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Grippe aviaire

Publié le 08/06/2006 - Dernière mise à jour le 18/12/2015

Point sur les connaissances

L’influenza aviaire désigne la maladie due aux virus influenza (grippe) de type A qui infectent les oiseaux sauvages et domestiques. Ces virus sont transmissibles entre oiseaux et plus rarement à des mammifères dont l'homme. Cependant, des infections humaines sporadiques avec un virus aviaire ont lieu. On parle alors de grippe aviaire.

Chez l’oiseau

Les virus influenza aviaires circulent naturellement chez les oiseaux aquatiques sauvages qui ne sont habituellement pas malades. Par contre, l’infection peut entrainer des maladies et même tuer certaines espèces d'oiseaux domestiques dont, par exemple, le poulet. Les virus de l'influenza aviaire sont classés en deux catégories : virus influenza aviaire faiblement pathogène (LPAI) et virus de l'influenza aviaire hautement pathogène (HPAI). Ces catégories se rapportent aux caractéristiques spécifiques du virus et à sa capacité à causer une maladie et à tuer les poulets dans des conditions expérimentales. L’infection des volailles par un virus de l'influenza aviaire faiblement pathogène ne cause aucune maladie ou une forme clinique bénigne (ex : baisse de la production d’œufs) et peut ne pas être détectée. L’infection des volailles par un virus de l'influenza aviaire hautement pathogène cause une maladie grave avec une mortalité élevée. Les virus de l’influenza aviaire hautement et faiblement pathogènes peuvent se propager rapidement à travers les élevages de volailles.

Chez l’homme

Bien que les virus de l'influenza aviaire n'infectent pas habituellement l'homme, des épisodes d’ampleur variable, mais qui seront restés limités, de contamination humaine directement à partir d’oiseaux sont déjà survenus. A titre d’exemples, A(H5N1) en 1997 et, depuis 2003 en Asie du Sud-Est, A(H7N7) en 2003 aux Pays-Bas, A(H9N2) à Hong-Kong) en 1999 et A(H7N9) en 2013. La plupart des infections chez l’homme font suite à des contacts directs et étroits avec des volailles infectées. La maladie chez l’homme va de la forme bénigne à des formes rapidement mortelles. Une transmission interhumaine a été signalée très rarement : elle a été limitée dans le nombre de cas secondaires et s’est arrêtée rapidement.
Il est à rappeler que le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas d’efficacité pour prévenir la grippe aviaire

Le 31/03/2013, les autorités chinoises ont annoncé l’identification d’un nouveau virus A(H7N9), d’origine aviaire, isolé à partir de 3 cas humains présentant des infections respiratoires sévères.
Au 24 avril 2013, un total de 109 cas humains de grippe aviaire A(H7N9) dont 22 décès ont été rapportés sans lien épidémiologique entre eux dans 7 provinces de l’Est de la Chine.
Le virus A(H7N9) est un nouveau virus grippal réassortant d’origine aviaire. Il dérive du virus A(H9N2) qui présente des caractéristiques d’adaptation potentielle à l’homme. Il possède la possibilité d’une fixation dans le tractus respiratoire supérieur de l’homme. Le virus A(H7N9) s’est montré sensible à l’Oseltamivir et au Zanamivir sur les souches qui ont été jusqu’à maintenant testées.
Le virus A(H7N9) est faiblement pathogène chez le poulet. L’absence de mortalité massive chez le poulet rend difficile la détection des élevages touchés. Il a été retrouvé en Chine chez quelques poulets, canards et pigeons (voir OIE).
L’apparition d’un nouveau virus grippal chez l’homme incite à la plus grande prudence, d’autant plus que les formes cliniques observées sont graves et que la source de contamination et la voie de transmission restent encore inconnues.
Le risque de propagation du virus en Europe est considéré comme très faible à ce stade. Cependant, l’entrée sur le territoire français de patients en provenance de Chine ne peut pas être exclue.

Épizootie A(H5N1) hors France

Le virus A(H5N1) à l’origine de l’épizootie actuelle - épidémie touchant des animaux - circule sous une forme hautement pathogène et s’est manifestée à Hong-Kong en 1997 pour la première fois. Le 12 décembre 2003, l’Office international des épizooties (OIE) était alerté par les services vétérinaires de Corée du Sud d’une mortalité importante de volailles dans des élevages industriels proches de Séoul. A la fin du mois de décembre 2003, la présence du virus A(H5N1) y était confirmée. Par la suite, de nombreux pays ont signalé des foyers de grippe aviaire sur leur territoire, marquant le début de la propagation de l’épizootie qui s’est donc étendue de l’Asie, à l’Europe puis à l’Afrique (situation épidémiologique internationale) et au Moyen-Orient.
Les canards domestiques et sauvages, qui peuvent être infectés par le virus A(H5N1) sans présenter les symptômes de la maladie, pourraient servir de réservoir silencieux et jouer un rôle important dans la propagation des épizooties.

Cas humains

Le virus A(H5N1) a déjà fait la preuve de sa capacité à infecter des humains, notamment à Hong-Kong en 1997 (18 cas humains, 6 décès). Dès le mois de janvier 2004, des cas humains de grippe aviaire ont commencé à être déclarés dans les pays ayant signalé des foyers animaux de grippe aviaire. Le virus de la grippe aviaire A(H5N1) peut en effet se transmettre à l’homme dans certaines circonstances : lors de contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions respiratoires et des déjections d’animaux infectés. Il se manifeste par une infection respiratoire aiguë sévère, d’évolution souvent fatale. Le diagnostic biologique est réservé à des laboratoires spécialisés dont les laboratoires de référence pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
A ce jour, l’épidémie humaine de grippe aviaire A(H5N1) a concerné : voir situation épidémiologique internationale.
A l’heure actuelle, il existe un vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1) qui est recommandé essentiellement chez les sujets exposés de par leur profession (Avis du HCSP - 05/09/2008).
Il est à rappeler que le vaccin contre la grippe saisonnière n’a pas d’efficacité pour prévenir la grippe aviaire. Des traitements antiviraux sont utilisés en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Influenza aviaire A(H5) en France

Le 24 novembre 2015, l’ARS Aquitaine a été informée de la survenue d’un foyer d’influenza aviaire A(H5N1) hautement pathogène pour le poulet survenu dans une basse-cour de volailles en Dordogne. En parallèle, des enquêtes sérologiques de routine identifiaient 2 autres foyers dans le département dont un lié à un virus A(H5N2). Depuis, la surveillance est renforcée et le dernier bilan (18/12/2015) portait à 29 le nombre de foyers confirmés d’influenza aviaire H5 dans 5 départements : Dordogne (12), Landes (12), Pyrénées Atlantiques (3), Gers (1) et Haute-Vienne (1).
Le virus A(H5N1) est différent du virus A(H5N1) qui a émergé en Asie et ressemble aux virus A(H5N1) faiblement pathogène qui ont circulé en Europe et pour lesquels aucun cas humain n’a été rapporté. A ce jour, 3 sous-types ont été identifiés H5N1, H5N2 et H5N9.
Dès qu’un foyer est détecté, les équipes vétérinaires viennent abattre les volailles et procèdent à un nettoyage et une désinfection de l’élevage. Des périmètres de sécurité sont organisés autour de l’élevage et la surveillance y est renforcée.
Même si le risque pour l’homme est jugé quasi-nul, une surveillance des populations exposées est assurée et toutes celles qui développeraient une infection respiratoire aigüe basse nécessitant une hospitalisation seront testées.
Il n’existe aucun risque de contamination de l’homme par la consommation de viande, œufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire.

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