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Données

Publié le 16/06/2015

Bilan des cas de légionellose survenus en France en 2014

En 2014, 1 348 cas de légionellose ont été notifiés en France. Parmi eux, 11 cas étaient des résidents des DOM-TOM, et 32 des ressortissants étrangers. Le taux d’incidence des cas notifiés de légionellose en France métropolitaine était de 2,0 / 100 000 habitants (figure1). Le nombre de cas en 2014 est légèrement supérieur à celui de 2013 où 1 262 cas avaient été notifiés [1].

Figure 1. Evolution du nombre de cas et du taux annuel d’incidence pour 100 000 des cas notifiés de légionellose en France, 1988-2014

Figure 1. Evolution du nombre de cas et du taux annuel d’incidence pour 100 000 des cas notifiés de légionellose en France, 1988-2014

Le gradient géographique Ouest-Est du taux d’incidence des cas notifiés de légionellose était toujours marqué et l’incidence variait de 0,8/100 000 habitants en Bretagne à 4,6/100 000 habitants en Franche-Comté (Figure 4).

Figure 4. Distribution du taux d’incidence standardisé* de la légionellose selon la région de domicile en France, 2014

Figure 4. Distribution du taux d’incidence standardisé* de la légionellose selon la région de domicile en France, 2014

* Standardisé sur sexe et âge

Caractéristiques des cas

L'âge médian des cas était de 63 ans [Min-Max : 9-102 ans] et le sexe ratio homme/femme était de 2,7 (970 hommes et 369 femmes). L’incidence augmentait avec l’âge et les taux d’incidence les plus élevés s’observaient chez les personnes de plus de 80 ans (6,9 / 100 000) (figure 2). Seuls 17 cas (1%) n’avaient pas été hospitalisés. La majorité (67%) des cas était survenue au cours du second semestre avec une prédominance en juillet et août (figure 3).

Figure 2. Taux d'incidence par classe d'âge et par sexe des cas de légionellose notifiés en France en 2014

Figure 2. Taux d'incidence par classe d'âge et par sexe des cas de légionellose notifiés en France en 2014

Figure 3. Nombre de cas de légionellose selon le mois de début des signes, France, 2014

Figure 3. Nombre de cas de légionellose selon le mois de début des signes, France, 2014

74% des cas (997/1 348) présentaient au moins un facteur de risque connu (tableau 1). Le tabagisme était le seul facteur de risque rapporté pour 36% des cas.

Tableau 1. Fréquence des facteurs favorisants des cas de légionellose en France, 2014

Facteurs favorisants*

N

Cancer / hémopathie

152

11

Corticothérapie/immunosuppresseurs

118

9

Diabète

231

17

Tabagisme

611

45

Autres

228

17

Au moins un facteur

997

74

*non mutuellement exclusifs.

L’évolution de la maladie était connue pour 95% des cas (1 286/1 348) et la létalité était de 9,5 % (122 décès), inférieure à celle de 2013 (12,2% versus 9,5% p<0,03).

Le délai médian entre la date des premiers signes cliniques et la date de notification à l’Agence régionale de santé (ARS) était de 6 jours (intervalle inter-quartile [4 - 9]) ; 80% des cas étaient notifiés dans les 10 jours suivant l’apparition de leurs premiers signes cliniques et 94% dans les 20 jours.

Informations microbiologiques

Parmi les 1 348 cas, 1 326 (98%) étaient des cas confirmés et la détection des antigènes solubles urinaires était la principale méthode diagnostique utilisée (1 292 cas). Une amplification génique (PCR) a été réalisée pour 112 cas (8,3%) et pour 16 d’entre eux, la PCR était l’unique méthode de diagnostic biologique. La majorité des cas était relatif à l’espèce Legionella  pneumophila sérogroupe 1 (Lp1) (1305/1339).

Pour 25,3% des cas (n=341) une souche a été isolée, pourcentage identique à celui de 2013 (25,6%) ; la majorité (98%=334/341) étaient des souches L.pneumophila dont 314 Lp1 et 20 appartenant à d’autres sérogroupes. Toutes ont été analysées selon les 3 méthodes de génotypage par le Centre national de référence des légionelles[1]. Parmi les Lp1, 80 (26%) étaient des souches dites «endémiques» : 28 étaient des souches «Louisa», 22 des souches «Paris», 19 des souches «Lorraine» et 11 des souches « Biarritz ». Par ailleurs, 177 (57%) souches présentaient un profil déjà répertorié dans la base de données du CNR et 57 (18%) avaient un profil «sporadique» (non encore répertorié). En l’absence d’isolement de souche pour 13 cas, un typage génomique « Sequence Type (ST) » a pu être réalisé. Parmi les 343 cas pour lesquels un ST était disponible, les plus représentés étaient le ST23 (58 cas) et le ST1 (32 cas).

Pour 47 cas (14%), la souche humaine a pu être comparée aux souches environnementales isolées d’un lieu fréquenté par le malade et pour 32 (69%), les profils génomiques des souches se sont révélés identiques. Pour ces cas, les investigations environnementales et microbiologiques ont permis de préciser que les réseaux d’eau sanitaire étaient la source la plus probable de contamination dans 16 établissements de santé, 9 domiciles, 6 établissements de tourisme et 2 autres établissements publics.

[1] Site CNR  http://cnr-legionelles.univ-lyon1.fr

Expositions à risques

Une exposition à risque lors de la période d’incubation (2-10 jours) était rapportée pour 500 cas (37%) (tableau 2). Parmi eux, 72 cas avaient séjourné dans un établissement hospitalier pendant la période d’incubation. Le pourcentage de cas liés à une exposition dans un établissement hospitalier en 2014 est inférieur à celui de 2013 (5% versus 7 % en 2013, p=0,1). La moitié (36) de ces cas étaient des cas nosocomiaux certains (hospitalisés durant toute la période supposée d’exposition). Par ailleurs, le mode d’exposition le plus fréquemment rapporté était un voyage avec un séjour dans un établissement de tourisme pour 161 cas (12% de l’ensemble des cas).

Tableau 2. Expositions à risque parmi les cas de légionellose survenus en France, 2012-2014

Expositions*

2012
(1298)

2013
(1262)

2014
(1348)

 

n

%

n

%

n

%

Hôpital

89

7

86

7

72

5

Maison de retraite

55

4

59

5

63

5

Station thermale

10

1

6

1

3

0

Voyage

243

19

239

19

259

19

  Hôtel-camping

139

11

145

12

161

12

  Résidence temporaire

69

5

53

4

45

3

   Autres types de voyage**

35

3

41

3

53

4

Autres ***

103

8

75

6

103

8

Total des cas ayant au
moins une exposition

500

39

465

37

500

37

* Rapportées au nombre total de cas
** Sans précision de lieu et type de logement
*** Etablissement recevant du public, professionnelle, etc.

En 2014, le réseau européen de surveillance des cas liés aux voyages «ELDSNet» a signalé à l’InVS 42 cas supplémentaires à ceux notifiés. Il s’agit de cas survenus chez des ressortissants étrangers ayant séjourné dans un établissement de tourisme en France dans les 10 jours précédant la date de début des signes et diagnostiqués dans un pays étranger. Au total, 228 établissements français ont été notifiés par ELDSNet, 200 pour des cas isolées et 28 pour des cas groupés (défini par ELDSNET comme au moins deux cas ayant séjourné dans un même établissement sur une période de deux ans). Une investigation a été réalisée en 2014 pour 24 de ces établissements et les prélèvements issus du réseau d’eau sanitaire ont révélé la présence de légionelles au-dessus du seuil règlementaire pour 12 (50%) d’entre eux.
En 2014, de nombreuses investigations de cas communautaires regroupés dans le temps et dans l’espace (de 2 à 10 cas) ont été réalisées par les ARS en collaboration avec les Cires. Parmi ces investigations, 5 ont fait l’objet d’une information au niveau des autorités nationales. Aucune source commune de contamination n’a pu être identifiée lors de ces investigations.

Conclusion

Bien qu’une légère augmentation du nombre de cas de légionellose soit constatée en 2014 par rapport à 2013, ce bilan montre une stabilité de l’ensemble des données. Le taux de d’incidence des cas notifiés en France est supérieur au taux européen (1,1 pour 100 000 habitants en 2013) mais proche de celui des pays voisins (Italie et Espagne) [2]. Le gradient «Ouest-Est» géographique du taux d’incidence constaté ces dernières années fait l’objet d’une étude multifactorielle qui permettrait d’expliquer ces disparités d’incidence de la légionellose sur le territoire. Il est important que la proportion de cas avec isolement de souches continue de progresser afin de disposer d’une meilleure capacité d’identification des sources de contamination et de documentation des cas groupés.

L’ensemble des données épidémiologiques est disponible dans la partie données de surveillance.

[1] Campèse C, Descours G, Lepoutre A, Beraud L, Maine C, Che D, Jarraud S. Legionnaires' disease in France. Med Mal Infect. 2015 Mar;45(3):65-71. doi: 10.1016/j.medmal.2015.01.015. Epub 2015 Feb 24. Review.

[2] European Centre for Disease Prevention and Control. Legionnaires’ disease in Europe, 2013.Stockholm: ECDC; 2015.

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