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Rubéole

Publié le 26/12/2012

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La rubéole est une infection virale aiguë contagieuse due au virus de la rubéole (famille des Togavirus). La rubéole est une maladie très généralement bénigne mais l’infection pendant les premiers mois de grossesse peut être responsable de morts fœtales ou de rubéoles congénitales malformatives (l’œil, l’appareil auditif, l’appareil circulatoire, le système nerveux central sont les organes électivement atteints).

Mode de transmission

L’homme est le seul hôte connu. Le virus de la rubéole se transmet par contacts interhumains directs par les sécrétions rhinopharyngées expulsées par les personnes infectées. Il existe une possible transmission indirecte par objets et surfaces fraichement souillés par des secrétions rhino-pahryngées. Les urines infectées peuvent être source de transmission en cas de rubéole congénitale.

La gravité de la maladie est liée au passage transplacentaire du virus en cas d’infection d’une femme enceinte pendant les premiers mois de grossesse : en cas de primo-infection rubéoleuse de la mère, le risque de transmission fœtale est d'environ 90 % avant 11 semaines d'aménorrhée (SA) puis diminue pour attendre 25 % entre la 23ème et la 26ème SA et réaugmente au 3ème trimestre.

La période de contagiosité s’étend approximativement de 7 jours avant l’éruption à 14 jours après mais la contagiosité est maximale 5 j avant – 6 jours après. Les enfants atteints de rubéole congénitale excrètent du virus pendant plusieurs mois.

Clinique, incubation et diagnostic

La période d'incubation s’étend de 14 à 23 jours, et dure en moyenne 16 à 18 jours.

La rubéole est une infection virale très généralement bénigne, asymptomatique ou pauci-symptomatique dans environ 50 % des cas.

Lorsqu’elle est symptomatique, la maladie débute par une fièvre modérée (38,5 °C) suivie d'une éruption maculeuse ou maculo-papuleuse fugace morbilliforme débutant au visage pour s'étendre en moins de 24 heures au tronc et aux membres supérieurs. Elle disparait sans séquelles au 3ème jour. L'apparition précoce d'adénopathies rétroauriculaires et cervicales postérieures persistantes est assez caractéristique.

Les complications sont rares (atteinte articulaire, neurologique, thrombopénie) et la mortalité quasi-nulle. L'immunité résiduelle est définitive. Le traitement est symptomatique.

Le diagnostic de rubéole ne peut être confirmé que grâce au laboratoire et la sérologie doit être interprétée en fonction du contexte clinique et des antécédents vaccinaux. En présence d'une éruption ou après contage, la confirmation biologique repose sur : - la mise en évidence d'IgM spécifiques (associés ou non à des IgG) ; - la séroconversion ou l’augmentation significative du titre des IgG ou totaux dans 2 prélèvements à 10 jours d'intervalle; - la mise en évidence de l’ARN viral par PCR. L’interprétation des IgM est délicate du fait de l’existence de possibles faux positifs. L'analyse de l'avidité des IgG permet de dater la primo-infection et ainsi de différencier une primo-infection d'une réinfection en présence d’IgM. L'absence d'IgA permet d'exclure une primo-infection. La mise en évidence de l’ARN viral par PCR n’est réalisable que par des laboratoires spécialisés (notamment dans le cadre diagnostic anténatal).

En cas de passage transplacentaire du virus pendant les premiers mois de grossesse, le risque de malformations congénitales est très élevé (de 70 à 100%) quand la primo-infection maternelle survient avant 11 SA ; il varie de 15 à 80 % entre la 12ème et la 18ème SA pour devenir quasi nul après ce délai. Le passage transplacentaire du virus peut être responsable de mort fœtale ou d'une rubéole congénitale.

L’atteinte au cours de l’embryogenèse se traduit par des malformations du système nerveux central, de l'œil, de l'oreille interne, de l'appareil cardiovasculaire, isolées ou diversement associées. La foetopathie se caratérise par un retard de croissance intra-utérin souvent associé à une hépatosplénomégalie, un purpura thrombopénique et une anémie hémolytique.

Les enfants atteints d’un syndrome de rubéole congénitale peuvent présenter une déficience auditive, des malformations oculaires et cardiaques et d’autres maladies (diabète sucré, dysfonctionnement de la thyroïde...).

Prévention et vaccination

Chez les nourrissons et les enfants, le calendrier vaccinal prévoit l’administration d’une première dose de vaccin rougeole-oreillons-rubéole à 12 mois et une seconde dose avant l’âge de 2 ans. Un rattrapage vaccinal (total de 2 doses de vaccin triple) est recommandé aux personnes de plus de 24 mois nées à partir de 1980.

Les femmes en âge de procréer nées avant 1980 doivent recevoir une dose de vaccin trivalent. Les sérologies pré et post-vaccinales sont inutiles. Si les résultats d’une sérologie confirmant l’immunité de la femme vis-à-vis de la rubéole sont disponibles, il est inutile de la vacciner. Il n’y a pas lieu de revacciner des femmes ayant reçu deux doses de vaccins quel que soit le résultat de la sérologie.

Pour les femmes avec une sérologie prénatale (dépistage obligatoire des IgG depuis 1992) négative ou inconnue, il est recommandé de faire la vaccination immédiatement après l’accouchement (vaccin vivant contre-indiqué pendant la grossesse).

Epidémiologie et Surveillance

En France, la rubéole n’est pas surveillée en population générale. Une surveillance recensant les cas d’infections rubéoleuses survenues chez les femmes enceintes et les cas de rubéole congénitale chez les nouveaux-nés a été mise en place en 1976 en France à travers le réseau Renarub, réseau qui regroupe la quasi-totalité des laboratoires pratiquant le diagnostic sérologique de la rubéole. Le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse et recensées par le réseau Rénarub a diminué de 80% entre 2001 (39 cas) et 2006 (7 cas) et est stable depuis avec moins de 10 cas annuels conduisant à un ratio « nombre d’infections maternelles / nombre de naissantes vivantes » inférieur à 2 / 100 000. Le nombre d’infections congénitales recensées est inférieur à 5 par an depuis 2006.

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