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Grippe : généralités

Publié le 08/06/2006 - Dernière mise à jour le 16/11/2016

Point sur les connaissances

Agent infectieux et réservoir

La grippe est une infection respiratoire aiguë, contagieuse, due aux virus Influenzae. Les virus grippaux se répartissent essentiellement entre deux types : A et B, se divisant eux même en deux sou-types (A(H3N2) et A(H1N1)pdm09) ou lignage (B/Victoria et B/Yamagata). Les virus grippaux de type A circulent chez de nombreuses espèces animales (canards, poulets, porcs, chevaux, phoques…) alors que les virus grippaux de type B circulent essentiellement chez l’Homme. Les virus A et B sont à l’origine des épidémies saisonnières chez l'Homme mais seul le virus A est responsable de pandémies. Les virus grippaux se caractérisent par leurs fréquentes mutations. Cette évolution génétique s’effectue :

  • soit par glissement ("drift") lors des épidémies saisonnières ;
  • soit par cassure ("shift"). Ce dernier phénomène ne concerne que les virus de type A. Il est responsable de l’apparition de nouveaux virus face auxquels la population n’est pas protégée et génère des pandémies grippales.

Les virus grippaux de type A se divisent en sous-types, caractérisés par leurs protéines de surface, hémagglutinine : H (au nombre de 18) et neuraminidase : N (au nombre de 11). Tous les sous-types viraux semblent circuler parmi les oiseaux aquatiques qui constituent le réservoir primitif des virus grippaux de type A.  Leur pouvoir pathogène chez le poulet, déterminé par un test diagnostic permet de classer les virus en hautement ou faiblement pathogène pour cet animal.

Mode de transmission et période d'incubation

Les virus de la grippe se transmettent de personne à personne par les sécrétions respiratoires à l’occasion d’éternuements ou de toux. Ils peuvent également se transmettre par contact à travers des objets contaminés. Les lieux confinés et très fréquentés (métro, bus, collectivités scolaires…) sont propices à la transmission de ces virus.
La période d’incubation de la maladie varie de 1 à 3 jours.

Epidémiologie

La grippe se manifeste le plus souvent sous forme d’épidémies saisonnières dans les pays tempérés. En France métropolitaine, L’épidémie survient entre les mois de novembre et mars et débute le plus fréquemment fin décembre - début janvier. Elle dure en moyenne 9 semaines. Sur la base des données historiques des épidémies grippales depuis 1984, le réseau Sentinelles estime, qu’entre 788 000 et 4,6 millions de personnes consultent pour syndrome grippal lors des épidémies  de grippe.
Entre 25 % et 50 % de ces consultations concernent des jeunes de moins de 15 ans.
La grippe peut entraîner des complications graves chez les sujets à risque (nourrissons, personnes âgées ou sujets fragilisés par une pathologie chronique sous-jacente). La mortalité imputable à la grippe saisonnière concerne essentiellement les sujets âgés. Le nombre important de malades chaque année, les complications parfois mortelles de la maladie et l’évolution génétique  des virus grippaux, font de la grippe un problème majeur de santé publique.

Symptômes et formes cliniques

La grippe saisonnière se manifeste par un début souvent brutal avec une forte fièvre; une fatigue, des courbatures et des maux de tête… La plupart des personnes atteintes guérissent en une à deux semaines sans traitement médical. Il s’agit alors d’une grippe "simple". Les complications de la grippe touchent principalement les personnes à risque : les personnes âgées de 65 ans et plus et les personnes fragilisées par certaines pathologies (maladie chronique, cardiaque, pulmonaire, métabolique, immunologique…). Ces complications sont dues aux virus eux-mêmes, aux surinfections bactériennes (pneumonie) qu’ils peuvent engendrer ou à la décompensation des pathologies chroniques sous-jacentes.

Traitement curatif

Le traitement est avant tout dirigé contre les symptômes : médicaments contre la fièvre, les douleurs…
Il existe également un traitement spécifique qui fait appel aux antiviraux mais dont l’utilisation reste limitée. Pris précocement, il diminue alors la durée et l’intensité des symptômes. Il est utilisé essentiellement chez la personne à risque afin de réduire le risque de complications. Le traitement par antiviraux ne remplace pas la vaccination contre la grippe. Des recommandations d’utilisation d’antiviraux sont régulièrement mis à jour et disponibles sur le site du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP).

Mesures de contrôle

Mesures d’hygiène

Certaines mesures d’hygiène simples peuvent contribuer à limiter la transmission de personne à personne :

  • Concernant le malade, dès le début des symptômes, il lui est recommandé de :
    - limiter les contacts avec d’autres personnes et en particulier les personnes à risque ;
    - se couvrir la bouche à chaque fois qu’il tousse ;
    - se couvrir le nez à chaque fois qu’il éternue ;
    - se moucher dans des mouchoirs en papier à usage unique jetés dans une poubelle recouverte d’un couvercle ;
    - ne cracher que dans un mouchoir en papier à usage unique jeté dans une poubelle recouverte d’un couvercle.
     Tous ces gestes doivent être suivis d’un lavage des mains à l’eau et au savon et à défaut, avec des solutions hydro-alcooliques.
  • Concernant l’entourage du malade, il est recommandé de :
    - éviter les contacts rapprochés avec les personnes malades, en particulier quand on est une  personne à risque ;
    - se laver les mains à l’eau et au savon après contact avec le malade ou le matériel utilisé par le malade ;
    - nettoyer les objets couramment utilisés par le malade.

Des informations complémentaires sont disponibles sur le site de Inpes /Santé publique France.

  • Dans une collectivité de personnes à risque lors d’une épidémie de grippe, les mesures d’hygiène et de prise en charge sont détaillées dans le rapport du HCSP “Conduite à tenir devant une ou plusieurs infections respiratoires aiguës dans les collectivités de personnes âgées” (rapport Juillet 2012, disponible sur le site du HCSP.

La vaccination antigrippale

La vaccination constitue le meilleur moyen de protection contre la grippe. Elle doit être effectuée au moins deux semaines avant le début de l’épidémie grippale (à l’approche de l’hiver). La vaccination doit être renouvelée tous les ans. En effet, la protection du vaccin peut diminuer après quelques mois et en raison des modifications génétiques constantes des virus grippaux ; le vaccin contre la grippe peut différer dans sa composition d’une année à l’autre. Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), émet une recommandation sur les souches virales qui doivent être incluses dans le vaccin. Ce dernier est élaboré avec les souches qui ont circulé majoritairement durant l’hiver précédent et qui sont le plus susceptibles d’être présentes lors de l’hiver suivant. Pour en savoir plus, consulter le site de l'OMS.

Recommandations (voir calendrier vaccinal)

La vaccination est possible pour tous les individus à partir de l’âge de six mois. Elle est cependant recommandée chez les personnes à risque de complications :

  • les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • les personnes (adultes et enfants) atteintes de certaines maladies chroniques ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes obèses avec un indice de masse corporelle ≥40 Kg/m2 ;
  • les personnes séjournant dans un établissement de santé de soins de suite ou dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit leur âge.

La vaccination antigrippale est également recommandée aux personnes en contact avec les personnes à risque de complication et susceptibles de disséminer le virus :

  • les professionnels de santé ou tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque ;
  • l’entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave : personnes résidants sous le même toit, la nourrice et tous les contacts réguliers du nourrisson ;
  • le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et le personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs.

Le vaccin antigrippal présente également un bénéfice pour toutes les personnes désirant éviter la gêne personnelle ou professionnelle occasionnée par la grippe.

Composition

La composition du vaccin grippal 2016/2017 retenue pour l’hémisphère Nord est différente de celle de la saison 2015/2016 et comporte pour le vaccin trivalent :

  • une souche A(H1N1)pdm09  analogue à A/California/7/2009 (H1N1) ;
  • une souche A(H3N2) analogue à  A/Hong Kong/4801/2014 (H3N2) ;
  • une souche B de type Brisbane analogue à B/Brisbane/60/2008-like virus.

A cette même composition, se rajoute pour le vaccin quadrivalent (non encore commercialisé en France) une souche B de type Victoria analogue à B/Phuket/3073/2013.

Les vaccins utilisés en France sont des vaccins inactivés, sans adjuvant.

Couverture vaccinale des populations à risque de complication

Selon la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAM-TS), la couverture vaccinale chez les sujets à risque de complication (hors femmes enceintes et obèses) étaient de 48 % en 2015 (couverture vaccinale). Depuis 2009, la couverture vaccinale des personnes à risque alors estimée à 60% était en baisse. Toutefois, en 2015, elle s’est stabilisée mais reste largement inférieure à l’objectif de 75 % requis pour ce groupe. Conformément au décret publié le 2 septembre 2008, les infirmiers ont la possibilité de vacciner contre la grippe et selon les recommandations vaccinales, un patient sans obtention préalable d’une prescription médicale sous réserve qu’une première injection ait déjà été prescrite pour ce patient.

Traitements antiviraux en prophylaxie

Des traitements antiviraux peuvent également être prescrits en prophylaxie pour éviter que des sujets en contact avec des cas de grippe ne développent la maladie.
Les recommandations spécifiques sont proposées par le Haut Conseil de santé Publique (Avis sur les antiviraux).

Dossier Grippe : généralités

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