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Grippe aviaire

Publié le 08/06/2006 - Dernière mise à jour le 18/12/2015

Point sur les connaissances

L’influenza aviaire désigne la maladie due aux virus influenza (grippe) de type A qui infectent les oiseaux sauvages et domestiques. Ces virus sont transmissibles entre oiseaux et plus rarement à des mammifères dont l'homme. Cependant, des infections humaines sporadiques avec un virus aviaire ont lieu. On parle alors de grippe aviaire.

Chez l’oiseau

Les virus influenza aviaires circulent naturellement chez les oiseaux aquatiques sauvages qui ne sont habituellement pas malades. Par contre, l’infection peut entrainer des maladies et même tuer certaines espèces d'oiseaux domestiques dont, par exemple, le poulet. Les virus de l'influenza aviaire sont classés en deux catégories : virus influenza aviaire faiblement pathogène (LPAI) et virus de l'influenza aviaire hautement pathogène (HPAI). Ces catégories se rapportent aux caractéristiques spécifiques du virus et à sa capacité à causer une maladie et à tuer les poulets dans des conditions expérimentales. L’infection des volailles par un virus de l'influenza aviaire faiblement pathogène ne cause aucune maladie ou une forme clinique bénigne (ex : baisse de la production d’œufs) et peut ne pas être détectée. L’infection des volailles par un virus de l'influenza aviaire hautement pathogène cause une maladie grave avec une mortalité élevée. Les virus de l’influenza aviaire hautement et faiblement pathogènes peuvent se propager rapidement à travers les élevages de volailles.

Chez l’homme

Treize virus influenza aviaires se sont montrés capables de franchir la barrière d’espèce et d’infecter l’Homme à ce jour, avec un nombre de cas confirmés variable selon le sous-type viral. Parmi eux, les virus A(H5N1) hautement pathogènes pour le poulet (lignée Gs/Gd/1/96), A(H7N9) faiblement pathogène (FP) et A(H7N9) HP sont à l’origine du plus grand nombre de cas (860, 1535 et 32 respectivement, en date du 15 mai 2018) (source : ECDC). Vingt-neuf pays répartis sur 6 continents ont déclaré des cas de grippe aviaire (autochtones ou importés) depuis 1958. Pour la majorité d’entre eux, l’exposition a eu lieu en Chine, en Asie du sud-est et en Egypte. Aucun cas de grippe humaine à virus influenza aviaire n’a été déclaré en France à ce jour.

Les cas de grippe aviaire sont généralement primaires, suite à une exposition à des oiseaux infectés ou un environnement contaminé, notamment dans le cadre de marchés aux volailles vivantes. A l’heure actuelle, aucun virus aviaire n’est capable d’initier une transmission interhumaine soutenue. Néanmoins, les capacités élevées de mutation et de réassortiment des virus influenza aviaires n’excluent pas l’émergence d’un virus capable d’être transmis efficacement d’homme à homme, ce qui pourrait être à l’origine d’une nouvelle pandémie.

Quatre sous-types de virus aviaires présentent des caractéristiques épidémiologiques qui justifient une vigilance accrue : A(H5N1) HP, A(H7N9) HP et FP et A(H5N6) HP.
Pour plus d’informations, consulter le dernier rapport scientifique de l’ECDC sur ce sujet.

Le virus H7N9 faiblement pathogène (FP) pour les poulets a émergé en Chine en 2013 à la suite de réassortiments entre plusieurs virus aviaires (dont H9N2, un autre sous-type à potentiel zoonotique). Il touche principalement les poulets (les palmipèdes semblent peu sensibles à l’infection). Depuis, six vagues hivernales se sont succédées, caractérisées par une des épisodes de transmission à l’homme. Les facteurs de risque associés à l’infection sont un contact étroit avec des volailles vivantes ou mortes et la fréquentation de marchés aux volailles vivantes). De rares cas de transmission interhumaine et une dispersion géographique croissante en Chine ont été observés. En cinq ans, le virus H7N9 faiblement pathogène a causé deux fois plus de cas humains que le virus H5N1 depuis sa réémergence en 2003. Depuis 2013 et en date du 15 mai 2018, 1567 cas humains virologiquement confirmés ont été notifiés à l’OMS (source : ECDC, 15/05/2018). Tous les cas humains se sont produits suite à une exposition en Chine, y compris les 3 cas détectés en dehors de Chine (2 au Canada et 1 en Malaisie).

Un nouveau virus H7N9 hautement pathogène (HP) pour le poulet et dérivé des virus H7N9 FP circulants a émergé en décembre 2016 dans la province de Guangdong en Chine. Sa propagation géographique reste limitée pour le moment, mais 32 cas humains infectés par ce virus H7N9 HP ont déjà été détectés en Chine continentale et à Taiwan (ECDC, 15/05/2018). A ce jour, ni la virulence ni la transmissibilité chez l’homme de ce nouveau virus HP ne semblent différentes de celles du virus FP (ECDC, 15/05/2018).

Les virus H7N9 FP et HP sont à l’origine de 569 décès à ce jour (létalité de 36%). En raison de leur incapacité à initier une transmission interhumaine soutenue, le risque de propagation en Europe suite à un cas importé de Chine est actuellement considéré comme faible par l’ECDC.

Épizootie A(H5N1) hors France

Le virus A(H5N1) de la lignée Gs/Gd/1/96 à l’origine de l’épizootie actuelle - épidémie touchant des animaux - circule sous une forme hautement pathogène pour le poulet (HP)  et s’est manifestée à Hong-Kong en 1997 pour la première fois. Le 12 décembre 2003, l’Office international des épizooties (OIE) était alerté par les services vétérinaires de Corée du Sud d’une mortalité importante de volailles dans des élevages industriels proches de Séoul. A la fin du mois de décembre 2003, la présence du virus A(H5N1) y était confirmée. Par la suite, de nombreux pays ont signalé des foyers de grippe aviaire sur leur territoire, marquant le début de la propagation de l’épizootie qui s’est donc étendue de l’Asie, à l’Europe puis à l’Afrique (situation épidémiologique internationale) et au Moyen-Orient.

Les oiseaux migrateurs ont joué un rôle prépondérant dans la dispersion géographique du virus, ainsi que les déplacements humains et le commerce international, légal ou illégal, d’oiseaux et de produits d’origine aviaire. Actuellement, ce virus circule principalement en Asie du Sud-Est, en Egypte et en Afrique.

Cas humains à A(H5N1) de la lignée Gs/Gd/1/96

Depuis sa réémergence en 2003, le virus A(H5N1) hautement pathogène pour le poulet (HP) de la lignée Gs/Gd/1/96 a causé 860 cas humains virologiquement confirmés (OMS, le 15/05/2018) dans le monde, dont 359 en Egypte, où le virus est devenu enzootique ces dernières années. Après l’Egypte, l’Indonésie est le deuxième pays qui déclare le plus de cas humains dus à cet agent. Le virus A(H5N1) HP ne semble pas avoir évolué en termes de virulence (53% de létalité) et de transmissibilité à l’homme depuis 2003. Les cas de transmission interhumaine sont rares et celle-ci nécessite un contact étroit ou prolongé avec une personne infectée.

A l’heure actuelle, il existe un vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1) qui est recommandé essentiellement chez les sujets exposés de par leur profession (Avis du HCSP - 05/09/2008).

Il est à rappeler que le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas d’efficacité pour prévenir la grippe aviaire. Des traitements antiviraux sont utilisés en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Influenza aviaire A(H5) en France

Entre novembre 2015 et mars 2017, plusieurs foyers dus à un virus A(H5N1) HP chez des oiseaux domestiques ont été détectés en France. Ces virus A(H5N1) HP sont différents du virus A(H5N1) de la lignée Gs/Gd/1/96 qui a émergé en Asie et qui est transmissible à l’homme. Ils sont proches des virus H5 faiblement pathogènes (FP) qui circulent en Europe depuis plusieurs années et pour lesquels aucun cas humain n’a été rapporté, tels que H5N2 et H5N3 (tous deux détectés en France en 2017 et 2018).

Le virus A(H5N8) HP

Ce virus qui a émergé en 2014 en Asie, a circulé de façon intense en Europe depuis 2016, causant une épizootie majeure en France au sein de l’avifaune sauvage et domestique au cours de l’hiver 2016-17. L’émergence de cette nouvelle souche dotée d’un pouvoir pathogène accru pour les palmipèdes et de nombreuses espèces d’oiseaux dans une région de forte densité d’une population réceptive (volailles à foie gras) a rendu possible (i) la large dissémination de ce virus au sein des populations d’oiseaux sauvages et domestiques et (ii) de multiples réassortiments avec des souches de virus influenza aviaires FP circulant au sein des populations de palmipèdes sauvages et domestiques de ces régions.

Dès qu’un foyer est détecté, les équipes vétérinaires viennent abattre les volailles et procèdent à un nettoyage et une désinfection de l’élevage. Des périmètres de sécurité sont organisés autour de l’élevage et la surveillance y est renforcée.

Même si le risque pour l’homme est jugé quasi-nul, une surveillance des populations exposées est assurée et toute personne exposée qui développerait une infection respiratoire aigüe basse nécessitant une hospitalisation devrait être testée pour la recherche d’infection par un virus d’influenza aviaire.

L’exposition à un virus influenza aviaire est définie comme tout contact sans mesures de protection avec :

  • - des oiseaux domestiques (dans un élevage ou une basse-cour) infectés ou suspectés de l’être, vivant ou morts, dans le cas d’un foyer d’épizootie confirmé ;
  • des oiseaux sauvages ou domestiques isolés, malades ou morts, dans une zone géographique où un virus influenza aviaire a été identifié ;
  • un environnement contaminé (plumes, déjections..) ;
  • des prélèvements ou des matériels biologiques infectés par un virus influenza aviaire.

Il n’existe aucun risque de contamination de l’homme par la consommation de viande, œufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire.

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