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Points de situation

Publié le 31/07/2017

Point sur les infections à entérovirus au 25 juillet 2017

Santé publique France

Centre national de référence pour les entérovirus et parechovirus

Direction des maladies infectieuses

12 rue du Val d’Osne
94415  SAINT MAURICE Cedex
Tél.  : 01 41 79 68 74
Fax : 01 41 79 68 72

CHU de Lyon

Laboratoire de Virologie
Centre de biologie Nord
103 Grande Rue de la Croix Rousse
69317  Lyon Cedex
Tél. : 04 72 07 10 56
Fax : 04 72 00 37 54

CHRU de Clermont Ferrand

Laboratoire de virologie
Centre de biologie
58 rue Montalembert
63003 Clermont Ferrand Cedex
Tél. : 04 73 75 48 50
Fax : 04 73 75 48 51

Contexte

Les entérovirus (EV) se distribuent partout dans le monde. Ils circulent tout au long de l’année dans les régions tropicales. Dans les zones tempérées telles que la France, on observe tous les ans, en été et automne, une augmentation des diagnostics d’infections à entérovirus principalement liée à la recrudescence des méningites. Cette augmentation peut s’observer dès le mois de mai mais survient le plus souvent en juin-juillet.
La transmission des EV se fait par contact de personne à personne ou via des objets ou aliments contaminés à partir des virus excrétés au niveau du rhino-pharynx ou dans les selles. Ces infections restent habituellement bénignes, avec un nombre important de cas asymptomatiques. Toutefois, toute symptomatologie fébrile associée à une symptomatologie neurologique doit faire évoquer le diagnostic d’infection à entérovirus et impose une consultation médicale. L’évolution des méningites à entérovirus, symptomatologie la plus fréquente, se fait en règle générale vers la guérison, et le traitement antibiotique est inutile.

En 2017, les services d’urgence appartenant au système de surveillance Oscour piloté par Santé publique France ont observé une augmentation progressive du nombre hebdomadaire de passages aux urgences pour méningites virales à partir de la semaine 16 (17 au 23 avril), s’accentuant de façon marquée en semaine 22 (29 mai au 4 juin) pour atteindre un pic en semaine 26 (26 juin au 2 juillet). Depuis, au cours des dernières semaines (S27 à S29, soit du 3 au 23 juillet) le nombre de cas a diminué de façon rapide comme le montre la courbe ci-après.

Méningites à entérovirus : nombre de passages hebdomadaires aux urgences, France, 2015-2017

Méningites à entérovirus : nombre de passages hebdomadaires aux urgences, France, 2015-2017

Au 21 juillet, 1002 cas d’infection avec détection positive d’EV dans le LCR ont été déclarés par les laboratoires du Réseau de surveillance des EV (RSE). D’après les résultats de typage disponibles à ce jour chez les patients avec détection de l’EV dans le LCR (n=225 dossiers), l’E-6 est prédominant (39%), suivi par le CV-B5 (16%) et l’E-5 (12%). Tous les autres types identifiés représentent moins de 10% des virus identifiés.
Le bilan détaillé de ces méningites virales, avec en particulier la distribution des entérovirus qui auront circulé au cours de la saison, sera actualisé à la fin de l’été.

Au total : l’analyse des données de surveillance montre qu’au cours des mois de juin et juillet, le nombre hebdomadaire de cas était supérieur à celui observé sur la même période au cours des deux années précédentes, attestant que l’épidémie de méningites à entérovirus a été plus marquée cette année, comme ce qui avait été observé en 2011. Il n’a pas été signalé à ce jour d’augmentation du nombre de formes cliniques sévères, en particulier neurologiques.

Dans l’entourage des patients, le renforcement des règles d’hygiène familiale et/ou collective (lavage des mains notamment) est impératif afin de limiter la transmission de ces virus, notamment aux personnes immunodéprimées ou aux femmes enceintes.

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