Fermer



Chikungunya

Publié le 18/05/2011 - Dernière mise à jour le 27/06/2012

Études

Évolution de la maladie et qualité de vie des patients ayant eu un diagnostic d’infection à chikungunya en France métropolitaine, 2005-2007

En 2005-2006, une importante épidémie d’infection à chikungunya (CHIK) a touché les îles de l’Océan Indien et particulièrement la Réunion (38,2 % de la population infectée). Les premières études ont montré que des symptômes ostéo-articulaires se prolongent plusieurs mois, voire au-delà d’une année. Ces patients qui ne voient pas leurs symptômes cesser, et à qui on ne peut pas prédire la durée, la prolongation ou la fin de leurs symptômes vivent une situation susceptible de retentir de façon significative sur leur qualité de vie dans ses dimensions physique, psychologique et sociale.

Une étude menée dans une cohorte de patients atteints d’infection CHIK diagnostiquée en France métropolitaine entre 2005 et 2007 avait pour objectifs de décrire après l’épisode initial l’évolution clinique rhumatologique des patients et leur qualité de vie. Parmi les patients recensés par le système de surveillance CHIK, 391 ont complété un auto-questionnaire. Deux ans après le début de leur infection CHIK, plus de la moitié (55 %) des patients n’étaient pas guéris et avaient une qualité de vie détériorée.

La qualité de vie de ces patients était évaluée par quatre instruments de mesure : un questionnaire générique sur l’état de santé (SF-36), un questionnaire comportant un score de santé psychologique (GHQ-12) et un questionnaire spécifique sur la qualité de vie (EMIR-Court).

La probabilité de guérison était moindre chez les patients de plus de 50 ans, chez les patients ayant une comorbidité (maladie articulaire) et chez ceux ayant eu une durée longue de la phase initiale. L’altération de la qualité de vie chez les patients non guéris avait des niveaux semblables à ceux observés chez des patients ayant des maladies rhumatologiques chroniques telles que l’arthrose, ou la polyarthrite rhumatoïde. Ces résultats démontrent la sévérité d’un impact de longue durée de l’infection CHIK sur la qualité de vie.

L’étude a également montré que les patients guéris recouvraient un niveau de qualité de vie identique à celui de la population générale.

Ces résultats montrent l’importance d’un suivi médical jusqu’à guérison complète et d’un soutien psychologique. Le suivi médical permet de s’assurer d’un retour à la normale de l’état de santé et de la qualité de vie ressentie des patients. Quant au soutien psychologique, il est important pour  prévenir une éventuelle dépression ou anxiété due à l’évolution chronique de la maladie.

Pour en savoir plus :

Elisabeth Couturier, Henriette De Valk, Lucie Léon, Marie-José Letort, Véronique Vaillant. Évolution de la maladie et qualité de vie des patients ayant eu un diagnostic d’infection à chikungunya en France métropolitaine, 2005-2007.Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2012. 63 p.

Couturier E, Guillemin F, Mura M, Leon L, Virion JM, Letort MJ, de Valk H, Simon F, Vaillant V. Impaired quality of life after chikungunya virus infection: a 2-year follow-up study. Rheumatology 2012. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2012. 8 p.

Infection à chikungunya. Étude descriptive des cas importés en France métropolitaine, 2005-2006.

L’émergence en 2005 du chikungunya dans les îles de l’Océan Indien, son extension géographique à d’autres pays de la zone et les importantes épidémies survenues, en particulier à la Réunion, témoignent de sa capacité d’implantation et de dissémination. Il existe en métropole un potentiel, d’une part, d’introduction du virus en raison de la présence de personnes infectées lors d’un séjour dans une zone de transmission du virus et virémiques en métropole et, d’autre part, un potentiel de transmission du virus en raison de l’implantation limitée du moustique vecteur dans les Alpes-Maritimes et la Haute-Corse. Depuis avril 2005, un recensement du nombre de personnes ayant un diagnostic de chikungunya en métropole a été mis en place. Afin de mieux apprécier le risque d’introduction en métropole du chikungunya et d’orienter les mesures de prévention et de contrôle, une étude a été menée dont les objectifs étaient de documenter les cas importés de chikungunya et d’estimer le nombre de cas « potentiellement virémiques » lors de leur retour. Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective sur 163 cas diagnostiqués d’avril 2005 à mars 2006 interrogés par téléphone. Soixante-trois pour cent étaient « potentiellement virémiques » (délai <8 jours entre retour en métropole et début des signes). Parmi ceux-ci, 2 résidaient dans les Alpes-Maritimes et aucun en Haute-Corse. A la date de l’entretien, 70 % se considéraient non guéris, les symptômes persistants étaient des arthralgies pour 83 % d’entre eux. En raison de l’ampleur de l’épidémie de chikungunya survenue en 2005 à la Réunion et des liens entre l’île et la métropole, le nombre de cas importés est important. Cette étude a confirmé que l’infection à chikungunya est une maladie invalidante lors de la phase aiguë et avec des formes ayant une évolution prolongée. Malgré le nombre important de personnes « potentiellement virémiques », très peu d’entre elles résident dans les départements métropolitains d’implantation du moustique vecteur. Depuis mars 2006, il existe un plan national (métropole, Antilles-Guyane) de lutte contre le chikungunya, renforçant la surveillance épidémiologique et entomologique pour prévenir et évaluer les risques de dissémination.

Haut de page