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Surveillance des infections associées aux soins (IAS)

Publié le 19/01/2006 - Dernière mise à jour le 07/05/2018

Surveillance en incidence

Dans une population de patients hospitalisés et suivis sur une période de temps définie (un trimestre ou une année par exemple), les réseaux de surveillance en incidence visent à dénombrer et à décrire le nombre de nouvelles infections nosocomiales qui peuvent survenir chez ces patients. Les nouvelles infections acquises à l’hôpital sont alors rapportées au nombre de nouveaux patients admis à l’hôpital (incidence cumulée ou taux d’attaque) ou au nombre de journées d’hospitalisation (densité d’incidence).
Entre 2001 et 2017, le Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin) a coordonné 6 réseaux nationaux de ce type. Basés sur le volontariat des établissements de santé participants, ils étaient ciblés sur des thématiques définies comme prioritaires par le Comité technique national des infections nosocomiales (CTIN) et les plans et programmes nationaux.
Au niveau de l’interrégion, la mise en œuvre et l’animation de ces réseaux étaient coordonnées par chaque CClin sur la base d’un protocole national défini pour chaque réseau. La coordination de ces réseaux de surveillance était déléguée à certains CClin qui bénéficiaient à ce titre d’un soutien financier spécifique de Santé publique France.
Ces réseaux sont maintenus en 2018 dans l’attente du démarrage des travaux des missions nationales Infections associées aux soins.

Liste des réseaux Raisin de surveillance en établissements de santé :

  • réseau ISO-Raisin : surveillance nationale des infections du site opératoire
  • réseau BMR-Raisin : surveillance nationale des bactéries multirésistantes
  • réseau REA-Raisin : surveillance nationale des infections en réanimation adulte
  • réseau ATB-Raisin :  surveillance nationale de la consommation des antibiotiques
  • réseau AES-Raisin : surveillance nationale des accidents exposants au sang chez les soignants [arrêté en 2015]
  • réseau BN-Raisin : surveillance nationale des bactériémies nosocomiales [arrêté en 2006].

Surveillance nationale des infections du site opératoire dans les établissements de santé : réseau ISO-Raisin 

La coordination nationale du réseau ISO-Raisin est actuellement déléguée au CPias Bretagne, anciennement CClin Ouest.

Réseau ISO-Raisin – Protocole de la surveillance 2018

Surveillance des infections du site opératoire dans les établissements de santé français - Résultats 2016

La réduction d’incidence des infections du site opératoire (ISO) est l’un des objectifs du programme national de lutte contre les infections nosocomiales (IN). Depuis 1999, les surveillances interrégionales des ISO sont coordonnées par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (RAISIN).
Chaque année, les établissements exerçant une activité de chirurgie recueillent volontairement des informations parmi une liste de spécialités « prioritaires » concernant le patient et l’intervention dont les composants de l’index de risque National Nosocomial Infections Surveillance (NNIS). Tous les patients inclus doivent être suivis jusqu'au trentième jour postopératoire (90 jours pour les interventions avec prothèses). Les ISO sont définies selon les critères standards usuels.
En 2016, le nombre d’établissements ayant participé à la surveillance des interventions prioritaires n’a globalement pas évolué par rapport à 2015 : 357 pour 111 198 interventions.
Le nombre médian de spécialités surveillées par établissement était de 3 [1 ; 4] en 2016 contre 2 [1 ; 4] en 2015. Les spécialités plus surveillées en 2016 par rapport à 2015 étaient la chirurgie gynécologie-obstétrique (+11%), la chirurgie d’exérèse veineuse des membres inférieurs (+13%), la chirurgie bariatrique (+31%) et la chirurgie réparatrice et reconstructive (+160%). La répartition des spécialités et leurs taux d’ISO respectifs étaient : 213 établissements de chirurgie digestive (taux d’ISO = 1,59%), 255 établissements de chirurgie orthopédique (1,27%), 196 établissements de gynécologie-obstétrique (1,81%), 69 établissements de traumatologie (1,12%), 85 établissements de chirurgie d’exérèse veineuse du membre inférieur (0,63%), 80 établissements d’urologie (3,03%), 51 établissements de chirurgie bariatrique (1,21%), 40 établissements de neurochirurgie (0,92 %), 10 établissements de chirurgie coronaire (3,81%), 9 établissements de chirurgie thoracique (1,75%) et 13 établissements de chirurgie réparatrice et reconstructive (3,53%). Comme évoqué les années précédentes, non seulement le ralentissement de la baisse de l’incidence est confirmé, mais on note, en 2016, une augmentation des taux d’ISO pour les hernies de paroi abdominale, les prothèses primaires de genou ainsi que pour les exérèses veineuses des membres inférieurs.
L’influence de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) sur le taux d’incidence des ISO a été mise en évidence en chirurgies digestive, orthopédique et gynécologie-obstétrique, le diabète en chirurgie coronaire ainsi que l’hypertension artérielle en chirurgie digestive. Une prescription d’antibioprophylaxie (ABP) conforme aux recommandations de la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) était un facteur protecteur en chirurgie digestive (comparé aux ABP non conformes aux recommandations de la SFAR). Enfin, une dépilation par rasage était significativement liée à un taux d’ISO plus élevé en chirurgie digestive comparé à une dépilation par tonte, ciseaux ou procédé chimique.

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Surveillance nationale des bactéries multirésistantes dans les établissements de santé : réseau BMR-Raisin 

La coordination nationale du réseau BMR-Raisin est actuellement déléguée au CPias Ile-de France, anciennement CClin Paris-Nord.

Réseau BMR-Raisin - Résultats 2016

La maîtrise de la diffusion des bactéries multirésistantes (BMR) dans les établissements de santé (ES) est une priorité du programme national de prévention des infections associées aux soins (Propias). Depuis 2002, le Raisin coordonne une surveillance des Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et des entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu (EBLSE) isolés de prélèvement à visée diagnostique dans les ES français.
En 2016, 1 354 ES ont participé à la surveillance pour une couverture de 73 % des lits d’hospitalisation de France. Pour les SARM, la densité d’incidence (DI) globale était de 0,24 pour 1 000 JH. Elle était plus élevée en court séjour (0,32) et en réanimation (0,75) qu’en SSR (0,13) et SLD (0,09). Depuis 2002, la DI des SARM a diminué de 62 % globalement et de 70 % en réanimation.
Pour les EBLSE, la DI globale était de 0,71 pour 1 000 JH. Elle était deux fois plus élevée en court séjour (0,87) qu’en SSR(0,50) et trois fois qu’en SLD (0,25). Depuis 2002, la DI des EBLSE a été multipliée par 5,4 (+443 %) et la proportion de l’espèce Escherichia coli au sein des EBLSE a augmenté de 19 à 58 %.
La diminution continue de l’incidence des SARM suggère un impact positif des actions de prévention instituées dans les services participants au réseau. Le nombre annuel d’IN à SARM est toutefois estimé entre 23 000 et 33 000, dont environ 3 400 à 5 000 bactériémies et celui des EBLSE entre 58 000 et 109 000, dont entre 7 000 et 11 500 bactériémies. Enfin, l’augmentation de l’incidence des EBLSE, en particulier des E. coli, est préoccupante et peut servir de réservoir potentiel pour l’émergence de nouvelles souches résistantes aux carbapénèmes.

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Surveillance nationale des infections en réanimation adulte dans les établissements de santé : réseau REA-Raisin 

La coordination nationale du réseau REA-Raisin est actuellement déléguée au CPias Auvergne-Rhône-Alpes, anciennement CClin Sud-Est.

Réseau REA-Raisin – Protocole de la surveillance 2018

Réseau REA-Raisin, résultats 2016

La surveillance des infections nosocomiales (IN) est prioritaire en réanimation, secteur à haut risque du fait de l'état critique des patients et de leur exposition aux dispositifs invasifs. Depuis 2004, la surveillance nationale REA-Raisin, coordonnée par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des IN, cible en réanimation adulte les infections associées à un dispositif invasif pour lesquelles une démarche de prévention est essentielle : pneumonie (PNE), colonisation ou infection ou bactériémie (COL/ILC/BLC) liée au cathéter veineux central (CVC) et bactériémie (BAC). Depuis 2015, les services volontaires recueillent les données de manière continue de janvier à décembre (versus 6 mois auparavant) concernant tout patient hospitalisé plus de 2 jours.

De janvier à décembre 2016, 200 services ont inclus 67 899 patients (âge moyen : 64,3 ans), hospitalisés en moyenne 11,0 j et dont 70,5% relèvent à l'admission de la médecine, 17,5% de chirurgie urgente et 12,0% de chirurgie réglée ; 7,7% des patients sont traumatisés, 15,3% immunodéprimés et 57,2% ont reçu un traitement antibiotique à l’admission. Le score IGS II moyen est de 46,0 et la mortalité intra-service de 17,2%. L’exposition à un dispositif invasif est fréquente : intubation (61,2%), CVC (64,3%) et sonde urinaire (85,8%). Parmi les 67 899 patients, 10,35% ont présenté au moins une infection surveillée.

Les micro-organismes les plus fréquemment isolés sont P. aeruginosa (19,9%), S. aureus (13,5%), S. epidermidis (12,1%). Depuis 2004, la résistance aux antibiotiques diminue pour les souches de S. aureus (15,2% SARM en 2016). Le phénomène de résistance reste élevé pour EBLSE (16,8% de souches productrices de BLSE avec 1,8% I/R à l'imipenème) mais semble stabilisé depuis quelques années.

Les taux d’incidence sont de 15,22 PNE pour 1000 j-intubation, 3,39 BAC pour 1 000 j d’hospitalisation, 0,76 ILC et 0,55 BLC pour 1 000 j-CVC. Ces taux varient fortement d’un service à l’autre en lien avec les caractéristiques des patients.

Au cours des cinq dernières années (2012 à 2016) sur l’ensemble du réseau, certains facteurs de risque varient (hausse de IGS II, moins de traumatisés et d’antibiothérapie à l’admission, moins de chirurgie réglée et urgente) et les ratios d’exposition aux dispositifs invasifs diminuent. On observe une diminution des taux d'incidence pour 1 000 j d'exposition : significative pour BLC (-19,1%) non significative pour BAC (-2,3%) et ILC (-3,8). L'analyse multivariée met en évidence une baisse non significative en 2016 des PNE liées à l'intubation (OR ajusté: 0,95 ; IC95: 0,89-1,00). Par contre elle confirme la baisse significative des BLC (OR ajusté: 0,73 ; IC95: 0,60-0,90), à mettre en relation avec l'amélioration des pratiques professionnelles associées aux dispositifs invasifs en réanimation.

Avec une participation s'élevant à 45,6% des lits de réanimation de France, les données de REA-Raisin constituent une référence nationale pour mieux connaître les IN en réanimation et permettre aux services participants de se comparer, d’évaluer et orienter leurs actions de prévention.

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Surveillance nationale de la consommation des antibiotiques dans les établissements de santé : réseau ATB-Raisin 

La coordination nationale du réseau ATB est actuellement déléguée au CPias Nouvelle-Aquitaine, anciennement CClin Sud-Ouest.

Réseau ATB-Raisin – Protocole de la surveillance 2018

Réseau ATB-Raisin – Résultats 2016

La surveillance de la consommation des antibiotiques (ATB) ATB-Raisin participe au bon usage des ATB. Les objectifs sont de permettre à chaque établissement de santé (ES) de décrire et d’analyser ses consommations et de les confronter aux données de résistance bactérienne en se situant par rapport à un ensemble comparable d’ES. Les ATB à visée systémique de la classe J01 de la classification Anatomical Therapeutic Chemical (ATC), la rifampicine, les imidazolés per os et la fidaxomicine, ainsi que les antifongiques à visée systémique de la classe J02 (volet optionnel), dispensés en hospitalisation complète, ont été exprimés en nombre de doses définies journalières (DDJ) et rapportés à l’activité selon les recommandations nationales et de l’Organisation mondiale de la santé (système ATC-DDD, 2016). Des données de résistance ont été collectées pour sept couples bactérie/antibiotique pour permettre à chaque ES d’explorer sa situation en matière de pression de sélection, d’une part, et d’écologie contribuant à l’utilisation de certains antibiotiques, d’autre part. [...]

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Surveillance nationale des accidents exposants au sang chez les soignants : réseau AES-Raisin 

La coordination nationale du réseau AES était déléguée jusqu’en 2015 au CPias Bourgogne-Franche Comté, anciennement Arlin Bourgogne-Franche Comté du CClin Est.

Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français en 2015

Contexte : l’accident avec exposition au sang (AES) est un risque professionnel majeur pour les professionnels de santé (PS).

Objectif : surveiller les AES dans les établissements de santé (ES) français.

Méthodes : la participation des ES est volontaire. Les AES sont documentés à l'aide d'un questionnaire standardisé.

Résultats : en 2015, 14 624 AES ont été documentés dans 825 ES. L’incidence globale des AES était de 5,7 pour 100 lits. Celle-ci a diminué de 23,0 % globalement et de 23,8 % dans la cohorte stable 2008-2015 (n=231 ES). Les AES percutanés (n=11 476) étaient la cause la plus fréquente d'AES rapporté, principalement associés à des piqûres (n=9 703), la moitié d'entre elles étant liées à la manipulation d'aiguilles (48,4 %). Au sein de la cohorte stable, le juste usage des gants a progressé de 68,5 % en 2008 à 76,9 % en 2015. En revanche, la mise à disposition des collecteurs à objets piquants coupants tranchants est restée stable : 70,4 % en 2008 à 72,0 % en 2015. En 2015, 31,9 % des AES étaient évitables par le respect des précautions standard. Au sein de la cohorte stable 2008-2015, une diminution significative de la proportion des AES évitables est observée (de 39,9 % en 2008 à 31,9 % en 2015).

Conclusions : le rapport 2015 clôture l'analyse au niveau national des données recueillies dans le cadre de ce réseau depuis 2002. Les résultats montrent une diminution constante des AES et suggèrent que la sécurité d’exercice des PS a nettement progressé ces dernières années. Au-delà de ces résultats très positifs, cette surveillance a permis une meilleure connaissance des AES, étape essentielle pour guider les stratégies de prévention. Ainsi, même si cette surveillance n'est plus prioritaire au niveau national, elle le demeure au sein des ES où tous les efforts de prévention doivent être poursuivis.

La surveillance des AES ne fait plus partie des priorités nationales de surveillance. Toutefois, elle reste importante et réglementaire au niveau local pour continuer à guider les stratégies de prévention (mesures organisationnelles, techniques, formations) au sein de chaque établissement.
Un outil de saisie reste disponible, renseignez-vous auprès de votre CPias ou du Groupe d’études sur le risque d’exposition des soignants aux agents infectieux (GERES)

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Surveillance nationale des bactériémies nosocomiales dans les établissements de santé : réseau BN-Raisin 

La coordination nationale du réseau BN-Raisin est actuellement suspendue. Sa coordination était assurée de 2001 à 2006 par le CClin Est.

Réseau BN-Raisin, Résultats 2004

Depuis 2002, le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (IN) permet aux cinq centres de coordination et de lutte contre les infections nosocomiales de réaliser la surveillance des bactériémies nosocomiales (BN) sur la base d’un protocole national standardisé. Référence pour l’incidence et l’écologie bactérienne des IN invasives graves, cette surveillance concerne l’ensemble des services et spécialités dans les établissements de santé (ES) volontaires. En 2004, les 286 ES participants regroupaient 117 630 lits (25 % des lits français). La densité d’incidence des BN acquises en hospitalisation complète dans l’ES était de 0,45/1 000 journées d’hospitalisation. Elle était la plus élevée dans les services de réanimation (3,85) et dans les centres de lutte contre le cancer (1,89). Les portes d’entrée cathéter et urinaire étaient les plus fréquentes (respectivement 20,9 et 20,8 %). Les principaux micro-organismes (MO) responsables de BN étaient E.coli (20,5 % des MO isolés, dont 2,8 % producteurs d’une bêta-lactamase à spectre étendu), S. aureus (18,1 %, dont 41,4 % résistants à la méticilline) et S. à coagulase négative (14,5 %).Un décès dans les sept jours, quelle qu’en soit la cause, était rapporté dans 11,9 % des BN. Il était plus fréquent lorsque P. aeruginosa était isolé (21,5 % des BN à ce germe).

Ces résultats confirment ceux obtenus dans d’autres pays d’Europe. Les efforts doivent être ciblés en priorité sur la prévention des bactériémies liées aux cathéters. La relation entre BN et décès du patient devront être l’objet de travaux ultérieurs.

Dossier complet des protocoles BN-Raisin   

Dossier complet des résultats BN-Raisin 2002 à 2004

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