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Publié le 10/06/2011

Epidémie d’infections à Escherichia coli producteurs de shiga-toxines en Allemagne, mai-juin 2011 - Point au 10 juin 2011

Epidémie d’infections à Escherichia coli producteurs de shiga-toxines en Allemagne, mai-juin 2011

Une importante épidémie d’infections à Escherichia coli producteurs de shiga-toxines sévit en Allemagne depuis la première semaine de mai 2011.

Escherichia coli producteurs de shiga-toxines

Les Escherichia coli producteurs de shiga-toxines (STEC) (aussi désignés E. coli enterohémorragiques EHEC) sont responsables de manifestations cliniques variées : diarrhée banale ou sanglante pouvant évoluer dans 5 à 8 % des cas et principalement chez le jeune l’enfant, vers une complication grave : le syndrome hémolytique et urémique (SHU). Le réservoir principal des STEC est le tube digestif des ruminants. L’homme se contamine principalement par la consommation d’aliments contaminés. Il peut aussi se contaminer par contact avec une personne infectée ou par contact avec des animaux contaminés ou l’environnement contaminé par les matières fécales de ces animaux. Les principaux aliments à risque sont les produits carnés consommés crus ou insuffisamment cuits, les produits laitiers au lait cru et les végétaux consommés crus.

En Allemagne

A la date du 6 juin, 2 988 cas d’infections à STEC dont 759 cas de SHU survenus entre le 1er mai et le 6 juin 2011 ont été rapportés à l’Institut Robert Koch (Berlin) : 60 % des personnes atteintes sont des femmes, 88 % ont plus de 20 ans. Trente décès en lien avec l’épidémie ont été rapportés. Toutes les régions du pays ont rapporté des cas mais le nord du pays reste le plus affecté, plus des trois-quarts des cas résidant dans les quatre régions du Nord de l’Allemagne (Hambourg, Schleswig-Holstein, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Basse-Saxe).

Une décroissance du nombre de cas rapportés est observée depuis ces derniers jours suggérant un déclin de l’épidémie.

L’infection est due à un sérogroupe très rare de STEC (E. coli O104:H4).

Au 10 juin, les résultats des différentes investigations épidémiologiques et des enquêtes de traçabilité sur les chaines de distribution des aliments consommés par les malades  montrent que  l’épidémie est due à la consommation de graines germées et de jeunes pousses crues produites dans une exploitation située en Basse-Saxe en Allemagne.

Au vu des ces résultats, les autorités sanitaires allemandes ont levé la recommandation, initialement faite de ne pas consommer de concombres, tomates et salades vertes. La recommandation de ne pas consommer des graines germées et des jeunes pousses dans ce pays, est maintenue. Il est demandé aux lieux de restauration et aux particuliers de jeter les graines germées et jeunes pousses ainsi que des autres aliments qui auraient pu être en contact avec ces produits. Les produits de l’exploitation de Basse-Saxe ne sont plus commercialisés et le retrait de ses produits continue.

Une investigation approfondie est en cours dans cette exploitation afin d’identifier l’origine de la contamination des graines germées et des jeunes pousses et de déterminer les mesures de contrôle et de prévention complémentaires à mettre en œuvre.

En Europe

Quatre-vingt-douze infections à STEC chez des personnes ayant voyagé en Allemagne ont été rapportées dans 13 autres pays de la Communauté européenne : Autriche (4), Danemark (20), Espagne (2), Finlande (1), France (2), Luxembourg (1) ; Pays-Bas (6), Norvège (1), Pologne (2), Suède (46), Royaume-Uni (5), République tchèque (1), Grèce (1). Trente-cinq de ces personnes, dans 7 Etats membres (Danemark, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suède, Royaume-Uni, Espagne) ont développé un SHU. Un cas en Suède est décédé au décours de son infection. Des cas ont également été rapportés en Suisse, aux Etats-Unis et au Canada.

En France

La surveillance des infections à STEC est réalisée en France par un dispositif coordonné par l’InVS au travers de plusieurs systèmes de surveillance :

  • la surveillance du SHU chez les enfants de moins de 15 ans. Depuis 1996, un réseau de services de néphrologie pédiatriques volontaires de 31 hôpitaux notifie les cas de SHU pris en charge, à l’Institut de veille sanitaire. Environ 100 cas de SHU pédiatriques sont notifiés chaque année en France (dossier thématique syndrome hémolytique et urémique) ;
  • le Centre national de référence pour les E. coli (Institut Pasteur, Paris et service de microbiologie de l’hôpital Robert Debré, Paris) qui caractérise E. coli responsables de toxi-infections alimentaires et de SHU en France et alerte sur les émergences de nouvelles bactéries ;
  • la déclaration obligatoire (DO) des toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) qui doit permettre de repérer toute Tiac à STEC.

A ce jour, ce dispositif de surveillance n’a mis en évidence aucune augmentation du nombre de cas de SHU en France et aucun cas de SHU lié à l’épidémie allemande. Aucune Tiac à STEC n’a été déclarée en mai ou juin 2011.

Le dispositif a par ailleurs été renforcé dès le début de cette alerte pour identifier sans délai les cas en lien avec l’épidémie en Allemagne. La Direction générale de la santé a demandé aux médecins hospitaliers ou libéraux de signaler à l’Agence régionale de santé (ARS) de leur région les cas de diarrhée sanglante ou de SHU survenant chez des personnes ayant séjourné en Allemagne dans les 15 jours précédant le début de leurs symptômes. Ces signalements sont centralisés avec l’appui des ARS à l’InVS, qui coordonne l’investigation des cas français, en collaboration avec les épidémiologistes de l’Institut de santé publique à Berlin, en charge de l’investigation de cette épidémie en Allemagne.

En France, à ce jour, 13 cas de diarrhée sanglante chez des personnes ayant séjourné ou résidant en Allemagne dans les 15 jours précédant leurs symptômes ont été signalés par les ARS à l’InVS : une touriste allemande qui était en France au moment de l’apparition des symptômes, 2 français résidant en Allemagne et 10 français ayant séjourné en Allemagne en mai 2011. A ce jour, aucun cas de SHU n’a été identifié. Parmi les 13 cas :

  • 2 cas sont confirmés microbiologiquement comme ayant été infectés par la souche de E. coli épidémique (O104:H4) ;
  • 8 cas ont été exclus suite aux résultats microbiologiques négatifs ;
  • 3 cas sont en cours d’analyses microbiologiques.

Pour plus d’informations sur les syndromes hémolytiques et urémiques et le dispositif de surveillance français :

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