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2017-2018

2017-2018

2017-2018

Bilan saison 2017-2018

Durant la saison hivernale 2017-2018, l’épidémie de grippe a débuté en Ile-de-France début-décembre et s’est étendue en quatre semaines à l’ensemble de la métropole. Elle a perduré jusqu’à la fin-mars, soit une durée totale de 16 semaines en France métropolitaine. Cette épidémie exceptionnellement longue a été marquée par la circulation en deux vagues successives des virus A(H1N1)pdm09 et B/Yamagata. Elle a été d’intensité modérée en milieu ambulatoire, avec un nombre de consultations pour syndrome grippal pendant l’épidémie estimé à 2,4 millions à partir des données du réseau Sentinelles.

Pendant l’épidémie, le réseau OSCOUR®, qui couvre plus de 93% des passages aux urgences en France métropolitaine, a rapporté 75 500 passages pour grippe aux urgences, dont 9 729 (13%) ont donné lieu à une hospitalisation. Cette proportion d’hospitalisations parmi la totalité des passages pour grippe est inférieure à celle observée lors de l’épidémie de 2016-17 (16%), mais plus élevée qu’en 2015-16 (7%) et 2014-15 (10%). La majorité des patients hospitalisés (53%) étaient âgés de 65 ans et plus. Par ailleurs, 2 922 cas graves de grippe ont été signalés à Santé publique France par les services de réanimation en France métropolitaine, dont 81% avaient au moins un facteur de risque, essentiellement l’âge au-delà de 65 ans (47%) et/ou la présence d’une ou plusieurs pathologies chroniques. Parmi les 2 223 patients admis en réanimation pour lesquels le statut vaccinal était connu, 76% n’étaient pas vaccinés.

Entre les semaines 40/2017 et 15/2018, 1 433 épisodes d’infections respiratoires aiguës (IRA) survenus en collectivités de personnes âgées ont été signalés à Santé publique France. Le nombre d’épisodes d’IRA et notamment de ceux attribués à la grippe était inférieur à celui de l’épidémie 2016-17 (1 903) mais supérieur aux 3 saisons grippales précédentes. Parmi les 1 294 (90%) épisodes pour lesquels un bilan final a été réalisé, le taux d’attaque moyen d’IRA par épisode parmi les résidents était de 25%, le taux d’hospitalisation de 7% et la létalité de 3%, valeurs habituellement retrouvées.

L’estimation de la surmortalité toutes causes, extrapolée à l’échelle métropolitaine pendant les 10 semaines de l’épidémie a été de 17 900 décès, nombre inférieur à celui observé en 2016-17 (21 200 décès). L’excès de mortalité attribuable à la grippe a été estimé, grâce à un modèle développé par Santé publique France, à 12 980 décès dont 85% chez les personnes de 75 ans et plus.

La couverture vaccinale de la population à risque en France métropolitaine était faible avec moins d’une personne à risque vaccinée sur deux (49,7% chez les personnes de 65 ans et plus selon Santé publique France). L’étude I-Move a estimé cette année en Europe une efficacité vaccinale de 38,0% pour l’ensemble des groupes à risque [IC95% : 13-53] et de 44% chez les personnes âgées de 65 ans et plus [IC95% : 8-66]. Elle est estimée à 68% contre le virus A(H1N1)pdm09 [IC 95%: 42-83] et à 49% contre le virus B/Yamagata [IC 95%: 19-67] tous âges confondus. L’efficacité du vaccin à éviter une forme sévère de grippe conduisant à une hospitalisation chez les adultes de 65 ans et plus a été estimée à 35% [IC 95%: 13-51] tous virus confondus.

Au total, l’épidémie de grippe 2017-2018 a été précoce et a duré 4 mois. Atypique, elle a été marquée par la circulation en deux vagues successives des virus A(H1N1)pdm09 et B/Yamagata. Bien que d’une ampleur modérée en médecine ambulatoire, cette épidémie a eu un fort impact en milieu hospitalier ainsi que sur la mortalité, dans un contexte de couverture vaccinale insuffisante chez les sujets à risque. Cette épidémie rappelle la gravité de la grippe saisonnière et l’importance de la prévention chez les personnes vulnérables, qui inclut la vaccination et les mesures barrières (en particulier chez les malades, le renforcement de l’hygiène personnelle, le port du masque, la limitation des contacts avec les sujets fragiles, etc.) afin de limiter la diffusion du virus dans l’entourage des cas.