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West Nile Virus

Publié le 16/09/2005 - Dernière mise à jour le 14/08/2018

Dispositifs de surveillance

A la suite de l’épizootie de 2000 en Camargue (voir chapitre Les contextes épidémiologiques), un guide de procédures de lutte contre la circulation du virus West Nile en France Métropolitaine a été développé par le ministère de la santé, le ministère de l’agriculture et de la pèche et le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire. Le dispositif de gestion du risque lié au virus West Nile implique les secteurs de la santé humaine et animale et de l’environnement aux niveaux national, régional et départemental ainsi que les agences sanitaires, les laboratoires de référence et des centres d’expertise.

Dans le cadre du guide, une surveillance saisonnière et régionale des infections à VWN a été mise en œuvre en Camargue puis, étendue en 2003 à neuf départements du pourtour méditerranéen (Alpes-Maritimes, Aude, Bouches-du-Rhône, Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales, Var, Haute-Corse et Corse-du-Sud). Ces départements sont considérés à risque de diffusion du VWN en raison de la présence des vecteurs potentiels, d’oiseaux migrateurs venant de zones enzootiques et de conditions climatique et écologiques favorables (Circulaire interministérielle N°DGS/RI1/DGALND/DGAL/20009/2332012/360 du 1er octobre 2012 relative aux mesures visant à limiter la circulation du virus West Nile en France métropolitaine. Ministère chargé de la Santé). Ce dispositif est activé chaque année entre le 1er juin et le 31 octobre, période d’activité des vecteurs. Il comprend quatre volets avec une surveillance aviaire, équine, entomologique et humaine. 

En complément de ce dispositif saisonnier et régional, la surveillance du West Nile repose sur le CNR des arbovirus qui signale immédiatement à Santé publique France tout cas confirmé tout au long de l’année.

La surveillance humaine

Le volet humain de la surveillance cible la détection des infections neuro-invasives à WNV en réalisant des analyses de confirmation de WNV devant chaque cas cliniquement compatible (‘cas suspect’) même en absence de circulation documentée du virus. Cette surveillance repose sur les laboratoires hospitaliers qui, lors de la réception d’un échantillon de LCR clair, vérifient que le LCR a été prélevé chez un patient répondant à la définition de cas suspect. Ils adressent les prélèvements biologiques correspondant au Centre national de référence (CNR) des arbovirus à Marseille.

En 2003, la surveillance épidémiologique des cas humains d’infections à VWN a été mise en place en Guadeloupe et en Martinique, calquée sur dispositif en vigueur en Métropole sur le pourtour méditerranéen. Il consiste en la surveillance des formes sévères de la maladie (encéphalites et méningites à liquide clair). Chaque année, environ 25 cas suspects sont signalés dans chacun de ces deux départements. A ce jour, aucun cas d’infections à VWN n’a été identifié aux Antilles.

Définition des cas
Tout adulte (≥15 ans) hospitalisé dans l’un des neuf départements du pourtour méditerranéen entre le 1er juin et le 31 octobre, présentant un état fébrile (fièvre ≥38,5 °C) et des manifestations neurologiques de type encéphalite, méningite ou polyradiculonévrite (syndrome de Guillain Barré), ou paralysie flasque aiguë, ayant conduit à la réalisation d’une ponction lombaire avec :

  • pour un cas suspect : un LCR clair (non purulent) sans étiologie identifiée ;
  • pour un cas probable : au moins un des critères de laboratoire suivants : identification d’anticorps IgM anti-VWN dans le sérum par ELISA ou séroconversion (multiplication par 4 du titre des anticorps IgG anti-VWN) détectés par ELISA sur deux prélèvements consécutifs ;
  • pour un cas confirmé : au moins un des critères de laboratoire suivants : 
    - isolement du VWN (par culture) dans le sang ou le LCR ;
    - détection d’IgM anti-VWN dans le LCR par ELISA,
    - détection de séquences virales VWN (par PCR pui ; séquençage), dans le LCR (ou le sérum) ;
    - ou identification de titres élevés d’anticorps IgM anti-VWN et d’anticorps IgG anti-VWN dans le sérum par ELISA, confirmés par test de neutralisation.

Outils :

La surveillance équine

La surveillance équine est basée sur la déclaration obligatoire des encéphalites équines, assurée par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) et ses services déconcentrés, et sur la recherche du VWN chez les cas d’encéphalite équine par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

La surveillance aviaire

La surveillance aviaire comportait de 2001 à 2007, d’une part, une surveillance active fondée sur le suivi sérologique mensuel d’oiseaux domestiques sentinelles et, d’autre part, une surveillance de la mortalité des oiseaux sauvages avec la recherche du virus chez des oiseaux retrouvés morts. En 2008, le système sentinelle actif a été abandonné par la DGAL en raison de son faible rapport coût/bénéfice dans le contexte de faible circulation virale observée en France depuis 2004. Ce système pourrait toutefois être réactivé, en cas de circulation virale détectée.

La surveillance entomologique

La surveillance entomologique de routine réalisée par l’Entente interdépartementale de la démoustication (EID)-Méditerranée repose sur l’inventaire et le suivi des populations de moustiques. En raison de la faible circulation du VWN en France, la surveillance spécifique par recherche du virus chez des échantillons de moustiques n’est pas coût-efficace pour la détection de la circulation virale. Le volet entomologique n’est activé qu’en cas de mise en évidence de circulation virale chez les autres espèces.

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