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Bulletin du réseau de surveillance des infections invasives bactériennes

Publié le 24/01/2014

Données au 31 décembre 2012

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L’objectif du réseau Epibac est d’estimer en France l'incidence des infections invasives à Haemophilus influenzae, Listeria monocytogenes, Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae, Streptococcus agalactiae (B) et Streptococcus pyogenes (A), infections le plus souvent communautaires, de suivre leur évolution dans le temps et de décrire les principales caractéristiques épidémiologiques des patients hospitalisés. Il contribue à l’évaluation des mesures de prévention, notamment vaccinales, mises en place au niveau national.

Données épidémiologiques

Les résultats présentés concernent l’année 2012. La participation des laboratoires a été pour 2012 de 281 laboratoires couvrant 351 établissements de santé de court séjour (75 universitaires, 253 autres publics, 19 privés et 4 centres de lutte contre le cancer). Ont également participé 9 laboratoires des DOM, dont l’analyse est présentée pour la première fois.

Suite à la modification de la définition de cas en 2009, incluant les cas détectés par PCR, les incidences rapportées pour les années 2009 à 2012 prennent en compte les cas détectés par culture ou par PCR. Par souci de comparabilité, les tableaux et figures présentant les incidences et nombres de cas des années antérieures à 2009, reposent uniquement sur les cas détectés par culture.

En 2012, les nombres de cas détectés par PCR représentent parmi les cas déclarés : 26 % des cas déclarés dus à N. meningitidis, 1 % des cas déclarés dus à L. monocytogenes et moins de 1 % des cas déclarés dus à H. influenzae, S. pneumoniae, S. pyogenes et S. agalactiae.

En France métropolitaine

Evolution récente

En 2012 par rapport à 2011, ont été observées :

  • une diminution de l'incidence des infections invasives à Streptococcus pneumoniae ;
  • une stabilité de l'incidence des infections invasives à Haemophilus influenzae, Neisseria meningitidis, Streptococcus pyogenes, Streptococcus agalactiae et à Listeria monocytogenes comme présenté ci-dessous :

Infections invasives

 

Incidence*/100 000
2011

Incidence*/100 000
2012

Ratio d'incidence (IC95 %)
2011-2012

p

Haemophilus influenzae

1,27

1,24

0,98 [0,87-1,11]

0,8

Neisseria meningitidis

0,98

0,96

0,97 [0,84-1,12]

0,7

Streptococcus pneumoniae

13,0

11,2

0,87 [0,83-0,90]

<10-4

Streptococcus pyogenes

2,75

2,78

1,01 [0,93-1,10]

0,8

Streptococcus agalactiae

3,99

4,10

1,03 [0,96-1,10]

0,5

Listeria monocytogenes

0,49

0,57

1,15 [0,95-1,39]

0,2

* Incidence redressée pour la couverture et la sous-notification et selon la définition de cas actuelle.

Evolution de l'incidence 'tendances'

L’analyse des évolutions de plus long terme porte sur l’incidence redressée pour la couverture non corrigée pour la sous-notification et ne prenant en compte que les cas détectés par culture.

Infections invasives à Streptococcus pneumoniae

Depuis 2010, le vaccin 7-valent a été remplacé par le vaccin 13-valent couvrant 6 sérotypes additionnels de pneumocoques. Entre la période des années 2008 et 2009, dernières années d’utilisation exclusive du vaccin 7-valent et 2012 l’incidence des infections invasives à pneumocoques a diminué dans tous les groupes d’âge :

  • de 24,6 à 17,2 cas / 100 000 (-30 %, p<10-4) chez les enfants âgés de moins de 2 ans ;
  • de 10,5 à 6,5 cas / 100 000 (-38 %, p<10-4) chez les enfants âgés de 2 à 4 ans ;
  • de 2,8  à 1,4 cas / 100 000 (-50 %, p<10-4) chez les enfants âgés de 5 à 15 ans ;
  • de 7,2 à 5,8 cas / 100 000 (-20 %, p<10-4) chez les personnes âgées de 16 à 64 ans ;
  • de 31,1 à 26,5 cas / 100 000 (-15 %, p<10-4) chez les adultes de plus de 64 ans.

Tous âges confondus, l’incidence des infections invasives à pneumocoques a diminué entre 2008-2009 et 2012 de 11,2 à 9,1 cas / 100 000 (-18 %, p<10-4), cette diminution est observée pour les méningites à pneumocoques (de 1,0 à 0,8 cas / 100 000, -17 %, p=0 ,002) et pour les bactériémies à pneumocoques (de 10,2 à 8,3 cas / 100 000, -18 %, p<10-4).

De 2001 à 2012, les tendances observées pour les infections invasives impliquant les autres bactéries sont les suivantes :

Haemophilus influenzae

De 2002 à 2012, l'incidence des infections invasives à Haemophilus influenzae est stable chez les sujets de 0 à 39 ans (0,5 cas / 100 000 en 2012, p=0,2) et tend à augmenter chez les sujets de 40 ans et plus (de 1,0 en 2002 à 1,5 cas / 100 000 en 2012, augmentation annuelle moyenne  +6 %, p>10-4).

Streptococcus pyogenes 

De 2002 à 2012, l'incidence des infections invasives à Streptococcus pyogenes est stable chez les enfants de moins de 1 an (2,9 cas / 100 000 en 2012, p=0,5) et tend à augmenter pour les sujets de 1 an et plus (de 1,4 en 2002 à 2,3 cas / 100 000 en 2012, augmentation annuelle moyenne +7 %, p<10-4).

Streptococcus agalactiae

De 2002 à 2012, l’incidence des infections invasives à Streptococcus agalactiae :

  • tend à diminuer chez les enfants de moins de 1 an (de 71,2 en 2002 à 45,5 cas / 100 000 en 2012, -36 %, p<10-4), de 1 à 4 ans (de 0,4 en 2002 à 0,1 cas / 100 000 en 2012, -80 %, p=0,03) et les sujets de 15 à 39 ans (de 1,3 en 2002 et 0,9 cas / 100 000 en 2012 ; -32 %, p<10-3) ;
  • est stable chez les enfants de 5 à 14 ans (0,1 cas / 100 000 en 2012, p=0,7) ;
  • tend à augmenter chez les sujets de 40 ans et plus (de 3,9 en 2002 à 4,9 cas / 100 000 en 2012 ; augmentation annuelle moyenne +2 %, p<10-4).

Listeria monocytogenes

Pour en savoir plus, consultez les données issues de la déclaration obligatoire : http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Risques-infectieux-d-origine-alimentaire/Listeriose.

Neisseria meningitidis

Pour en savoir plus, consultez les données issues de la déclaration obligatoire : http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Infections-invasives-a-meningocoques.

Dans les départements ultramarins (DOM)

Les nombres de cas et les incidences redressés* de méningites et de bactériémies isolées dues à Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae, Streptococcus pyogenes, Streptococcus agalactiae, 2012, Epibac, départements ultramarins excepté Mayotte sont présentés ci-dessous :

 

Martinique

Guyane

Guadeloupe

Réunion

 

Nombre* de cas

Incidence*
 /100 000 hab.

Nombre* de cas

Incidence*
 /100 000 hab.

Nombre* de cas

Incidence*
 /100 000 hab.

Nombre* de cas

Incidence*
 /100 000 hab.

Haemophilus influenzae

Méningites

0

0,0

1

0,4

0

0,0

2

0,2

Bactériémies isolées

0

0,0

6

2,5

6

1,5

8

1,0

Streptococcus pneumoniae

Méningites

2

0,5

8

3,3

4

1,0

4

0,5

Bactériémies isolées

19

4,9

16

6,7

19

4,7

27

3,2

Streptococcus pyogenes

Méningites

0

0,0

0

0,0

0

0,0

0

0,0

Bactériémies isolées

7

1,8

12

5,0

6

1,5

16

1,9

Streptococcus agalactiae

Méningites

2

0,5

1

0,4

0

0,0

9

1,1

Bactériémies isolées

20

5,1

13

5,4

24

5,9

39

4,7

*redressé pour la couverture.

En Guyane, l’incidence des infections invasives à Streptococcus pyogenes est plus élevée qu’à La Réunion (p=10-2) et qu’en Guadeloupe (p=0.03), et l’incidence des infections invasives à Streptococcus pneumoniae est plus élevée qu’à la Réunion (p=10-3).

En France métropolitaine et ultramarine

En 2012, l’incidence globale des infections invasives dues à Haemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae, Streptococcus pyogenes ou Streptococcus agalactiae est de même niveau en métropole (15,8 cas /100 000) que dans les DOM (15,4) (p=0.7).

Toutefois, l’incidence des infections invasives à Streptococcus pneumoniae est plus élevée en métropole (9,2 cas / 100 000) que dans les DOM (5,3) (p<10-4). L’incidence des infections invasives à Streptococcus agalactiae est moins élevée en métropole (3,4 cas / 100 000) que dans les DOM (5,9) (p<10-4) ; cette différence concerne plutôt les personnes de plus de 69 ans (métropole 12,3 ;  DOM en moyenne 22,1 cas / 100 000 (p=10-3)).

En 2012, les services hospitaliers, dont la bactériologie est traitée par un laboratoire appartenant à Epibac, correspondent à 75,6 % des admissions en médecine des établissements hospitaliers susceptibles de prendre en charge les pathologies étudiées en métropole. Le réseau Epibac couvre de manière satisfaisante l'ensemble des régions de France métropolitaine. La part des hôpitaux universitaires est légèrement surreprésentée dans Epibac : leur part en termes d'admissions en médecine (36 %) est un peu plus importante que celle retrouvée sur l’ensemble des hôpitaux en France métropolitaine (29 %).
Dans les DOM, la couverture du réseau Epibac varie comme suit : Guadeloupe, 57 % ; Guyane, 84 % ; Martinique, 95 % ; Réunion, 77 %.

Remarque : du fait de leur faible nombre, les cas de méningites à S. pyogenes ne sont pas présentés ici.

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