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Rubéole

Publié le 17/01/2007 - Dernière mise à jour le 11/09/2018

Données épidémiologiques

Le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse et recensées par le réseau Rénarub a diminué de 80 % entre 2001 (39 cas) et 2006 (7 cas).  Entre 2007 et 2011, 5 cas d’infections maternelles étaient recensés en moyenne chaque année. Depuis, 13 et 12 infections maternelles ont été rapportées en 2012 et 2013. De 2014 à 2016, le nombre d’infections maternelles restaient en dessous de dix par an (6, 1 et 3 respectivement) ; les ratios « nombre d’infections maternelles / nombre de naissantes vivantes » étaient de 0,77, 0,13 et 0,40/100 000 respectivement.
Depuis 2006, le nombre annuel de grossesses interrompues dans un contexte d’infection maternelle recensées par Rénarub est inférieur ou égal à 3, le nombre d’infections congénitales inférieur ou égal à 5 et le nombre de nouveau-nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) inférieur ou égal à 3.
Les résultats témoignent d’une persistance de la circulation du virus, à un niveau faible mais non conforme à l’objectif d’élimination de la rubéole fixé à 2015 au niveau européen (Bureau régional OMS).

En 2016, le nombre de laboratoires du réseau Rénarub était de 138 sur l'ensemble du territoire national dont 132 en France métropolitaine et 6 en départements outre-mer. Le taux de participation effective des laboratoires sollicités a été de 70 % (participation des laboratoires aux deux semestres d'enquête) sachant que 80 % des laboratoires ont participé à au moins un semestre d'enquête (voir liste des laboratoires participants). Le taux de retour des dossiers complétés par les cliniciens ayant pris en charge les patientes a été de 100 % (58 dossiers).
Trois infections rubéoleuses maternelles certaines dont 2 réinfections ont été recensées en France métropolitaine, aucune dans les DOM-TOM (Tableau 1).

Tableau 1 – Répartition du nombre de cas notifiés en France métropolitaine en fonction des définitions de cas

 

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

Nombre de cas notifiés par les laboratoires (IgM+)

110

118

75

65

144

123

140

149

151

92*

89

105

Cas exclus

94

111

70

63

137

119

132

136

139

86

88

98

Primo ou réinfections possibles

5

7

4

7

14

6

5

6

0

1

2

4

Perdues de vue, dossiers non retournés

9

26

4

31

47

23

12

17

2

2

6

5

Autres**

80

78

62

25

76

90

115

113

137

83

80

89

Infections rubéoleuses maternelles certaines et probables

16

7

5

2

7

4

8

13

12

6

1

7

Primo-infections certaines

11(a)

3

4

1

5

2

5

12

10

3

1

5

Réinfections certaines

1

0

0

0

0

0

0

0

1

0

0

0

Infections certaines

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Primo-infections probables

2

2

1

0

1

1

3

0

1

3

0

0

Réinfections probables

1

1

0

1

1

1

0

1

0

0

0

2

Infections probables

0

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Nombre d’infections congénitales

9

0

2

0

2

1

2

3

5

2

1

0

Rubéole congénitale malformative (nouveaux nés)

2

0

0

0

1

0

1

0

3

2

1

0

Rubéole malformative (interruption de grossesse)

0

0

0

0

1

0

0

0

0

0

0

0

Infection rubéoleuse non malformative ou état clinique inconnu (nouveaux nés ou fœtus)

7

0

2

0

0

1

1

3

2

0

0

0

(a) une grossesse gémellaire

* A partir de 2014, la baisse du nombre de dossiers initiaux peut s’expliquer d’une part par le « tri » désormais opéré par le CNR à réception de ces dossiers mais aussi par un infléchissement de la participation des laboratoires (-7 % par rapport à 2013)
** dont : absence de grossesse, immunité antirubéoleuse antérieure à la grossesse, vaccination pendant la grossesse

En 2016, le ratio « infections rubéoleuses en cours de grossesse recensées par Renarub / nombre de naissances  vivantes (NV) » en France métropolitaine était de 0,40 / 100 000 (Figure 1).

Figure 1

Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes sur naissances vivantes – France métropolitaine, 1976-2016 (RRO=Vaccin trivalent Rougeole-rubéole-oreillons)

Figure 1 - Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes sur naissances vivantes – France métropolitaine, 1976-2016 (RRO=Vaccin trivalent Rougeole-rubéole-oreillons)

Une mère réinfectée a accouché d’un enfant qui n’était pas infecté. Les grossesses ont été interrompues volontairement chez la mère infectée de novo et médicalement chez la seconde mère réinfectée ; le bilan clinique et le statut infectieux des fœtus n’ont pas été déterminés (Figure 2).

Figure 2

Evolution du nombre d’infections maternelles ayant donné lieu à des interruptions de grossesse ou à la naissance d’enfants atteints de rubéoles congénitales malformatives – 1997 à 2016

Figure 2 - Evolution du nombre d’infections maternelles ayant donné lieu à des interruptions de grossesse ou à la naissance d’enfants atteints de rubéoles congénitales malformatives – 1997 à 2016

Le ratio « nouveaux nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) recensés par Rénarub / nombre de naissances vivantes (NV) » en France métropolitaine était de 0,0 / 100 000 (Figure 3).

Figure 3

Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes et syndromes de rubéole congénitale malformative sur naissances vivantes – France métropolitaine, 2001-2016

Figure 3 - Evolution du ratio infections rubéoleuses chez les femmes enceintes et syndromes de rubéole congénitale malformative sur naissances vivantes – France métropolitaine, 2001-2016

Le pays de naissance de la mère a été documenté pour les 7 infections maternelles ; 4 sont nées hors de France (2 au Maghreb et 2 en Afrique subéquatoriale).
Il n’y a pas eu d’épisodes de cas groupés et les 3 infections maternelles autochtones étaient réparties sur le territoire.

Les données collectées à travers le réseau Rénarub en 2016 restent en faveur d’une faible circulation résiduelle du virus de la rubéole reflétant un niveau d’immunité élevé des femmes en âge de procréer du fait du rattrapage vaccinal.
Ce niveau de réceptivité au virus a été estimé en métropole à 3,1 % chez les femmes âgées de 18 à 32 ans dans l’enquête de séroprévalence conduite chez les donneurs de sang en 2013. Cependant, le niveau de réceptivité est plus élevé chez les hommes (7,8 %) et les niveaux de couverture vaccinale en France sont hétérogènes en fonction des départements  ce qui pourrait favoriser l’éclosion de foyers localisés de circulation virale.
Une sous-estimation du nombre réel des infections maternelles est possible au sein du réseau Rénarub, pouvant être essentiellement liée à un défaut de diagnostic chez la femme enceinte, les infections rubéoleuses étant fréquemment asymptomatiques ou atypiques.
La participation active, depuis la création de Rénarub, des laboratoires spécialisés recevant notamment des échantillons de contrôle lorsqu’une infection maternelle est suspectée, laisse penser que même si le réseau n’est pas totalement exhaustif, et si le taux de participation de l’ensemble des laboratoires ou des cliniciens n’est pas de 100 %, la très grande majorité des cas certains et probables est capturée par le système de surveillance.
Le Centre national de référence (CNR) des infections rubéoleuses maternofoetales (CNR associé, AP-HP Paul Brousse) a été nommé en 2012 pour apporter notamment une expertise auprès des laboratoires, un appui aux diagnostics en cas de besoin, une aide à la datation des primo-infections maternelles et contribuer à la surveillance épidémiologique et virologique.
Le CNR est intégré dans le circuit de transmission des données recueillies par les laboratoires partenaires du réseau Rénarub. 

1 Antona D et al. Enquête de séroprévalence rougeole-rubéole chez les donneurs de sang, France, 2013. JNI Nancy, 10-12 juin 2015. http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/JNI/JNI15/posters/2015-poster-JNI-PADS01-07.pdf

2Dossier couverture vaccinale

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