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West Nile Virus

Publié le 16/09/2005 - Dernière mise à jour le 14/08/2018

Les contextes épidémiologiques

En France métropolitaine, le virus West Nile (WNV) a été identifié avec certitude pour la première fois en Camargue en 1962 au cours d’une épizootie (une maladie frappant une espèce animale) ayant touché 76 chevaux. Par la suite, 13 cas humains ont également été identifiés entre 1962 et 1964. Le virus n’a plus été détecté jusqu’à sa réapparition chez le cheval à nouveau en Camargue, en 2000 (pas de cas humain).

Depuis cette date, un guide de procédures de lutte contre la circulation du virus du West Nile en France métropolitaine a été développé (voir "Les dispositifs de surveillance du Virus du West Nile").

Le VWN a circulé en métropole ponctuellement sur le pourtour méditerranéen, sous forme de foyers limités le plus souvent équins sans cas humains.

En 2003, 4 cas équins et 7 cas humains (3 formes neuro-invasives et 4 formes fébriles) ont été identifiés dans le département du Var. Jusqu’en 2015, aucun cas humain n’a été identifié alors que 2 épisodes de circulation du virus ont atteint des chevaux en Camargue en 2004 (n=32) et dans les Pyrénées Orientales en 2006 (n=5). En 2015, Uun cas humain (forme fébrile non neuro-invasive) a de nouveau été identifié en 2015, dans le Gard, alors que sévissait une épizootie équine importante avec 48 chevaux infectés, principalement en grande Camargue (Gard, Hérault et Bouches-du-Rhône). En 2017, 2 cas humains (formes fébriles non neuro-invasives) ont été identifiés dans les Alpes-Maritimes ainsi qu’une infection asymptomatique chez un cheval.

En savoir plus :

Murgue B et al. West Nile outbreak in horses in southern France, 2000: the return after 35 years. Emerg Infect Dis. 2001 Jul-Aug;7(4):692-6.

Valenciano M. Infection with West Nile virus among horses in the south of France, October 2000: update. Euro Surveill. 2000;4(43):pii=1502.

Gossner CM, et al. West Nile virus surveillance in Europe: moving towards an integrated animal-human-vector approach. Euro Surveill. 2017;22(18):pii=30526. DOI: http://dx.doi.org/10.2807/1560-7917.ES.2017.22.18.30526

L. Bournez et al. Réémergence du virus West-Nile dans le Sud de la France en 2015 et épizootie équine. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentation. Dec 2015

Franke et al. Infections à virus West-Nile dans les Alpes-Maritimes, 2017. Médecine et Maladies Infectieuses Volume 48, Issue 4, Supplement, June 2018, Page S109.

Dans les départements de Guadeloupe et de Martinique, situé à proximité de l'épidémie nord-américaine (Cf. infra), il existe depuis 2003 un dispositif de surveillance épidémiologique des cas humains (voir chapitre sur les dispositifs de surveillance du Virus du West Nile). Le VWN a été retrouvé chez des animaux au Mexique et dans les Caraïbes (probablement importé par des oiseaux migrateurs), notamment en Guadeloupe. Ces zones tropicales et subtropicales pourraient voir le virus s’installer durablement et devenir des zones à risque d’infection humaine.

A ce jour, aucune épidémie du VWN n’a été documentée à la Réunion ou à Mayotte.
A Mayotte, des analyses virologiques sont très régulièrement réalisées depuis 2009 sur des patients présentant un syndrome dengue-like, aucun cas n’a été détecté sur 460 échantillons testés. Cependant, le virus circule de façon endémique à Madagascar, et le moustique est présent à Mayotte comme à la Réunion. Il est donc important de ne pas négliger le risque de dissémination du VWN dans les départements français de l’Océan Indien (ainsi que celui de fièvre de la vallée du Rift, transmise par des moustiques du même genre).

L’évolution de l’épidémiologie du WN est difficile à prédire en raison des interactions multiples, complexes et évolutives entre ses différents déterminants (conditions environnementales et climatiques, vecteurs, hôtes multiples). Cependant, l’épidémie qui a diffusé très rapidement à l’ensemble des Etats-Unis depuis les années 2000, et la situation observée en Europe depuis 2010, soulignent le potentiel de diffusion de ce virus. Une surveillance active et multi-espèce doit être maintenue pour détecter tout phénomène épidémique ou épizootique résultant de l’introduction d’une (possible nouvelle) souche virale ou d’une modification de capacité vectorielle.

Déjà responsable d’épidémies en Afrique, en Europe de l’Est, au Moyen Orient et en Asie, le VWN, a été détecté pour la première fois sur le continent américain, aux Etats-Unis, en 1999. Depuis, il a diffusé dans tout le continent nord-américain et en Amérique Centrale (voir site du CDC).

Les données de surveillance épidémiologique du VWN au niveau mondial ne sont pas exhaustives ; il existe peu de données sur la circulation du virus dans certaines parties du monde, notamment en Asie et en Afrique. Dans les zones tempérées la transmission du VWN est saisonnière avec une prédominance lors de la période d’activité des moustiques (ex. de juin à fin octobre, pour la France métropolitaine).

Depuis 2010 on observe une circulation importante du VWN en Europe, en Russie et sur le pourtour méditerranéen.

L’ECDC centralise les données de surveillance du virus West Nile dans les  pays de l’UE et les pays limitrophes. IL fournit les données et des cartes actualisées toutes les semaines pendant la période de circulation du virus. Ces données sont consultables : http://ecdc.europa.eu/en/healthtopics/west_nile_fever/West-Nile-fever-maps/Pages/index.aspx

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