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Oreillons

Publié le 10/06/2013

Qu'est-ce que les oreillons ?

Agent pathogène

Les oreillons sont dus à un paramyxovirus, virus à ARN de la famille des Paramyxoviridae. Le réservoir est strictement humain.

Mode de transmission

La transmission du virus ourlien se fait par voie aérienne, par inhalation de gouttelettes de salive émises par une personne malade ou par contact direct avec la salive.

Symptômes et formes cliniques

La maladie est le plus souvent bénigne, mais elle peut s’accompagner de complications, dont  certaines peuvent nécessiter une hospitalisation.

La période d’incubation, c’est-à-dire le temps qui s’écoule entre le moment où le sujet est en contact avec un malade et l’apparition des premiers symptômes, est en moyenne de 21 jours.

La forme clinique la plus fréquente est la tuméfaction douloureuse des glandes salivaires, suivant un épisode de fatigue, de fébricule et de douleurs vagues pharyngées ou rétro-auriculaires. La glande salivaire le plus souvent atteinte est la parotide (à l’arrière de la mandibule), de façon bilatérale dans la majorité des cas, parfois associée à une atteinte des glandes sous-maxillaires et/ou sublinguales. L’augmentation de volume des parotides est majorée par la présence constante de ganglions cervicaux. Toutefois, l’infection est inapparente dans 30 à 40 % des cas. Le virus peut être isolé dans la salive 7 jours avant et 9 jours après le début de la parotidite et dans les urines 6 jours avant et 15 jours après. Le sujet infecté, même non symptomatique, est surtout contagieux deux jours avant à quatre jours après l’atteinte parotidienne. En règle générale, la guérison est spontanée en 8 à 10 jours (traitement symptomatique).

Les formes compliquées sont de deux types : d’une part, les atteintes neurologiques, essentiellement de type méningite lymphocytaire, les encéphalites ourliennes étant beaucoup plus rares et en général de bon pronostic ; d’autre part, les atteintes de la sphère génitale, survenant après la puberté, de type orchite et/ou épididymite chez l’homme ou ovarite chez la femme. Quand une femme enceinte est infectée, il existe un risque d’avortement spontané si la contamination survient durant le premier trimestre de gestation. Les séquelles définitives sont très rares, essentiellement à type de surdité unilatérale. La stérilité post-oreillons est exceptionnelle.

Le diagnostic est posé le plus souvent sur la clinique seule, l’atteinte de deux glandes salivaires d’emblée ou successive signant le diagnostic d’oreillons. Le diagnostic différentiel en cas d’atteinte isolée se pose avec d’autres parotidites virales (Infections à CMV, EBV, coxsackie A, echovirus, virus para-influenzae) ou bactériennes (staphylocoque, streptocoque) mais aussi médicamenteuses ou toxiques.

La confirmation biologique est surtout faite en cas en cas de localisation unique ou de doute diagnostique. Classiquement, le diagnostic est confirmé par sérologie (recherche d’IgM et ascension des IgG (séroconversion ou différence  d’au moins 2 dilutions entre 2 dosages à 15 jours d’intervalle). Toutefois, les sensibilités et spécificités des tests IgM ELISA utilisés par les laboratoires varient beaucoup en fonction des kits utilisés. De plus la confirmation biologique des cas est devenue complexe. Chez les personnes sans antécédent de vaccination, la sérologie à la recherche d’IgM est positive dans 67 % à 100 %1 des cas, par contre chez les personnes vaccinées avec une dose de vaccin cette proportion diminue entre 5 % et 76 % et chez celles vaccinées par 2 doses de vaccin, entre 4 % et 24 %1,2.

Le diagnostic de choix repose sur des techniques de détection du virus par RT-PCR à partir d’échantillons de sang, de gorge, de salive, ou de LCR. Cet examen est non remboursé, toutefois les kits diagnostiques de la rougeole disponibles gratuitement dans les Agences régionales de santé (ARS) peuvent être utilisés et envoyés au CNR des oreillons à Caen pour l’analyse.

Prévention et vaccination

En France, depuis 1986, la vaccination généralisée contre les oreillons est recommandée dans le calendrier vaccinal du nourrisson dès l’âge de 12 mois, avec le vaccin triple rougeole-rubéole-oreillons (RRO). Une seconde dose de vaccin RRO a été introduite en 1996 à l’âge de 11-13 ans, puis l’âge de cette seconde dose a été, sur la base de travaux de modélisation de la rougeole, abaissé l’année suivante entre 3-6 ans. Dans le cadre du plan national d’élimination de la rougeole, la stratégie de vaccination avec les vaccins trivalents a été revue en 2005. Le calendrier de vaccination actuel consiste désormais en une 1re dose de vaccin RRO à 12 mois et une seconde dose entre 16-18 mois. Un rattrapage avec 2 doses chez les sujets nés à partir de 1980 est également recommandé. A noter qu’il n’existe pas de vaccin monovalent disponible en France.

Les données concernant la couverture vaccinale vis-à-vis des oreillons sont accessibles dans le dossier dédié à cette thématique.

Quand un cas se déclare dans une collectivité, l’éviction du cas n’est pas de mise. Toutefois, la fréquentation de la collectivité à la phase aiguë de la maladie infectieuse, n’est pas souhaitable. Il n’y a pas de mesures spécifiques à prendre, sauf de rappeler l’application stricte des mesures d’hygiène. Il faudra informer le personnel et les parents de l’existence de cas dans la collectivité, et veiller à la mise à jour du statut vaccinal des personnes fréquentant la collectivité (calendrier de vaccination en vigueur).

Epidémiologie

Il n’existe pas de surveillance des oreillons en population générale et la maladie n’est pas à déclaration obligatoire. La surveillance des oreillons en France est assurée par le réseau Sentinelles depuis 1986, réseau animé par l’Institut national de santé et de la recherche médicale (Inserm U707). Chaque semaine, le réseau rapporte dans son bulletin hebdomadaire une estimation du nombre de cas d’oreillons qui ont consulté dans la métropole.

Avant l’introduction du vaccin en France, on évaluait à plusieurs centaines de milliers le nombre de cas annuels d’oreillons. Depuis, l’incidence qui était estimée en 1986 à 859 cas pour 100.000 habitants a chuté très rapidement. En 2011 elle était estimée à 9 pour 100.000 soit 100 fois moins. L’âge médian des cas est passé de 5 ans en 1986 à 16,5 ans en 2011. Le statut vaccinal des cas diffère de manière très significative entre les deux périodes. En 2006, 98 % des cas n’étaient pas vaccinés alors qu’en 2011, 69 % des cas étaient vaccinés. Actuellement, les données du réseau Sentinelles sont en faveur d’une circulation très faible du virus. Toutefois plusieurs petits foyers épidémiques ont été signalés ces derniers mois, témoignant d’une intensification de la circulation du virus. Ces foyers ont surtout été observés dans des communautés d’adolescents ou de jeunes adultes (établissements scolaires, universités, équipes sportives. L’analyse de ces épisodes montre qu’une proportion importante de cas est survenue chez des sujets vaccinés plusieurs années auparavant avec deux doses de vaccin triple RRO. Des épidémies similaires sont survenues ces dernières années dans des pays occidentaux avec des couvertures vaccinales élevées (USA, Canada, Pays-Bas, Israël...). Les données sont en faveur d’une protection contre les oreillons qui diminue avec le temps, même après deux doses de vaccin.

Cette situation épidémiologique rend le diagnostic biologique traditionnel des oreillons par un test ELISA montrant la présence d’anticorps spécifiques IgG et IgM peu efficace. Les anticorps IgM sont en effet fréquemment absents, en particulier quand les personnes ont été vaccinées. Des lors, la recherche directe de l‘ARN viral par PCR dans un prélèvement de salive ou de gorge est à la base du diagnostic biologique. Mais il est fortement recommandé que le recueil de l’échantillon soit effectué dans les 4 premiers jours suivant le début clinique. Les informations techniques spécifiques concernant la confirmation biologique des cas ainsi que la fiche de renseignement devant accompagner le prélèvement sont téléchargeables depuis le site du CNR des paramyxoviridae à Caen.

1Rubin S, Plotkin S. Mumps in :Vaccines, Saunders Ed, 2013. Pp 419-46.
2Rota JS, Rosen JB, Doll MK, McNall RJ, McGrew M, Williams N, Lopareva EN, Barskey AE, Punsalang A Jr, Rota PA, Oleszko WR, Hickman CJ, Zimmerman CM, Bellini WJ. Comparison of the sensitivity of laboratory diagnostic methods from a well-characterized outbreak of mumps in New York city in 2009. Clin Vaccine Immunol. 2013 Mar;20(3):391-6. doi: 10.1128/CVI.00660-12. Epub 2013 Jan 16.

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