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Couverture vaccinale

Publié le 07/03/2012 - Dernière mise à jour le 25/08/2015

Sources de données

Sources de données classiques

Chez le petit enfant (0-24 mois) : les certificats de santé de l’enfant

Parce que les vaccinations du petit enfant s’effectuent dans la première et au cours de la deuxième année de vie, l’évaluation de la couverture vaccinale du petit enfant s’effectue à l’âge de 2 ans à partir des certificats de santé du 24ème mois. Depuis que les bases de données des certificats de santé du 9ème mois sont disponibles à l’InVS, les certificats du 9ème mois sont aussi utilisés. Ces certificats sont remplis par les médecins des secteurs privés (médecins libéraux) et publics (Protection Maternelle et Infantile, PMI). Les données de chaque certificat sont ensuite saisies dans une fiche informatique individuelle et analysées par le Service départemental de PMI du Conseil Départemental dans chaque département. Le fichier départemental constitué est transmis à la Direction de la recherche, l’éducation, l’évaluation et les statistiques (DREES) du Ministère chargé de la santé. Les fichiers départementaux sont fusionnés dans un fichier national unique dont les données vaccinales (type d’antigène et nombre de doses) et sociodémographiques sont transmises à l’Unité des maladies à prévention vaccinale de l’InVS pour analyse.
En raison du nombre élevé de certificats analysés (environ 244 000 certificats du 24ème mois ont été analysés en 2013, soit environ un tiers des naissances), cet outil permet des estimations départementales. Il permet également des estimations régionales, sous réserve que des couvertures vaccinales aient été estimées dans chaque département. Ainsi, en 2013, parmi les 26 régions françaises, des estimations complètes pour toutes les valences n’ont pu être réalisées que dans 10 régions, dans 8 autres régions des estimations régionales n’ont pu être réalisées que pour certaines valences et dans 8 régions, aucune estimation n’a été faite pour aucune vaccination. Ses principales limites sont d’une part qu’il est peu réactif aux modifications du calendrier vaccinal et d’autre part le délai long nécessaire à la diffusion des données après remplissage des carnets de santé, d’environ 16 mois.

Chez le grand enfant et l’adolescent (2-15 ans) : les données du cycle d’enquêtes scolaires

Ces données sont recueillies à travers un cycle d’enquêtes qui sont le fruit d’une collaboration entre le Ministère chargé de la santé et le Ministère de l’Education. Dans ce cycle d’enquêtes initié en 2000, une enquête est réalisée alternativement chez les enfants des classes de grande section de maternelle (GSM, 6 ans), de cours moyen 2ème année (CM2, 11 ans) et de classe de 3ème (15 ans). Les dernières données analysées concernent l’enquête en en GSM conduite en 2012-2013. D’abord triennal (soit une enquête tous les 3 ans dans chaque niveau), il est devenu plus espacé en 2012 (une enquête tous les 6 ans dans chaque niveau). Le recueil de données est effectué dans chaque école sélectionnée par tirage au sort par les infirmières et médecins de l’Éducation nationale. La saisie des données dans un fichier national est coordonnée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère de la Santé. Les données vaccinales et sociodémographiques de ce fichier sont ensuite transmises à l’Unité des maladies à prévention vaccinale de l’InVS pour analyse.
Ces enquêtes représentent un outil d’estimation important chez le grand enfant, notamment parce qu’elles sont ciblées sur des périodes clées du développement de l’enfant (entrée à l’école primaire, préadolescence et adolescence). Par contre, la taille de l’échantillon ne permet pas d’estimer des couvertures régionales, sauf pour les enquêtes et GSM.

Chez le jeune adulte de plus de 15 ans et chez l’adulte : les enquêtes en population

Chez les personnes de plus de 15 ans et en dehors de données de remboursements de vaccins ou des données sur la couverture vaccinale grippe recueillies chaque année par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CnamTS) ou provenant des enquêtes annuelles réalisées par le Groupe d’Expertise et d’Information sur la Grippe (GEIG), les seules données vaccinales nationales sont celles qui proviennent de trois grandes enquêtes en population.

  • Les enquêtes santé de l’Insee (enquête décennale santé dont la dernière a été conduite en 2002-2003 et enquête handicap santé 2008-2009) étaient réalisées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ces enquêtes sont dans un processus de refonte et leur format actuel est en cours de modification.
  • L’Enquête Santé et Protection Sociale est réalisée par Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES) tous les deux ans. Des questions vaccinales ont été intégrées au questionnaire en 2002 et 2012. La dernière enquête de 2012 a intégré des questions sur le rappel décennal DTP de l'adulte et sur la vaccination HPV de la jeune fille.
  • Le Baromètre santé est une enquête téléphonique nationale conduite par l’Inpes depuis 1992 sur un échantillon de personnes résidant en France métropolitaine. Des Baromètres santé spécifiques aux médecins généralistes permettent de recueillir des données chez ces professionnels de santé. En 2014, un Baromètre spécifique a été réalisé dans les départements d’outre-mer. Ces enquêtes recueillent des informations sur différentes thématiques et notamment sur les vaccinations. Elles donnent lieu à des publications accessibles sur le site de l’Inpes.

Dans ces enquêtes en population générale, dont les objectifs généraux sont de décrire l’état de santé, les comportements, les connaissances, les opinions et les recours aux soins de la population, les données vaccinales ne sont pas recueillies systématiquement et lorsqu’elles le sont, elles ne constituent qu’une petite portion des informations collectées. L’insuffisance de données de couverture vaccinale chez l’adulte nécessite la mise en place d’autres dispositifs. L’évaluation de la couverture vaccinale dans cette catégorie de population reposera sur des outils nouveaux qui font actuellement l’objet d’évaluations et nécessiteront des développements spécifiques. A noter également, parmi ces enquêtes en population, le démarrage en 2011 de l’Etude longitudinale française depuis l’enfance (ELFE) qui documente notamment l’état vaccinal d’une cohorte de 18 000 enfants suivis pendant 20 ans.

A tout âge : les enquêtes par sondage

Les enquêtes par sondage sont nécessaires lorsque des données ne peuvent être obtenues par d’autres moyens. Dans ces enquêtes, les données sont recueillies sur un échantillon de la population. Lorsque celui-ci a été sélectionné par tirage au sort, les résultats peuvent être extrapolés à l’ensemble de cette population. Ces enquêtes peuvent être adaptées spécifiquement au type d’information que l’on recherche et fournir des données très complètes (par exemple les dates de vaccination pour chaque dose reçue, ou des facteurs sociodémographiques éventuellement associés à la vaccination). Par contre, elles peuvent nécessiter des compétences en épidémiologie et en statistiques afin de réaliser un plan de sondage adéquat et une analyse adaptée. Elles sont aussi consommatrices de temps et peuvent être assez couteuses. De nombreuses enquêtes par sondage ont été réalisées ces dernières années par l’InVS en collaboration avec d’autres institutions.

Nouvelles sources de données

Achats de vaccins

Le nombre de doses de vaccins achetés dans le secteur privé est compilé chaque mois par le Groupement pour l’Elaboration et la Réalisation de Statistiques (GERS) et transmis à l’InVS. Il s’agit de données exhaustives d’achats par les pharmacies d’officine auprès des grossistes et des laboratoires pharmaceutiques. Ces achats mensuels sont déclinés par département et par unité  géographique administrative (UGA) regroupant une trentaine de pharmacies. Elles ne comportent pas des informations telles que l’âge de la personne vaccinée, son sexe ou son rang dans la fratrie, ce qui en constitue une limite importante. Bien qu’elles soient utiles pour suivre les tendances de l’activité vaccinale (tous les autres éléments restant inchangés, une augmentation des achats suggère une amélioration de la couverture), ces données ne permettent pas d’estimer directement la couverture vaccinale, du fait de l’absence de dénominateur. Elles ont été utilisées par exemple pour suivre indirectement la couverture vaccinale BCG après la suspension de l’obligation vaccinale par ce vaccin en juillet 2007.
Les données concernant les achats de vaccins par le secteur public sont fournies à l’InVS par les laboratoires pharmaceutiques. Il s’agit pour l’essentiel des vaccins utilisés dans les centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI). Elles permettent de compléter les analyses effectuées à partir des achats de vaccins dans le secteur privé.

Remboursements de vaccins

La mise à disposition de l’InVS des bases de données informationnelles de l’Assurance maladie qui contiennent les données de remboursements de vaccins lui permet d’estimer les couvertures vaccinales dans le secteur privé de manière très réactive. Ce dispositif est particulièrement intéressant pour détecter rapidement des modifications de couverture vaccinale, et pour évaluer la couverture vaccinale des vaccins récemment introduits dans le calendrier vaccinal (et donc admis au remboursement). Cette évaluation repose en 2015 sur l’Echantillon généraliste des bénéficiaires, échantillon aléatoire au 1/97ème d’assurés sociaux. Ce dispositif, dans lequel les individus sont suivis pendant 20 ans, permet de relier les caractéristiques administratives et socio-démographiques des bénéficiaires à leur consommation de soins (et donc celle de vaccins) au cours du temps. Depuis 2013, l’InVS a accès au datamart de consommation inter-régime (DCIR), c'est-à-dire à la base exhaustive des consommations de soins remboursés par l’assurance maladie. Les données individuelles et détaillées de la quasi-totalité des bénéficiaires ayant consommé des soins au cours des trois années antérieures ou de l’année en cours sont présentes dans cette base. Celle-ci, en raison de son effectif important et du caractère individuel des données, devrait permettre des analyses plus approfondies, notamment pour des niveaux géographiques départementaux, voire infra-départementaux. Les premiers résultats de ce travail ont été obtenus en 2015 avec la production d’estimations départementales pour le vaccin méningocoque C.

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