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Tuberculose

Publié le 24/02/2004 - Dernière mise à jour le 20/03/2017

Aide-mémoire

La tuberculose est une maladie due à un bacille (mycobactérie du complexe tuberculosis) qui atteint le plus souvent les poumons (tuberculose pulmonaire) mais qui peut atteindre d’autres organes (tuberculose extrapulmonaire).

Mode de transmission et histoire naturelle de la maladie

La tuberculose est une maladie transmissible par voie aérienne, par dispersion de gouttelettes de secrétions bronchiques, à partir d'un malade contagieux, particulièrement lorsqu’il tousse.

Seules les formes de la maladie affectant l’appareil respiratoire peuvent être contagieuses. Parmi celles-ci, les formes les plus contagieuses sont celles où des bacilles tuberculeux sont retrouvés dans les expectorations par un examen microscopique direct.

Après avoir été exposées au bacille de la tuberculose, un certain nombre de personnes vont être infectées et environ 10 % d’entre elles vont secondairement développer la maladie, dont une grande partie dans les premières années suivant l'infection. Il y a donc une distinction entre infection tuberculeuse et maladie tuberculeuse. La personne avec une infection tuberculeuse ne présente pas de signes cliniques et n’est pas contagieuse.

Le risque de développer une tuberculose maladie à la suite d’une infection tuberculeuse est plus important chez les enfants et les personnes immunodéprimées.

Symptômes et diagnostic

Les principaux signes permettant d’évoquer une tuberculose pulmonaire sont :

  • une toux persistante ;
  • une fièvre persistante et des sueurs nocturnes ;
  • des émissions de sang lors de la toux ;
  • une perte de poids ;
  • une asthénie persistante.

Dans le cas de tuberculose extrapulmonaire, les signes varient selon la localisation de la maladie.
Une suspicion de tuberculose est évoquée devant des signes cliniques à l’examen médical et des signes radiologiques variant selon la localisation de la maladie.
La confirmation de la maladie est réalisée par des examens bactériologiques (examen microscopique, culture et détection d'acide nucléique du complexe mycobactérium tuberculosis à l'analyse par PCR).

Traitement

La prise en charge d’un malade atteint de tuberculose consiste à traiter le malade avec un traitement associant plusieurs antibiotiques sur une durée prolongée qui est habituellement de 6 mois. La prise régulière et effective du traitement pendant toute sa durée est essentielle, car elle permet de guérir le malade, limiter la période pendant laquelle le malade est contagieux mais également de prévenir le développement de résistances aux antibiotiques. En cas de tuberculose multirésistante (résistance à l’isoniazide et à la rifampicine), le traitement est plus prolongé, d’environ 18 à 24 mois.

Prévention et vaccination

L’identification rapide des cas de tuberculose maladie que ce soit dans le cadre d’une recherche active de cas (investigation autour de cas de tuberculose ou dépistage systématique) ou dans le cadre d’un recours spontané aux soins, et leur prise en charge appropriée restent les éléments les plus importants de la lutte antituberculeuse. Ils permettent de limiter la transmission de l’infection dans la communauté tout en prévenant le développement de la résistance aux médicaments antituberculeux.

Les autres éléments de la lutte antituberculeuse comprennent :

  • le traitement des infections tuberculeuses identifiées chez les enfants, d’une part, et les adultes les plus à risque de développer la maladie, d’autre part ;
  • la vaccination par le BCG des enfants les plus à risque de développer une tuberculose.

Pour en savoir plus sur la lutte antituberculeuse, voir le site de l''Assurance maladie : http://www.ameli-sante.fr/tuberculose

Epidémiologie de la tuberculose

La tuberculose en France

La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire depuis 1964 en France.
En France, le nombre de cas de tuberculose maladie déclarés était de 4 741 cas en 2015, soit 7,1 cas pour 100 000. Le nombre de cas et le taux de déclaration de la tuberculose ont baissé régulièrement depuis 1972, à l’exception du début des années 1990 et en 2007-2008 (1,2). La France est considérée comme un pays à faible incidence de tuberculose avec cependant une persistance de disparités territoriales et populationnelles. La maladie touche principalement les populations en situation de précarité (personnes sans domicile fixe), les migrants en provenance de régions comme l’Afrique subsaharienne où les prévalences de la tuberculose et de l’infection à VIH sont élevées, et les personnes âgées. On trouve également des taux de déclaration plus élevés en Ile-de-France, en Guyane et à Mayotte comparés aux autres régions françaises.
D’après les données collectées par le Centre National de Références des Mycobactéries et de la Résistance des Mycobactéries aux Antituberculeux (CNR-MyRMA) qui coordonne la surveillance de la résistance aux antituberculeux, le nombre de souches multirésistantes (MDR, résistante à l’isoniazide et à la rifampicine) qui était resté stable entre 2006 et 2010 (environ 50 souches/ an), a augmenté en 2011 et 2012 (respectivement 64 et 92 souches) (3,4). Cette tendance s’est confirmée en 2013 (83 souches), 2014 (111 souches) et 2015 (98 souches). Malgré cette hausse récente du nombre de cas MDR, le taux de multirésistance en France reste faible (autour de 2% parmi les cas de tuberculose sans antécédents de tuberculose) (3,4).

Figure 1 - Nombre de cas déclarés et taux de déclaration (pour 100 000 habitants) de tuberculose, France entière 2000-2015

Figure 1 - Nombre de cas déclarés et taux de déclaration (pour 100 000 habitants) de tuberculose, France entière 2000-2015

Sources : Santé publique France (déclaration obligatoire de tuberculose, mise à jour février 2017), Insee (recensements de population, estimations localisées de population au 1er janvier à partir de 1993, mise à jour février 2016)

La tuberculose dans le monde

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé pour l'année 2015 à 10,4 millions le nombre de nouveaux cas de tuberculose, soit 142 cas pour 100 000 habitants. L’OMS estime que l’incidence de la tuberculose a baissé en moyenne d’environ 1,4 % par an depuis 2000. L’Asie concentrait 61 % des nouveaux cas, l’Afrique 26 %. C’est en Afrique que les taux d’incidence estimés sont les plus élevés (figure 2), en raison notamment de l’impact de la prévalence importante de l’infection à VIH. Parmi les 10,4 millions de cas incidents en 2015, l’OMS estime que 11 % sont infectés par le VIH, ce qui est le cas principalement en Afrique et notamment dans certains pays d’Afrique australe où la prévalence de l’infection par le VIH peut dépasser les 50%. Le nombre de décès dus à la tuberculose est estimé dans le monde à 1,4 millions chez les personnes VIH négatives et à 390 000 chez des personnes ayant une infection à VIH (5).

Figure 2 - Taux d'incidence estimés de tuberculose pour 100 000, OMS, 2015

Figure 2 - Taux d’incidence estimés de tuberculose pour 100 000, OMS, 2015

Les tuberculoses multirésistantes (MDR, résistance à l’isoniazide et à la rifampicine qui sont les deux antituberculeux majeurs) ou résistantes à la rifampicine seule (RR) (qui d’après les dernières recommandations de l’OMS doivent être traitées comme des tuberculoses MDR) concernaient, d’après les estimations de l’OMS, environ 580 000 cas incidents dont 9,5 % avec des formes ultrarésistantes (XDR, résistance à l’isoniazide, la rifampicine, les fluoroquinolones et à au moins un antituberculeux injectable de deuxième ligne). La proportion de cas MDR/RR dans le monde était de 3,9 % parmi les cas sans antécédents de traitement de tuberculose et de 21 % parmi les cas avec des antécédents de traitement. En 2015, les tuberculoses multirésistantes avaient entrainé 250 000 décès (5). En Europe, les pays avec les plus fortes proportions de cas de tuberculose multirésistante se trouvent dans des pays de l’ex-URSS (6).

Références

1. Antoine D, Belghiti F, Guthmann JP, Campese C, Levy-Bruhl D, Che D. Les cas de tuberculose maladie déclarés en France en 2012. Bull Epidemiol Hebd 2014;20:352-9.
2. Ait Belghiti F, Antoine D. L’épidémiologie de la tuberculose en France en 2013. Bull Epidemiol Hebd 2015;9-10:164-71
3. Bernard C, Brossier F, Sougakoff W, Veziris N, Frechet-Jachym M, Metivier N, et al. A surge of MDR and XDR tuberculosis in France among patients born in the Former Soviet Union. Euro Surveillance 2013;18(33).
4. CNR-MyRMA. Résistance aux antituberculeux en France en 2013. Bull Epidemiol Hebd 2015;9-10:172-4
5. Organisation Mondiale de la Santé. Global Tuberculosis Report, 2016.  WHO/HTM/TB/2016.13, 2016.
6. European Centre for Disease Prevention and Control/WHO Regional Office for Europe. Tuberculosis surveillance and monitoring in Europe 2017. Stockholm: European Centre for Disease Prevention and Control; 2017

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