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Bilharziose

Publié le 16/06/2014

La bilharziose urinaire à Schistosomia haematobium

La bilharziose urinaire est due à Schistosomia haematobium. Elle est endémique en Afrique intertropicale, à Madagascar et au Moyen-Orient.

Cycle parasitaire

L’homme se contamine par pénétration cutanée des formes immatures du parasite, les cercaires, lors d’un contact, même bref, avec de l’eau douce contaminée (rivières, lacs, marais, mares...). Pendant les semaines qui suivent l’infection, les parasites deviennent adultes et migrent vers les plexus veineux péri vésicaux (phase d’invasion). Au bout de 10 à 12 semaines les parasites femelles pondent des œufs qui sont excrétés dans les urines. En l’absence de traitement l’excrétion des œufs peut durer plusieurs années.
L’hôte intermédiaire du parasite est un escargot d’eau douce du genre Bulinus. Le bulin est infecté par des œufs de Schistosomia haematobium. Quatre à 6 semaines après son infestation, il libère dans l’eau douce des formes cercaires du parasite, infectantes pour l’homme. La température optimale pour l’infection du bulin est de 20 à 30°C. 
Le réservoir du parasite est l’homme, porteur de vers adultes, qui élimine les œufs dans les urines.

Symptomatologie

La symptomatologie correspond aux stades évolutifs du parasite mais l’infection par S. haematobium peut aussi être asymptomatique ou pauci-symptomatique.

La pénétration des cercaires (formes immatures du parasite) peut s’accompagner de prurit et d’éruption fugace.
Pendant la phase d’invasion, au cours des  semaines qui suivent la contamination, des manifestations immuno-allergiques peuvent survenir.
A la phase d’état, environ 2 mois après la contamination, les symptômes sont liés à la réaction inflammatoire de l’organisme aux œufs de parasite. 
Les manifestations cliniques de la phase d’état, lorsqu’elles sont présentes, sont avant tout urinaires et dominées par les hématuries. Il peut aussi s’agir de dysurie, pollakiurie, douleurs sus-pubiennes exacerbées par la miction, infections de l’appareil urinaire (cystites et infections parenchymateuses). Ces manifestations peuvent aussi être génitales.

L’évolution de la maladie sur plusieurs années peut entraîner à terme des complications sérieuses (atteintes obstructives voire néoplasiques des voies urinaires et troubles de la fertilité). Ces complications sont toutefois efficacement prévenues par un traitement médicamenteux

Le diagnostic de la bilharziose peut être réalisé par :

  • Sérologie : plusieurs techniques sont utilisées  immunofluorescence indirecte, hémagglutination indirecte (IHAT), ELISA et Western Blot notamment
  • Recherche d’œufs de parasite dans les urines (examen parasitologique des urines)
  • PCR dans les urines

Le traitement de la bilharziose à S. haematobium est efficace et repose sur le praziquantel.
Le diagnostic et le traitement de la bilharziose permettent au niveau individuel d’éviter l’évolution vers la chronicité ; au niveau collectif d’interrompre le cycle de la maladie et donc la survenue de nouveaux malades.

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