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Données

Publié le 02/05/2014 - Dernière mise à jour le 27/05/2014

Bilan des cas de légionellose survenus en France en 2013

En 2013, 1262 cas de légionellose ont été notifiés en France.

Parmi eux, 7 cas étaient des résidents dans les DOM-TOM, et 22 des ressortissants étrangers.

Le taux d’incidence des cas notifiés de légionellose en France métropolitaine était de 1,94/105 (figure1). Le nombre de cas est légèrement inférieur à celui de 2012 où 1 298 cas avaient été notifiés.

Figure 1. Evolution du nombre de cas et du taux annuel d’incidence pour 100 000 des cas notifiés de légionellose en France, 1988-2013

figure1_2013

L'âge médian des cas était de 65 ans [Min-Max : 15-98 ans] et le sex-ratio homme/femme était de 2,5 (899 hommes et 363 femmes). L’incidence augmentait avec l’âge et les taux d’incidence les plus élevés s’observaient chez les personnes de plus de 80 ans (7,1/105) (figure 2). Seuls 14 cas (1 %) n’avaient pas été hospitalisés. La majorité des cas était survenue au cours du second semestre (figure 3).

Figure 2. Taux d'incidence pour 100 000 par classe d'âge et par sexe des cas de légionellose notifiés en France en 2013

figure2_2013

Figure 3. Nombre mensuel de cas de légionellose selon la date de début des signes, France, 2013

figure3_2013

74% des cas (931/1262) présentaient au moins un facteur de risque connu (tableau 1). Le tabagisme était le seul facteur de risque rapporté pour 29% des cas.

Tableau 1. Répartition des facteurs favorisants des cas de légionellose en France, 2013

Facteurs favorisants*

N

Cancer / hémopathie

143

11

Corticothérapie/immunosuppresseurs

134

11

Diabète

194

15

Tabagisme

555

44

Autres

238

18

Au moins un facteur

931

74

*non mutuellement exclusifs.

L’évolution de la maladie était connue pour 93% des cas (1 168/1 262) et la létalité était de 12,2 % (143 décès).

Le délai médian entre la date des premiers signes cliniques et la date de notification à l’Agence régionale de santé (ARS) était de 6 jours (intervalle inter-quartile [4-9]). Toutefois, 80 % des cas étaient notifiés dans les 10 jours suivant leurs signes cliniques et 94 % dans les 20 jours.

Le gradient géographique Ouest-Est du taux d’incidence des cas notifiés de légionellose était toujours marqué et variait de 0,4/105 habitants en Bretagne à 4,4/105 habitants en Alsace (figure 4).

Figure 4. Distribution du taux d’incidence standardisé pour 100 000 de la légionellose et selon la région de domicile en France, 2013

figure4_2013

* Standardisé sur sexe et âge

Parmi les 1 262 cas, 1244 (98 %) étaient des cas confirmés. La détection des antigènes solubles urinaires était la principale méthode diagnostique utilisée (1 222 cas) et 97% des cas étaient dus à L. pneumophila sérogroupe 1 (1 222/1 262). Une amplification génique (PCR) a été réalisée pour 52 cas et pour 10 d’entre eux, la PCR était l’unique méthode de diagnostic biologique.

Pour 25,6 % des cas (n=323) une souche a été isolée, pourcentage supérieur à celui de 2012 (23,7 %). La majorité (321/323) des souches étaient des souches L. pneumophila dont 305 Lp1 et 16 appartenant à d’autres sérogroupes. Toutes ces souches ont été typées par le Centre national de référence des légionelles. Parmi les Lp1, 94 (31 %) étaient des souches endémiques : 35 étaient des souches "Louisa", 27 des souches «Lorraine» et 20 des souches "Paris" ; 87 souches présentaient un profil « sporadique » (non encore répertorié dans la base de données du CNR).
Pour 51 cas (16 %), la souche humaine a pu être comparée aux souches environnementales isolées d’un lieu fréquenté par le malade, et pour 30 cas (59 %), les profils génomiques des souches se sont révélés identiques. Pour ces cas, les investigations environnementales et microbiologiques ont permis de préciser que les réseaux d’eau sanitaires étaient la source la plus probable de contamination pour 9 hôpitaux, 13 domiciles, 3 établissements de tourisme et 5 autres établissements.

Une exposition à risque lors de la période d’incubation (2-10 jours) était rapportée pour 465 cas (37 %) (tableau 2). Parmi eux, 86 cas (7 % de l’ensemble des cas) avaient séjourné dans un établissement hospitalier pendant la période d’incubation dont 42 (49 %) étaient des cas nosocomiaux certains (hospitalisés durant toute la période supposée d’exposition). Le mode d’exposition principal était un voyage avec un séjour dans un établissement de tourisme pour 145 cas (12 % de l’ensemble).
Le réseau européen de surveillance des cas liés aux voyages "ELDSNet" a signalé à l’InVS, 40 cas supplémentaires : il s’agissait de cas survenus chez des ressortissants étrangers ayant séjourné en France dans les 10 jours précédant la date de début des signes. Parmi l’ensemble des 190 établissements français notifiés par ELDSNet, 13 avaient accueilli au moins 2 cas sur une période de deux ans. Les résultats des investigations réalisés en 2013 pour 11 de ces 13 établissements ont révélé la présence de légionelles au-dessus du seuil règlementaire dans les prélèvements issus du réseau d’eau sanitaire pour 6 (55 %) d’entre eux.

Tableau 2. Expositions à risque parmi les cas de légionellose survenus en France, 2009-2013

Expositions*

2010
(1540)

2011
(1170)

2012
(1298)

2013
(1262)

 

n

%

n

%

n

%

n

%

Hôpital

110

7

71

6

89

7

86

6

Maison de retraite

45

3

49

4

55

4

59

5

Station thermale

5

<1

6

<1

10

1

6

1

Voyage

284

18

240

21

243

19

239

19

  Hôtel-camping

161

10

143

12

139

11

145

12

  Résidence temporaire

56

4

45

4

69

5

53

4

   Autres types de voyage**

67

4

52

5

35

3

41

3

Autres ***

84

6

64

5

103

8

75

6

Total des cas ayant au
moins une exposition

528

34

430

37

500

39

465

37

* Rapportées au nombre total de cas
** Sans précision de lieu et type de logement
*** Etablissement recevant du public, professionnelle, etc.

En 2013, des investigations de cas groupés (moins de 10 cas) ont été réalisées par les ARS en collaboration avec les Cires. Ces investigations de cas regroupés dans le temps et dans l’espace n’ont pas permis d’identifier de source commune de contamination.

Conclusion

Le bilan des cas de légionellose survenus en France en 2013 montre une stabilité du nombre de cas déclarés avec un gradient géographique du taux d’incidence "Ouest-Est" toujours présent. Le pourcentage de souches isolées a encore progressé et permet ainsi de disposer d’une meilleure capacité pour identifier les sources de contamination et documenter le caractère groupés des cas.

L’ensemble des données épidémiologiques est disponible dans la partie données de surveillance.

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