales (BN) sur la base d’un protocole national standardisé. Référence pour l’incidence et l’écologie bactérienne des IN invasives graves, cette surveillance concerne l’ensemble des services et spécialités dans les établissements de santé (ES) volontaires. En 2004, les 286 ES participants regroupaient 117 630 lits (25 % des lits français). La densité d’incidence des BN acquises en hospitalisation complète dans l’ES était de 0,45/1 000 journées d’hospitalisation. Elle était la plus élevée dans les services de réanimation (3,85) et dans les centres de lutte contre le cancer (1,89). Les portes d’entrée cathéter et urinaire étaient les plus fréquentes (respectivement 20,9 et 20,8 %). Les principaux micro-organismes (MO) responsables de BN étaient E.coli (20,5 % des MO isolés, dont 2,8 % producteurs d’une bêta-lactamase à spectre étendu), S. aureus (18,1 %, dont 41,4 % résistants à la méticilline) et S. à coagulase négative (14,5 %).Un décès dans les sept jours, quelle qu’en soit la cause, était rapporté dans 11,9 % des BN. Il était plus fréquent lorsque P. aeruginosa était isolé (21,5 % des BN à ce germe).

Ces résultats confirment ceux obtenus dans d’autres pays d’Europe. Les efforts doivent être ciblés en priorité sur la prévention des bactériémies liées aux cathéters. La relation entre BN et décès du patient devront être l’objet de travaux ultérieurs.

Dossier complet des protocoles BN-Raisin   

Dossier complet des résultats BN-Raisin 2002 à 2004

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Dossier Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

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