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Botulisme

Publié le 22/07/2004 - Dernière mise à jour le 28/03/2011

Qu'est-ce que le botulisme ? 

Le botulisme est une neuro-intoxication due à une neurotoxine bactérienne produite par Clostridium botulinum, bactérie anaérobie stricte présente dans l’environnement (sol, eau et sédiments aquatiques). Sept types de toxine botulique ont été décrits : A,B,C,D,E,F,G. Le botulisme humain est essentiellement associé aux toxinotypes A, B et E, et exceptionnellement aux toxinotypes C et F.

Epidémiologie

En France, depuis 1991, l’incidence moyenne annuelle du botulisme est de 0,4 pour 1 000 000 habitants (1991-2009 : 258 foyers totalisant 485 cas). Les décès par botulisme rapportés sont rares (n=4).
Les foyers de botulisme recensés ces 19 dernières années sont d’origine alimentaire avec une forte prévalence du type B (70 %). Les aliments les plus fréquemment mis en cause sont des salaisons, charcuteries et conserves d’origine familiale ou artisanale.

Modes de transmission

Trois formes principales de botulisme ont été décrites :

  • la forme la plus fréquente est le botulisme d’origine alimentaire qui est une intoxination résultant de l’ingestion d’un aliment contenant de la toxine botulique préformée ;
  • le botulisme par colonisation, dont la forme la plus connue est le botulisme du nourrisson, est une toxi-infection liée à la formation endogène de toxine botulique après germination, dans l’intestin, de spores de Clostridium botulinum ingérées ;
  • enfin, le botulisme par blessure est aussi une toxi-infection causée par le développement de Clostridium botulinum et la production de toxine botulique à partir de plaies contaminées.

Clinique, incubation et diagnostic

Le botulisme est une affection neurologique aiguë et afébrile caractérisée par une atteinte bilatérale des paires crâniennes et une paralysie descendante.

La durée d’incubation et la gravité des symptômes dépendent de l’inoculum et du type de toxine en cause : en moyenne de 12 à 72 heures (min-max : 2 h - 8 jours) pour un botulisme d’origine alimentaire.

Les premiers symptômes sont :

  • ophtalmologiques (trouble de l'accommodation, mydriase, ptosis) ;
  • digestifs (douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhée) ; 
  • ou neurologiques avec une atteinte des nerfs des paires crâniennes (diplopie, dysarthrie, dysphonie et dysphagie).

Ces symptômes peuvent s’aggraver par des signes de paralysie flasque, descendante et symétrique (sécheresse de la bouche, défaut de déglutition, fatigue et faiblesse des membres). Dans les formes avancées, les signes de paralysie sont évidents : paralysie des membres, paralysie des muscles respiratoires.

La létalité du botulisme est variable selon le type de toxine en cause, les toxinotypes A et E étant responsables des formes les plus graves.

La confirmation du diagnostic de botulisme est réalisée par la mise en évidence et le typage de la toxine botulique dans le sérum par le test de létalité sur souris. Clostridium botulinum est recherché dans les selles des patients et les aliments suspects par culture d’enrichissement et amplification génique.

Traitement

Le traitement du botulisme est principalement symptomatique. Une ventilation assistée (respiration artificielle) peut être nécessaire.

Prévention

Les mesures de prévention reposent sur les règles d'hygiène simples lors de préparation de conserves familiales.
En ce qui concerne les aliments d’origine industrielle ou artisanale, les procédés de conservations (température, concentration saline, pH) doivent être scrupuleusement respectés afin de prévenir la formation de spores par C. botulinum.
Par ailleurs, les toxines botuliques sont thermolabiles et détruites par ébullition pendant 10 minutes.

Surveillance

Le botulisme humain est inscrit dans la liste des maladies à déclaration obligatoire. Toute suspicion clinique de botulisme doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé (ARS). Le signalement permet de mettre en œuvre rapidement des investigations épidémiologiques et vétérinaires et de prévenir la survenue d’autres cas par la mise en œuvre de mesures de contrôle et de prévention.

Depuis 1998, le centre national de référence des bactéries anaérobies et du botulisme participe à la surveillance du botulisme humain en signalant immédiatement à l’Institut de veille sanitaire les cas confirmés.

Enfin, dans le cadre du plan BIOTOX, le botulisme fait l’objet d’une attention renforcée de la part des autorités sanitaires, la toxine botulique pouvant être potentiellement utilisée comme arme biologique, introduite dans des aliments, dans un réseau d’eau potable, ou utilisée sous forme aérosolisée.

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