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Poliomyélite

Publié le 12/05/2004 - Dernière mise à jour le 24/06/2016

Données épidémiologiques

Depuis 1988, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé un objectif d'éradication de la poliomyélite.

L’ensemble du continent américain n’a déclaré aucun cas de poliomyélite sauvage depuis 1991, et a été déclaré exempt de poliomyélite par une commission de l’OMS en 1994. Le dernier cas de paralysie dû à un poliovirus sauvage (PVS) endémique dans la région du Pacifique occidental (incluant la Chine) a été notifié au Cambodge en 1997, et l’élimination y a été certifiée en 2000.

Dans la région européenne de l’OMS, où l'on observait en moyenne 200 cas par an dans les années 1990, quelques épidémies sont survenues, en 1992-1993 aux Pays-Bas, dans une communauté religieuse refusant les vaccinations, et en 1995-1996 en Albanie. À la suite de la mise en œuvre de journées régionales de vaccination, 7 cas seulement ont été rapportés en 1997 pour l'ensemble de la région, et 26 en 1998, tous en Turquie. Aucun cas n’a été déclaré en 1999, mais en 2000, 2 cas importés sont survenus en Bulgarie. L’élimination a été prononcée le 21 juin 2002.

Vingt-cinq ans après le lancement de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, le nombre de pays endémiques est passé de 125 en 1988 à 3 en 2013 (Afghanistan, Nigéria et Pakistan) et, depuis 1999, plus aucun poliovirus sauvage de type 2 (PVS2) n’a été isolé. Mais l’objectif d’éradication en l’an 2000 a dû être repoussé successivement à l'année 2005, puis 2010 et actuellement 2015, en raison de l’exportation de cas depuis les pays endémiques, suivie dans certains cas de reprise de la transmission.

Le nombre de pays jusque-là exempts de poliomyélite, touchés par des flambées épidémiques suite à l’importation de PVS, est passé de 12 pays en 2011 (Angola, Chine, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Kenya, Mali, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Tchad) à 2 pays, le Niger et le Tchad en 2012 (dernier cas importé au Tchad en juin 2012).

En 2013, trois pays de la Corne de l’Afrique ont signalé des foyers épidémiques suite à des cas importés (PVS1), la Somalie en avril, le Kenya en juin et l’Ethiopie en septembre. Au mois de mai, Israël signalait l’isolement d’un PVS1 dans des prélèvements d’eaux usées du Sud du pays, souche identique à celle ayant récemment circulé au Pakistan, et également retrouvée en décembre 2012 au Caire dans des prélèvements environnementaux. De plus, le virus a été isolé dans les selles de 42 personnes asymptomatiques parmi près d’un millier de personnes prélevées dans ces mêmes régions. Aucun cas de poliomyélite clinique n’a toutefois été rapporté. En octobre, un foyer épidémique a été déclaré en Syrie ; la souche isolée en cause est un PVS1 , proche des souches ayant circulé récemment au Pakistan, en Egypte et en Israël. (figure 1, montrant la circulation des poliovirus sauvages de novembre 2012 à novembre 2013).

D’autre part, la survenue de foyers épidémiques liés à la circulation de virus dérivés du poliovirus vaccinal (VDPV) devenus virulents par mutation génétique souligne la nécessité de rester extrêmement vigilant et d’appliquer à ces foyers les mêmes recommandations internationales conçues à l’origine pour les PVS.

Figure 1

Circulation des poliovirus sauvages, 05/11/2012 au 06/11/2013

Circulation des poliovirus sauvages, 05/11/2012 au 06/11/2013

En France, la déclaration de la poliomyélite est obligatoire depuis 1936. Depuis l’introduction de la vaccination contre la poliomyélite dans le calendrier vaccinal français (1958 pour le vaccin inactivé de Salk Lépine et 1962 pour le vaccin oral de Sabin) et son caractère obligatoire en juillet 1964, le nombre de cas a rapidement diminué (figure 2). Le dernier cas de poliomyélite autochtone remonte à 1989 et le dernier cas importé en 1995, tous deux concernant des adultes, et le dernier isolement de poliovirus sauvage chez un sujet n’ayant pas voyagé récemment remonte aussi à 1989.

Une extrême vigilance est nécessaire vis-à-vis d’une possible réintroduction de poliovirus, en raison de la persistance des foyers endémiques dans le monde. C’est le principal risque à prendre en compte dans notre pays. L’identification la plus précoce possible d’un tel phénomène est aujourd’hui assurée par la surveillance renforcée des entérovirus chez l’homme et dans l’environnement, en plus de la déclaration obligatoire des cas de poliomyélite (Plan d’action de la Commission nationale de certification de l’élimination de la poliomyélite a établi un plan d’action en 1998, révisé en 2000, cf. BEH 2000;46-47). Depuis 2000, cette surveillance a permis d'identifier, outre les entérovirus circulant chez l’homme, 11 poliovirus vaccinaux (3 PV1, 5 PV2 et 3 PV3), ainsi qu’un VDPV de type 2, sans reprise de virulence, tous importés. Aucun PVS n’a été identifié.

A la suite de la certification d’élimination de la poliomyélite de la région OMS Europe en juin 2002, un plan de confinement des poliovirus en laboratoire a été mis en place.

Figure 2

La poliomyélite antérieure aiguë en France de 1949 à 2006

La poliomyélite antérieure aiguë en France de 1949 à 2006

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