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West Nile Virus

Publié le 16/09/2005 - Dernière mise à jour le 14/08/2018

Point sur les connaissances

Qu'est-ce que le virus West Nile ?

Le Virus du Nil Occidental (en anglais : West Nile Virus) est un arbovirus (Flavivirus de la famille des flaviviridae). Son nom vient du district de West Nile en Ouganda où il a été isolé pour la première fois en 1937 chez une femme souffrant d'une forte fièvre. Il a ensuite été détecté chez des hommes, des oiseaux et des moustiques en Égypte dans les années 1950, et a depuis été retrouvé chez l'homme, le moustique ou l'animal dans divers pays.

Comment se fait la transmission ?

La transmission du virus West Nile (VWN) à l’homme s’effectue par la piqûre d'un moustique femelle préalablement infecté (le plus souvent les moustiques du genre Culex).

Les oiseaux sont le réservoir principal du VWN et assurent, avec le moustique, le cycle de transmission et l’amplification virale. Lors d’une piqûre, le moustique prélève le virus sur un oiseau infecté. Commence alors une phase nécessaire à la transmission dite extrinsèque, de quelques jours, où le virus se multiplie activement dans le moustique. Ce même moustique pourra alors, à l’occasion d’une autre piqûre, transmettre le virus à un autre oiseau ou à un hôte accidentel comme l’homme ou le cheval. Néanmoins l’homme et le cheval représentent des "culs-de-sac épidémiologiques" pour le VWN. En effet, à l’intérieur de ces hôtes accidentels, le taux de réplication du virus dans le sang reste insuffisant – la virémie est trop faible et trop fugace – pour rendre ce dernier accessible au moustique et permettre la transmission de la maladie

Figure 1 

Transmission du virus du West Nile 

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Quelles sont les formes cliniques ?

Chez l’homme (comme chez le cheval), l’infection est généralement asymptomatique (sans signes apparents). Toutefois, 20 % des personnes infectés développent une forme symptomatique. Chez ces personnes, après une période d’incubation de 3 à 15 jours en moyenne, un syndrome grippal apparaît avec fièvre, céphalées (maux de tête), arthralgies (douleurs articulaires) et myalgies (douleurs musculaires).

Environ 1 cas sur 150 développe une forme plus sévère de la maladie avec une atteinte neurologique à type de méningite, méningo-encéphalite, paralysie flasque ou syndrome de Guillain Barré. Les individus âgés de plus de 50 ans sont plus à risque de présenter des symptômes sévères.

Comment confirmer le diagnostic en cas de suspicion clinique ?

En cas de suspicion clinique, le diagnostic peut être confirmé par des analyses biologiques qui peuvent être indirectes (sérologie : détection d’anticorps) et directes (détection du virus ou de son génome). Pour les patients présentant une forme neurologique de l’infection, ces examens sont réalisés à la fois sur le liquide céphalorachidien (LCR, obtenu par ponction lombaire) et sur le sérum. Dans les autres formes cliniques, voire dans les formes asymptomatiques (étude épidémiologique ou don de sang) le diagnostic pourra être confirmé par une analyse sanguine.

L’isolement du virus, à partir de la mise en culture du LCR d’un patient présentant une forme neurologique, signe définitivement le diagnostic. Il en va de même pour la détection de fragments du génome viral par RT-PCR, ou de la mise en évidence d’anticorps anti-VNW par sérologie, dans le LCR d’un patient souffrant d’une forme neurologique de la maladie.

Dans le sérum, la détection d’anticorps est le test de référence pour le diagnostic de la fièvre du Nil Occidental (WN). Les IgM sont identifiées en moyenne à partir du huitième jour après l’apparition des signes cliniques. Des réactions croisées sont observées avec d’autres flavivirus, mais dans une moindre mesure que pour une détection d’IgG. Ces réactions croisées imposent de confirmer tout résultat positif par un test de neutralisation.

Les anticorps apparaissent 2 à 3 semaines après le début de l’infection. Il est nécessaire de disposer de 2 prélèvements à 1~3 semaines d’intervalle qui, en montrant une augmentation significative du titre des anticorps, permettront de prouver que l’infection est récente.

Dans le sérum des patients, l’exploration directe par amplification génique (RT-PCR) est moins appropriée que les techniques de sérologie. Généralement, dans les infections à VWN, la virémie (présence du virus dans le sang circulant) est faible et fugace. Elle est donc le pus souvent terminée au moment de l'apparition des signes cliniques neurologiques, ou indétectable par les tests biologiques actuellement disponibles. La détection directe par isolement viral (culture) reste possible mais longue (plus d’une semaine), et nécessite un laboratoire de haute sécurité (P3).

Figure 2

Cinétique du virus et des anticorps IgM et IgG au cours d'une infection par le West Nile Virus

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Quelle est la prise en charge du virus West Nile ?

À ce jour, Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique ou de vaccin contre le VWN pour l'homme. Pour le cheval, un vaccin équin est commercialisé aux Etats-Unis et dans certains pays européens. En France, la situation épidémiologique actuelle ne justifie pas un recours à la vaccination en routine chez les chevaux.

La prise en charge est donc centrée sur la surveillance et un traitement symptomatique (voir le chapitre "quelles sont les formes cliniques ?"). Les cas graves sont pris en charge en milieu hospitalier où ils reçoivent des soins visant à aider l'organisme à combattre la maladie par lui-même plutôt que à s'attaquer directement à la cause de la maladie. Ces personnes peuvent être placées sous assistance respiratoire, si nécessaire (formes neurologiques sévères).

Lorsque des cas humains sont détectés, il est nécessaire de rappeler aux personnes vivant à proximité du ou des foyers de transmission les mesures de protection visant à éviter la transmission du virus par des moustiques (voir chapitre "Comment prévenir la maladie ?").

Comment prévenir la maladie ?

Il n’existe actuellement pas de vaccin commercialisé, ni de traitement préventif contre l’infection du VWN.

La prévention repose donc sur les moyens de protection contre les piqûres de moustiques (sprays, crèmes, serpentins, diffuseurs électriques, vêtements longs, moustiquaires).

Dossier West Nile Virus

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