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Données épidémiologiques

Publié le 07/12/2011 - Dernière mise à jour le 26/07/2013

Caractéristiques épidémiologiques du botulisme humain en 2010

En 2010, 7 foyers de botulisme totalisant 24 malades ont été recensés (figure 1). Tous sont survenus en milieu familial et le nombre de malades par foyer varie de un à six.

En 2010, le taux d’incidence du botulisme était de 0,38 par million d’habitants. Ce taux représente une augmentation par rapport aux années 2006-2008 mais reste du même ordre que celui observé depuis 1991. Le taux d’incidence moyenne pour la période 1991-2009 est de 0,43 par million d’habitants par an.

Figure 1

Nombre de foyers et de cas de botulisme déclarés, France, 1991-2010

Nombre de foyers et de cas de botulisme déclarés. France, 1991-2010

Depuis 1991, les taux annuels les plus élevés d’incidence moyenne sont observés dans les départements de la Vienne (5,0/106), l’Allier (4,1/106), l’Indre (2,6/106), la Saône-et-Loire (2,5/106) et la Haute-Vienne (2,4/106) (figure 2). Un taux d’incidence particulièrement élevé pour l’année 2010 est constaté dans la Vienne suite à la survenue de 3 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) à botulisme ayant entrainé 14 (58%) des 24 cas de l’année. La distribution de l’incidence annuelle moyenne du botulisme par département met en évidence un regroupement au centre du pays des départements les plus touchés par cette maladie pendant la période 1991-2010. Cette distribution montre également que la majorité des départements a été touché par la maladie depuis 1991 (figure 2).

Figure 2

Incidence annuelle moyenne du botulisme par département, France, 1991-2010

Incidence annuelle moyenne du botulisme par département. France, 1991-2010

Les sept foyers déclarés en 2010 étaient d’origine alimentaire, dont cinq TIAC. Le diagnostic de botulisme a été confirmé pour six des sept foyers: toxine de type A (2 foyers), toxine de type B (5 foyers).

Parmi les 24 malades recensés, 15 (62%) étaient des hommes et l’âge médian était de 36 ans (min-max : 2 ans – 82 ans). Deux foyers sont survenus en février, un en mars, un en juillet et trois en septembre.

Les principaux symptômes décrits étaient une dysphagie (85% ; 11/13), une sécheresse de bouche (82%; 18/22), des troubles de l’accommodation (67% ; 12/18) et une diplopie (56% ; 10/18). Vingt (95%) malades ont rapporté la survenue d’au moins un signe digestif, principalement des vomissements, de la constipation ou de la diarrhée.

Six malades ont présenté une paralysie du diaphragme, deux d‘entre eux avaient également une paralysie des membres (cette information est inconnue pour trois des six cas). Dix-huit (75%) des malades ont été hospitalisés et huit (33%) ont nécessité une assistance respiratoire. Un adolescent est décédé suite à son botulisme.

Pour 6 des 7 foyers de botulisme alimentaire, la consommation d’un aliment connu à risque pour le botulisme a été identifiée dans les jours précédant le début de signes. La synthèse des aliments mis en cause comme la source des foyers et des résultats des prélèvements alimentaires est présentée dans le tableau 1. Les aliments mis en cause étaient des conserves de légumes familiales (2 foyers) et du jambon de fabrication artisanale/familiale (4 foyers) (tableau 1).
Pour le dernier foyer alimentaire, un aliment précis n’a pas pu être identifié par l’enquête alimentaire.

Des prélèvements alimentaires ont pu être réalisés pour 6 des 7 foyers alimentaires. Les résultats ont été positifs pour 5  d’entre eux (jambon artisanal (4 foyers de type B)) et conserves familiales de haricots verts (1 foyer de type A) (tableau 1).

Tableau 1 - Les aliments mis en cause pour les foyers de botulisme alimentaire survenus en France en 2010 et les résultats des prélèvements alimentaires (toxine botulique et souche de C. botulinum) pour les foyers avec prélèvements.

Type de foyer humain

Aliment mis en cause

Résultat prélèvement alimentaire
(toxine ; souche C. botulinum)
 

B

Jambon (artisanal)

B ; B

B

Jambon (artisanal)

B ; B

B

Jambon (artisanal)

B ; B

B

Jambon (artisanal)

B ; B

Non-confirmé

Conserves de légumes (asperges) (fait maison)

Négative ; B

A

Conserves de légumes (haricots verts) (fait maison)

A ; A

En conclusion, le nombre de cas de botulisme déclarés en 2010 correspond au nombre de cas médian (N=27) déclaré pendant la période 1991-2010. L’année 2010 a été marquée par la survenue de plusieurs TIAC (n=5), dont 2 ayant entrainé quatre et six cas. En termes de nombre de foyers de botulisme déclarés, 2010 est parmi les années avec le plus faible nombre déclaré, comme les années 1996 et 2006-2008. En 2010, on constate la survenue d’un foyer de botulisme type A particulièrement sévère avec un décès. Ce décès représente le premier décès survenu en lien avec le botulisme depuis 1999.

Les foyers de botulisme survenus en 2010 sont toujours majoritairement associés à la toxine botulique type B. Les produits suspectés d’être à l’origine des foyers alimentaires survenus sont ceux classiquement associés avec la maladie (produits de charcuterie et conserves de fabrication artisanale).

Les données issues de la surveillance de botulisme en 2010 mettent en évidence le besoin d’une vigilance maintenue pour le botulisme humain en France afin de suivre son évolution et d’adapter, au besoin, les mesures de prévention et de contrôle.

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