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Rougeole

Publié le 06/07/2005 - Dernière mise à jour le 25/03/2015

Qu'est-ce que la rougeole ?

Mode de transmission

La rougeole est une infection virale hautement contagieuse. La transmission se fait essentiellement par voie aérienne. Le virus se transmet, soit directement auprès d’un malade, soit parfois indirectement en raison de la persistance du virus dans l’air ou sur une surface contaminée par des sécrétions naso-pharyngées.

Clinique et diagnostic biologique

La période d’incubation dure 10 à 12 jours. Après exposition, le délai d’apparition de l’éruption est de 14 jours en moyenne (de 7 à 18 jours). La phase d’invasion dure 2 à 4 jours et se manifeste par l’apparition d’une fièvre à 38,5 °C, d’un catarrhe oculo-respiratoire (toux, rhinite, conjonctivite) accompagné d’un malaise général avec asthénie. Le signe de Koplik, pathognomonique, est inconstant. L'éruption maculo-papuleuse dure 5-6 jours. La phase de contagiosité démarre la veille de l’apparition des prodromes et s’étend jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption.

Les formes compliquées sont plus fréquentes chez les patients âgés de moins de 1 an et de plus de 20 ans. La première cause de décès est la pneumonie chez l’enfant et l’encéphalite aiguë chez l’adulte. Des formes atténuées peuvent être observées chez les patients avec une immunité altérée.

Compte tenu de la raréfaction de la maladie, le diagnostic de la rougeole doit être confirmé biologiquement. Le diagnostic repose notamment sur la mise en évidence d’IgM spécifiques dans le sérum ou la salive (le prélèvement doit être réalisé 3 et 28 jours après le début de l’éruption) ou sur l’augmentation du titre des anticorps, en s’assurant qu’il n’y a pas eu de vaccination récente. Des techniques de détection du virus par RT-PCR actuellement standardisées permettent de poser un diagnostic à partir d’échantillons de sang, de salive, rhino-pharyngé ou d’urine.

Prévention et vaccination

Chez les nourrissons et les enfants, le calendrier vaccinal prévoit l’administration d’une première dose de vaccin rougeole-oreillons-rubéole à 12 mois et une seconde dose avant l’âge de 2 ans. Un rattrapage vaccinal (total de 2 doses de vaccin triple) est recommandé pour toute personne âgée de plus de 24 mois et nées depuis 1980.

L’éviction du cas est recommandée pendant toute la période de contagiosité, à savoir jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption.
Le rattrapage vaccinal, tel que préconisé ci-dessus, réalisé dans les 72 heures qui suivent le contact avec un cas peut éviter la survenue de la maladie chez le vacciné.

Epidémiologie et surveillance

Entre 1985 et 2005, la rougeole était surveillée par le réseau sentinelles de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm unité 707). L’introduction d’une dose de vaccin antirougeoleux dans le calendrier vaccinal en 1983 puis d’une deuxième dose en 1997 ont fait progressivement chuté le nombre de cas et qui était estimé, à partir des données du réseau sentinelles (Inserm, unité 707), à 331 000 en 1986 et à 4 448 cas en 2004. En raison de la plus faible circulation virale, le réseau a observé en parallèle une augmentation de l’âge moyen de survenue de la maladie, la proportion de cas de plus de 10 ans étant passée de 13 % en 1985 à 62 % en 2002.

En raison de la baisse du nombre de cas rapportés ces dernières années par le réseau sentinelles, les estimations sont devenues imprécises et les zones de transmission active du virus risquent de ne pas être détectées. C’est pourquoi la rougeole est redevenue une maladie à déclaration obligatoire en 2005.

Tout cas clinique ou confirmé doit être signalé sans délai à l'Agence régionale de santé (ARS) sans attendre le résultat biologique. Le signalement permet de mettre en œuvre des mesures de prévention vaccinale pour les contacts proches autour d’un cas et en collectivité en situation de cas groupés ou lors de la localisation d’une chaîne de transmission.

Les critères de notification de la rougeole sont :

  • Cas clinique : association d’une fièvre = 38,5 °C, d’une éruption maculo-papuleuse et au moins un des signes suivants : toux, ou coryza ou conjonctivite ou signe de Koplik.
  • Cas confirmé biologiquement (un cas confirmé biologiquement ne répond pas obligatoirement à la définition d’un cas clinique) :
    - détection (en l’absence de vaccination récente) sérologique ou salivaire d’IgM spécifiques de la rougeole ;
    - séroconversion ou élévation (en l’absence de vaccination récente) de quatre fois au moins du titre des IgG sériques entre la phase aiguë et la phase de convalescence ;
    - détection du virus par PCR sur prélèvements sanguin, rhino-pharyngé, salivaire ou urinaire ;
    - culture positive sur prélèvements sanguin, rhino-pharyngé, salivaire ou urinaire.
  • Cas confirmé épidémiologiquement : cas qui répond à la définition d’un cas clinique et qui a été en contact dans les 7 à 18 jours avant le début de l’éruption avec un cas de rougeole confirmé.
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