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Grippe : généralités

Publié le 08/10/2010 - Dernière mise à jour le 03/08/2017

Données de surveillance

En période de surveillance, l'Institut de veille sanitaire analyse les données sur l'activité de la grippe et publie ses résultats dans un bulletin hebdomadaire. Retrouvez les bulletins de surveillance grippale pour les saisons 2016-2017, 2015-2016, 2014-2015, 2013-2014, 2012-2013, 2011-2012, 2010-2011, 2009-2010, 2008-2009.

Bulletin épidémiologique grippe, semaine 14. Saison 2016-2017.

Durant la saison hivernale 2016-2017, l’épidémie de grippe a débuté en Bretagne et en Ile-de-France mi-décembre et s’est étendue en deux semaines à l’ensemble de la métropole. Elle a perduré jusqu’à début février, soit une durée totale de 10 semaines en France métropolitaine. Cette épidémie quasi-exclusivement due au virus grippal de type A(H3N2), a été d’intensité modérée en milieu ambulatoire, avec un nombre de consultations pour syndrome grippal pendant l’épidémie estimé à 1,9 millions à partir des données du réseau Sentinelles.

Pendant l’épidémie, le réseau Oscour®, qui couvre plus de 90% des passages aux urgences en France métropolitaine, a rapporté 41 000 passages pour grippe aux urgences, dont 6 500 (16%) ont donné lieu à une hospitalisation. Cette proportion d’hospitalisations parmi la totalité des passages pour grippe est la plus élevée observée depuis la mise en place de cette surveillance (2010-11). La majorité des patients hospitalisés (69%) étaient âgés de 65 ans et plus. Par ailleurs, 1 469 cas graves de grippe ont été signalés à Santé publique France par les services de réanimation en France métropolitaine, dont 92% avaient au moins un facteur de risque, essentiellement l’âge au-delà de 65 ans (67%) et/ou la présence d’une ou plusieurs pathologies chroniques. Parmi les 1 090 patients admis en réanimation pour lesquels le statut vaccinal était connu, 63% n’étaient pas vaccinés.

Entre les semaines 40/2016 et 14/2017, 1 903 épisodes d’infections respiratoires aiguës (IRA) survenus en collectivités de personnes âgées ont été signalés à Santé publique France. Le nombre d’épisodes d’IRA et notamment de ceux attribués à la grippe était largement supérieur à celui constaté lors des quatre dernières saisons grippales. Parmi les 1 704 (90%) épisodes pour lesquels un bilan final a été réalisé, le taux d’attaque moyen d’IRA par épisode parmi les résidents était de 28%, le taux d’hospitalisation de 7% et la létalité de 3%, valeurs habituellement retrouvées.

L’estimation de la surmortalité toutes causes, extrapolée à l’échelle métropolitaine pendant les 10 semaines de l’épidémie a été de 21 200 décès, nombre supérieur à celui observé en 2014-15 (18 300 décès). La part de l’excès de mortalité attribuable à la grippe a été estimée à 14 400 décès dont plus de 90% chez les personnes de 75 ans et plus.

La couverture vaccinale de la population à risque en France métropolitaine était faible avec moins d’une personne à risque vaccinée sur deux (49,8% chez les personnes de 65 ans et plus selon la Cnam-TS). L’étude I-Move a estimé cette année en Europe une efficacité vaccinale modérée en population générale (38,0% [IC 95% : 21,3 ; 51,2]) et faible pour l’ensemble des groupes à risque (25,7% [IC95% : 1,5 ; 43,9]) ainsi que chez les personnes âgées de 65 ans et plus (23,4% [IC95% : -15,4 ; 49,1]). En effet, chez les personnes hospitalisées pour grippe de cette tranche d’âge, l’efficacité vaccinale a été estimée à 2,5% ([IC95% : -43,6 ; 33,8]).

L’épidémie de grippe 2016-17, précoce et d’intensité modérée, a été caractérisée par un impact particulièrement important chez les personnes âgées, lié à la circulation quasi-exclusive de virus A(H3N2) dans un contexte de couverture vaccinale insuffisante et d’efficacité vaccinale faible chez les sujets à risque. Cette épidémie rappelle la gravité de la grippe saisonnière et l’importance de la prévention chez les personnes vulnérables, qui inclut la vaccination et les mesures barrières (en particulier chez les malades, le renforcement de l’hygiène personnelle, le port du masque, la limitation des contacts avec les sujets fragiles, etc.) afin de limiter la diffusion du virus dans l’entourage des cas.

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