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Couverture vaccinale

Publié le 07/03/2012 - Dernière mise à jour le 27/08/2015

Enquêtes de couverture vaccinale

Le nombre de familles sans logement a fortement augmenté ces dix dernières années en France. Les caractéristiques sociodémographiques et sanitaires de cette population sont mal connues. L’Observatoire du Samusocial a mené une enquête dont l’un des objectifs était d’estimer la couverture vaccinale (CV) des enfants sans logement. Enquête transversale menée en Ile-de-France sur un échantillon de 801 familles résidant en hôtel social, en centre d’hébergement d’urgence, de réinsertion sociale ou pour demandeurs d’asile. Les enfants de moins de 13 ans ont été sélectionnés par sondage aléatoire à trois degrés. Les données vaccinales ont été recueillies par une infirmière à partir du carnet de santé au cours d’entretiens en face-à-face. La CV a été définie comme le rapport entre le nombre d’enfants vaccinés par un vaccin donné et le nombre d’enfants inclus dans l’analyse. L’association entre vaccination et variables sociodémographiques a été analysée par régression de Poisson. Chez les enfants sans logement nés en France, les CV étaient généralement élevées (> à 90% à l’âge de 24 mois pour la plupart des vaccinations) et proches de celles en population générale, alors que celles des enfants sans logement nés hors de France étaient nettement plus basses (toutes < 50% au même âge). A l’âge de 24 mois, la probabilité d’être vacciné pour un enfant sans logement né en France était généralement de 2 à 14 fois supérieure (selon les vaccins) à celle d’un enfant né hors de France (p<0,001). Dans ce dernier groupe, la vaccination s’améliorait au-delà de 24 mois mais le rattrapage restait insuffisant. Bien qu’il soit possible qu’une partie de cet écart soit lié à un défaut d’enregistrement de vaccinations effectuées avant l’arrivée en France, ces données suggèrent que les enfants franciliens sans logement nés à l’étranger sont moins bien vaccinés, à âge égal, que les autres enfants. Une attention particulière devrait être portée à cette population spécifique.

  • Guthmann JP, Mansor-Lefebvre S, Lévy-Bruhl D, Caum C, Arnaud A, Jangal C, Vandentorren S, Le Strat Y. Couvertures vaccinales chez les enfants sans logement d’Ile-de-France : résultats de l’enquête Enfams, 2013.

Déterminants socio-économiques des vaccinations BCG et pneumocoque chez les enfants de la région parisienne

Si la couverture vaccinale des jeunes enfants de France est aujourd’hui généralement bien documentée, il existe très peu de données sur les déterminants socio-économiques de vaccination. Nous avons mené une enquête pour investiguer l’association entre certains facteurs socio-économiques et deux vaccinations de l’enfant : le BCG  et le vaccin pneumocoque conjugué heptavalent (PCV7). Cette enquête transversale a inclus 710 enfants âgés de 0 à 5 ans résidant à Paris et dans la première couronne de départements (92, 93, 94). La sélection a été faite à travers un sondage aléatoire à deux degrés stratifié et les informations recueillies par un questionnaire nominatif administré en face à face. Des régressions de Poisson ont permis d’analyser l’association entre variables explicatives et couvertures vaccinales déclarée et confirmée par le carnet de santé. Pour le vaccin BCG, les couvertures vaccinales étaient élevées et proches de 100 % chez les enfants des familles aux revenus les plus faibles, alors que dans les familles aux revenus plus élevés, elle était plus élevée chez les enfants de famille originaire d’un pays de forte endémie tuberculeuse (98,2 %) comparée aux autres enfants (76,2 %). Concernant la vaccination par le PCV7, l’enquête a montré que dans les familles ayant des revenus plus faibles, la couverture vaccinale était plus basse comparée à celle des familles aux revenus plus élevés (respectivement 83,2% et 97,3%  pour une dose chez les enfants d’au moins 6 mois). Les couvertures PCV7 n’étaient pas liées à l’existence d’une complémentaire santé. Cette enquête est importante car elle apporte de données nouvelles sur les déterminants de couverture vaccinale en France. Les enfants d’Ile de France appartenant à un milieu socio-économique défavorisé et ceux issus de l’immigration (quel que soit ce milieu) sont bien identifiés comme étant à risque élevé de tuberculose et correctement vaccinés par le BCG. L’association entre couverture insuffisante par le vaccin PCV7 et faible niveau de revenus sans association avec le type de couverture maladie suggère l’existence de freins à cette vaccination d’une autre nature que purement financiers.

Les couvertures vaccinales du rappel décennal diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) de l’adulte et de la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) de la jeune fille sont insuffisantes en France. L’institut de veille sanitaire (InVS) a analysé les données de l’Enquête santé et protection sociale (ESPS) conduite en 2012 par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), afin d’explorer les déterminants socio-économiques de ces vaccinations, ainsi que ceux du dépistage du cancer du col utérin par le frottis cervico-utérin (FCU). L’enquête a porté sur un échantillon aléatoire représentatif des bénéficiaires de l’assurance maladie. Les informations ont été recueillies par interview et auto-questionnaire et les données ont été redressées. Les questions relatives au dépistage (sur 3 et 5 ans) et aux vaccinations n’ont été posées qu’aux personnes âgées de 15 ans ou plus. Les données ont été analysées sur Stata 12® selon un plan de sondage incluant la pondération et l’unité primaire d’échantillonnage. Des régressions de Poisson avec variance robuste ont permis d’analyser l’association entre variables explicatives et vaccination/dépistage, et les résultats ont été exprimés par des rapports de prévalence (RP). La couverture vaccinale (CV) du rappel DTP était insuffisante (50 %) et hétérogène, diminuant notamment avec l’âge, le niveau socio-économique et dans certaines régions comme le Nord et la Méditerranée, des résultats comparables à ceux obtenus par l’enquête ESPS de 2002. La couverture du dépistage par FCU était de 72 % sur 3 ans et de 81 % sur 5 ans, confirmant les données disponibles. Les faibles revenus du ménage, l’absence de disponibilité d’une couverture complémentaire maladie privée, le faible niveau des diplômes et une obésité sévère étaient tous associés à un dépistage plus faible. La CV HPV était globalement très insuffisante (31% pour 3 doses). Les facteurs associés à une moindre vaccination étaient le fait de ne pas disposer d’une couverture complémentaire maladie privée (RP proche de 0,5), de vivre dans une famille à revenus faibles (RP proche de  0,3) et l’absence de dépistage par FCU chez la femme de référence du ménage (la mère dans 88% des cas) dans les 3 (RP proche de 0,6) ou 5 (RP proche de 0,5) dernières années. Cette enquête a montré que les jeunes filles non vaccinées contre le HPV appartiennent plutôt aux catégories sociales les plus modestes et ont plus souvent des mères non dépistées. Ces jeunes filles risquent de ne bénéficier d’aucune des 2 mesures de prévention du cancer du col, laissant présager un impact limité du programme de prévention. Les modalités actuelles de mise en œuvre de la vaccination HPV risquent ainsi de creuser les inégalités sociales de santé vis-à-vis du cancer du col utérin.

  • Guthmann JP, Pelat C, Célant N, Parent du Chatelet I, Duport N, Rochereau T, Lévy-Bruhl D. Déterminants socio-économiques de vaccination et de dépistage du cancer du col par frottis cervico-utérin (FCU). Facteurs associés au rappel décennal diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) de l’adulte et à la vaccination HPV de la jeune fille - Enquête santé et protection sociale (ESPS), 2012.

Couverture par le vaccin contre la grippe et efficacité vaccinale un an après la pandémie grippale A(H1N1), janvier 2011

L’objectif de cette enquête nationale menée par l’InVS était d’évaluer l’impact éventuel des polémiques liées à la campagne de vaccination par le vaccin pandémique réalisée en 2009 sur la couverture vaccinale par le vaccin saisonnier la saison suivante. Les données ont été recueillies en Janvier 2011 par une enquête téléphonique dans laquelle un échantillon d’environ 1000 personnes connectées à une ligne téléphonique a été inclus. Les couvertures mesurées dans les groupes cibles étaient de  61% chez les personnes âgées de 65 ans et plus, de 46,6% chez les personnes âgées de moins de 65 ans avec une affection sous-jacente ciblée par la vaccination grippale et de 27,6% chez les professionnels de santé. Ces couvertures n’étaient pas significativement plus faibles comparées à celles du vaccin saisonnier lors de la saison grippale précédente. L'efficacité du vaccin trivalent vis-à-vis des cas sévères de grippe était de 72% chez les 65+ et de 80% chez les moins de 65 ans avec une pathologie sous-jacente.  Cette enquête a montré que bien que la couverture vaccinale demeurait inférieure à l'objectif de 75% dans chaque groupe cible, il n’existait apparemment pas d’impact des controverses liées à la campagne de vaccination pandémique de 2009-2010 sur la couverture vaccinale par le vaccin saisonnier en 2010-2011.

Evaluation de la couverture vaccinale par les vaccins BCG et pneumococcique (Prevenar®) à Paris et les départements 92, 93 et 94, septembre-décembre

L’objectif de cette enquête était d’évaluer la couverture vaccinale BCG chez les enfants nés après la levée de l’obligation vaccinale et la couverture vaccinale par le Prevenar® chez les enfants âgés de 24 mois, et d’identifier les déterminants socioéconomiques de vaccination par ce dernier vaccin. Il s’agissait d’une enquête menée par l’Inserm dans le cadre de la cohorte SIRS (Santé, Inégalités et Ruptures Sociales) constituée en 2005 dans l’agglomération parisienne par l’équipe DS3 (Equipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins), UMRS 707, Inserm. Le recueil des données a été effectué pendant l'hiver 2009-2010. Les résultats ont été publiés en 2013.

Evaluation de la couverture vaccinale à Mayotte, mai-juin

L’objectif de cette enquête réalisée par la Cellule de l’InVS en Région océan Indien (Cire OI) en collaboration avec l'Agence de Santé océan Indien, le Centre Hospitalier de Mayotte et le Vice-Rectorat de Mayotte était d’estimer la couverture vaccinale pour les vaccinations recommandées chez les enfants et les adolescents résidant à Mayotte. Les données ont été recueillies par sondage en grappe selon la technique de l’OMS. Chez les enfants jusqu’à 10 ans, les informations ont été recueillies à partir des carnets de santé par un enquêteur se rendant dans les foyers sélectionnés. Pour les adolescents âgés de 14 à 15 ans, le recueil s’est fait au sein des collèges. La couverture vaccinale chez les enfants âgés de 24-59 mois pour les vaccinations obligatoires (DTP) et recommandées (coqueluche, HepB, BCG) étaient proches de 95% mais insuffisantes pour le Hib (90,5%) et le ROR (85,6%). Pour les enfants âgés de 7 à 10 ans, la couverture vaccinale était insuffisante (≤82%) sauf pour l’hépatite B et le BCG dont les valeurs étaient supérieures à 90%. Pour les adolescents de la tranche d’âge 14-15 ans, les couvertures étaient ≤75%. Les auteurs concluaient que les faibles couvertures vaccinales relevées chez les enfants âgés de 7 à 10 ans et chez les adolescents imposaient un renforcement de la politique vaccinale dans ces tranches d’âge. Une sensibilisation des professionnels de santé à la vaccination était également préconisée ainsi que la réalisation d’enquêtes périodiques afin de mieux suivre l’évolution de l’état vaccinal de la population de Mayotte.

  • Solet JL, Baroux N. Enquête de couverture vaccinale à Mayotte en 2010: Institut de veille sanitaire, avril 2011, 76 p. (Rapport en cours d’édition, sera accessible sur le site de l’InVS au premier semestre 2012).

Couverture vaccinale par les vaccins grippaux saisonniers et pandémiques et déterminants de vaccination, janvier-avril 2010

L’objectif principal de cette enquête nationale menée par l’InVS a été de mesurer les couvertures vaccinales saisonnière et pandémique lors de la saison grippale 2009-2010 c'est-à-dire pendant la pandémie A(H1N1). Il s’agissait d’une enquête téléphonique menée sur un échantillon aléatoire de la population de France métropolitaine. Environ 3000 personnes dans deux catégories d’âge (<5 ans et 5 ans ou plus) ont été incluses entre janvier et avril 2010. Les couvertures vaccinales par le vaccin contre la grippe saisonnière étaient de 62,6% chez les sujets âgés de 65 ans ou plus, de 35,5% chez les personnes de moins de 65 ans atteints d’une maladie chronique ciblée par la vaccination grippe et de 33,9% chez les professionnels de santé. Concernant la grippe pandémique, ces couvertures étaient globalement de 11,1%, de 12,2% chez les sujets à risque de grippe grave, de 29,8% chez les professionnels de santé et de 12,8% chez les femmes enceintes. Cette enquête a permis de confirmer les faibles couvertures vaccinales par le vaccin saisonnier et aussi par le vaccin pandémique, cette dernière donnée confirmant celles issues d’autres sources. L’enquête a aussi identifié certains facteurs liés à la non vaccination. 

Couverture vaccinale à La Réunion, août-septembre

L’objectif de cette enquête coordonnée par l’Observatoire Régional de la Santé de La Réunion et réalisée en collaboration avec la Cellule de l’InVS en Région (Cire Océan Indien) était d’estimer la couverture vaccinale pour les vaccinations recommandées chez les enfants et les adultes résidant à La Réunion. L’enquête a utilisé la méthode par sondage en grappe recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’évaluation des Programmes Elargis de Vaccination. Les informations ont été recueillies à partir des carnets de santé par un enquêteur se rendant dans les foyers sélectionnés. L’analyse a portée sur 1004 individus de 4 tranches d’âge : 24-59 mois, 7-8 ans, 14-15 ans, 19-28 ans. Dans ces 4 catégories, les couvertures vaccinales étaient respectivement les suivantes : DTP : 95,9%, 78,7%, 84,9%, 68,3% ; coqueluche : 95,5%, 97,0%, 71,6%, 49,4% ; Hib (non mesurée au delà de 15 ans) : 91,3%, 86,0%, 66,5% ; hépatite B : 69,1%, 71,1%, 77,8%, 86,8% ; rougeole (2 doses) : 76,6%, 94,0%, 91,3%, 70,2% ; pneumocoque chez les 24-59 mois : 76,6% ; BCG : 55,1%, 96,2%, 97,9%, 98,1%. Cette enquête a permis d’actualiser les données de couverture vaccinale à la Réunion, et de mettre en évidence des insuffisances de couverture pour certains vaccins, notamment au-delà de 6 ans et chez le jeune adulte. Les auteurs proposaient une stratégie de rattrapage en fonction de l’âge. Ils recommandaient également la réalisation d’enquêtes périodiques notamment chez les jeunes adultes, afin de suivre de manière plus régulière les pratiques vaccinales et de mieux sensibiliser les vaccinateurs et les populations.

Evaluation des pratiques vaccinales et de la couverture vaccinale des enfants suivis par les médecins du réseau Sentinelles, juillet-septembre

L’objectif de cette enquête menée par l’U707 de l’Inserm en collaboration avec l’InVS était d’évaluer la couverture vaccinale et les déterminants de la vaccination BCG chez les enfants cible de cette vaccination. Les médecins du réseau Sentinelles qui acceptaient de participer recevaient un questionnaire recueillant des informations sur leur pratique et sur les caractéristiques des trois derniers enfants de moins de 2 ans vus en consultation. Au total, 920 enfants ont été inclus dont 261 (31%) étaient éligibles pour la vaccination BCG. Parmi ceux-ci,  44 étaient vaccinés par le BCG (59% en Ile-de-France, 32% en dehors de l’Ile-de-France). La probabilité d’être vacciné était augmentée chez les enfants de plus de 6 mois (OR = 3,4 [1,4-8,6]), chez les enfants habitant en Ile-de-France (OR = 14,7 [4,4-49,5]), chez ceux devant faire un séjour dans un pays à forte endémie tuberculeuse (OR = 3,5 [1,4-8,6]), et chez ceux considérés à risque par le médecin pour des raisons sociales autres (OR = 19,9 [6,2-63,9]). Le nombre de critères des recommandations cités par le médecin (OR = 1,4 [1,1-1,9]) et sa perception que la tuberculose était une maladie fréquente (OR = 2,2 [1,1-4,5]) augmentaient la probabilité d’être vacciné. La possession d'un diplôme ou d'une capacité universitaire en maladies infectieuses diminuait cette probabilité (OR = 0,14 [0,1 - 0,4]). Cette enquête concluait que la réussite de la politique de vaccination ciblée par le BCG passerait par un renforcement des actions menées sur les déterminants mis en évidence dans cette étude.

  • Rossignol L, Guthmann JP, Kernéis S, Aubin-Auger I, Lasserre A et al. Barriers to implementation of the new targeted BCG vaccination in France: a cross sectional study. Vaccine 2011; 29:5232-7

Couverture vaccinale des soignants travaillant dans les établissements de soins de France. Enquête nationale Vaxisoin, avril-octobre 2009

Cette enquête, menée par l’InVS en collaboration avec le Groupe d’Etudes sur le Risque d’Exposition des Soignants aux Agents Infectieux (GERES) a permis de mesurer les couvertures vaccinales recommandées chez les médecins, les infirmiers, les aides-soignants et sages-femmes. Il s’agissait d’une enquête transversale par sondage aléatoire à deux degrés, stratifié. Au premier degré, 35 établissements de santé ont été sélectionnés dans cinq strates définies par le type d’établissement. Au deuxième degré, 1127 personnes ont été sélectionnées dans quatre professions et trois secteurs d’activité. Le recueil de données a été fait par une interview en face-à-face, complétée par des données recueillies auprès du médecin du travail. D’avril à octobre 2009, 183 médecins, 110 infirmiers, 58 sages-femmes et 101 aides-soignants ont été inclus. La couverture par le vaccin contre l’hépatite B était de 91,7%, sans différence significative chez les soignants de chirurgie comparée aux autres secteurs et chez les chirurgiens et les anesthésistes comparée aux médecins. Pour les autres vaccinations obligatoires, elle était de 95,5% pour le rappel dTP et de 94,9% pour le BCG. Pour les vaccinations recommandées, la couverture vaccinale était de 11,4% pour le rappel décennal DTP associant la valence coqueluche, de 49,7% pour au moins une dose de vaccin rougeole, de 29,9% pour la varicelle et de 25,6% pour la grippe. Les soignants plus jeunes étaient mieux vaccinés par les vaccins coqueluche et rougeole, ceux travaillant en pédiatrie-maternité étaient mieux vaccinés contre la grippe et la coqueluche. L’enquête a conclu que les soignants étaient globalement bien couverts par les vaccinations obligatoires, mais très insuffisamment par les vaccinations recommandées. Les auteurs recommandaient de renforcer la politique vaccinale pour ces dernières vaccins ainsi que de mieux documenter le statut vaccinal pour ces vaccinations dans toutes les professions.

Couverture vaccinale BCG chez les enfants nés après la suspension de l’obligation vaccinale et suivis dans  les PMI de France, avril-juin 2009

L’objectif de cette enquête était d’estimer la couverture vaccinale par le BCG chez les enfants suivis dans les centres de PMI, nés après la suspension de l’obligation vaccinale et ciblés par cette vaccination. Elle a été menée par l’InVS en collaboration avec les Services Départementaux de PMI des Conseils Généraux. Il s’agissait d’une enquête nationale par sondage stratifiée sur l’inter-région dans laquelle les enfants ont été sélectionnés par sondage aléatoire à plusieurs degrés. Les informations ont été recueillies par le médecin consultant à travers un questionnaire structuré. La couverture BCG était de 89,8% en Ile-de-France et de 61,7% en dehors de l’Ile-de-France. Cette enquête a montré que 2 ans après le changement de politique vaccinale, les couvertures vaccinales BCG étaient élevées, bien que sub-optimales, chez les enfants suivis en PMI en l’Ile-de-France. Elles étaient par contre insuffisantes chez ceux suivis en PMI en dehors de l’Ile-de-France. L’enquête concluait qu’il était nécessaire de poursuivre les efforts de diffusion des recommandations vaccinales et d’amélioration de la formation pratique des médecins à la réalisation du BCG intradermique.

Couverture vaccinale des étudiants en santé en stage dans les hôpitaux de l’AP-HP en 2009. Enquête Studyvax, mars-juillet 2009

Cette enquête transversale a été menée par le Centre d’Investigation Clinique en Vaccinologie Cochin Pasteur en collaboration avec l’InVS auprès d’un échantillon d’étudiants en médecine, en soins infirmiers et élèves sages-femmes en stage dans un hôpital de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Toutes les élèves sages femmes des 15 hôpitaux possédant une maternité ont été enquêtées, alors que les étudiants en médecine et en soins infirmiers ont été sélectionnés par sondage aléatoire à trois degrés dans 10 hôpitaux. Les données ont été recueillies par des interviews en face-à-face et vérifiées par un document de santé. Au total, 432 étudiants ont été inclus. Les couvertures vaccinales étaient pour les vaccins obligatoires de 95,9% pour le dernier rappel DTP, de 93,6% pour le BCG et de 91,8% pour au moins 3 doses d’hépatite B. Pour les vaccinations recommandées, les couvertures étaient de 44% pour le rappel coqueluche de 11-13 ou 16-18 ans, de 39,6% pour la grippe et de 79,3% pour la 1ère dose de rougeole. Cette enquête a permis de montrer que chez les étudiants en santé soumis aux mêmes recommandations que les professionnels de santé en poste, la couverture était élevée pour les vaccinations obligatoires mais nettement insuffisante pour les vaccinations recommandées. Les auteurs préconisaient une meilleure application des recommandations vaccinales dans cette population.

Couverture vaccinale des enfants et adolescents scolarisés en Guyane française, mars

L’enquête a été réalisée par la Cellule de l’InVS en Région (Cire Antilles-Guyane) en collaboration avec l’ARS de Guyane, le rectorat, l’Institut Pasteur de Guyane, la Croix-Rouge française et le Conseil Général de Guyane. L’objectif était d’estimer la couverture vaccinale pour les vaccinations recommandées chez les enfants de trois niveaux scolaires (CP, 6ème, 3ème). L’ensemble des enfants scolarisés dans les classes concernées des établissements de la Guyane a été enquêté. Les données relatives au statut vaccinal ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire standardisé administré par le personnel de santé scolaire à partir du carnet de santé ou de vaccination de l’élève. L’effectif était de 3655, 3174 et 2392 enfants dans chaque niveau scolaire. Les couvertures vaccinales des élèves scolarisées en CP, 6ème et 3ème étaient les suivantes (respectivement dans ces trois niveaux) : BCG : 95,3%, 91,7%, 89,2% ; DTP : 28,9%, 33,3%, 69,6% ; Coqueluche : 92,6%, 61,4%, 63,7% ; Hib : 76,9%, 47,3%, 19,8% ; Hépatite B : 79,4%, 78,4%, 67,5% ; RRO 2 doses : 82,8%, 86,2%, 84,5% ; Fièvre jaune : 94,7%, 82,9%, 87,8%. Les auteurs de cette enquête comparaient les résultats avec ceux d’une enquête réalisée en Guyane en population générale en 2000 et constataient, tout en soulignant les différences méthodologiques entre les deux enquêtes, des évolutions significatives pour les vaccinations comme le ROR, la fièvre jaune, l’hépatite B ou Hib pour lesquelles on constatait une nette amélioration de la couverture particulièrement dans les zones de l’intérieur. Ils concluaient qu’il était nécessaire de poursuivre les efforts afin de continuer à améliorer la couverture vaccinale pour l’ensemble des valences et atteindre les objectifs fixés par l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) lors de l’élaboration du plan d’action du Programme Elargi de Vaccination (PEV) en Guyane.

  • Couverture vaccinale des enfants et adolescents en Guyane française : résultats de l’enquête en milieu scolaire dans les classes de CP, 6ème et 3ème, 2009 (Rapport en cours de finalisation, sera accessible sur le site de l’InVS au premier semestre 2012).

Couvertures vaccinales anti-pneumococcique et antitétanique chez les résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées de Bourgogne et Franche-Comté, janvier

L’objectif de cette enquête conduite par la Cellule de l’InVS en région (Cire Centre Est) en collaboration avec les épidémiologistes de l’Unité des Maladies à Prévention Vaccinale de l’InVS était d’évaluer les couvertures vaccinales anti-pneumococcique et antitétanique des personnes âgées de 65 ans et plus relevant des recommandations vaccinales et résidant dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées de Bourgogne et Franche-Comté. Il s’agissait d’une étude transversale sur un échantillon représentatif de 500 personnes sélectionné par sondage aléatoire à deux degrés. Cinquante établissements ont été tirés au sort au premier degré, alors qu’au deuxième degré 10 résidents ont été sélectionnés par tirage aléatoire simple dans chaque établissement sélectionné. Les données vaccinales ont été recueillies à partir des dossiers médicaux par un enquêteur sur place. La moyenne d’âge des résidents était de 86 ans et trois quarts d’entre eux étaient des femmes. Plus d’un tiers des résidents relevaient de la vaccination anti-pneumococcique. La couverture vaccinale antipneumococcique chez ces résidents à risque était de 27%. La couverture vaccinale antitétanique chez les résidents était de 44%. Cette étude a permis de mettre en évidence une faible couverture vaccinale anti-pneumococcique et antitétanique des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées de Bourgogne et Franche-Comté. Les auteurs préconisaient des actions de promotion de ces vaccinations afin de prévenir le risque d’infection vis-à-vis de ces deux maladies chez les personnes âgées vivant en institution.

Couverture vaccinale contre le méningocoque C et obstacles à l’accès à la vaccination, département de Seine Maritime, octobre 2008-juin 2009

Cette enquête transversale a été menée par l’InVS en collaboration avec le CHU de Rouen et la Ddass de Seine Maritime. Elle avait pour objectif principal de mesurer la couverture vaccinale par le vaccin contre les infections invasives à méningocoque (IIM) C dans la ville de Dieppe et les 6 communes environnantes, moins touchées par les IIM C que le reste du département. L’enquête, qui cherchait aussi à  décrire les principales raisons de vaccination et de non vaccination, a été menée dans les lieux de vaccination par le vaccin MenBvac® utilisé contre les IIM du groupe B. Des enfants et jeunes adultes (1-19 ans) ont été sélectionnés par sondage systématique, et les données recueillies dans un questionnaire. La couverture vaccinale par le vaccin contre les IIM C était de 22,3%. Chez les enfants non vaccinés, la principale cause de non vaccination était l’absence de discussion de cette question avec le médecin traitant (52%), le coût du vaccin était la principale cause dans 19% des cas. Chez les enfants vaccinés, c’est le conseil par un médecin libéral qui était la principale raison de vaccination (80%). Des difficultés financières pour acheter le vaccin avaient été éprouvées par 24% des familles. Cette enquête a montré que les couvertures vaccinales contre le méningocoque C étaient faibles (en particulier pour expliquer la faible incidence des IIM C dans cette zone), que le rôle du médecin traitant dans la décision de vacciner un enfant était essentiel et que les facteurs économiques étaient très probablement un élément important dans la décision de se faire vacciner.

Couverture vaccinale par le vaccin contre la grippe chez le personnel de santé el les résidents des maisons d’hébergement pour personnes âgées (EPHAD), mars

L’objectif de cette enquête était de mesurer la couverture vaccinale par le vaccin contre la grippe chez les professionnels de santé et les résidents des établissements pour personnes âgées. Un autre objectif était d’identifier des déterminants de non-vaccination. Un questionnaire a été envoyé aux responsables d’un échantillon stratifié d’établissements situés en France métropolitaine. Ceux-ci devaient le compléter avec les données vaccinales des personnels et des résidents de l’établissement dont ils avaient la charge. La couverture était de 33,6% chez les professionnels de santé, variant par profession (médecins : 69%, ; infirmiers : 46% ; aides-soignants : 34%). Elle était plus élevée dans les résidences privées, quand la vaccination était offerte gratuitement, dans les résidences de petite taille et lorsque des sessions de formation et de réunions d’information sur la grippe avec le personnel étaient organisées. La couverture vaccinale des résidents était de 91%. Cette enquête a confirmé les couvertures insuffisantes par le vaccin grippal chez les professionnels de santé. Les auteurs recommandaient d’améliorer la communication sur les recommandations de vaccination contre la grippe afin d’augmenter l’adhésion du personnel à ces recommandations. Ils suggéraient de cibler les campagnes de promotion de la vaccination sur les catégories les moins bien vaccinées, c'est-à-dire les infirmiers et les aides-soignants.

Couverture vaccinale BCG en médecine libérale : premières données chez le nourrisson, sept mois après la levée de l’obligation vaccinale en France, février 

Suite à la suspension de l’obligation vaccinale et en l’absence d’outils adaptés permettant d’identifier précocement une baisse de la couverture vaccinale chez les enfants ciblés par la vaccination, une enquête a été menée chez des enfants suivis par des médecins libéraux abonnés au réseau Infovac-France. Cette enquête, menée en collaboration avec l’Association Clinique et Thérapeutique Infantile du Val de Marne (ACTIV), avait pour objectif principal d’estimer la couverture vaccinale BCG en milieu libéral chez les enfants ciblés par la recommandation nés après la suspension de l’obligation vaccinale. Chaque médecin devait inclure entre six et 12 enfants de 2 à 23 mois vus en consultation. Le questionnaire était saisi en ligne, les données analysées après redressement de l’échantillon. La couverture vaccinale BCG chez les enfants répondant aux nouvelles recommandations vaccinales et suivis en médecine libérale était globalement de 68%. Elle était de 77% chez ceux nés entre l’arrêt de commercialisation du BCG par multipuncture et la suspension de l’obligation vaccinale et de 58% chez les enfants nés après la suspension de l’obligation vaccinale (68% en Iˆle-de-France [IDF], 48% hors IDF. Cette enquête apportant les premières données 7 mois après le changement de politique vaccinale suggérait des couvertures insuffisantes chez les enfants suivis en médecine libérale et nés après la suspension de l’obligation vaccinale. Ces résultats, même s’ils devaient être interprétés avec prudence du fait de l’échantillon particulier de médecins et des limites méthodologiques propres à l’enquête, plaidaient en faveur du renforcement de la communication autour de la nouvelle politique vaccinale.

Enquête de couverture vaccinale suite à la campagne de vaccination contre le méningocoque C dans les Landes, les Pyrénées Atlantiques, et les Hautes Pyrénées, mai

Cette enquête réalisée par l’InVS en coordination avec les Ddass et Drass concernées s’intégrait dans une évaluation plus large visant à évaluer l’impact de la campagne de vaccinations contre le méningocoque C  réalisée la même année. Un sondage  à deux degrés a été réalisé chez les jeunes de 6 à 20 ans des établissements scolaires de chaque département. L’échantillon a été stratifié selon les zones géographiques définies d’après la présence des cas d’IIM C. Les informations ont été recueillies par auto-questionnaire. Pour les enfants des écoles primaires vaccinés pendant la campagne, les couvertures vaccinales étaient de 87,5% dans les Landes, de 78,7% dans les Pyrénées Atlantiques, de 82,0% dans les Hautes Pyrénées. Pour les enfants du secondaire vaccinés pendant la campagne, ces couvertures étaient de 86,2% dans les Landes, de 80,4% dans les Pyrénées Atlantiques, de 83,7% dans les Hautes Pyrénées. En tenant compte des vaccinations antérieures à la campagne, la couverture vaccinale en primaire et en secondaire étaient respectivement de 94,1%-93,7% dans les Landes, de 91,6-87,7% dans les Pyrénées Atlantiques et de 87,7%-87,1% dans les Hautes Pyrénées. Les auteurs notaient  la bonne adhésion de la population à cette campagne de vaccination réalisée dans l’urgence, les raisons de non-vaccination étant surtout la crainte d’effets secondaires des vaccins. Ils soulignaient l’intérêt de la méthode des sondages, dont les résultats sont dépendants des conditions d’organisation de la campagne de vaccination, et qui permet une estimation précise de la couverture avant campagne. 

Couverture vaccinale diphtérie, tétanos, poliomyélite chez l’adulte

Il existe peu de données de couverture vaccinale chez l’adulte. En 2007, l’InVS a analysé les données issues de l’enquête Santé et protection sociale réalisée par l’IRDES en 2002 sur un échantillon représentatif des ménages de France métropolitaine. Les informations sur la vaccination ont été recueillies à l’aide d’un auto-questionnaire chez les personnes de 16 ans ou plus. L’enquête a montré que la proportion de personnes vaccinées depuis moins de 15 ans, c’est à dire considérées comme couvertes par la vaccination, était nettement insuffisante, de 71,2% pour le tétanos, de 41,9 % pour la poliomyélite et de 33,7 % pour la diphtérie. Les données de cette enquête ont été utilisées pour rechercher des facteurs associés à la couverture vaccinale tétanos et à la connaissance du statut vaccinal tétanos. Deux variables démographiques étaient uniquement associées à la couverture vaccinale (meilleure couverture chez les hommes et dans certaines régions de résidence), alors que deux variables socioéconomiques étaient associées uniquement à la connaissance du statut vaccinal (meilleure connaissance chez les personnes de familles aux revenus élevés et chez les cadres/professions libérales et les employés). La couverture vaccinale et la connaissance du statut baissaient toutes les deux avec le niveau d’études bas, chez les résidents des grosses agglomérations et chez ceux ne bénéficiant pas d’une couverture complémentaire privée. Ces deux indicateurs étaient tous deux associés à l’âge mais dans un sens opposé. Les auteurs de ce travail concluaient que les facteurs influençant la couverture vaccinale tétanos étaient plutôt des facteurs démographiques alors que les facteurs socioéconomiques semblaient influencer surtout la connaissance du statut vaccinal. Ces informations pourraient être utiles pour cibler des actions de santé publique et adapter les messages sur les groupes les moins couverts et les moins bien informés. 

Enquête de couverture vaccinale en Guyane, octobre

Cette enquête conduite par la Cellule de l’InVS en région (Cire Antilles Guyane) avec l’appui des épidémiologistes de l’Unité des Maladies à Prévention Vaccinale de InVS et en collaboration avec la Ddass et le Conseil Général de Guyane avait pour objectif d’estimer la couverture vaccinale pour les vaccinations recommandées dans différentes classes d’âge et dans les deux zones de Guyane, le littoral et l’intérieur. Dans la zone littorale, la méthode de sondage en grappe utilisée par l’OMS pour l’évaluation des Programmes Elargis de Vaccination a été choisie. Dans la zone intérieure, tous les enfants scolarisés appartenant à la population de l’étude ont été sélectionnés (sondage exhaustif) à partir des listes d’inscription dans les établissements primaires. Les informations ont été recueillies par un enquêteur sur place à partir d’un document de vaccination. Les résultats très nombreux de cette enquête figurent dans un rapport accessible en ligne. L’enquête a montré des couvertures insuffisantes pour certains antigènes et de façon générale des couvertures plus basses dans les communes de l’intérieur comparées au littoral. Des recommandations afin d’améliorer ces couvertures étaient formulées. 

Dossier Couverture vaccinale

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